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Pipol News 55 - 17/06/2013
PIPOL NEWS 55
Plenary session of PIPOL 6
Sunday 7th July 2013
After Oedipus Women are conjugated
IN THE FUTURE
8.50-9.00 : Performance
Tomassenko
9.00-9.30 : Start-Up
Gil Caroz : Opening
Isabelle Durant (Vice President of the European Parliament) : Welcome
Leonardo Gorostiza (President of the WAP) : Brief introduction on the theme
9.30-10.30 : The Clinic After Oedipus
Chair : Paola Francesconi
Eric Laurent : The Psychoanalytic Clinic in the Era of the All-Alones
Miquel Bassols : The Decline of Psychiatry, and Then ?
Alexandre Stevens : When There Is Feminine in the Institution
10.30-11.30 : Lacanian Actions
Chairs : Judith Miller and Jean-Daniel Matet
Nathalie Laceur : Go! before the Refusal of the Real
Yulia Akhtyamova : An Apartment in Moscow
Mireille Battut : My Desire for La main à l'oreille
11.30-12.30 : Women, Religion, Secularism
Jeannette Bougrab (French politician, doctor of public law and maître de requêtes (Counsel) at the Council of State of France, former secretary of State for the Minister of Youth, Sports and Community Life and former president of the High Authority to Combat Discrimination and Promote Equality (HALDE). Author of the book, Ma République se meurt)
With Lilia Mahjoub and Jacques-Alain Miller
12.30-14.00 : Pause
14.00-15.00 : Mitra
Mitra Kadivar : A Superb Self-Reliance
With Jorge Forbes and Gil Caroz
15.00-16.00 : Hypermodern Women
Chair : Marco Focchi
Mercedes de Francisco : Love in the Feminine
Philippe Hellebois : Scandalous Women
Stella Harrison : Feminine Homosexuality News
16.00- 17.00 : Feminine Passages
Chair : Marie-Hélène Brousse
Hélène Bonnaud : What Writes Itself of Her Speaks to Me
Paola Bolgiani : From Mother to Woman
Guy Briole : Not-Allism in the Future
Araceli Fuentes : What Crosses My Body
17.00-17.20 : Presentation by Jacques-Alain Miller
17.20-17.30 : Acknowledgements
FLASH 15
F L A S H 15
Quelques questions posées à Mitra Kadivar
Comme cela a été annoncé, Mitra Kadivar participera aux séances plénières de PIPOL 6, en présentant un travail sous le titre "Une Superbe Autosuffisance".
Mitra ayant été invitée par l’ECF lors de l’après-midi, "Rencontre avec Mitra – 5 mois après", PIPOL NEWS a demandé à Anne Ganivet-Poumellec de lui poser quelques questions en guise d'avant-goût.
Cet interview sera également publié dans LACAN QUOTIDIEN.
1- Les élections à la présidence dans votre pays ont lieu aujourd’hui. Comment voyez-vous l’avenir de votre pays ?
Il faut savoir, ce qui est en général toujours ignoré en France concernant mon pays, que l’Autre de l’Iran n’est jamais où on l’attend. Tout est imprévisible en Iran, ce pays ne répond jamais aux attentes et, la plupart du temps, ce qui arrive est une bonne surprise. Hier, j’ai couru voter à l’ambassade d’Iran à Paris, nous voyons maintenant le candidat modéré arriver en tête : personne ne s’y attendait.
[À la fin de l’après-midi nous apprenions que, contre toute attente, le candidat modéré avait remporté les élections au premier tour, « Beaucoup de choses vont changer » a été le commentaire de Mitra Kadivar, qui souligne que ce réformateur est favorable à l’activité des ONG]
2- La psychanalyse pour vous, une rencontre ?
Mon choix de petite-fille avait été la science et la médecine, avec l’idée de me spécialiser en psychiatrie, mais ma rencontre avec Freud, avec les textes de Freud que je lis dans l’excellente Standard Edition, a été bouleversante : il m’a fallu suivre Freud absolument. Après un premier séjour en France, j’y suis revenue décidée à entreprendre mon analyse. Elle a duré 10 ans, à Paris. Il s’est trouvé que comme mon analyste était lacanien, plus tard, il m’envoya la transcription des cours de Jacques-Alain Miller, « L’orientation lacanienne » : je reconnus qu’il existait là un enseignement – je n’avais rien trouvé de tel ailleurs. Ce qui est toujours aussi déterminant pour moi, c’est le choix forcé de Freud, on ne peut nullement me séparer de Freud, ce que j’appelle mon piège freudien.
À la fin de mon analyse, de retour à Téhéran, j’aurai pu, par goût, continuer la recherche scientifique et étudier Freud parallèlement. L’ignorance constatée de l’Autre m’a poussée à enseigner, à faire connaitre Freud en Iran à travers ses textes.
3- Quelle est la place que la psychanalyse prend à Téhéran? Et plus précisément, quelle place a la psychanalyse d'orientation lacanienne? Est-elle présente d'une façon quelconque à l'université, dans les institutions de soin, dans des lieux de formation? Pourriez-vous nous décrire vos activités de transmission de la psychanalyse en Iran?
Lorsque je suis retournée en Iran, il y a 20 ans, après ma formation à partir de mon analyse personnelle faite à Paris avec un analyste lacanien, j’ai constaté que tous, universitaires, psychiatres, psychologues, etc., prétendaient faire de la psychanalyse sans même avoir été analysés eux-mêmes. Aussi les gens se disaient analysés parce qu’ils avaient fait sept séances d’une pratique quelconque par la parole !
J’ai compris qu’il fallait que je commence par dire ce qu’est une psychanalyse et j’ai commencé à enseigner. Aujourd’hui encore je dois toujours batailler contre la psychanalyse « sauvage ».
Je m’appuie sur les écrits de Freud, sur mon analyse et la connaissance de Lacan. Les trois dimensions (réel–symbolique–imaginaire) apportées par Jacques Lacan clarifient la psychanalyse et empêchent les dérapages laissés par les concepts imaginaires des post-freudiens.
Avec mes élèves nous reprenons les textes freudiens et, pas à pas, en donnons une traduction, ce qui nous pousse à faire une recherche minutieuse parmi toutes les nuances proposées par la langue persane.
Pour abriter ce travail, j’ai réussi à faire reconnaître une association, reconnue d’utilité publique, qui a le statut d’ONG : L’Association freudienne.
Cette association est un lieu d’enseignement – le mien et celui de mes élèves ; c’est aussi le lieu où je loge la pratique de mon cabinet, en particulier l’accueil de nouveaux analysants – souvent élèves aussi, ce que j’appelle le « recrutement ».
Le projet est d’y rattacher un centre de traitement de la dépendance psychique des toxicomanes, un lieu de psychanalyse appliquée où mes élèves pourront démontrer l’efficacité de la psychanalyse, par rapport à toutes les pratiques en cours actuellement à Téhéran, rapides, mais qui souvent échouent sur le moyen terme.
4- Les femmes en Iran, qu'en dites vous?
L’histoire de l’Iran est très ancienne et sa conversion à l’islam chiite n’en occupe que le dernier quart (1400 ans). Des influences préislamiques (zoroastriennes et mitraïques) sont très fortes dans le pays et les femmes n’ont pas le même statut que dans les pays arabes où s’étend l’influence de l’islam sunnite. En Iran, je peux affirmer que la culture et le savoir sont très valorisés, ce qui explique ma place privilégiée dans ce pays.
Pipol News 54 - 15/06/2013
PIPOL NEWS 54
El goce femenino en el Siglo XXI
Entrevista a Leonardo Gorostiza, realizada por María do Carmo Batista para la Carta de São Paulo.*
Carta de São Paulo: Lo simbólico se presenta muy alterado en el Siglo XXI, siendo ese el tema del Congreso de la AMP - 2012, en Buenos Aires. ¿Sería posible decir que hay también cambios estructurales en lo femenino?
Leonardo Gorostiza: No me atrevería a afirmar algo así sin haber definido antes y en profundidad qué entendemos por “cambios estructurales en lo femenino”. Tal vez, el trabajo durante las Jornadas eche luz sobre este punto y permita esbozar algunas respuestas.
Pero lo que sí conviene aclarar es cómo entendemos la formula “la feminización del mundo”, fórmula reiterada desde hace ya varios años para señalar la reconfiguración de los sexos que acontece en este nuevo siglo.
En un sentido, con esa fórmula se designa el ascenso cada vez más importante de las mujeres a funciones antes reservadas a los hombres. El campo de la política es uno de los lugares privilegiados donde esto se manifiesta. Que en este momento sean dos mujeres las presidentas de Brasil y Argentina, podría ser leído como un ejemplo de dicha feminización. Sin embargo, ¿por qué no ver que el hecho de ocupar esas funciones habla más bien de una democratización de la política para ambos sexos que de una transformación “estructural” –para retomar la palabra que quedó en suspenso- que suponga una feminización verdadera?
En este sentido, pienso que hay al menos dos ejes posibles para estudiar dicha feminización o, retomando una reciente expresión de Jacques-Alain Miller, “la aspiración a la femineidad” de este Siglo XXI.
Por un lado, en lo más evidente: el actual predominio de redes sociales sin un centro unificador aparente –como las de Internet- que son afines a la lógica del “no todo”, propia de la sexuación femenina, y no a la lógica del “todo”, que resume el Edipo freudiano hoy en declinación.
Por otro lado, pienso que habría que localizar ejemplos, tanto clínicos como sociales, donde se manifieste un goce que –como el femenino- no puede ser puesto en palabras. Dicho de otro modo, se trataría de intentar localizar manifestaciones de goces rebeldes al saber y, por lo tanto, imposibles de negativizar.
Esto sería seguir la huella clínica de esa temprana fórmula de Lacan sobre el goce femenino en “Ideas directrices para un congreso sobre la sexualidad femenina”, donde lo definía como “el esfuerzo de un goce envuelto en su propia contigüidad” para realizarse a porfía del falo. Lo cual puede ser leído como un goce que tiende a realizarse desafiando la significantización, es decir, a porfía del significante.
C.S.P.: Lo femenino, la mujer, la histérica, son tres grandes argumentos para el psicoanálisis, estrechamente enlazados. ¿Cómo, hoy día, diferenciarlos, una vez que la función fálica se encuentra enflaquecida?
L.G.: ¡Vaya pregunta! ¡Llevaría –como suele decirse- un seminario entero responderla! Entonces, voy a introducir tan solo una precisión a modo de una cuestión preliminar.
Entiendo que no va de suyo que con la declinación del Nombre del Padre se produzca una debilitación de la función fálica. En su última enseñanza, ya situada más allá del Edipo, Lacan no dejó de señalar otras facetas de la función fálica, especialmente aquellas ligadas al falo en cuanto F, y no como significación fálica.
Ocurre que Fes lo que, en cuanto letra, precisamente escribe el goce singularísimo imposible de negativizar. O sea que hay una faceta del falo que, lejos de excluirlo, se liga a lo femenino en tanto tal.
Pienso que este tipo de precisiones –puede haber otras- son fundamentales para intentar despejar cómo se reubican desde esta perspectiva los tres “argumentos” que usted mencionaba.
C.S.P.: ¿Hay en el psicoanálisis alguna forma de idealización de lo femenino?
L.G.: No diría “en el psicoanálisis” sino “por los psicoanalistas”. Ciertamente es una tendencia sobre la cual hay que estar advertidos. Sería una contradicción hacer de lo femenino un Ideal ya que implicaría reducirlo a un significante… ideal.
Mientras que, por lo que venimos diciendo, lo femenino en tanto tal es rebelde al esfuerzo de significantización. En cierto modo, creo se puede decir que lo femenino comparte con el objeto de la pulsión el hecho de situarse a distancia del ideal desde el cual un sujeto podría verse como amable. ¡Las mujeres pueden ser muy amables, pero no hay que confundir “lo femenino” con las mujeres!
Otra cosa, es la afinidad de lo femenino con la letra, que es otro registro del significante. La letra, al igual que una mujer, no puede decir lo que es, en tanto mujer. De allí su silencio.
C.S.P.: El goce femenino, por ejemplo, es muchas veces considerado un objetivo a ser alcanzado en la experiencia analítica. ¿Cómo usted piensa eso?
L.G.: Pienso que no convienen aquí las respuestas generales. Por lo tanto voy a responder a partir de lo que aconteció en mi propia experiencia analítica.
Por un lado, puedo afirmar que el momento de pase en mi análisis no implicó para mí ningún acceso a una experiencia de goce femenino, es decir, a una experiencia de goce suplementario comparable a una experiencia mística, tal como Lacan lo describe en su Seminario Aún.
Sin embargo, el pasaje de una lógica de la “medida”, ligada a (-j) e inducida por el significante del síntoma –en mi caso, “el calzador”-, a un más allá de dicha lógica, señalado por la invención del nombre del sinthome, “el-calzador-sin-medida”, se tradujo en mi experiencia en dos efectos.
Primero, la superación de un cierto rechazo a lo femenino, y una nueva disposición a acceder y alojar lo inconmensurable, y por lo tanto, lo singular.
Segundo, el establecimiento de una nueva alianza con un goce imposible de negativizar, y esto con el correlato de un novedoso efecto de vivificación.
Lo cual, no es poco, si tenemos presente lo que implica para “todo” hombre acceder a poner distancia con la lógica edípica, que es donde se funda el delirio de la “norma” (norme male).
Así mismo, si tenemos presente que lo que Lacan despejó en la vía del goce femenino luego lo generalizó hasta hacer de ello el régimen del goce en tanto tal, es decir, imposible de negativizar y que, en cuanto in-simbolizable e indecible, tiene afinidades con lo infinito (ver el Curso de J.-A. Miller L’Être et l’Un), podría concluir que una nueva alianza con dicho goce presupone entonces una cierta aquiescencia a la feminización.
Tal vez allí resida un secreto para pensar -desde otro ángulo que el del objeto a- la insistencia de Lacan en señalar la homología que existe entre la posición del analista y la posición femenina.
C.S.P: ¿Podríamos decir que los síntomas en el Siglo XXI conducen a un aumento de la pulsión de muerte?
L.G.: Me permito modificar la pregunta. En vez de interrogar si los síntomas en el Siglo XXI “conducen a”, preguntarnos “si están animados por” un aumento de la pulsión de muerte.
Esto –además de constatarse- es lo que se deduce de nuestra caracterización de la época como la del Otro que no existe y del ascenso del objeto a al cenit de lo social. Es decir, una época donde resulta muy claro el predominio del superyó en detrimento de los Ideales y del Nombre del Padre. De allí que hoy en día la faz de goce de los síntomas sea algo tan manifiesto, como también lo es el rechazo del inconsciente, que lógicamente lo acompaña. Sabemos de la dificultad de los sujetos de esta época en preguntarse qué es lo que sus síntomas quieren decir.
Desde esta perspectiva, nuestra época parece corroborar aquello de lo que Freud testimonió en “El malestar en la cultura”. Es decir, del fracaso del significante Ideal y del amor, del fracaso del programa de Eros, para resolver el problema del goce.
Dicho de otro modo, que allí donde esperábamos encontrar la libido y el amor (Eros), no encontramos otra cosa que el funcionamiento ciego y paradojal de Tánatos; que cuando esperábamos encontrar la agregación y la constitución de unidades superiores, no encontramos otra cosa que la desagregación propia de la pulsión de muerte.
En este sentido, no debemos olvidar –según lo subrayado hace tiempo por Jacques-Alain Miller- que el concepto de goce en Lacan es un concepto que incluye, en una suerte de anudamiento y clivaje interno, tanto la libido (Eros) como la pulsión muerte (Tánatos). Por ello, el goce se trata de una satisfacción que incluye esa dimensión desagregativa y autodestructiva que es la de la pulsión de muerte.
Esto es algo de algún modo ya adelantado por Lacan en su Seminario 11, cuando no dudó en afirmar que toda pulsión es pulsión de muerte.
C.S.P.: ¿El goce femenino podría se contraponer a esa ampliación? ¿O, al revés, el goce femenino puede caminar en la misma dirección de la pulsión de muerte?
L.G.: De lo que acabo de decir podría deducirse esto último. Freud mismo lo dio a entender cuando, al caracterizar las masas artificiales –la Iglesia y el ejército- situó la exclusión de las mujeres como uno de sus fundamentos.
Efectivamente, si la masa obtiene la fuerza de su ligazón de la sublimación de las tendencias homosexuales –tal como Freud se expresa-, la presencia de las mujeres podría obrar en contra de dicha ligazón, de dicha agregación.
¡Es cierto que eran otras épocas! ¡Ahora hay mujeres en el ejército! ¡Es la feminización del mundo de la que antes hablábamos! Pero es la lógica que sigue Freud lo que me interesa para intentar responder a su inquietante pregunta.
Al mismo tiempo, la fórmula de Lacan que antes recordaba acerca del goce femenino como un goce envuelto en su propia contigüidad que se realiza desafiando al falo, se inscribe en este mismo sentido.
Y, sin ir más lejos, hace no mucho tiempo y precisamente en Brasil, en Río de Janeiro 2008, Éric Laurent -también a propósito del goce- decía que Lacan consideraba que la clínica psicoanalítica demuestra que la erótica y la muerte están articuladas, y que el sujeto puede dar a su objeto de amor o de goce, la figura de la mujer fatal. Es decir, una figura “democrática” de Medea.
Si además tenemos presente cuántas veces se constata en nuestra práctica que las mujeres tienen una particular disposición para encarnar el superyó de un hombre…
Sin embargo, si tomamos la cuestión desde otro ángulo, la cosa se ilumina y no resulta tan sombría.
Voy al grano. Sus preguntas me han permitido darme cuenta de algo. Que si hacemos coincidir estrechamente la vía del goce femenino con la de la pulsión de muerte, podríamos llegar a una conclusión inesperada: que en función de las afinidades de la posición del analista con lo femenino, el análisis –su final- apuntaría a la pulsión de muerte.
¡Para nada es así! ¡Muy por el contrario! Porque en el horizonte del psicoanálisis hay una ética que no se confunde con la del superyó y, por lo tanto, no apunta ni se confunde con la pulsión de muerte.
De este modo, lejos de dar consistencia a esa figura cruel y feroz que las mujeres pueden, llegado el caso, encarnar para un sujeto en su neurosis, la perspectiva del psicoanálisis, de su final, se sitúa en relación a otro horizonte que es el de un vaciamiento de dicha figura.
Porque no hay que olvidar que el imperativo del superyó, como tal imposible de cumplir, se ubica en el horizonte de un “todo posible”. Y es precisamente en la medida en que ese lazo de sujeción al todo se deshace, dando lugar a una nueva alianza con el goce ahora en su singularidad, que entonces puede tener lugar una inédita experiencia de vivificación.
Una experiencia de vivificación correlativa a que allí, donde el silencio de la voz áfona del superyó no cesaba de vociferar, pudo advenir otro tipo de silencio, el silencio de lo que una mujer, en tanto tal, jamás podrá decir.
*Entrevista sobre el temade las Jornadas de la Sección San Pablo de la EBP “O gozo feminino no século XXI”, realizada los días 25 e 26 de noviembre de 2011. Publicada en la Carta de São Paulo de septiembre-octubre de 2011, y posteriormente en El Caldero de la Escuela (EOL) N° 17, año 2012.
FLASH 14
F L A S H 14
Quelques questions posées à Janusz Kotara,
participant aux Simultanés de PIPOL 6
Pipol News* : Janusz, je crois savoir que vous avez exercé comme médecin dans les ambulances avant de vous engager dans la pratique analytique. Comment cela s’est-il fait ?
Janusz Kotara : J’ai commencé à écrire des poèmes à la fin de mes études. Don d’écrire ou « voix mystique de poésie », cela bouleversait complètement ma vie. À cette époque, je m’intéressais à Jung, Nietzsche et aux rapports qui existaient entre la Bohème et les impressionnistes et surréalistes de Paris. Je finis mes études de médecine en pensant que seule la psychiatrie pouvait, comme spécialisation conjoindre l’art et la médecine. Mais le hiatus qui existait entre un style de « vie bohémienne » que je préférais et le style de vie qui sied au jeune médecin était sans issue. Après quelques mois d’hésitation – continuer ou ne pas continuer une carrière professionnelle ; je pensais à la psychiatrie – je choisis la poésie. Mon choix de travailler dans les ambulances était un compromis. Je devais gagner de l’argent pour survivre, mais dans le même temps, pour vivre mon style de vie, je voulais du temps pour voyager, pour chercher l’inspiration, pour rencontrer d’autres artistes. Le système de travail dans les ambulances me donnait cette possibilité. Comme compromis, c’était évidemment mon symptôme. Comme médecin, je sauvais de la mort ; comme poète, je prétendais sauver mon âme de la mort. En 1991, je trouvais un premier article sur Jacques Lacan. Après une crise personnelle, je me dirigeais vers la psychanalyse.
PN : Vous avez publiés des recueils de poésie ?
JK : Entre 1987 et 2007, j’ai écrit des centaines de poèmes. Je les publiais comme des essais de poésie contemporaine dans des magazines littéraires. Quatre recueils de poèmes ont vu le jour. J’ai gagné quelques prix littéraires, mais secondaires. En 2013, paraitra un CD de douze chansons composées à partir de douze de mes poèmes.
PN : Quels sont en Pologne, selon vous, les signes avant-coureurs du “féminin qui prend le pas sur le viril” ?
JK : Paradoxalement, ou non, un signe avant-coureur du féminin fut le pape Jean-Paul II. La dimension « sans limite » était quelque chose d’absolument palpable. Ce personnage était tellement singulier que pour beaucoup de polonais, il n’y aurait qu’à l’imiter, sans traitement ou attention pour sa propre singularité.
Au niveau politique ou dans la police, du côté des femmes il y a plutôt une revendication phallique qui s’adresse au patriarcat.
Il y a quelques énonciations frappantes qui introduisent une dimension de singularité qui bouleverse la dimension de l’universel et la mythologie de la Pologne. Pensons par exemple, à l’actrice et chanteuse Maria Peszek.
* Interview réalisée par Yves Vanderveken, par mail.
FLASH 13
F L A S H 13
Quelques questions posées à Théodora Pavlova, participante aux Simultanés de PIPOL 6
PIPOL NEWS* : Théodora, tu es bulgare. Tu es venue travailler au Courtil. En quoi consiste ton activité depuis ton retour en Bulgarie ?
Théodora Pavlova : Il s’agit en effet de mon deuxième retour en Bulgarie – une fois après mes études en France et, maintenant, une deuxième fois après mon travail au Courtil. Je précise ceci parce que mon choix de venir au Courtil n’est pas sans rapport avec ce que j’ai rencontré en Bulgarie pendant quelques 5 années après mon premier retour en 2007. Je pourrais décrire brièvement le contexte dans lequel je me suis retrouvée, comme un contexte d’urgence permanente – « il faut fermer les institutions pour des enfants abandonnés », « il faut changer la prise en charge de ces enfants », « il faut former le personnel », « il faut faire des projets pour intégrer les minorités », « il faut arrêter l’abandon des bébés » et, pire encore, « il faut changer le comportement de ces enfants et adolescents, il faut qu’ils arrêtent de s’automutiler, d’être agressifs, d’être délinquants parce que ce n’est que suite d’un manque d’un attachement stable », etc. Sans nier le besoin d’un changement dans le domaine médico-social, je dirais que ce discours du maître, même s’il vise le bien-être des enfants, efface le sujet (que se soit l’enfant ou l’adulte qui prend soin de lui) qui se retrouve derrière ces projets ambitieux. Dans mon travail qui consistait généralement à rencontrer les enfants, les adolescents et le personnel de ces institutions, et dans cette demande de supprimer vite la souffrance, je me suis retrouvée dans une impasse qui a motivé mon désir de venir au Courtil. Cette année au Courtil n’est pas sans conséquences pour moi, non seulement en ce qui concerne l’accompagnement du sujet psychotique, mais aussi en ce qui concerne mon positionnement face à cette urgence. A part ma pratique privée avec des enfants et des adolescents, depuis mon retour il y a quelques mois, j’ai repris certains de mes activités auprès des différentes équipes de professionnels dans différents Centres d’accueil des enfants. Ce travail s’inscrit toujours dans différents projets qui consistent à former le personnel des nouveaux services sociaux. Mais derrière cette « formation », moi et mes collègues de l’Association « Enfant et Espace », nous proposons un espace de parole où nous accueillons la souffrance tant de l’enfant que des adultes qui l’accompagnent.
PN : Quelle est la place de la psychanalyse en Bulgarie ? Elle est assez présente ou d’un recourt certain, je pense, dans les institutions pour enfants. Quelle est leur spécificité ?
Théodora : Oui, effectivement le discours psychanalytique est assez présent. Je dirai même de plus en plus présent dans les nouveaux Centres d’accueil pour des enfants en difficultés qui sont censés prendre le relais des institutions qui vont être fermées, ce qui consiste aussi à travailler dans la cité et avec les familles de ces enfants. Le nombre très important de participants de tout le pays qui viennent aux laboratoires CIEN, « L’Enfant et ses symptômes » en témoigne. Je crois que ceci est en lien avec le contexte que je viens de décrire et que la rencontre avec l’écoute analytique, si je puis dire, a un effet d’apaisement pour ces gens-là, confrontés non seulement à la souffrance des enfants mais aussi au discours du maître et aux exigences de résultats rapides. Je parle bien sûr de la situation actuelle et, sans entrer dans des détails, je voudrais préciser que ce laboratoire, qui a commencé il y a presque 15 ans sous le titre « Grandir sans parents », a suivi les mouvements dans le pays (ici, s’il le faut, je peux préciser que ça a commencé avec les psychanalystes de Bordeaux et que maintenant notre partenaire est le Courtil). Au début, ce laboratoire était le seul qui accueillait le personnel ces institutions complètement isolées, héritage du régime communiste, où on retrouve jusqu’à aujourd’hui des cas d’enfants avec un hospitalisme sévère, pire encore que celui décrit par René Spitz. La question qui se pose aujourd’hui est celle de comment les accompagner dans le changement. Cette question en convoque beaucoup d’autres – comment accompagner le sujet psychotique, ses parents et les gens qui s’occupent de lui, etc. Toutes ces questions déterminaient les titres des laboratoires cliniques – « Apprendre la langue de l’enfant », « La dignité de la différence », « Professionnel et parents – deux partenaires de l’enfant », « La psychose de l’enfant » etc.
Une des particularités en Bulgarie est que c’est grâce à ce programme que s’est constitué peu à peu le Groupe du Champ Freudien en Bulgarie qui est actuellement Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne, membre affilié de la NLS. Ce laboratoire représente donc la porte d’entrée pour beaucoup de gens vers la « psychanalyse pure » et le fait de commencer une analyse n’est pas sans conséquences pour leur travail clinique mais aussi pour les Centres où ils travaillent. La Société bulgare développe de plus en plus des activités, ses membres sont de plus en plus invités par différentes institutions pour en assurer sur place le contrôle et la supervision. Il y a des Centres qui orientent de plus en plus leur travail par la psychanalyse lacanienne.
PN : Y a-t-il un lien avec la question de la femme en Bulgarie ? Comment s’y présente-t-elle, selon toi ?
Théodora : C’est une question difficile ! Il me semble qu’elle s’inscrit justement dans ce contexte particulier qui est celui des soins pour les enfants et qui renvoie donc à la question de la maternité. Je partirai par le constat que dans tout le secteur éduco-médico-social, il n’y a presque pas d’hommes. On peut souvent entendre que se sont des « professions féminines ». Mais s’agit-il vraiment de féminité ? Lors d’un projet, j’ai eu la possibilité de faire des entretiens avec une grande partie du personnel d’une institution de soins médico-sociale pour des enfants de 0 à 3 ans. C’était d’ailleurs les premières institutions qui ont été crées pendant les années 50 et qui portaient le nom « Maisons mère et enfant ». J’ai entendu des histoires très intéressantes et très variées, mais il y en a une qui m’a particulièrement marqué. Comme au début ces « maisons » accueillaient, entre autres, des jeunes femmes enceintes et non mariées qui ne répondaient pas à la morale communiste, j’étais plus que surprise d’entendre l’histoire d’une jeune femme qui est restée tout au long de l’allaitement de son bébé (plusieurs mois, donc) mais qui est partie et l’a abandonné une fois qu’il était sevré pour « retourner dans la société ». « Et c’était, me dit l’infirmière, assez fréquent ». Cette femme est revenue plus tard chercher son enfant mais « il était tard » parce qu’il avait déjà déjà adopté.
C’est le « Parti-Mère » comme se désignait elle-même le parti communiste qui était « la bonne mère » et ceci dans un paradoxal culte de la maternité. La femme était donc la « bonne citoyenne » pour qui l’Etat passait avant tout – elle devait travailler, mais aussi faire une famille pour répondre à son idéal. Celui-ci de son côté pouvait assurer sa fonction de mère – ici je pense non seulement à ces institutions où les enfants se trouvaient lorsque les choses « sortaient beaucoup de la règle », mais aussi au fait qu’il existait des maternelles hebdomadaires, c’est-à-dire que depuis son très jeune âge, l’enfant était en internat pour que la mère puisse travailler ; je pourrais aussi donner des exemples de ma propre expérience, car je me souviens des visites chez moi où justement la maîtresse venait contrôler comment ça se passe à la maison, qui va dormir dans quelle chambre, etc. La bascule dans laquelle mon pays se trouve actuellement, d’un régime communiste vers un capitalisme, ne rend pas les choses plus faciles, tant sur la question de la féminité que sur la question de la maternité, tant au sein de la famille que dans le domaine social où il s’agit toujours de la recherche d’un idéal qui est celui de donner les « meilleurs soins qui assureront un bon attachement ». L’abandon est toujours très présent, mais comment l’expliquer dans ce nouveau contexte ? Comme une sorte d’acte de Médée ? Je ne sais pas ! En même temps, la clinique nous confronte de plus en plus avec des femmes pour lesquelles la maternité représente tout ou, à l’autre extrême, rien du tout – ce qui est très différent d’un « pas tout ». « Devenir femme ? Devenir mère ? Questions des filles » était d’ailleurs le thème des premières Journées de travail de la Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne, choisi suite à la discussion avec le public lors du dernier colloque « Jacques Lacan » en Bulgarie.
* Interview réalisé par Yves Vanderveken (par mail et par Skype)
FLASH 12
F L A S H 12
Quelques questions posées à Salvina Alba,
participante aux Simultanés de PIPOL 6
Pipol News* : Chère Salvina, vous êtes jeune, liégeoise, membre de l’ACF-Belgique, vous dirigez un service agréé par l’Aide à la Jeunesse. Qu’est-ce que c’est ce service ? Que faites-vous exactement ?
Salvina Alba : Pour faire court, je dirais que le service que je dirige a pour mission d’aider les jeunes (de 0 à 18 ans) dits « en difficulté » voire « en danger ». Nous travaillons exclusivement avec le Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ), le Service de Protection Judiciaire (SPJ) ou encore le Tribunal de la Jeunesse (TJ). Ceux-ci font appel à nous lorsqu’ils estiment que les difficultés que l’enfant rencontre peuvent être résolues « là où il vit ». Ce « là où l’enfant vit » est bien souvent sa propre famille. Lorsque la mission nous est accordée, des éducateurs rencontrent – chez lui ou ailleurs – le jeune, bien sûr, et les membres de la famille (s’il y en a). C’est lorsque le Conseiller, le Directeur ou le Juge de la Jeunesse pense qu’il n’y a plus de danger, que la mission cesse.
Voici un exemple : Bryan, 5 ans, inquiète son institutrice. Il perturbe la classe, se jette par terre et pousse des cris qui terrifient ses camarades. L’institutrice, pour le punir, le prive de récréation. Alors, Bryan emploie ce temps à badigeonner les murs de la classe avec ses excréments. De plus, elle a remarqué des bleus sur les bras de l’enfant. Le centre Psycho-Médico-Social (PMS), interpellé, convoque les parents. La maman avoue être dépassée par son fils : et oui, c’est vrai, il lui arrive de le secouer…
Rendez-vous pris au SAJ, la déléguée du Conseiller propose l’accompagnement d’une équipe éducative afin de l’aider à trouver des solutions. C’est cette histoire que les parents, accompagnés de la déléguée, me racontent à la réunion d’admission. Nous aurons un mandat de six mois pour y arriver. C’est toujours de cette façon que nous entrons dans la vie de ces familles.
PN : Aide à la jeunesse et psychanalyse : est-ce compatible ?
SA : Oui, bien sûr, l’un est compatible avec l’autre. C’est du moins ce que je me propose de dire à Pipol 6. La psychanalyse permet de découvrir tous les espaces de libertés existants dans le cadre contraignant de l’Aide à la Jeunesse. Et il y en a : c’est ce qui ressort très souvent de nos réunions cliniques.
Le mandat est un exemple du cadre contraignant de l’Aide à la Jeunesse (un autre exemple pourrait être le fait de travailler avec des sujets qui ne demandent rien). Mais pour en revenir au mandat – qui est le « thème » de mon témoignage à Pipol –, il reprend les objectifs à atteindre, MAIS il ne parle pas de méthodologie ! C’est là où la psychanalyse pourra tranquillement orienter notre travail : dans le cas de Bryan, c’est un éducateur qui rencontrera le papa, un autre la maman, et un troisième Bryan. Désormais, nous ne travaillons plus avec « la famille » (qu’est-ce qu’une famille ?) mais bien avec trois sujets différents. En fonction de l’évolution du travail, la durée de six mois pourra aussi être revue à la hausse comme à la baisse. Et mon boulot, puisque c’est moi qui organise les réunions d’accueil, sera de définir ou plutôt de négocier les termes du mandat.
PN : Cela aide-t-il d’être une femme dans les rapports avec l’Aide à la Jeunesse ?
SA : Il y a beaucoup de femmes dans l’Aide à la Jeunesse. Cela s’explique probablement par l’histoire : ces jeunes dits « en difficultés » portaient le nom « d’enfants du Juge » jusqu’à la fin des années 80. Ils vivaient dans des « homes résidentiels », et dans ces lieux de vie, c’est la fonction maternelle des éducatrices qui était sollicitée. En faisant un raccourci audacieux, je dirais que dans l’Aide à la jeunesse, nous avons affaire à des « mères » plutôt qu’à des « femmes ».
Ceci étant dit, je ne sais pas si cela aide d’être une femme – je ne sais pas ce qu’est une femme... –, par contre, être en analyse, ça aide, certainement.
*Interview réalisée par Monique Kusnierek (par mail et téléphone).
Pipol News 53 - 12/06/2013
PIPOL NEWS 53
Numéro spécial transatlantique
Dans ce numéro spécial « transatlantique » de Pipol News, nous vous présentons ENAPOL qui aura lieu le 22 et 23 novembre 2013 à Buenos Aires et qui a comme thème : « Parler avec le corps. La crise des normes et l’agitation du réel ».
Vous trouverez en pièce jointe quatre textes de présentation du congrès par Ricardo Seldes, Président d’ENAPOL, par Elisa Alvarenga, Présidente de la FAPOL et par Patricio Alvarez, Directeur d’ENAPOL.
Bonne lecture !
Laura Petrosino
SOMMAIRE
"Présentation d'Enapol VI", par Ricardo Seldes et Patricio Alvarez
"Présenter le corps", par Ricardo Seldes
"Parler avec le corps. La crise des normes et l'agitation du réel", par Elisa Alvarenga
"Parler, avec quel corps?", par Patricio Alvarez
Présentation d’ENAPOL VI
En clôture de PIPOL V, Jacques-Alain Miller proposait d’organiser une recherche sur le corps, à partir d’une phrase du Séminaire XX: “le réel, dirais-je, est le mystère du corps qui parle, le mystère de l’inconscient”. La proposition fut retenue par les Écoles américaines comme axe de la recherche qu’ils menaient déjà depuis une année y qui trouvera sa conclusion lors de la 6ème rencontre américaine de psychanalyse d’orientation lacanienne ENAPOL.
L’argument d’Éric Laurent qui motivait notre appel à contributions en novembre 2012 pour l’événement ENAPOL VI, posait la question suivante: comment parle le corps au-delà du symptôme hystérique ? Si nous concevons le symptôme hystérique en lien à l’amour pour le père, cette question nous indique une direction: celle de l’au-delà de l’Œdipe, qui fait actuellement l’objet d’une recherche en Europe, avec PIPOL VI qui s’articule précisément avec notre recherche sur le corps. Quel est ce corps qui se constitue au-delà de l’Œdipe s’il ne l’est par l’opération du Nom-du-Père ? C’est un corps différent, que Lacan définit dans son Séminaire XXIII comme une caisse de résonnance dans laquelle un dire produit des effets : “la pulsion est l’écho dans le corps du fait qu’il y a un dire”. Ce n’est cependant pas le corps du Nom-du-Père ni de l’objet a : c’est le corps du sinthome et du symptôme. C’est l’instrument qui nous sert à toucher un bout de réel : le symbolique résonne dans le corps grâce au sinthome.
ENAPOL VI est la rencontre des Écoles d’Amérique. Elle aura lieu les 22 y 23 novembre de cette année 2013 à Buenos Aires. Elle est ouverte à tous ceux qui s’intéressent à la psychanalyse d’orientation lacanienne. Bien plus que ces deux journées, les activités se dérouleront toute la semaine, la semaine lacanienne de Buenos Aires, du mardi 19 novembre jusqu’au lundi 25 et comprendront:
- • L’évènement ENAPOL VI qui comptera avec la présence d’Eric Laurent, de Judith Miller, de Miquel Bassols et de Léonardo Gorostiza. Pendant deux jours se dérouleront des plénières, des conversations et des simultannées.
- • Les Journées de l’EOL
- • Le Coloque CEREDA, avec Judith Miller
- • Le Coloque CIEN, avec Judith Miller
- • Le Séminaire INES de la NEL, avec Miquel Bassols
- • Le Coloque TyA, avec Judith Miller
- • Le Séminaire de l’EBP, avec Éric Laurent
- • La conférence d’Éric Laurent à la faculté de psychologie de l’UBA, sur l’autisme
Nous nous réjouirons d’accueillir nos amis des Ecoles Européennes pour partager cette rencontre historique !
Ricardo Seldes – Président d’ ENAPOL VI
Patricio Alvarez – Directeur d’ ENAPOL VI
Présenter le corps
Par Ricardo Seldes, Président du VIè congrès ENAPOL
C'est un titre provocateur. Il vise l'interrogation sur le renouvellement de notre pratique au XXI siècle, quand le monde vie sous la perspective du tous fous, tous délirants, effet de la dite dévaluation du Nom-du-Père. La psychanalyse doit jouer sa partie, de la façon la moins délirante possible, à propos du réel dont témoigne le discours de la civilisation hypermoderne.
Depuis quelle perspective ? Le discours du maître, produit de la combinaison du discours de la science et de celui du capitalisme, est aujourd'hui affolé par la prolifération des étiquettes. Il a une influence directe sur les corps et sur les manières de vivre la pulsion. La psychanalyse et son discours participent du mouvement de la modernité, dans laquelle le caractère artificiel, construit du lien social, des croyances et des significations devient évident. La pratique freudienne a ouvert la voie à ce qui s'est manifesté comme une libération de la jouissance dans les sociétés qui faisaient prévaloir le malaise par le fait de freiner, inhiber, réprimer la jouissance. Bien entendu, non pas dans le sens où Sade l’avançait. Dans « Une fantaisie », Miller articule en toutes lettres de quelle façon cette pratique a contribué à mettre en place la dictature du plus de jouir, pratique qui par là-même doit se rendre responsable des conséquences d’un tel succès. Nombreux sont ceux qui vivent ces conséquences comme des catastrophes : la ruine de la nature, la perte des traditions familiales, et en particulier la modification des corps.
Grâce à la construction par Jacques-Alain Miller de la biologie lacanienne nous pouvons comprendre que la science biologique se préoccupe des algorithmes du monde vivant, et qu’elle y a une incidence avec ses messages sans équivoques, c'est-à-dire avec ses logiciels.
Depuis les algorithmes, nous ne savons plus ce qu'est un être vivant. Mais nous pouvons affirmer avec Lacan que pour les êtres habités par le langage la jouissance est jouissance du corps, ou pour mieux dire, qu’un corps cela se jouit. Et pour faire un pas de plus, nous dirons que le corps vivant est la condition de la jouissance.
Parler avec le corps, quelles en sont les conséquences pour la psychanalyse, étant donné l’exigence d'un langage sans équivoques provoquée par l'agitation dans le réel ?
S'interroger sur le rapport du corps et de la parole mène à la question de l'efficacité de notre pratique. Cela renouvelle aussi des questions telles que : comment avec le symbolique toucher au réel ? Comment l'autisme de l'apparole sans dialogue peut-il faire lien à l'Autre ? Si l'Autre est l'exclu de l'Un, s'il est le moins Un, l’Un vient-il dès lors du signifiant ou du corps ?
Dans les deux dernières séances du Séminaire XX, Lacan dit qu’au-delà de la recherche d'un mode de transmission intégrale par voie de mathème, on trouvera toujours une vérité qui se parle sans savoir. L'énoncé ne coïncide jamais avec l'énonciation. «Je parle avec mon corps, et ceci sans le savoir. Je dis donc toujours plus que je n'en sais ».
Et lorsque quelque chose se présente avec quoi l’on ne sait comment faire, cela nous indique la dimension du réel. Si la finalité de la jouissance se trouve en marge de la reproduction et de la conservation de la vie, nous trouvons là le ressort de l'impossible à inscrire le rapport sexuel entre deux corps de sexe différent, ouverture par où le monde nous prend en tant que partenaire.
Il s'agit alors d'un corps parlant en tant qu'il ne parvient à se reproduire que par un malentendu de sa jouissance. Il ne se reproduit qu’en faisant erreur sur ce qu'il veut dire, et ce qu'il veut dire n'est que sa jouissance effective. Telle est la différence entre la vie et la vérité : l'une parle dans la parole et dans le corps, ce pourquoi nous ne savons pas ce que nous voulons, l'autre ne parle pas mais désire se transmettre, durer, ne jamais finir. Les corps de l'espèce humaine sont malades de la vérité. Comment trouver un rapport avec le réel ?
Lorsque nous voulons traiter du corps, nous visons la notion de satisfaction. L'homme a un corps affecté par le signifiant qui trouve différents types de satisfactions, connues ou inconnues. La jouissance est le produit de la rencontre fortuite du corps et du signifiant, rencontre qui mortifie le corps mais qui en même temps tranche dans la chair le vif qui anime le monde psychique. Cela produit des évènements de corps qui ne sont pas seulement de simples faits de corps, car il produisent une coupure, un avant et un après : des moments mémorables, des traits inoubliables, un avènement de jouissance, des fixations qui ne cessent pas d'exiger le chiffrage symbolique de l'inconscient. Il s'agit d'un corps qui ne parle pas, qui jouit dans le silence pulsionnel. En même temps, c'est avec ce corps qu'on parle, le parlêtre se sert de ce corps pour parler. Il en va de même pour produire le symptôme analytique. Il faudra chercher comment.
Je mets des points de suspension, toujours utiles pour indiquer l’existence d’une pause transitoire ou pour faire place à un suspens.
La recherche qui commence maintenant et qui prendra au moins un an (la commission de bibliographie est appelée à collaborer avec nous et nous avec elle) essaye de déchiffrer ce que signifie parler avec le corps. Cela nous engage en effet à repenser et à actualiser nos concepts depuis la place des identifications par exemple lorsqu’il s'agit de situer le symptôme hystérique aujourd'hui jusqu'à la position féminine du corps en tant que telle.
Parler avec le corps. La crise des normes et l'agitation du réel
Par Elisa Alvarenga, Présidente de la FAPOL
“Qu'est-ce qu'un corps ? Le corps est ce qui survit au naufrage du symbolique.”
(Jacques-Alain Miller, cité par Eric Laurent lors de l'ENAPOL III, 2007, Belo Horizonte)1
Aux temps d'un nouvel ordre symbolique qui ne rend pas compte du désordre dans le réel, on parlera avec le corps face à la crise des normes et à l'agitation du réel2.
La crise des normes se manifeste, entre autres, comme crise des classifications, représentée pour nous par la clinique continuiste du dernier enseignement de Lacan. Il s'agit, par exemple, de distinguer cette clinique de la clinique dimensionnelle du DSMV, que nous aurons l'année prochaine.
Comment se manifeste l'agitation du réel ? Violence, infractions, agressivité, automutilations, symptômes alimentaires, drogues, alcoolisme, panique, solitude, passages à l'acte, hyperactivité. Le malaise dans la civilisation n’a cessé de croître depuis Freud. Le désordre dans la civilisation provoque le recours excessif aux psychotropes, aux psychothérapies autoritaires, aux tentatives de régulation, aux tentatives d’évaluation.
Face à cela, quelle est la puissance du discours analytique ? Bien qu'il soit né de la science et du capitalisme, sa puissance tient au fait qu'il est dé-massifiant, qu'il rompt avec les discours conformistes. À l'époque de l'Autre qui n'existe pas, en analyse on invente un Autre à la mesure de chacun. Cet Autre n'est pas toujours supposé savoir – il y a l'Un tout seul. Un exemple en est l'épidémie de jeunes qui ne sortent pas de chez eux, qui dorment la journée et passent la nuit devant leurs ordinateurs. S'il n'y a au départ pas de sujet supposé savoir, il y a symptôme. Le sens peut disparaître mais le réel du symptôme demeure.
La rencontre du signifiant avec le corps produit un événement de corps, le surgissement d'une jouissance qui jamais ne retourne à zéro. Pour trouver un faire avec, sans l'inconscient symbolique et ses interprétations, il faut du temps. Il s'agit ici d'un concept nouveau, l'inconscient réel qui ne se déchiffre pas, mais qui est cause du chiffrage symbolique de l'inconscient.
Si le corps ne parle pas, mais qu'il jouit dans le silence des pulsions, c'est avec ce corps qu'il s'agira de parler, de faire parler. Parler avec le corps est à l'horizon de toute interprétation, et peut venir à sa place, pour l'analysant comme pour l'analyste. L'analyste offre son corps pour que le patient y loge son excès de jouissance et fasse exister l'inconscient. L'analyse dure tant que l'insoluble de chacun soit impossible à supporter. L'analyse se termine quand le sujet est heureux de vivre, dit Lacan3.
1 Laurent, Eric, “A Classificação”, in Opção Lacaniana n°51, SP, avril 2008, p. 120.
2 Miller, J.-A., “Parler avec son corps”, Mental 27/28, p.127-133. Miller, J.-A., « Le réel au XXIè me siècle », La cause du désir n°82, 2012.
3 LACAN, J. : « Conférences et entretiens dans les universités nord-américaines », in Scilicet 6/7, Paris, Seuil, 1976, p. 15.
Parler, avec quel corps ?
Par Patricio Alvarez, Directeur ENAPOL VI
Nous avons au moins trois théories sur le corps chez Lacan. Avec celles-ci, une clinique s'élabore et se complexifie.
Les normes de l'idéal du moi construisent le corps spéculaire. Il y a à la base la norme principale qui la régule: le nom-du-père. Lacan construit toute sa clinique des structures à partir de ce rapport entre symbolique et imaginaire. Mais de cette clinique structurale peut aussi se dégager une clinique du corps: ainsi, le corps morcelé schizophrénique s'oppose à la multiplication des images du semblable dans la paranoïa, où Schreber percevait les quarante ou soixante âmes de Flechsig. La dissolution imaginaire de l'hystérie, où un corps a la mobilité des métaphores et des métonymies, s'oppose à la fortification moïque de l'obsessionnel, qui gonfle son narcissisme et fait s’égarer son semblable dans ses labyrinthes.
C'est aussi une clinique où la norme phallique organise le corps, où la phobie arme la carte géographique du corps menacé par la castration. Elle s'oppose à la perversion, où le corps se travestit ou ajoute à l'autre la décoration d'un petit soulier : autant de modes de produire le phallus imaginaire pour démentir ainsi la menace.
Une fois construit ce grand édifice des structures cliniques, le réel fait son entrée, qui agite l'harmonie des normes symboliques-imaginaires, et l'édifice s'habite avec l'objet a.
Ce deuxième corps n'est pas si simple. C’est un corps topologique, consistant en un trou central pourvu d'un bord, la zone érogène freudienne ; autour de ce bord se construit la surface du corps, où viendra se produire l'identification spéculaire. A cela s'ajoute une autre opération symbolique, la castration, qui symbolise le trou en tant que manque et donne une unité au corps.
Avec l'objet a se construit une deuxième clinique du corps, qui devient plus subtile : des petits détails marquent l'érotisme des corps, orientent l'élection amoureuse, déterminent les passions. La névrose met en jeu le rapport entre le corps et l'angoisse. La psychose démontre la relation entre l'objet et l'image : c'est ainsi que le paranoïaque ira frapper chez le semblable ce kakon, ce mal qu'il localise chez l'Autre. L'autiste, qui ne dispose pas du trou réel, aura la plus grande difficulté à construire un bord et avec celui-ci, un corps. Le schizophrénique dispose du trou et de ses bords, mais n'arrive pas à organiser avec ses organes une unité corporelle.
Le sadique s'écrie, triomphal: « j'ai eu la peau de l'imbécile », lorsqu'il obtient le revers de la jouissance du corps de la victime. Le voyeur tentera de voir par le trou de la serrure ce qui est au-delà de la scène, et l'exhibitionniste montre ce que cache le voile de la pudeur.
Dans cette deuxième clinique peut aussi être située ce qui est resté en dehors des structures: la violence, dont l'excès déborde les normes, l'acting qui met en scène ce que l'Autre ne loge pas. Les tatouages, qui tentent de faire passer la jouissance à la parole au moyen de l'écriture, le phénomène psychosomatique, qui porte la jouissance à l'écriture sans la parole. L'angoisse délocalisée qui ne trouve pas de cadre, le passage à l'acte qui démontre que ce cadre n'existe pas. La dépression en tant que chute de la cause du désir, les addictions en tant qu'accès à une jouissance qui ravale le désir.
La troisième théorisation du corps est encore plus complexe. On pourrait dire qu'elle est en construction: celle de l'évènement du corps. Le commencement n'en est plus l'image spéculaire, on ne pourrait même pas dire que le début en soit le trou topologique. Il y a quelque chose d’antérieur qui les produit et qui est l’intervention des marques premières, contingences d'une jouissance Une constituant le parlêtre. C'est un autre corps, le corps vivant, le corps où arrive ce que Lacan définit comme événement : « il n’y a d’événement que d’un dire ». Il faut qu'il y ait un consentement à ce dire, qui troue le corps avec le non-sens de lalangue, qui fait résonner la pulsion comme écho d’un dire sur le corps, et qui le parasite au moyen du langage. C'est donc un corps parlant, comme dit Lacan, c'est « le mystère du corps parlant ». D'une façon plus simple, on pourrait dire : c'est un corps parlé par certaines contingences d'un dire qui ont produit un évènement, et c'est un corps qui avec son désir fait évènement.
Mais il y a un problème : tout cela est très intuitif. Cette troisième conceptualisation du corps, il reste à en dégager la clinique, qu'il faudrait essayer de ne pas expliquer au moyen des deux cliniques précédentes. En effet, avec la première on savait déjà que le signifiant marquait le corps, et avec la deuxième on savait déjà qu'il y a de la jouissance dans le signifiant. La troisième inclut peut-être les deux précédentes, mais en quoi s’en distingue-t-elle ? Ou peut-être, puisqu'une clinique se fonde sur le particulier de la classe, ne fut-il pas construire une clinique, mais bien plutôt désigner ce qu'il y a de plus singulier dans ce corps qui parle. Cela fait beaucoup de questions. Une rencontre américaine nous aiderait peut-être à y répondre.
Peut-être en 1998 le professeur Jacques-Alain Miller parlait-il avec le bon Dieu. Peut-être savait-il qu'il y aurait en 2013 un congrès ENAPOL appelé « Parler avec le corps », qui aurait une affiche un peu bizarre avec des petits bonshommes déshumanisés. Et c'est pourquoi dans « L'expérience du réel » il a écrit : « Et parler avec son corps, c'est ce qui caractérise le parlêtre. Chez l'homme, un petit peu déshumanisé grâce à cette graphie – LOM –, c'est de nature qu'il parle avec son corps ».
Références bibliographiques :
Dissolution imaginaire : Lacan J., Le Séminaire, livre 3, chapitre VII.
Corps topologique : Lacan, J., Le Séminaire, livre 9. Cours du 16-5-62. Inédit.
Castration, manque et corps : Lacan, J. Le Séminaire, livre 10, chapitres III, IV, VII.
Autisme: Lacan, J., Le Séminaire, livre 1, chapitres VI et VII.
Schizophrénie : Lacan, J., “L’Étourdit”, dans Autres Écrits.
Sadisme, voyeurisme, exhibitionnisme : Lacan, J., Le Séminaire, livre 10, chapitres XII et XIII.
Tatouage : Lacan, J., Le Séminaire, livre 11, chapitre XVI.
Phénomène psychosomatique : Le Séminaire, livre 11, chapitres XVII et XVIII.
Le mystère du corps qui parle : Lacan, J., Le Séminaire, livre 20, chapitre X.
Écho dans le corps d’un dire : Lacan, J., Le Séminaire, livre 23, chapitre I.
FLASH 11
F L A S H 11
Questions posed to Rik Loose from Dublin, who will present a paper at the Simultaneous Sessions of PIPOL 6
PIPOL NEWS* : You are a member of the NLS and ICLO. ICLO, what does it mean?
Rik Loose: ICLO stands for the Irish Circle of the Lacanian Orientation. It was initiated four years ago and we became an affiliated group of the NLS last year. First of all what ICLO means to its members is the possibility of a formation in psychoanalysis; a formation that takes place within the orientation of the NLS, but for which each member, each alone, is responsible. However, crucial in this is that we are a small community in which the NLS functions as an object of transference which, in turn, I feel, allows a strong transference to work within our group. ICLO is organised in such a way that each member can bring his or her interest into play and as such his or her desire for work and for continuing formation is mobilised. ICLO also causes an effect in “extension”. By that I mean that we have taken up a position in out local culture. We find this important and to that effect we have organised public events with writers and artists. Of enormous importance is that all of this takes place within the context of the NLS and indeed it would not be possible without the generosity of members of the WAP and the close working relationship we have with them. On a more personal level I would like to say that ICLO meant something of a crisis for me. By becoming more involved in various ways with the NLS via ICLO I began to question my work in analytical practice and ultimately my formation in analysis. For example, I could pay lip-service to the logic of the not-all in an academic kind of way but via ICLO and the NLS I was more directly confronted with it. I think it means that I became more open to it within myself and consequently within the clinic. As I said this produced something of a crisis within me and it was this that made me decide to start a second analysis as this crisis was not academic but a real.
PN: You have written a book. Could you tell us briefly, what is it about?
RL: The book was published in 2002. It is about addiction. For about ten years I was working with addicts in a therapeutic community. It struck me that the world of addiction treatment often does not want to know about psychoanalysis. Then I realised that Freud’s relationship to addiction was a curious one. He certainly was confronted with it in his practice but he never wrote a book or even article on it. Nevertheless, throughout his work he refers to addiction quite a bit. In fact, if you read all Freud’s remarks on addiction within the context of the kinds of problems that he was struggling with a very interesting picture begins to emerge. I felt that this picture could provide classical foundation stones for a psychoanalytic theory (and clinic) of addiction. Reading Freud on addiction I discovered also something else and that is that Freud in a certain sense excluded addiction or at least certain addicts from his clinic. See for example the case of Otto Gross who was part of the Freud circle but who was also addicted. Freud did not want to treat him and clearly indicated in correspondence that there was a resistance in him regarding Gross and addiction. The question occurred to me that if addiction is a waste-product of Freudian analysis (at least to some extent) then perhaps it is in a good position to question it. This question then led to Lacan. In the last part of the book I tried to develop ideas for a Lacanian theory and clinic of addiction starting from and elaborating on a number of comments that Lacan made on addiction.
PN: Practicing psychoanalysis in Joyce’s city. What does this evoke for you?
RL: Joyce is, of course, hugely present in Dublin and Dublin is hugely present in Joyce. As a foreigner it is a privilege to be here as language is of crucial importance to the Irish and so is Joyce and that means that Dublin is a rich environment to be in. However, I would like to highlight a peculiarity within this richness. As a foreigner living in Ireland one is often told in conversation that you are “more Irish than the Irish”. Joyce used the expression himself when he wrote about the protestant people in Ireland who were against the “barbaric Calvinists and Lutherans” from overseas. It is an interesting expression because with a little bit of irony it rubbishes the idea that there is something like a pure Irish race. I feel it is also an indication of the fact that the Irish have a divided relationship to the Other and analysing it further perhaps it is even possible to say that it aims at the idea that language is a semblance that contains a limit or hole. Of course this hole is crucial for psychoanalysis because it is something we have to make do with, each and everyone of us, in our own way, which is not so easy. How do we do we do this? We do this with sint’home rule, as Lacan indicated. Both Joyce and the Irish have a “know-how” with how to deal with this division, with this hole; a know-how that is very much part of their language and how they use it. There is something in the body in relation to which each of us is all alone because of the hole in language. Yet we have to use the legislature of language to fabricate something in relation to it. With sint’home rule Lacan referred to the Irish nation which eventually acquired home-rule but very much within the legislature of the Other (the British nation). Joyce and the Irish are drenched in this kind of relationship to language, and that makes it a very rich environment to work in.
* Laura Petrosino
Pipol News 52 - 09/06/2013
PIPOL NEWS 52
Lacan, les femmes, la psychanalyse.
Rose-Paule Vinciguerra, Paris
Es una reflexión sobre el título del PIPOL 6 que se añadió: "Las mujeres se conjugan en futuro"
Lidia Ramírez, Barcelona
Resoconto incontro di preparazione di Pipol 6
Regione Emilia Romagna
Alide Tassinari, rappresentante regionale, Bologna; Raffaele Calabria, rappresentante regionale, Ravenna
Lacan, les femmes, la psychanalyse.
Rose-Paule Vinciguerra, Paris
La position des femmes a-t-elle quelque affinité avec la position du psychanalyste ? Et la recherche de Lacan sur la position du psychanalyste se conçoit-elle indépendamment de celle qu’il a effectuée sur les femmes ?
L’analyste en semblant d’objet a, pas l’androcentrisme
Lorsque Lacan formule la fin de l’analyse en 1967, il la formule en termes de « destitution subjective » en même temps que l’objet qui cause le désir « saute »[1] hors du champ du fantasme dans lequel il était captif. Cet objet dans lequel le sujet reconnaît son être est au lieu même où pour chacun fait défaut la jouissance en tant qu’elle est devenue impossible. C’est en ce lieu que peuvent venir se loger les objets pulsionnels. L’analysant devenu analyste, sachant qu’il n’y a, à cet égard, aucun objet qui vaille plus qu’un autre, s’attache alors à se faire « semblant d’objet a » pour un autre afin que ce qui s’est produit chez lui puisse peut-être advenir aussi chez l’analysant dont il a la charge.
Mais ce « se faire semblant d’objet » cause du désir pour un autre, ne résonne-t-il pas étrangement avec ce que Lacan dit d’une femme qui sait se faire objet cause du désir pour un homme ? Il ne faut pas confondre ces deux formules mais leur proximité est troublante: être en position féminine, c’est être en position d’offre à jouir (et non de soumission au caprice de l’autre, comme le suggèrerait un féminisme militant). C’est, par cette position, donner accès à un homme à la jouissance de son propre inconscient selon sa particularité et c’est en ce sens qu’une femme est symptôme d’un homme. Les femmes cependant, comme le dit Lacan savent ce qui de la jouissance et du semblant est disjonctif[2]. A cet égard, elles sont « plus vraies » que les hommes.
Et l’analyste? L’analyste « fait-il la femme » en se faisant semblant d’objet, comme on a pu le dire? Non, car sa position n’est pas soumise aux aléas du désir. L’analyste se met, certes, en position d’offre à jouir mais « dans le semblant », et pour mieux situer lajouissance de l’analysant au regard de son désir. Si Freud s’est plié à ce que veut l’hystérique, il a résisté au souhait de l’hystérique de le réduire à l’objet a qu’elle voulait mais il a su se faire le support de cet objet, en « assumer la place » dans l’effet de transfert, et avec l’offre qu’il faisait susciter la demande. Être support, c’est « être supposé »[3]. Et si Freud n’a cessé d’interroger « que veut une femme ? », il y a répondu justement en étant psychanalyste.
Un psychanalyste se fait donc, comme une femme, partenaire-symptôme, mais à la différence d’une femme, il n’en n’éprouve aucune jouissance propre. Reste qu’au partenaire-symptôme qu’est une femme, comme à un psychanalyste, on « y croit ».
Ainsi la psychanalyse lacanienne ne promeut-elle aucun androcentrisme. Car si le phallus n’est la propriété d’aucun sexe et n’entraîne aucun privilège du masculin, l’objet a, comme tel, est asexué, même s’il intervient dans la sexualité. Lacan ira au-delà des conséquences tirées par Freud des conditions de la sexualité.
L’analyste et le pas-tout féminin.
Mais il y a « des » jouissances. Celle qui situe l’être parlant selon les modes phalliques, pour être valide, ne rend pas cependant compte de toutes les jouissances : tout ce qui concerne l’être parlant est affecté de jouissance. Prenons le syntagme lacanien, celui du « pas-tout », relativement à la jouissance phallique. Cette version d’une Autre jouissance, version inaperçue par Freud, peut advenir chez les êtres parlants qui se rangent sous la catégorie femmes, qu’ils soient hommes ou femmes. Elle est donc étrangère à la régulation des normes identitaires fixées par la tradition autant qu’au sens qu’organise l’ordre phallique.
Les psychanalystes ont-ils alors à se faire les défenseurs de l’ordre phallique et à vouloir amener leurs patients à l’oblativité génitale, à l’hétérosexualité, à la conjugalité, à la maternité ? Un des apports de Lacan est d’avoir dépassé ce que les post-freudiens ont cru tirer de Freud et d’avoir théorisé, à partir de ses avancées sur la sexuation, autre chose que la solution phallique comme principe de la castration.
Est-ce dire alors que les psychanalystes n’opèreraient plus au nom de l’Œdipe, d’un Oedipe considéré désormais comme obsolète au regard de l’omniprésence du pas-tout de la jouissance féminine ? Ce pas-tout serait alors érigé en « norme » paradoxale car Lacan a souvent affirmé que, quoiqu’éprouvée, cette Autre jouissance était contingente et de toutes façons réfractaire au dire.
La position du psychanalyste lacanien aujourd’hui n’est ni ancrée dans la version père de la tradition épistémique freudienne ni poussée vers un faux modernisme féministe. L’Œdipe conserve toute sa puissance opératoire dans l’analyse, à condition d’en garder la valence structurale et non imaginaire et de concevoir que l’analyse a aussi affaire avec son au-delà.
Qu’est-ce que Lacan a donc théorisé avec cet au-delà de l’Œdipe ? On sait déjà depuis Freud que tout ne peut s’énoncer dans une cure analytique en termes de signification oedipienne, à cause du refoulement originaire et, ajoutons, de l’impossibilité pour le signifiant de capturer tout ce qu’il en est de la jouissance du corps vivant. Mais ce topos, classique de la théorie freudienne et lacanienne, Lacan en a tiré les conséquences d’une manière surprenante : Il en a inversé la logique. Si tout dans la jouissance ne se laisse pas régler par l’ordre symbolique phallique, n’est-ce pas sur le reste irréductible à la signification qu’il faut finalement parier dans l’analyse ? Plutôt que de le constater en se résignant aux limites de l’analysable ? Car de fait, l’objet a lui-même n’arrive pas à rendre compte de cet effet de jouissance impossible à négativer. Cette jouissance, impossible à chiffrer sous un primat signifiant quelconque, irréductible à toute interprétation du symptôme avec les ressources du sens, Lacan reprenant l’ancienne écriture du mot symptôme l’a nommée sinthome qui est une réduction du symptôme. Inscrit comme expérience inoubliable de jouissance, et que le sujet véhicule « à son corps défendant », cesinthome donne son inclination à la vie d’un sujet et finalement son orientation à une cure analytique. Ainsi, la passe qui vise à rejoindre ce qui a fait sinthome pour un sujet fait-elle limite à la position classique de l’analyste car « l’inconscient réel » qu’elle convoque n’est pas réductible à la logique phallique.
En quoi la position féminine serait-elle ici affine à la position du psychanalyste ?
Lacan a pu dire des femmes analystes qu’elles pouvaient être les meilleures ou les pires . Les pires, celles qui, comme Karen Horney ou Hélène Deutsch, préfèrent, quand il s’agit de parler des femmes, la voix du corps à celle de l’inconscient, « comme si justement ce n’était pas de l’inconscient que le corps prenait voix » [4]. Les pires, celles qui s’étourdissent d’une nature antiphallique, comme si une quelconque nature pouvait venir s’opposer au symbolique, comme si le réel « exclu du symbolique » n’ex-sistait pas. Ou encore, celles qui ont la religion du désir à tout crin.
Mais les meilleures ? Si le rapport des femmes au phallus est moins contraignant que pour les hommes, si « c’est du réel que la femme prend son rapport à la castration »[5] , alors, le rapport des femmes à la fonction phallique est contingent. Contingent car elles sont « pas-toutes » à être dans la fonction phallique et chacune pas-toute à y être. Aucune loi n’y préside. Et c’est là sans doute ce qui donne aux femmes une certaine liberté. Lacan insiste : Quand les analystes «ne s’en sortent pas du côté du père, c’est qu’il faudrait qu’ils admettent que « l’essence de la femme, ce ne soit pas la castration »[6]. Les analystes ont donc à s’ouvrir à cette logique spéciale de la sexuation féminine.
Mais comment le peuvent-ils ? La passe est sans doute ce qui permet d’appréhender cette dimension, que l’on soit homme ou femme. Car à la fin d’une analyse menée jusqu’à la passe, ce qui est rencontré est la contingence d’un événement de jouissance tout aussi irréductible au dire que l’est le rapport contingent des femmes à la fonction phallique. Et qui ne peut pas plus se penser à partir de la loi phallique. N’est-ce pas cette indétermination réelle de la jouissance qui peut résonner pour les analystes, notamment lorsqu’elles sont femmes ? Si les femmes sont « plus réelles », comme le dit Lacan, ne s’orientent-elles pas lorsqu’elles sont analystes, de façon plus décidée vers « l’inconscient réel » ? Cette ouverture à la surprise, cet accueil de la conjoncture d’indéterminisme qui en dernière instance a fait d’une vie une « différence absolue » est, d’ailleurs, ce qui permet la nomination d’un AE par ceux qui en ont la charge.
Enfin, les femmes, situées dans cette zone d’inconsistance logique qu’est le pas-tout, ne peuvent constituer un ensemble fermé. On aura beau les compter, on ne viendra jamais à bout de cet ensemble, on ne trouvera que des exceptions. Est-cela qui rendrait les femmes analystes plus sensibles à l’exceptionque constitue chaque sujet qui vient en analyse, sans l’inclure dans l’ensemble des cas ou des structures déjà connus ? Cela leur permettrait en tout cas de se plier plus facilement à l’inconsistance de cette logique !
Assurément, parler ainsi des femmes analystes ne signifie pas que celles-ci auraient un privilège sur leurs collègues masculins. Et les psychanalystes hommes qui peuvent mener des sujets jusqu’à la passe sont bien plus « femmes » dans leur pratique que des femmes qui n’analyseraient qu’en tournant autour de l’Œdipe.
Toutes ces questions ne sont-elles pas à réactualiser ? Les avancées de Lacan sur la position du psychanalyste ne semblent pas étrangères en tout cas à la question de la place qu’occupent aujourd’hui les femmes dans la civilisation .
Rose-Paule Vinciguerra
[1]Lacan J., Réponse à des étudiants en philosophie, Cahier pour l’Analyse, 3, 9.
[2]Lacan J., Le Séminaire, Livre XVIII , D’un discours qui ne serait pas du semblant, Seuil, Paris, 2006, p 35.
[3]Lacan J., Le Séminaire, Livre XIX, …Ou pire, Seuil, Paris, 2011 , p 68.
[4]J. Lacan, L’étourdit, Autres écrits, Seuil, Paris 2001, p. 463
[5]Lacan J., …Ou pire, p 48.
[6]Lacan J.,…Ou pire, p 47
Es una reflexión sobre el título del PIPOL 6 que se añadió: "Las mujeres se conjugan en futuro"
Lidia Ramírez, Barcelona
Esta reflexión considera una impresión y algunos cuestiones que se han ido poniendo de manifiesto en los espacios de la CdC de la ELP, destinados a trabajar el tema al que nos convoca el próximo encuentro PIPOL 6.
En primer lugar la impresión que me causó la imagen que acompaña el nuevo título, “una heroína”, pensé. Perseguí la imagen que tenía en la cabeza y la localicé en el cuadro “La libertad guiando al pueblo” pintado por Eugène Delacroix en 1830 y del que el autor dice: “si no he luchado por la patria, por lo menos pintaré para ella. Un cuadro, por cierto, recientemente atacado por una mujer joven que escribió en él “AE911” antes de ser detenida.
En las reuniones que hicimos para trabajar el tema del PIPOL 6, emergieron dos lapsus al nombrar el título. Creo que se trata de pensar estos lapsus como efecto del trabajo, efecto de lo que llamamos la Escuela sujeto. Uno fue "Las mujeres se “conjuran” en futuro" y el otro, "Las mujeres se conjugan en” femenino”".
La otra cuestión que quería tomar, fue la pregunta sobre el tratamiento de la pulsión de muerte después del Edipo, que surgió en relación al lugar que ocupan en lo social la emergencia de los nuevos movimiento sociales, especialmente en España el de la Plataforma contra los desahucios, que está liderado por una mujer.
Lo que me incomodaba todo el tiempo era cómo articular, la posición "no toda" con este título que me evoca, de entrada, la imagen de una heroína, y que entiendo como una versión del "toda" que no es la posición "toda" de la madre
Freud termina su conferencia sobre ”La feminidad” diciendo: “eso es todo lo que tenía para decirles acerca de la feminidad. Es por cierto incompleto y fragmentario y no siempre suena grato….Si Uds. quieren saber más acerca de la feminidad, inquieran a sus propias experiencias de vida, o diríjanse a los poetas, o aguarden hasta que la ciencia pueda darles una información más profunda y mejor entramada”.
En” Ideas directrices para un congreso sobre la sexualidad femenina”, Lacan termina su trabajo con un punto que llama “La sexualidad femenina y la sociedad”, en él sitúa "quedan algunas cuestiones que plantear sobre las incidencias sociales de la sexualidad femenina":
La primera es ¿por qué falta un mito que dé cuenta del Edipo padre e hija?
La segunda, ¿cómo situar los efectos sociales de la homosexualidad femenina...?
La tercera, ¿por qué la instancia social de la mujer sigue siendo trascendente al orden del contrato que propaga el trabajo?
La cuarta, ¿es por su efecto por lo que se mantiene el matrimonio en la declinación del paternalismo?
Se trata, concluye, de “cuestiones todas ellas irreductibles a un campo ordenado de las necesidades”.
En el comienzo del trabajo que he mencionado, Freud se preguntó por qué incluyó “La feminidad” entre una de sus últimas conferencias y respondió diciendo que “el enigma de la feminidad ha puesto cavilosos a los hombres de todos los tiempos y lo acompaña de un poema de Heine:
“Cabezas con gorros jeroglíficos,
cabezas de turbante, otras de negra birreta,
cabezas con peluca, y millares
de pobres, traspiradas cabezas humanas….
Tanto para Freud como para Lacan la pregunta por la sexualidad femenina desemboca en la cuestión de la homosexualidad femenina y en ambos autores el eje central es en relación a los interrogantes sobre el amor que la homosexualidad femenina pone de manifiesto.
Realmente las cuestiones que deja planteadas Lacan nos vienen muy bien para tomarlas en el tiempo actual
Lo que podemos alcanzar en la actualidad es que la relación con el Otro sexo no es algo supeditado a las diferencias sexuales que pone de manifiesto la anatomía sino que el Otro sexo se juega también en la relación homosexual. Dice Lacan: “La otredad del sexo se desnaturaliza por esta enajenación. El hombre sirve de relevo para que la mujer se convierta en ese Otro para sí misma como lo es para el”
Leyendo las palabras de Clotilde Leguil en LC 304, “la relación del sujeto con su propia feminidad pone en juego una relación con la desaparición del ser”, me he preguntado, dado que lo femenino no es una propiedad de las mujeres, y que es un enigma tanto para él como para ella, ¿qué tratamiento de la pulsión de muerte si las mujeres se “conjuran” en” femenino”?.
Ahora bien la incomodidad en relación al título añadido nos pone a trabajar, porque si podemos seguir sosteniendo que para la niña el Edipo es un puerto de llegada, como nos enseñó Freud, la pregunta, en la serie de las que nos deja Lacan sería ¿y después?
Lidia Ramírez, Barcelona
Resoconto incontro di preparazione di Pipol 6
Regione Emilia Romagna
Alide Tassinari, rappresentante regionale, Bologna; Raffaele Calabria, rappresentante regionale, Ravenna
In un clima disteso e vivace si è svolto l’incontro L’analizzante, l’invenzione soggettiva e l’istituzione.
Esso conclude un ciclo, che ha visto precedentemente quattro conferenze tenute da membri e partecipanti SLP, e organizzato dalla segreteria SLP di Bologna con il titolo Con o senza Edipo.
Questa degna conclusione ha coniugato il lavoro di analizzanti con l’istituzione in cui operano. L’aspetto dell’invenzione soggettiva è stato modulato nell’uno per uno. La cornice della serata ha inquadrato al con esenza anche il con osenza Edipo, aprendoall’incontro di una esperienza soggettiva articolata fuori dagli standard ma non senza principi.
La serata è stata coordinata da Maurizio Mazzotti che puntualmente ha messo in evidenza e in critica i contributi, animando la discussione.
Raffaele Calabrianel suo intervento, partendo dalle procedure standardizzate in Psichiatria, ha mostrato gli effetti interessanti che si producono quando la clinica, intesa psicoanaliticamente, viene a collocarsi come un luogo terzo tra gli operatori e l'istituzione in cui lavorano. Sono emersi nella discussione due temi : il concetto di autorità clinica e il desiderio dell’operatore inteso come tensione al di là del proprio fantasma. In particolare, il desiderio dell’operatore va pensato come una funzione, frutto di una operazione che mette a lato il fantasma, e che trova di che alimentarsi nel costante ed umile confronto con gli altri sui casi trattati quotidianamente.
Pasquale Indulgenzaha messo in tensione la discontinuità che esiste tra la pratica ad indirizzo analitico in una Istituzione (orientata analiticamente) e la pratica nel proprio studio. L’istituzione, proprio in quanto tale, necessita di un’altra clinica che tenga in conto lo stato di impossibilità di legame sociale che attraversa i soggetti trattati. Essa in fondo non cura, ma serve a ristabilire un semblant di legame sociale. Resta aperto però l’interrogativo di “cosa fa” l’istituzione per far si che l’operatore non si prenda come l’esperto ( lo psicologo, l’assistente sociale, il medico, ecc), cioè come colui che si riferisce ad un sapere clinico già dato, invece di porsi in ascolto del soggetto.
Marco Banipartendo dalla propria esperienza di analizzante ha articolato tre diversi tempi della propria analisi con tre vignette cliniche di soggetti che ha trattato nell’istituzione in cui opera. Da ciò è emerso in filigrana come il lavoro analitico soggettivo permetta una diversa “presa in carico” di soggetti istituzionalizzati.
Alide Tassinariha esplorato l’aspetto dell’analizzante in rapporto alla Scuola analitica, l’istituzione a cui un analizzante si riferisce nella pratica del controllo dei casi e nel transfert di lavoro che lo sostiene. Ha articolato come il legame singolare che l’analizzante ha verso la Scuola sia un legame del particolare che tesse quel vuoto che fa di essa proprio una Scuola-soggetto. E’ dal lavoro degli analizzanti, uno per uno, che nasce il contributo alla clinica. Ha infine sottolineato come la sorpresa, che l’analizzante reperisce nel proprio lavoro analitico, sia presente anche nel quotidiano lavoro clinico: è necessario farsi sorprendere e saper rispondere alle cattive sorprese.
Regione Emilia Romagna
Alide Tassinari, rappresentante regionale, Bologna; Raffaele Calabria, rappresentante regionale, Ravenna
FLASH 10
F L A S H 10
Quelques questions posées à Khalil Sbeit,
participant aux Simultanés de PIPOL 6
PIPOL NEWS* : Tu as 47 ans. Tu es psychologue et psychanalyste, membre de la NLS et du GIEP (société israélienne de la NLS). Tu habites à Haïfa. Tu travailles dans une institution au nord d’Israël. Pourrais-tu nous dire quelques mots sur cette institution ?
Khalil Sbeit : L’institution s’appelle Al-Anouar, qui signifie « Les lumières ». Elle opère dans le secteur arabe et elle se situe à Magdal Crum, village à 35 minutes de chez moi. Il s’agit d’un internat de postcure psychiatrique pour des enfants et adolescents de 6 à 18 ans. Très souvent, le séjour de l’enfant dans notre institution est une alternative à une hospitalisation. L’institution accueille 65 enfants. Les enfants, le personnel, les psychologues, les travailleurs sociaux, les éducateurs, sont tous de langue arabe. L’arabe est donc la langue de l’intervention clinique. L’institution est subventionnée par le ministère israélien des affaires sociales. L’hébreu circule dans l’institution uniquement quand nous avons affaire à des inspecteurs ou à des formateurs.
PN : Comment est-ce que tu te définis ? Un arabe israélien ? Un palestinien ?
KS : Je viens d’une famille palestinienne. Chez nous, à la maison, il n’y avait pas de doute que nous sommes palestiniens. Des palestiniens « intérieurs » d’Israël. Et en même temps je suis un citoyen israélien. Oui, ça existe…
PN : Psychanalyse et langue arabe. Psychanalyse et culture arabe. Qu’en dis-tu ?
KS : Ça ne fait que commencer. C’est une question qu’il faut penser sur le fond d’une autre question, celle de la place du progrès dans le monde arabe. Il faut un certain progrès scientifique dans une société pour que la psychanalyse puisse y prendre racine. Il n’y a pas de psychanalyse sans science. Il y a là une série de questions compliquées. Est-ce que le discours est assez ouvert dans notre société ? Notre structure sociale se caractérise par un rapport très rigide à la sexualité. Toutefois, nous vivons une ère où les choses changent rapidement. Il y a comme un saut qui n’est pas accompagné par une évolution « interne ». Prenons comme exemple le Printemps arabe. La démocratie ne peut pas pénétrer dans la société du jour au lendemain, tout simplement parce que certains veulent que ça soit ainsi. Il faut que se développe une position qui peut digérer la démocratie. C’est un processus qui doit avoir lieu, et qui prendra le temps qu’il faudra.
De mon côté, dans mon domaine, je tente d’ouvrir une discussion avec des collègues « psy » pour dévoiler un peu la pensée psychanalytique. Ça commence à exister. Il y a un intérêt pour la psychanalyse chez certains intellectuels. Mais la pratique est encore « dans les langes ». Il y a beaucoup à inventer, comme Freud à ses débuts, qui a dû inventer la psychanalyse au sein de la société dans laquelle il vivait.
En Israël, il y a une « Association des psychologues arabes ». Je ne fais pas partie de cette association, mais je participe à leur groupe sur Facebook. C’est là que je discute avec des collègues. J’ouvre des questions, je réagis aux questions des autres. Ils commencent à me connaître. J’informe de ce qui préoccupe la psychanalyse aujourd’hui. Je parle de PIPOL 6. J’explique que c’est un congrès dans lequel on parle de la clinique à partir de sa propre expérience de la psychanalyse. C’est une nouveauté parce que d’habitude ces collègues prennent appui uniquement sur un savoir extérieur, « scientifique ».
PN : « Les femmes comme boussole du futur », qu’est-ce que ça évoque chez toi ?
KS : Ce n’est pas sans lien avec ce que je viens de dire, à savoir, la difficulté à introduire la psychanalyse dans le monde arabe. À l’ère du fondamentalisme et du retour à la religion, il y a un mouvement qui va contre le féminin. C’est une sorte de racisme contre la femme et contre la différence comme telle. La psychanalyse, elle, est du côté de la femme. Faire de la clinique psychanalytique dans une société conservative n’est pas une affaire facile. Mais il y a des hommes qui acceptent de lâcher la position masculine classique, et qui consentent à ce qu’une femme ne soit pas qu’un objet. De plus en plus, il y a des femmes, même des femmes mariées, qui viennent parler sur le divan. Ce n’est pas chose évidente dans une société conservatrice, mais ça arrive quand même.
À un niveau social plus général, dans le monde musulman il y a un grand refoulement de la sexualité, et notamment de la sexualité féminine. Ça explique la difficulté. Pour moi, ça implique un effort considérable. C’est un travail de construction. Comme je l’ai dit plus haut, ce sont les premiers pas.
PN : Mais toi-même, tu ne viens pas d’une famille musulmane. Ta famille est catholique...
KS : En effet, arabe et catholique. Mais dans la clinique, je rencontre des sujets qui ont grandi dans d’autres religions. Dans l’institution, les enfants viennent essentiellement de familles musulmanes. Dans ma pratique privée, c’est mixte. Je rencontre des druses, des chrétiens et des musulmans.
* Interview mené par Gil Caroz (par Skype).
Pipol News 51 - 07/06/2013
PIPOL NEWS 51
« Il n’y a pas besoin de voir bien loin pour se projeter dans le futur ».
Interview de Martine Bartholini-Soueix par Patricia Bosquin-Caroz :
Regarder vers le futur
PB : Qu’est-ce qui t’a amenée à Paris ?
MS : La Cité Internationale des Arts de Paris est un lieu d’artistes et de visibilité. C’est pourquoi j’ai tenté d’y obtenir une résidence. J’ai présenté mon dossier artistique et j’ai été acceptée. Je produis des œuvres, je les montre, mon nom commence à circuler.
Comme je m’étais engagée dans une démarche longue, je n’allais pas m’arrêter là. Être artiste, ce n’est pas aller à l’école, c’est se débrouiller sans, s’autoriser de soi-même. A l’école, tu es encadrée. Ici, il n’y a plus personne.
PB : De quelle école parles-tu ?
MS : De l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Toulouse. Je m’étais posé la question : qu’est-ce que je peux faire sans mes yeux ? Ce qui peut remplacer l’optique, c’est le tactile. Il fallait que j’aie les yeux au bout des doigts. Le prix à payer a été cher. J’ai passé le concours d’entrée, le jury a été surpris par mon âge (51 ans) et mes diplômes.
PB : Lesquels ?
MS : 3 DESS et 1 DEA. A l’époque, j’étais consultante en management et travaillais dans le milieu de l’entreprise, un milieu d’hommes ; j’étais spécialiste en conduite du changement. Je travaillais à Paris.
PB : Il y a eu un revirement ?
MS : Oui. C’est en 1991 que cette chose est arrivée : dans la minute, un voile est tombé devant mes yeux. J’animais un séminaire, je voyais trouble. La valse des médecins a alors commencé. Une uvéite, maladie auto-immune a été diagnostiquée. Comme on ne pouvait pas me soigner, on m’a bourrée de corticoïdes. J’ai continué à travailler dans le milieu de l’entreprise jusqu’en 2006. Là je me suis arrêtée, je n’y voyais plus assez et l’analyse m’a permis de prendre cette décision.
J’ai commencé mon analyse en 1992 et j’ai alors arrêté de courir de spécialistes en spécialistes. J’ai rencontré mon analyste lors d’une réception donnée par l’École de la Cause freudienne. J’ai parlé avec une personne qui connaissait le texte de Sun Tzu -l’art de la guerre-. C’était justement le titre que je conseillais aux dirigeants d’entreprise dans mes séminaires. C’est ainsi que j’ai choisi mon analyste, sur ce trait-là, l’art de la guerre. Et Sun Tzu a une caractéristique : on peut gagner sans volonté d’anéantir son adversaire, alors que Clausewitz ne vise qu’à l’anéantir.
La première question de mon analyste a été : « à quoi tenez-vous ? » je lui ai répondu « à un fil ». Cette question m’a permis ensuite de rebondir. Au fur et à mesure, cela s’est construit. J’avais déjà fait une « tranche » d’analyse de 4 ans en 1980 avec un analyste à Toulouse, mais cela n’a pas duré. En 2000, je me suis présentée à la passe, cela faisait partie de mon analyse. Je voulais rendre compte de quelque chose. Témoigner.
C’est après la passe que j’ai pris la décision de repartir à zéro et que je suis entrée à l’École des Beaux-Arts de Toulouse. Six ans d’études, une pédagogie très dure, des examens...
En art, ce n’est pas le savoir qui aide. Il n’y a rien à quoi s’accrocher, sinon à ce que tu génères toi-même. On n’apprend pas vraiment de technique. C’est en fait assumer ce que tu produis.
PB : Tout à l’heure, dans ton atelier, un tableau coloré a attiré mon regard. Je t’ai demandé de m’expliquer ta technique. Je pensais être devant une peinture et tu m’as surprise : peux-tu expliquer...
MS : Cette image que tu as vue, je l’ai construite avec mes mains. C’est simple, c’est du papier cellophane, de l’encre, un scanner. J’introduis le papier cellophane dans le scanner, je l’ouvre et le ferme sans cesse, je fais entrer la lumière, le scanner fait un balayage et de là sort un tracé lumineux que je mets sous mon télé-agrandisseur qui me permet de lire, et puis je change d’échelle. C’est une expérience de détournement de la technologie.
La plupart du temps, je touche. Passer de la vision au toucher, c’est ce que j’appelle avoir les yeux au bout des doigts. Je fais des gestes de tressage, de nouage. Le choix des matériaux est très important. Je choisis souvent des matériaux simples : du papier journal ou cellophane, des tuyaux de climatisation transparents, des boyaux de porc, des coquilles d’œufs, des chambres à air de vélo, des cocons de vers à soie, bref des matériaux légers. La légèreté est importante : une solide légèreté.
La faiblesse, ce n’est pas l’inverse de la force, c’est autre chose. Avant je passais en force, j’étais un vrai bulldozer. Dans l’art, je suis passée de la verticalité érigée, au sol. J’ai appris à faire avec ce qui me reste.
PB : Comment qualifierais-tu ta démarche artistique ?
MS : Ce que je fais, c’est une mise en forme du fragile, c’est-à-dire « comment on tient ! ».
PB : Que penses-tu du titre Pipol 6 « les femmes se conjuguent au futur » ?
MS : c’est une évidence : les femmes ont toujours su manier plusieurs registres en même temps. Ce n’est pas moderne. Ce qui est moderne, c’est que ça n’a pas progressé. Les femmes se conjuguent au futur, oui, mais le futur n’est pas acquis. Pour moi, le futur c’est continuer à être dans l’action.
PB : Une femme d’action ?
MS : Non, une femme dans l’action !
FLASH 09
F L A S H 9
In exactly one month PIPOL 6 takes off in Brussels
The 121 speakers for the simultaneous sessions and their regions
Adriana Fabiani - Milano
Agathe Sultan – Campagne – Artois – Picardie – Ardennes – Lille
Alain Gentes – Aquitaine – Bordeaux
Alberto Visini - Lumbardia
Alejandra Atencio – Catalunya - Barcelone
Amanda Goya - Madrid
Andrea Freira – Catalunya - Barcelone
Andrea Gravano - Lumbardia
Andrés Borderias - Madrid
Anne Chaumont – Wallonie – Liège
Anne Debecker – Bruxelles - Capitale
Antonella Del Monaco – Emilia Romagna - Rimini
Barbara Aramini - Lazio
Béatrice Brault Lebrun – Wallonie – Mons
Béatrice Landaburu – Aquitaine – Bordeaux
Ben Verzele - Vlaanderen/Oost-Vlaanderen
Bernadette Shifflers – Wallonie – Liège
Bernard Seynahaeve – Wallonie - Tournai
Bertrand Pérault – Aquitaine – Dordogne
Bruno de Halleux – Bruxelles – Capitale
Byliana Mechkunova – Sofia - Ville
Carla Rojo Martinucci – Catalunya - Barcelone
Catherine Vacher-Vitasse – Aquitaine – Bordeaux
Céline Menghi - Lazio
Chantal Bonneau – Estérel – Côte d’Azur – Nice – Menton - Monaco
Claude Oger – Val de Loire – Bretagne – Vannes - Lorient
Claude Quenardel – Ile de France – Paris
Clotilde Leguil – Ile de France – Paris
Cristiana Santini - Marche
Dalila Arpin - Ile de France – Paris
Daniel Pasqualin – Wallonie/Liège
Denis Chaidron – Bruxelles – Capitale
Djamila Mebtouche Garadi – Ile de France - Paris
Dominique Carpentier – Val de Loire – Bretagne - Rennes
Donata Roma – Emilia Romagna - Rimini
Dossia Avdelidi – Attikí
Dries Dulsster - Vlaanderen/Oost-Vlaanderen
Eduardo Scarone – Mydi- Pyrénées
Elena Usobiaga – País Vasco - Bilbao
Eric Streveler – Bruxelles – Capitale
Esperanza Molleda - Madrid
Farida Ouhioune Picard – Ile de France - Paris
Francine Jeuniaux – Wallonie – Liège
Franck Rollier – Estérel Côte d’Azur – Antibes – Cannes – Grasse
Françoise Haccoun - Provence-Alpes-Côte d'Azur/Aix-Marseille-Martigues
Gabriela Pazmino – Ile de France – Paris
Gian Francesco Arzente - Piemonte
Gianni Lo Castro– Sicilia - Catania
Giuliana Capanelli – Le marche
Giuntoli Rachele - Toscana
Gracia Viscasillas - Aragón
Guarino Concetta – Emilia Romagna - Bologna
Guy Poblome – Wallonie –Tournai
Hélène Deltombe – Ile de France – Paris
Hélène Loiret – Bruxelles – Capitale
Hervé Damas – Centre Auvergne – Clermont – Ferrand
Indulgenza Pasquale – Emilia Romagna - Bologna
Isabelle Durand – Catalunya - Barcelone
Janusz Kotara - Mazowsze
Jean-Marc Josson – Bruxelles – Capitale
Jeanne Joucla – Val de Loire – Bretagne – Rennes
Joëlle Hallet – Wallonie – Liège
Joost Demuynck - Vlaanderen/West-Vlaanderen
José Ubieto – Catalunya - Barcelone
Julien Wiliquet – Wallonie - Liège
Juliette de Halleux – Bruxelles – Capitale
Justine Junius – Bruxelles – Capitale
Karoline Buchner – Bruxelles – Capitale
Khalil Sbeit – Haïfa - Israel
Laura Sokolowsky - Ile de France – Paris
Laura Storti - Lazio
Leonora Troianovski – Catalunya - Barcelone
Llaria Papandrea – Piemonte - Turin
Loretta Biondi – Emilia Romagna - Rimini
Luc Vander Vennet - Vlaanderen/Oost-Vlaanderen
Luisella Rossi – Madrid
Mabel Graiver - Israel
Marco Bani – Emilia Romagna
Marco Mauas – Ramat-HaSharon - Israel
Maria Laura Tkach - Piemonte
Maria Sueli Peres – Bruxelles – Capitale
Marianne Blin - Provence-Alpes-Côte d'Azur/Gap-Manosque
Marie Izard Delahaye – Ile de France – Seine – Oise
Marie Laurent – Aquitaine – Bordeaux
Marie-Agnès Macaire Ochoa – Aquitaine – Bordeaux
Marie-Dominique Darche – Ile de France - Paris
Marina Rymar – Donetsk
Massimo Termini - Lazio
Michele Cavallo - Lazio
Nadine Page – Bruxelles – Capitale
Paola Bolgiani - Piemonte
Patricia Wartelle - Champagne-Artois-Picardie-Ardennes/Amiens
Patrick Roux - Provence-Alpes-Côte d'Azur/Toulon
Perla Miglin – Ramat-HaSharon - Israel
Peter Decuyper - Vlaanderen/West-Vlaanderen
Philippe Lacadée – Aquitaine – Bordeaux
Raffaele Calabria – Emilia Romagna - Ravenna
Renata Cuchiarelli – Catalunya - Barcelone
Richard Bonnaud – Ile de France – Paris
Rik Loose - Leinster
Rosa Elena Manzetti - Piemonte
Salvina Alba – Wallonie – Liège
Sandra Pax-Cisternas – Genève
Sergio Caretto - Piemonte
Shlomo Lieber – Kfar Saba - Israel
Sina Foroughi – Bruxelles – Capitale
Stefano Del Prete – Emilia Romagna - Rimini
Sylvain Maccalli – Aquitaine - Bordeaux
Sylvie Simon Godès – Ile de la reunión
Théodora pavlova – Sofia-Ville
Thierry Vigneron - Bourgogne-Franche-Comté/Bourgogne
Tine Van Belle - Vlaanderen/West-Vlaanderen
Vania Piludu - Toscana
Vera Elad - Israel
Véronique Mariage - Wallonie – Tournai
Vessela Banova – Sofia – Ville
Victoria Paz – Ile de France – Paris
Vilma Coccoz - Madrid
Virginie Leblanc - Champagne-Artois-Picardie-Ardennes/Lille
Vlassik Asya - Moscow
Yasmina Picquart – Ile de France-Paris
FLASH 08
F L A S H 8
The Soirée of the FUTURE*
Saturday, July 6th 2013 in the beautiful “Albert Hall” Complex, 649, Chaussée de Wavre, 1040 Bruxelles, at 19h30
It’s a winter evening. It’s very cold out, with snow and sleet. Yankel is very sick. He’s dying. From his bed he calls his wife:
“I’m going to die, Souralé…”
“I know, my dear…”
“Will you call the priest? I’d like to speak to him…”
“The priest? Have you lost your mind? You mean the rabbi!”
“But Souralé… bother the rabbi? In this weather?”
We heard this story last Saturday at the “Music village” in Brussels center. We were there meeting among members of the Organization Commission of PIPOL 6 to listen to the group Krupnik, which will welcome those who have signed up for the Soirée of the Future. Between performance and improvisation, André Reinitz, the leader of the band, gave the evening that little something that makes us forget for a moment, that relieves. The clarinetist, however, wasn’t there. But he will be for the Soirée of the Future, so the band will be complete.
You can watch the band’s performances here:
http://www.youtube.com/watch?v=OJB_zskmewE.
Accompanied by Krupnik’s music, we’ll eat and dance. Later, a DJ will keep us dancing. A bit of body before the plenary sessions the next day, which will not be, for their part, without body.
See you soon,
Gil Caroz
*Registration for the soirée is open until June 15 (the number of people registered will at that moment be given to the caterer) on the EFP website:
PIPOL NEWS INFO n° 13
PIPOL NEWS INFO 13
220 delegates have indicated they will pick up their dossiers at SQUARE on the eve of PIPOL 6, Friday July 5th between 5 and 8pm. We shall be there to welcome them.
You can take part in this gathering. Send a blank email to Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com), with the subject: "Champagne", and your flute will await you!
Communiqué
Supplementary room
As the number of registered participants for PIPOL 6 exceeds the available places in the Gold room, plenary room of the congress, the organizational committee has decided to rent a supplementary room for an audiovisual broadcast. The events, as they unfold in the Gold hall, will be displayed on big screen. As a result, we can admit 150 more participants to the congress.
For the organizational committee,
Gil Caroz
FLASH 07
F L A S H 7
Secrets of the Plenary Sessions of PIPOL 6
You already know that Mitra will speak at the Congress and give a commentary on the title “After Oedipus, Women Are Conjugated in the Future.” You know that we will host Jeanette Bougrab and that we will have a discussion with her under the title, “Women, Religion, Secularism.” You know that Isabelle Durant, vice-president of the European Parliament will greet us at the beginning of the plenary sessions on Sunday, July 7th, with Leonardo Gorostiza, president of the AMP. This opening will be preceded by a musical introduction by a set of musicians whose names I won’t yet give you.
At present, let us disclose the theme, the speakers and the titles of the first sequence, which will follow the opening, from 9:30 to 10:30 am:
The Clinic After Oedipus
Presidency: Paola Francesconi
Eric Laurent: The psychoanalytic clinic in the era of the all-alones (des toutes seules)
Miquel Bassols: The decline of psychiatry, and then?
Alexandre Stevens: When there is feminine in the institution
This sequence will get us on track.
Gil Caroz
Director of the Congress
PIPOL NEWS INFO n° 12
PIPOL NEWS INFO 12
As the officially appointed Accommodation Agency for the PIPOL VI Conference,
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We will be pleased to assist you in your search for suitable accommodation during this event.
Resotel proposes a wide selection of more than 20 hotels, across different categories and at different prices, all over Brussels.
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Pipol News 50 - 19/05/2013
PIPOL NEWS 50
Soon, in Brussels
Women, religion, secularism
The refusal of the feminine*
Gil Caroz
In its reading of the world, psychoanalysis turns its attention to the future. Freud, “the old optimist”1 believed that religion would recoil before the progress of science. Lacan, for his part, retorts with the “triumph of religion,” that is, he sustains, on the contrary, that religion will overcome, drowning the real that science extends more and more in a bath of meaning (sens). Science, he says, introduces “lots of distressing things into each of our lives.” 2
We note, in fact, when we have reached age 50, that science, which has rushed into the empty place left by the father, has upset our lives. This is what we call After Oedipus, the first part of PIPOL 6’s title. The always more accelerated rhythm imposed on us by hypermodernity makes reading the future a way of updating ourselves with respect to the present, for what once was an event, a surprise breaking continuity, has become, paradoxically, the routine. Today’s venerated leader is the victim of an execution without trial tomorrow. The “geek’s” most cutting edge object of the morning becomes obsolete by evening. The savoir faire of the moment must soon be updated. This hellish race that penetrates our bodies and ceaselessly transforms the agalma into a palea is itself a manifestation of this “more and more insistent and insupportable real which we owe science.”3
The triumph of religion by the agency of meaning, prophesized by Lacan, is a form of “wanting to know nothing” about the real. Religion is there to heal people, he says, “that is, so that they don’t notice what’s wrong.”4 This “wanting to know nothing” by an excess in the production of meaning that covers the real and keeps it at a distance is, according to Lacan, essentially the appanage of the true religion, that is, Catholicism.
These words, spoken forty years ago by Lacan, should today be made clear. A passage that Jacques-Alain Miller has written for the back cover of the Lacan’s forthcoming Seminar VI, situates us in time, in the present and the future, with great precision: “We are undergoing leaving of the age of the Father. Another discourse is supplanting the old one. Innovation instead of tradition. A network, rather than hierarchy. The allure of the future carries it on the weight of the past. The feminine prevails over the virile. Where there was an unmovable order, a transformative flux incessantly repels any limit.”5
These sentences are tailored to PIPOL 6. They explicitly represent the title: “After Oedipus, Women Are Conjugated in the Future.” Let us highlight, in passing, the word “network,” the alternative to hierarchy, which is one of the threads that will run through the Simultaneous Sessions of PIPOL 6. They are entitled: “The case, the institution, and my experience with psychoanalysis.” The journée’s accent will be placed on the clinical experience of the analysand practitioner in a collection of institutions in Europe. Moreover, a first directory of institutions in Europe that support our practice will be distributed during PIPOL 6 on the website of the EuroFédération de Psychanalyse under the title “PIPOL Network.”
But let us return to the future and recapitulate. Freud predicted that with the progress of science religion would disappear. This idea went up in smoke in the middle of the 20th century. Lacan prophesized religion’s triumph by the meaning that forecloses the real. A pessimistic prophesy. Today, we can confirm that the father has, in fact, fallen from his position. Nonetheless, we see that we are not left without a compass. A new compass has come to take the place of the father, the compass of feminine logic. This logic seems better suited to treat the distressing, lawless real that science promotes more and more every day.
Lacan’s formulae of sexuation show us that women are closer to the real, for they have access to a jouissance that is not inscribed in phallic law. Free from the anxiety linked to the dialectic between tumescence and detumescence, they have an easier access to the act. The logic of the not-all makes them more apt in treating the world’s events in a pragmatic manner, addressing individual cases without bothering too much with the law of the universal for-allness. And above all, this feminine logic rebels against the routine of traditions and the master who is always suspicious of what is new. Thus, this logic is open to new forms of sinthomes, which weave jouissances in atypical ways.
Besides, the contemporary master possesses an uninformed knowledge (savoir) about this growing prevalence of the logic of the not-all in a world still experiencing the effects of the fall of the father. The UN, for example, is orienting itself towards an investment of the feminine, which is not simply a question of defending women and their rights, for the feminine is becoming the subject supposed to know of a new world. Thus, the Security Council resolution 1325, adopted by the UN in the year 2000 stipulates that including women in decision making during peace processes can build and consolidate durable peace. Indeed, according to the documents of UN Women, “[t]here is international recognition that women bear the brunt of modern conflicts, including where rape is a weapon of war.”6
We can only agree with this perspective, according to which the master’s discourse, now and in the future, will have to be instructed by the feminine. But we say this differently. Psychoanalysis examines the question behind what the UN is arguing in terms of victims and tormentors. If women are victims of violence, it is because the logic of the all, when it is unbroached, can only be ravaging for the logic of the not-all. The logic of the all’s powerlessness to pay the universal with singularities of modes of jouissance leads the agent of the phallus to draw his weapons in order to rein in the feminine. The opening to the singular that is implied in the not-all, however, offers a pragmatic approach to conflicts which facilitates pacification.
And what of religion? Where can we situate religion at present? Where will religion be situated in the future? What strikes us is not so much a triumph of religion insofar as it produces all the meanings you could want, but rather the rise of a fundamentalism that preaches the return to a real father. This movement seems to be the pendant of the rise to the stage of feminine logic. The fundamentalist combat against the feminine causes an acting out in the logic of the all. While Lacan spoke of religion’s “wanting to know nothing,” we are now confronted with a more radical version — a “wanting to know nothing about feminine jouissance.” In this respect, the clinic of civilization’s discontents converges with a question concerning the end of analysis, since the refusal of the feminine represents a limit in analysis according to Freud7. We can absolutely make the hypothesis that one of the major problems that psychoanalysis will have to handle in the future will be this refusal of the feminine.
Jeannette Bougrab, our guest for the plenary sessions of PIPOL 6, will allow us to encounter, in vivo, a manifestation of this tendency of the feminine to rein in the virile. A brilliant woman, a lawyer and former minister of the French government, she ties a modern feminism into a firm defense of secularism and an unbroken loyalty to the French Republic. Come listen to her. You will hear a new way of talking politics. It doesn’t matter whether you agree with her views or not. She is authentic, she calls a spade a spade, she doesn’t apologize, she doesn’t regret, she proceeds.
As we can read in her recently published book,8 she works with the contradictory and paradoxical elements of life and a contemporary woman. A daddy’s girl, as she says herself, she adores her father, who, on the other hand, finds himself struck, deposed, by a dramatic division that history has imposed upon him. A Hariki — that is, one of those Algerians who fought for France during the Algerian War —, he is Algerian to the French and French to the Algerians, forbidden to visit his home country. What Jeannette Bougrab calls secularism and defends like a lioness, giving ground to nothing and taking real risks, is a hole right in the middle of all community identifications, a whole that is the place where everyone can constitute his sinthome. It is clear that the refusal of the feminine and its most violent manifestations, which Bougrab tirelessly denounces, is excluded from this zone of secularism. With Jeanette Bougrab we can absolutely hope for the triumph of secularism as a field that is open to the elaboration of the sinthome of each, from the materials that life has initially given.
Translation: Ian Curtis
* Text presented May 18 2013 at the Congress of the NLS.
1 MILLER J.-A., in Triomphe de la religion by Jacques Lacan, Back cover.
2 LACAN J., Le Triomphe de la religion, Paris, Seuil, 2005, p. 79.
3 MILLER J.-A., Ibid. Back cover.
4 LACAN J., Ibid, p.87.
5 MILLER J.-A., Text written for the back cover of the Seminar VI by Jacques LACAN, Le désir et son interprétation. In Lacan Quotidien n°318.
6 http://www.unwomen.org/focus-areas/?show= Paix_et_sécurité
7 FREUD S., « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin », Résltants, idées, problèmes, II, Paris, PUF, 1985, p. 268.
8 BOUGRAB J., Ma République se meurt, Grasset, Paris, 2013.
PIPOL NEWS INFO n° 11
PIPOL NEWS INFO 11
Communiqué
PIPOL 6 : registration and payement via PayPal
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Anne Debecker
Treasurer for PIPOL 6
Pipol News 49 - 13/05/2013
PIPOL NEWS 49
Interview d’Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen, par Gil Caroz [1]
(Isabelle Durant ouvrira les séances plénières de PIPOL 6, le 7 juillet prochain, en nous parlant de son point de vue sur le féminin aujourd'hui.)
Gil Caroz: Comment êtes-vous entrée dans la politique, quel est votre parcours ?
Isabelle Durant: Je suis née à Bruxelles, rue de Loi, là où on a construit le Berlaymont. Je viens d’un milieu ouvert, un peu anticonformiste. Je n’étais pas une élève extraordinairement douée. J’étais déléguée de classe. Je me suis beaucoup engagée dans des mouvements de jeunesse. On peut y voir les prémisses de quelque chose de l’ordre de l’engagement. Ça m’a toujours amusée, c’est mon tempérament.
Après mes études secondaires, je n’ai pas voulu faire d’études supérieures, j’ai travaillé comme éducatrice. J’ai ensuite suivi des études d’infirmière. N’aimant pas tellement l’atmosphère du milieu hospitalier, j’ai passé une agrégation pour enseigner. Pendant dix, quinze ans j’ai été monitrice de stage, pour accompagner des jeunes issus de l’immigration, pour la plupart, dans leur formation sanitaire ou de puériculture. J’ai adoré de faire cela.
Depuis trente ans, je suis amie avec Olivier Deleuze, un des premiers parlementaires écologistes. Evoluant dans un milieu où on était tous assez engagés sur des questions interculturelles et multiculturelles et dans la lutte pour la dépénalisation de l’avortement, j’ai suivi assez naturellement les traces d’Ecolo[2]. J’ai fait partie du groupe des élus à la Région bruxelloise. J’avais cependant envie d’agir de l’autre côté du miroir, du côté des décideurs. La direction politique d’Ecolo, qui était multicéphale, cherchait une femme pour faire un trio. J’ai alors été projetée à une échelle politique un peu plus globale. Et 1999, je suis devenue ministre[3] et les choses se sont succédées à toute allure.
Voici mon parcours dont je revendique le caractère atypique par rapport à celui d’autres entrés dans l’action politique en sortant de Sciences Po. De n’avoir pas fait que cela m’a donné un regard précieux sur la politique.
Par ailleurs, je suis aussi la mère de trois grands enfants et récemment grand-mère.
G. C. : Vous êtes entrée dans un trio où il y a hommes et femme. Hommes, femmes et politique, cela résonne-t-il chez vous ?
I. D.: Oui, ça résonne. Il y a une certaine façon de faire de la politique un peu guerrière : il faut parler fort, monter à la tribune, toutes choses que j’ai dû apprendre (il y a quelques codes dans lesquels il faut entrer). Je suis plus quelqu’un qui essaie… Il y a toutes sortes de chemins de traverse plus utiles que la voie frontale pour aboutir à un résultat. Mais souvent en politique, c’est le frontal qui est mis en avant médiatiquement, qui est considéré comme plus efficace. On a, les hommes et les femmes, des manières d’approcher la politique qui ne sont pas les mêmes. Malgré tout, l’empreinte masculine reste assez forte, même s’il y a des hommes qui sont assez souples et féminins et des femmes qui sont guerrières et masculines.
G. C.: Vous faites cette distinction là, entre souple et guerrier ?
I. D.: Dans l’image extérieure qu’on donne et dans les codes de la politique, le côté guerrier est le contraire du côté souple: il faut y aller, affirmer avec force, monter la voix, avoir l’air fâché, même si on ne l’est pas, alors que des choses pourraient être faites avec plus d’efficacité, de simplicité. Je ne nie pas l’importance des rapports de force, il faut qu’on les voie, qu’on les entende. Mais ce registre là est insuffisant. Il y en a d’autres, plus créatifs, qui permettent aux politiques de trouver des solutions et aux citoyens de se retrouver dans des comportements qui leur sont plus familiers que la confrontation. Il faut de la confrontation en politique pour savoir qui défend quoi, mais on n’a pas seulement besoin de la posture assertive, affirmative, guerrière, il faut aussi de la posture plus empathique, plus relationnelle.
G. C. : En 2003, vous démissionnez du gouvernement de Verhofstadt, quinze jours avant la fin. Pour nous, c’est quelque chose de l’ordre de l’acte. Ce n’est pas du côté du souple.
I. D.: C’est vrai, c’était du côté du net : ça tombe comme ça, c’est terminé. On a besoin à un moment donné d’avoir des gestes forts, tranchants, sinon on n’existe plus. On a essayé les méthodes souples et on a reçu, à chaque fois, une fin de non-recevoir. Il faut bien mesurer, parce que les actes forts, il n’y en a pas beaucoup. Si on en fait tout le temps, on a l’air ridicule. Le moment doit être choisi. L’acte doit être justifié du point de vue de celui qui le pose. On ne tire pas au bazooka tout le temps ou alors on est un peu bizarre.
G. C. : Tout autre chose. Notre association est européenne, donc la dimension européenne nous intéresse. Dans une carte blanche avec Daniel Cohn-Bendit et Serge Léonard dans La Libre Belgique[4], vous dites des choses qui résonnent avec des choses que nous pensons. Vous dites, au sujet de la pédagogie, qu’il ne s’agit plus de se référer à une conception dogmatique de l’autorité, ni à une conception charismatique du commandant, mais à une conception contractuelle de l’autorité. Je souligne le mot contrat. Jacques-Alain Miller écrivait récemment : nous sommes sortis de l’âge du père, de l’autorité (c’est un thème de notre congrès) ; « un autre discours est en voie de supplanter l’ancien ; l’innovation à la place de la tradition ; plutôt que la hiérarchie, le réseau »[5]. Vous dites : plutôt que l’autorité, le contrat.
I. D.: J’aime beaucoup le mot réseau. La question du réseau est essentielle : s’il est bien construit, bien utilisé, le réseau est une formule souple, efficace ; il y a des aller-retour, de la confrontation ; c’est une manière de travailler qui associe, qui rassemble ; c’est très utile pour disséminer une approche, un point de vue, faire remonter les choses, et se décentrer. Regarder les choses à l’échelle européenne nous oblige à cela tout le temps : on est parmi d’autres; nos petits problèmes institutionnels belges sont mis en perspective différemment par les Grecs, les Maltais, les Allemands, etc. Cette capacité de se décentrer est indispensable ; elle est utile en politique pour être créatif.
G. C.: Le réseau est-il féminin ?
I. D.: Absolument. Le réseau est plus horizontal que vertical ; on cherche des alliés, des proches, des amis, des combattants (parce que le réseau peut aussi servir à une bataille, au sens politique d’une idée qu’on veut faire avancer). On est plus fort dans quelque chose où chacun joue sa partition dans le même sens et où des gens à compétences différentes vont donner des tonalités qui vont se renforcer l’une l’autre et augmenter le rapport des forces pour faire avancer le projet de façon plus efficace qu’un grand coup de gueule.
G. C. : Nous avons l’idée qu’aujourd’hui, les choses sont devenues comme ça et probablement le seront dans l’avenir. Vous avez une certaine vision du futur avec le groupe Spinelli.
I. D. : Le groupe Spinelli est une structure extrêmement souple, partie d’une rencontre entre trois personnes. C’est un réseau de gens qui ont envie de changer la petite musique ultranationaliste ; on est de partis différents, des libéraux, des verts, des socialistes ; on n’est pas d’accord sur tout, mais on se renvoie la balle comme sur un terrain de jeux. On aura essayé d’empêcher, par ce réseau, que le rouleau compresseur de “c’est la faute à l’Europe” continue de rouler. La crise, évidemment, n’aide pas à faire entendre autre chose : la complexité. Je passe beaucoup de temps à démontrer la complexité de la décision européenne : qui la prend ? Ce n’est pas quelques technocrates ; il y a tout un processus, des interventions multiples, des responsabilités nationales, parlementaires, de la Commission, des lobbies. On est dans un monde compliqué. Plus jamais on ne sera dans la logique d’un chef qui décide et des autres qui disent oui, les doigts sur la couture, en tout cas dans une Union européenne démocratique.
G. C.: Vous mettez en question les identifications nationales, nationalistes en tout cas.
I. D.: Nationalistes, car je pense que les identifications nationales, régionales, voire locales ont tout leur sens. Elles peuvent être très différentes : il y a des gens qui ont plusieurs origines ; ils viennent d’ailleurs, leurs parents, leurs grands-parents ont bougé, mais ils se sentent tout de même de quelque part, et cela doit être respecté. L’Union européenne, ce n’est pas une grande lessive pour qu’on soit tous les mêmes. Parfois l’Union européenne s’occupe de choses dont elle ne devrait pas s’occuper. Elle devrait s’occuper de ce qu’on doit absolument faire ensemble : on est plus fort, plus efficace quand on travaille ensemble que séparément. Ce que je mets en question gravement, ce sont les dérives nationalistes : cette nationalité là, le modèle auquel tout le monde doit se conformer et qui, outre la langue, définit ce qu’on aime, ce qu’on mange, ses affinités culturelles. C’est terriblement dangereux. La diversité est à respecter à tout prix. Derrière les ultranationalismes, parfois même sous des aspects un peu généreux ou solidaires, il y a le “ je n’aime pas les autres, j’aime les autres quand ils me ressemblent et s’ils ne me ressemblent pas, je ne les aime pas” et cela, c’est très dangereux, parce qu’on vit dans un monde où tout le monde bouge et doit être respecté pour ce qu’il est.
G. C.: Vous parlez de l’Europe comme une communauté “a-communautaire”.
I. D.: Il n’y a pas de peuple européen. Il y a des peuples et dans des peuples, il y a des gens et de plus en plus, les gens vont bouger à l’échelle européenne, les familles vont se composer, se recomposer avec des gens de partout … Ces métissages sont extrêmement précieux. L’Union doit être unie politiquement, dans ses objectifs, ses stratégies, mais elle ne doit pas être uniforme. L’union et l’uniformité, ce n’est pas pareil. Il n’y a pas de modèle conforme, même si l’on a de grands pays à l’identité forte. J’aime bien la méthode communautaire, à la recherche du compromis, plutôt que la méthode intergouvernementale où chacun vient défendre son bifteck et où, après s’être bien battus, on rentre dans son pays en disant “j’ai gagné ça ; je n’ai pas construit l’Europe, mais j’ai bien défendu mon pays” ; on recherche seulement le plus petit commun dénominateur. L’option du groupe Spinelli, entre autres, privilégie l’autre méthode, celle de la construction pas à pas.
G. C.: Vous avez parlé du danger du nationalisme. Vous ancrez la naissance de l’Europe après la seconde guerre mondiale, comme une réaction à ça.
I. D.: On a vu ce à quoi les excès du nationalisme ont mené. La réconciliation franco-allemande a été un élément majeur de la construction européenne : ceux qui se sont affronté dans un conflit qui a fait des millions de morts, ont dit “on fait la paix”. C’est très important, c’est structurant de la suite. Quand on a reçu le prix Nobel de la paix, ce n’est pas pour rien. A l’étranger, loin de l’Europe, les gens nous envient cet aspect de paix, de coopération, et ici en Europe, les gens le vomissent. Dans les pays du Printemps arabe, on nous demande “Comment avez-vous réussi à faire ça ?”, cette coopération institutionnelle avec un parlement, ces gens qui travaillent ensemble, tandis qu’à l’intérieur de l’Europe, on dit : “retournons au nationalisme”, ce que ces pays là viennent de quitter. En tout cas, ils ont payé le prix fort des dictateurs, avec leurs idées sur le nationalisme, sur l’identité nationale qui doit être pure sur cinq générations par exemple, toutes choses extrêmement dangereuses.
G. C.: Notre lecture de la chose, c’est que plus le monde avance dans cette direction de la souplesse, du réseau, plus il y a la montée d’une résistance, d’une opposition à cela. La montée du fondamentalisme s’oppose à ce progrès. Freud parle du refus de la féminité.
I. D.: Je pense qu’il y a des liens entre la féminité et la vision écologiste, qui ne vise pas seulement le respect de la nature, la protection de l’environnement, mais qui est cette approche systémique, plus horizontale, où en permanence, on est préoccupé par ce qui se passe ici et là, demain et ailleurs, dans une logique circulaire. Mais dès qu’on avance, on prend des coups à tous les échelons. On rencontre de la résistance, parce que c’est un système dangereux : il donne aux gens les clés. C’est un système horizontal : il n’y a pas un grand décideur, une pyramide ; chacun peut avoir les clés, être libre ou le plus libre possible, le plus émancipé possible, pour contribuer à un réseau ou à un autre, librement. C’est ma vision de la citoyenneté. Cet aspect là, je comprend qu’il fasse peur à ceux qui ont plutôt envie de garder la main sur un système, une façon de faire, une autorité.
G. C.: Ce n’est pas un combat uniquement politique, c’est un combat qui se traduit en guerres, en violences aussi.
I. D.: Si ce n’était qu’un débat d’idée, ce serait sympathique et intéressant, mais c’est vrai que cela peut être très violent, à l’échelle d’une collectivité ; on peut avoir des confrontations mortelles.
[1] Transcription par Dominique Léonard.
[2] Parti écologiste belge.
[3] Ministre de la mobilité et des transports dans le gouvernement Verhofstadt I de 1999 à 2003.
[4] Carte blanche parue sur le site du journal La Libre du 5 février 2013, « Faire face aux eurosceptiques et populistes », signée Daniel Cohn-Bendit, Isabelle Durant et Serge Léonard.
[5] MILLER J.-A., 4e de couverture du Séminaire VI de Jacques Lacan, à paraître en librairie le 6 juin 2013.
Pipol News INFO n° 10
PIPOL NEWS INFO 10
PIPOL 6 Schedule
Friday, July 5th
5-8pm: Handing out of folders and champagne at the “SQUARE - Brussels Meeting Centre,” Mont des Arts, 1000 Brussels, in the glass cube.
Please let us know if you plan on coming on Friday by sending a blank message to Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com) with "Champagne" as the subject.
Saturday, July 6th
9am: Welcome and handing out of folders (no champagne in the morning…)
10am-1pm: Morning work (Simultaneous sessions)
1-3pm: Afternoon break
3-6pm: Afternoon work (Simultaneous sessions)
7:30pm: Beginning of the Soirée of the Future (it’s still possible to sign up — spots are limited)
Sunday, July 7th
8:50am: Musician (surprise)
9-9:30am: Opening
9:30am-12:30pm: Work (Plenary sessions)
12:30-2pm: Afternoon break
2-5:30pm: Work (Plenary sessions)
5:30-5:45pm: Closure and acknowle
Pipol News INFO n° 09
PIPOL NEWS INFO 9
PIPOL Network
Directory of Institutions of the EuroFederation of Psychoanalysis
38 institutions have already answered the call of the « PIPOL Network ». As there was limited time between the announcement in PIPOL NEWS and the deadline to send the demands of subscription, and to give time to react, the deadline has been postpone to May 15 at midnight.
The conditions for enrollment of an institution in the PIPOL Network are as follows:
1. The institution will be officially oriented by psychoanalysis. Transference effects involving one person oriented by psychoanalysis will be insufficient for admission in the directory. An affirmation by the leadership of an institution concerning the orientation of the institution by Lacanian psychoanalysis as taught in the Champ Freudian is indispensible.
2. The institutions admitted into the PIPOL Network can be structures of the Other (hospitals, mental health centers, institutions for children, post-hospitalization shelters, etc.) or personal initiatives of analysts, whatever may be their breadth.
3. A written report, brief and prominent (3200 characters including spaces), should be addressed to Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com), secretary of the Office of the EFP, before May first 2013. This report should contain:
- The contact details of your institution: name, address, telephone, email, website.
- Name and contact information the director or representative of the institution with the EFP.
- A description of your institution, of its framework, the public it welcomes, the circumstances of its foundation, the nature in which psychoanalysis takes place (clinic, teaching, publication...)
The Office will decide on the pertinence of enrollment in the directory from these texts. This directory will be composed of the set of texts of admitted institutions, in alphabetic order. It will be available on the website of the EFP. A paper version shall be distributed to delegates of PIPOL 6.
Gil Caroz
President of the EuroFederation of Psychoanalysis
May 2013
FLASH 06
F L A S H 6
On behalf of the reading committee of the simultaneous sessions of PIPOL 6
Halfway
The set of 236 texts in five languages has already been read by the committee. This reading work is exciting, often moving. However, a concern runs through us. How are we going to refuse almost half of these texts? The difference between a text that walks through the door of the simultaneous session and a text that does not, is sometimes slim. The discussion is firm. Laura does not give up. She wants all valuable, in one way or another, texts where “there is something”, to be able to cross the threshold. For my part, I keep their accounts. This is a showdown between the possible and the impossible. I cannot tell you the puzzle: there is the quality of the texts. Then, there is the number of rooms that limit us to retain 120 papers. In some rooms, there will be simultaneous translations, in others there will not. But we do not want the colleagues to “DIY” the translations. We do not believe it. Therefore, depending on the rooms, either there will be professional simultaneous translations, either the papers will be presented uniquely in the languages known by all the listeners in the room. It’s up to me to make the final decisions. Do not envy me.
When reading texts, the first question we ask is whether the three poles required by The call for papers: the case, the institution, and my experience of psychoanalysis, are present in the text. This is a prerequisite. Few texts do not include cases. Regarding the pole of the institution, it is rarely absent, in one way or another. Once there is an intrusion of the discourse of the master in the treatment, we can speak of the presence of the institutional dimension – a dimension that is to be treated, handled. Regarding the pole “my experience towards [à] psychoanalysis”, we have an obligation to be intractable. It must be explicitly present in the text. This is the rule of the game, we have already argued elsewhere, and it cannot be waived. It does not seem possible for us to build a programme whereby some participants at the simultaneous sessions “get their feet wet” in this, and others do not. Sometimes the reference to one’s own analysis is present but without any singular concreteness that allowed the practitioner to extract the knowledge that allows him to carry the treatment. In this case, the text cannot be accepted. In some cases, we make a wager that the work with the mentor will allow to extract what is still camouflaged in the text. Moreover, once these three poles are presented, they must find an articulation where they are knotted in a convincing way.
Now you know everything. I am not saying that all texts are good. But I am saying that the vast majority is of a very good quality. I am writing it as I think it, and I am delighted. I am also saying that some of the texts do not respond to the invitation of the call for papers. These cannot be used. Finally, I am saying that some texts that could walk out the door in a better world will not do, because of some technical limitations. I assume this and I hope that the authors of these texts will not hold it against me more than it needs to be.
I thank, again, the large number of colleagues who proposed interventions for the clinical simultaneous sessions of PIPOL 6.
Gil Caroz
Director of the Second European Congress of Psychoanalysis (PIPOL 6)
Translation: Bogdan Wolf
Pipol News INFO n° 08
PIPOL NEWS INFO 8
PIPOL 6 Communiqué
Registration with a flute of champagne
The Second European Congress of Psychoanalysis, PIPOL 6, is rapidly approaching. We eagerly await the opportunity to soon welcome you in the Capital of Europe. The Congress dossiers will be available on Friday July 5th, between 5pm and 8pm, at Square, Mont des Arts, 1000 Brussels, in the glass Meeting Center cube. Twelve welcoming booths shall welcome you with your dossier and a flute of champagne. So that we may prepare these little glasses, please inform us if you intend to come on Friday. Please send your email of confirmation (no message necessary) to Guy Poblome, (poblome.guy@gmail.com), with the subject header “Champagne.”
The welcoming and distribution of dossiers (without champagne this time) will recommence on Saturday the 6th at 9am (the congress starts at 10am).
See you soon,
Guy Poblome, Secretary of PIPOL 6
For the organizing committee
Pipol News 48 - 01/05/2013
PIPOL NEWS 48
Psychoanalysis and the Institution: a view from within the “English-Speaking” contexts of practice
Alan Rowan, NLS, Dublin
In “British Psychiatry and the War” (1947) Lacan describes a five-week research trip to Britain he undertook in 1945. During that trip he met and sought to understand what role British Psychiatry had played during the war and particularly so in the rehabilitation of soldiers suffering from various forms of “war neurosis”. What he found interested him, as he discovered; the value of what he termed British realism in army selection1, the functioning of non-hierarchical or leaderless groups and the fact that the group and indeed the institution itself is interpretable. Describing the work of Bion and Rickman he states that one finds “in their work something of the miraculous feeling of the initial stages of the Freudian elaboration: that of finding in the very impasse of a situation the vital force of an intervention” (p.15).
In this paper I want to comment firstly on the work of Bion and Rickman by reference to their legacy today, loosely referred to as the “Tavistock paradigm”, this being the main psychoanalytic way in which, in the English-speaking world, the institution is interpreted. Drawing on my experience of working in mental health I will finish by suggesting how psychoanalytically I believe we can best position and prioritise our efforts in a context where the institution is, in fact, often hostile, not only to psychoanalysis, but more generally to reflection, to contemplation and to “not knowing”.
In considering the institution today - in our “post-Oedipal world” - there can be little doubt that the steady hierarchies and stable enduring institutions of yesteryear are gone. Today all organisations function by contrast in turbulent and rapidly changing environments, have multiple and distributed hierarchies, experience constant market and technology driven change and are staffed by subjects where both role and work-group instability is the norm.
What I have referred to above as the “Tavistock paradigm” originated with Bion’s work on “group mentality”, meaning phenomena that can be observed at the level of “whole-group” functioning. Drawing on Freud, Bion made a distinction between the “work group” - with characteristics similar to those attributed by Freud (1911) to the ego, and what he termed “basic assumption groups” which arise when unconscious needs, desires and emotions invade or take over group functioning. Here the objective of the group subtly shifts from performing the task it was set up to achieve to satisfying the psychological needs of its members - primarily in ways that reduce anxiety and conflict. For example, there is inertia in the group, what Bion calls “dependency”, and behind this the unconscious shared belief or illusion that the leadership function will somehow meet the needs of the group without the group members themselves having to actually do anything2.
Overtime a range of psychoanalysts and psychoanalytically oriented practitioners working with organisations, such as Trist, Rice, Jacques and Menzies, to mention just a few, developed this model into a paradigm that was underpinned by Kleinian theory. Core concepts of this paradigm, in addition to Bion’s work on group processes, include the following:
- That “roles” within a group or institution both evoke and carry conscious and unconscious meanings for the subject and for others they interact with
- That systems and practices within organisations may get established in the service of protecting the group against persecutory and depressive anxieties and thus have essentially nothing to do with its stated goal or task.
- That the institution or organisation exists by virtue of the boundary it makes with the external environment
- That the organisation can be defined in terms of how it sees its “primary task” defined as “the task it must do to survive” - viewed in terms of the nature of the “transactions” it performs in relation to its external environment (e.g. producing goods or “curing” patients).
- That there is such a thing as “the organisation in the mind” meaning the unconscious fantasies and images of the organisation carried in the mind of the individuals who make it up. This implies that the “organisation in the mind” always reflect particular interests and ways an individual situates him or herself within the particular discursive practice that makes up the organisation
At the level of interpretation the task of the psychoanalyst or organisational consultant was to help the institution to understand the ways in which unconscious processes may be in tension with, and thus interfere with, the goals the organisation is seeking to attain whereby, what Bion termed, “the development of thought designed for translation into action” (p.145) is blocked.
In practice this approach emphasises clarity in relation to the “primary task”, clear boundaries and lines of authority, effective communication and adequate supports, meaning the presence of a “holding environment” or “container” in relation to the inevitable “emotional needs” and pressures staff may experience in carrying out their roles.
Many real world examples attest to the usefulness of this paradigm in resolving institutional dilemmas conflicts and impasses, and yet, from a Lacanian point of view it is not hard to point to some fundamental problems that seems inherent to it.
Firstly, we can question - especially in this post-Oedipal era - if it makes sense to talk of institutions as having a “primary task” when what counts for competitive survival concerns not so much what the organisation can do or offer, but rather how well it can “read” and respond to the needs of those who seek to use it – conventionally in business terms defined as its customers3. Secondly, one can question the notion of the “boundary” as explicated within this paradigm which seems to depend on an imaginary distinction between interior and exterior whereby the internal world of the organisation is invariably privileged and where this membrane separating inner and outer is not theorised and thus little understood. From a Lacanian point of view this membrane can only be made of language and thus has to be seen as symbolic, which as Lacan’s use of the mobius strip further demonstrates, itself entails that any distinction between inner and outer is invariably problematised from the very beginning. Thirdly, and as we look deeper into this paradigm, we find that at its heart lies the Kleinian theory of fantasy which is seen as primary. In other words this is the idea that symbolic formations arises on the basis of primal fantasies and are metaphoric “translations” of these. For Lacan by contrast what is privileged is the metonymy of the drive - as “obect a” - to which the fantasy is a response or elaboration. Another way of putting this, drawing on Miller’s article “Interpretation in Reverse”, is to say that the unconscious already interprets and thus the task of analysis is not to add yet more meaning (another metaphor) but rather to “cut” meaning to the point where the” jouissance programme” of the subject can be isolated. As with the subject, the crucial analytic questions for institutions thus concern, not meaning but the form(s) of “enjoyment” it embraces/makes possible.
With this as context we can ask what are priorities and positions a psychoanalyst might take up within the institution? Firstly, I would suggest that it is important we engage in and with the “social care” institutions of our time. Our question towards them is not the one of the “Tavistock paradigm” which essentially sees them as, and indeed helps them to be, structures that are effective in carrying the “emotional load” they must bear by virtue of being “social systems”. Rather our question concerns their vitality and viability in terms of the desire(s) that animate their praxis - something that we approach by holding to a position of “learned ignorance” in order to better read precisely such desire(s). Here one makes a distinction between “to support” and “to interpret”, and we can suggest, the latter is always radical.
Secondly and as Miller has pointed out, the psychoanalyst is also a “multifunctional object” something that is more vital than ever within our “post-interpretive” era. From such a position we do not, for example, approach the institution with “ready-made” solutions but rather point to the consequences of its acts and its impasses. Here our “core concepts” remain the unconscious, the ego and the structure of the superego with its injunctions and its ideals – concepts that are as active in the group as they are in the subject – which does not mean that we do not recognise the “group effects” that Lacan clearly appreciated in, for example, the work of Bion.
Thirdly we speak of and for the subject, whether as colleague or client – or even -”customer”, but from a singular point of view – meaning that we stand for the subject that does not sacrifice desire in a service of the goods.
Fourthly and finally, and from a practical point of view, I would tentatively suggest that, in the arena of mental health, psychoanalysts within such institutions may deploy themselves well by:
- Going to where the problematic cases exist and where the psycho-educational help – so prevalent today - has led to a weariness not only in the patient but also in the staff he or she encounters. It is in working with these difficult and “impossible cases” that we can most prove our worth in an environment where “solutions” abound.
- By “reading” the institution and avoiding naivety, for example, by waiting for recognition. Rather we must document our success and indeed ensure it that the institution registers this (e.g. via if necessary audits that do more than present numbers etc.).
- By seeking alliances with the voice of the patient who is suffering and has a demand that in mental health is often at odds with that of the institution, whereby the latter is most concerned with managing social risk and cost containment, versus the patient who seeks a pathway to living his or her life.
- By engaging with the “multiple discourses” of the institution, which includes other therapy discourses, whereby we interact with them, while not diluting our own way of speaking about what it is we encounter.
- By noting that the institution is, obviously, a lived experience, something that is registered therefore within the individuals who find themselves in it. This, in my experience, offers a quite powerful and useful way to make our presence felt within the institution, namely, by being available to colleagues either individually or in groups to invite a different form of seeing in relation to what they may knowingly or unknowingly feel subjected to.
1 Where “officer selection” was based on leadership ability – something that was carefully assessed by various tasks potential candidates had to undertake – rather than being based on class as had been the case in France and other European countries.
2 Bion described two further “basic assumption” or anti-task groups, namely the “fight-flight group” where the unconscious wish is to preserve itself at all costs from “an other” who is perceived as hostile and the “pairing” group where the unconscious purpose of the group is to reproduce itself – usually via the fantasy of two members creating a harmonious pair. Since Bion there have been additions to this model, for example the “basic assumption oneness” group defined by Turguet (1974) as a group that commits itself to supporting an “omnipotent force” and seeks unconsciously to merge with this. Such groups often take the form of movements where the continued existence of “the movement” is paramount.
3 This is the move away from seeing organisations as providers of “goods” – the traditional view - to seeing them as meeting a range of consumer needs, demands and wishes and thus fundamentally providing the consumer with an experience/set of experiences.
Pipol News 47 - 29/04/2013
PIPOL NEWS 47
Patricia Heffes
Las mujeres, el futuro y el Edipo
Marco Mauas
Con PIPOL VI. 19 de marzo de 2013
Unas notas sobre el niño
Patricia Heffes
A partir de considerar el sintagma “Después del Edipo” como uno de los modos de decir “Nuestro modo de goce” (1), me ha parecido pertinente incluir en este espacio preparatorio al Congreso europeo, la cuestión de la maternidad y sus consecuencias respecto de los niños. Recordemos que Lacan utiliza esta expresión, “nuestro modo de goce”, para modalizar el concepto de goce según las variaciones que vislumbraba en la relación de lo simbólico con lo real.
Estas reflexiones que hoy comparto con vosotros, son un comienzo de respuesta a una pregunta surgida de la práctica en una institución para niños pequeños (0 a 6 años), en la que realizo fundamentalmente orientación clínica y diagnósticos diferenciales. La pregunta es qué de lo que se presenta como problemático en el niño induce a error a la hora de diagnosticar. La búsqueda de respuesta me llevó a revisar la “Nota sobre el niño” (2), en sus distintos aspectos.
En primer lugar, lo que ha llamado mi atención es que hay una serie de fenómenos que “sueltos”, tomados a primera vista, inducen al practicante a ubicarlos del lado de la psicosis o del autismo. Sin embargo, la experiencia muestra que muchos de ellos no lo son.
Enunciaré algunas de estas cuestiones:
a-Mujeres en tanto madres al modo de las “sólo madres” o “madres solas”
b-Un padre homologable a la madre en lo que tiene que ver con la crianza. Hace lo que debe hacer sin otro modelo que la madre misma.
c- Gran cantidad de consultas por un mal funcionamiento fisiológico (el adverbio no tiene más referencia que la propia casuística en la institución). Niños y niñas menores de dos años son derivados por los pediatras (con el punto de mira del trastorno) porque no quieren evacuar las heces, por ejemplo. Estos casos contrastan con otros en los que el control de esfínteres no se concreta hasta bordeando los cuatro años.
d- Niños muy pequeños que rechazan los alimentos, pero no desnutridos ni en peligro de ello. El niño no come, o come pocas cosas y muy limitado. No está enfermo.
e-Otros, con casi cuatro años, toman el biberón combinado con las comidas, no hablan mucho y muerden sus uñas hasta el límite del dolor.
f- Muchos niños duermen con sus padres, con ambos o con uno u otro. La pareja de padres deja de compartir cama para hacerlo con los hijos.
g-Los hay que no hablan hasta los tres años y cuando lo hacen, no se les entiende casi nada.
Estos “motivos de consulta”, en sí mismos, están dentro de la rutina. Lo que los hace llamativos es la recurrencia; y por otro lado, se destaca la posición de la familia respecto de ellos. No parece preocuparles el síntoma en sí, ni siquiera lo interpretan como tal. Existe una ajenidad con eso que le ocurre al niño, pero al mismo tiempo les inquieta por la proximidad. Eso que inquieta se presenta ligado a lo insoportable para la madre, en la mayoría de los casos.
A partir de aquí surgieron más preguntas. ¿Qué relación tiene hoy una mujer con la maternidad, partiendo de la hipótesis de que algo ha cambiado en los modos de goce? En tal caso, ¿qué de la nota sobre el niño de 1969, habría que reconsiderar?
Un apunte previo sirve a esta consideración. En 1967, Lacan (3) ubica el ser-para-el–sexo como aquello que somos llamados a sostener por efecto de la subversión freudiana. En dialéctica con el-ser-para-la-muerte de Heidegger, Lacan señala la operación freudiana que colocó al goce en el centro de la cuestión.
Ser-para-el-sexo es un modo de nombrar la castración freudiana, mientras que Lacan reserva el-ser-para–la- muerte a la relación del sujeto con el Otro, para nombrar la muerte del Otro. El ser-para-el-sexo remite al descubrimiento de la propia castración. De aquí que Lacan afirme que la entrada en un psicoanálisis proviene precisamente, de la dificultad de ser-para-el-sexo. Lo difícil es cómo establecer el estatuto del fantasma en la posición sexuada, lo cual, dice Lacan, se vela en la idea engañosa de “elección” subjetiva entre neurosis, perversión o psicosis. Es a causa de esa dificultad que nos vemos llevados a formular un fantasma postizo, a saber: la armonía en el útero materno.
Los términos que constituyen la Nota sobre el niño aparecen planteados con una lógica clara en esta alocución del ’67: la posición sexuada, el fantasma, el objeto condensador de goce, las posiciones subjetivas y también se reconoce allí, la consideración de la sexualidad femenina como preliminar al tratamiento del niño.
Con estos apuntes y situados después del Edipo, se puede hacer una relectura de la Nota e intentar sacar algunas consecuencias. Divido la lectura en tres puntos:
- Hay tres funciones: de la familia, del padre y de la madre
De la función de residuo de la familia conyugal, como lo dice J.-A. Miler (4) se verifica que permanece dominante, modificada apenas por la homosexualidad. Permanece por su función de residuo como estado de pequeño objeto a. La familia conyugal resiste porque opera en la transmisión de aquello que constituye al sujeto, la transmisión de que no hay proporción sexual. Se trata de la relación con un deseo que no sea anónimo, lo que implica que el sujeto sea llamado por un Je.
La función de la madre basada en los cuidados por un interés particularizado, siguiendo la vía de sus carencias. En este caso, el ser-para-el-sexo está definido por la función materna misma.
En cuanto a la función del padre, la Nota dice que su nombre es el vector de una encarnación de la Ley en el deseo. En la actualidad es más evidente que la dicha función paterna no es necesariamente encarnada por “un padre”. Sin embargo, hay una ley que se encarna en un deseo para que un nuevo ser sea posible. J.A.Miller se refiere a la cuestión de la ley en su relación con el deseo ubicándolo como su contraefecto. La ley es el deseo, pero es inoperante en relación con el goce. (5)
2) En cuanto al síntoma del niño, responde a lo que hay de sintomático en la estructura familiar. Recordemos que Lacan lo define como el síntoma que representa la verdad de la pareja en la familia. Es el síntoma que depende de la subjetividad de la madre y ubica al niño como correlato de un fantasma. O bien, el niño realiza la presencia del objeto a en el fantasma.
Considerando que sólo se trata de semblantes, vemos como la referencia al falo se neutraliza, los nombres del padre se pluralizan y el Deseo de la Madre deja de ser barrado por la ley y el orden tradicional. Para usar un significante actual, hay un desorden.
El síntoma es planteado en la Nota como representante de la verdad - hermana de goce-; por lo cual, sería en este punto donde habría que buscar la variación. Es decir, en la vía de lo que hoy nombramos como feminización del goce; goce que supone un real sin ley.
Efectivamente, el síntoma del niño representa una verdad y también depende de la subjetividad de la madre. El niño, o bien, viene a refrenar el goce de la madre; o bien, lo representa.
Centrar la práctica analítica sobre el goce como acontecimiento del cuerpo, es lo que permite escapar a la dialéctica interdicción-permisión. (6)
3) Los diagnósticos.
La subjetividad moderna se caracteriza por la tendencia a unificar los modos de satisfacción. “Feminización del mundo” ha querido Jacques-Alain Miller llamar a este fenómeno, para explicar el predominio de un modo de goce que impera sobre el sujeto en la época. La feminización del mundo es una manera de decir que lo que domina es que no hay un solo modo de gozar, sino múltiples y que el predominio fálico a la hora de guiar la pulsión ha dejado paso a una multiplicidad que obliga a cuestionar los supuestos.
Desde esta perspectiva, las tres estructuras freudianas se debilitan y surge como respuesta a la pregunta por el síntoma, los modos de goce.
La maternidad, como todos los fenómenos humanos que pueden subjetivarse, ha sufrido los avatares de las distintas épocas. Mujeres solas que acceden a la maternidad; parejas homosexuales que deciden ser padres; transexuales que siendo ahora hombres engendran niños a partir de conservar sus órganos femeninos, etc.
La relación de la madre con el niño está siendo afectada por los modos de gozar de la época. Y la pregunta por el síntoma del niño, hay que dirigirla hacia el lugar que este viene a ocupar respecto del goce: representarlo, refrenarlo, ser su objeto.
De la experiencia sabemos que tan solo con intervenir para detener el embate de ese goce sobre el niño, surge una vivificación que posibilita , en muchos de esos casos , la constitución de un síntoma. De lo contrario, el niño es envestido por ese goce y no aparece más que como un cuerpo mortificado.
NOTAS:
(1)Lacan, J. Otros escritos. “Televisión”, p.560, Ed. Paidós, Buenos Aires, 2012
(2)Lacan, J. Otros escritos. “Nota sobre el niño”, Ed. Paidós, Bs.As., 2012
(3)Lacan, J. Otros escritos. “Alocución sobre la psicosis del niño”. Ed.Paidós, Bs.As., 2012
(4)Miller, J.-A. “El revés de la familia”, en Consecuencias Nº 8, Revista digital, abril de 2012
(5)Miller, J.-A. Sutilezas analíticas, Ed.Paidós, p.282, Buenos Aires, 2011
(6)Miller, J.-A. Curso del 2 de marzo de 2011. Inédito.
Las mujeres, el futuro y el Edipo
Una notación
Marco Mauas
Sí, el título de nuestro congreso en Bruselas es peculiar, de acuerdo con mi colega Claudia Iddan. Quisiera entonces destacar un aspecto aún, una minucia casi, que me parece digno de escribir.
Se trata de “después del Edipo”, y allí, hay un futuro solamente. Un futuro que aparentemente no tiene pasado. ¿Es que esto existe? Un futuro que puede leerse “sin antes, solo después…del Edipo”.
J-A Miller formuló el “antes” de una forma para mi sorprendente, cuando, en una frase fulgurante, hizo aparecer de una vez lo que Lacan significó con “las formaciones del inconsciente”1. Miller estaba ocupado en ese año, el último del milenio, en aclarar la cuestión de lo real. Una cuestión urgente, que nos lleva hasta el próximo congreso de la AMP, “Los desórdenes de lo real”.
Las formaciones del inconsciente, son “acontecimientos que tenían una significación cuando parecían desprovistos de ésta. Esa es la novedad que [Freud] introdujo”, dice Miller. Y prosigue: “Para dar cuenta de ello, como se ve en este seminario, Lacan puso en juego un funcionamiento inédito entre código y mensaje. Se trataba de anteponer el advenimiento de significación que constituye el síntoma, y esto inspiró la construcción de su grafo. Allí se concibe la aparición de la significación a partir del mensaje emitido fuera del conocimiento del sujeto.” Una significación “antepuesta”. Eso son para Lacan, en su seminario 5, “las formaciones del inconsciente”.
Miller puntualiza a continuación que “la significación no es la totalidad del descubrimiento freudiano respecto de las formaciones del inconsciente.” Está también la satisfacción. Y la satisfacción, en la medida en que sea libidinosa, como Lacan lo comenta en el seminario 202, es, si hemos de seguir a Freud a la letra, es de una libido…masculina. “Sólo desde donde es toda, es decir, desde donde la ve el hombre, puede tener un inconsciente”… “Para no existir más que como madre…”3
Si “las mujeres” se “conjugan en futuro”, “después del Edipo”, es que en esa zona, en ese tiempo, “no pueden” tener un inconsciente, al menos, no un inconsciente freudiano. Se trata de otro inconsciente. Es uno que solamente apunta a un futuro. Sin “antes” ni quizás tampoco “después”. Y el inconsciente freudiano las sitúa como madres, como “todas”, en la medida en que desde allí las ve el hombre. Es un problema, un tema, de lo real en desorden… si se considera que el orden, un orden, se establece cada vez que la satisfacción es libidinosamente entendible o atrapable.
1 Miller J.-A. La experiencia de lo real en la clínica psicoanalítica, Paidós, Buenos Aires, 2004. Clase del 26 de mayo de 1999.
2 Lacan J. El seminario 20, Aún. Paidós, Barcelona, 1981. Clase del 10 de abril de 1973.
3 Ibid.
Histoire du Jour
En vue de la Soirée du Futur
Le médecin appelle Madame Cohen.
- Bonjour Madame. Je regrette de vous dire que votre chèque m’est revenu.
- Bonjour Docteur, je regrette de vous dire que mon arthrose aussi est revenue.
(Moïse Rahmani, 11ème commandement
“Tu choisiras le rire”)
FLASH 05
F L A S H 5
Reading Committee for the Simultaneous Sessions
The reading committee for the submissions to the simultaneous sessions of PIPOL 6 is composed of:
Monique Kusnierek and Gil Caroz for the texts in French (148 texts)
Rosa-Elena Manzetti, Massimo Termini and Sergio Caretto for Italian (45 texts)
Carmen Cunat, Antoni Vicens and Laura Petrosino for Spanish (32 texts)
Laura Petrosino and Gil Caroz for English (6 texts)
Geert Hoornaert for Dutch (5 texts)
We have received a definitive number of 236 submissions. The committee is working. A summary of each text and of its major signifiers will be written up in all languages. From this summary, Gil Caroz will compose the simultaneous sessions’ program. As a reminder, the selected texts will be reworked with a mentor. This is a service we are offering the authors to allow them to take the Other’s temperature and to improve their texts before presenting them.
Pipol News 46 - 23/04/2013
PIPOL NEWS 46
The Soiree of The Future
At the magnificent « Albert Hall » Complex, 649, Chaussée de Wavre, 1040 Bruxelles
July 6th 2013 at 19h30
KRUPNIK
The Soiree of the Future, on July 6th, after the simultaneous presentations of PIPOL 6, will open with this Jewish music group. They will accompany us during the dinner, then they will perform while we dance, before handing off to the DJ.
“‘Klezmer’ you say?” André Reinitz, spokesperson for the group, whom we met with Joëlle Strauss, singer and violinist, corrects us: “A klezsmer group plays several musical instruments. But once there is singing, it is no longer klezmer. We also perform klezmer music, but this term is more restrictive than our group’s repertoire. Firstly, since Joëlle sings, secondly, because we do not limit ourselves to central European music. We expose Jewish cultures (plural) by performing a panoply of Sephardic, Ashkenazy, Israeli, Yemeni music. All of these styles drew upon local culture where they developed, so diversity is guaranteed.”
If we behave, meaning if we dance madly, André has promised to teach us a step or two of the Hora, an Israeli dance. Joëlle whispers that André is a great specialist of Jewish story, after the fashion of those stories found so abundantly in Freud’s Jokes and their relation to the Unconscious. Is he going to tell some during the evening? We shall see.
Whatever happens, starting today, and until the congress, be sure to read the new PIPOL NEWS column “Today’s story”, with an eye to the Soiree of the Future. If you know some yourselves, don’t hesitate to convey them to us.
And why wait for tomorrow? Lets start right away.
One version of the sexual relation1
The little sister asks her big brother how to play mom and dad. You must go into the parents’ room, he says. And after? After, you undress! And after? After, you get under the covers. And after? After, you turn off the light. And after, asks the little sister? After, After... you speak Yiddish!
Juliette de Halleux, Maud Ferauge, Gil Caroz
1. Extract from « Klezmer » by Joann Sfar, Gallimard, 2005
Inscription for the soirée of the Future
http://www.europsychoanalysis.eu/events/listing/en/
Price of registration: 45€ before April 30th. 50 € after May 1st. Deadline for registration is June 15th. Places limited.
FLASH 04
F L A S H 4
Registration
1. We currently count 1048 registrations for the PIPOL 6 congress. The number of spots is limited. It is possible that registration will be closed before the congress, as was the case for PIPOL 5.
2. The low-price registration (45€) for the “Soirée du Futur” on July 6th is still open, and will be until the end of April. Beginning May 1st, the registration price for the soirée will be 50€. Registration will be closed June 15th so that the caterer may take care of the meal orders.
FLASH 03
F L A S H 3
Echoes from the simultaneous sessions of PIPOL 6
230 text submissions have arrived in the simultaneous sessions’ secretariat mailbox:
144 inFrench
43 in Italian
32 in Spanish
6 in English
5 in Dutch
These works are from France, Belgium, Italy, Spain, Switzerland, Greece, Ireland, Israel, Russia, Ukraine, Bulgaria….
Unfortunately, we cannot select more than 120 submissions. Nevertheless, we have noted the existence of a real work community in Europe that is dynamic and committed. It is made up of colleagues who want to participate. If you are the author of one of these texts, know that you represent this commitment, whether your work is selected or not.
Gil Caroz
President of the EFP
Pipol News 45 - 19/04/2013
PIPOL NEWS 45
"Edipona"- Sófocles con Lacan
Claudia Iddan, NLS, Jérusalem
La ética que sostiene la práctica analítica es la que crea la institución. Si bien con el término de institución se hace por lo general referencia a un marco social creado para la implementación de ciertos objetivos o principios, la institución propiamente dicha, en particular en el campo del psicoanálisis, radica más en la posición ética que se sostiene que en los encuadres que se crean.
"Después del Edipo, las mujeres se conjugan en futuro", título peculiar de nuestro congreso que pone en evidencia dos cuestiones, la primera, el eje del Edipo mismo como sinónimo, diría yo, de estructura institucional y la segunda, el eje de la temporalidad y su relación a las posiciones sexuales.
Propongo como lectura posible de la intersección entre Edipo, tiempo y mujeres la orientación que surge con el "después" creado por los viricuetos de la trama que van desarrollándose a partir de la pieza de Edipo rey pasando por Edipo en Colona hasta Antígona, es decir un después acorde al desplazamiento de Edipo a la figura de Antígona y a su posición. Este trayecto en la tragedia griega conjuga ética y tiempo y podria tal vez ser conjugado en una suerte de equívoco de la lengua: "Edipona".
Abordar esta intersección de Edipona a través de Sófocles con Lacan me permitirá delimitar ciertas coordenadas de la ética a partir de la tragedia para poner en relieve la dimensión del acto y del Uno solo o Un-dividualismo, como J.A.Miller lo presenta.
Con Sófocles y Lacan
La tragedia griega le permite a Lacan referirse a la ética del psicoanálisis a través de la figura de Antígona que encarna el deseo puro o puro deseo que transgrede todas las leyes de la comunidad y empuja a la purgación de pasiones, temores y compasiones hasta el extremo de la propia muerte. Traspasar los límites humanos, violar los límites del Até [ruina, insensatez, fatalidad], y llevar al extravío de la subjetividad.
Detrás del brillo de la imagen atrayente de Antígona, está el extravío y el horror frente a lo real. El principio básico de la ética psicoanálitica: no ceder frente al deseo, es presentado justamente a partir de la lectura de una figura femenina y de su acto en particular. Antígona acompaña a Edipo-padre, en el exilio, es su lazarillo, cuida de él y cuida del lugar del padre compartiendo su destino. La imposición de Creonte de no dar sepultura a Polinices, hermano de Antígona, despierta en ella el deber de su deseo, "ser fiel a su ley", a su Un-dividualismo, contrario al decreto de la autoridad establecida y lo sepulta. Antígona por consiguiente es condenada a muerte, a ser sepultada en vida. Finalmente estando ya en la bóveda familiar se suicida, el acto por excelencia, ingresando así al mundo de los muertos. Con esta seguidilla de dos actos, la sepultura de su hermano y el suicidio, Antígona no solo va más allá de la tradición y de las reglas establecidas, sino que apunta a lo real de la muerte, a un saberse desperdicio. Ella clama "respetar la piedad" al exigir la sepultura. Este llamado a la piedad cuestiona el lugar de la misma, se trata de la piedad por amor al padre, de un límite simbólico o paradójicamente de lo contrario, de un ir más allá del padre, de un ir hacia lo real del cuerpo, franqueando los límites impuestos por lo simbólico, es decir respetar la a-piedad. El cuerpo de Polinices que cae como desecho encuentra en el suicidio de Antígona la iteración del Uno, una insistencia de lo real, del puro deseo de muerte en tanto nombre de la nada, del vacío, que pone precisamente en relieve "lo que [en el análisis] resulta de nuestra experiencia del saber", según la formulación de Lacan en la Nota Italiana. Recordemos, en relación a este vacío, que en "Edipo en Colona", Edipo no acepta retornar a Tebas y a ser sepultado, despues de su muerte, en los límites de la ciudad como lo exigen las autoridades, sino que decide morir solo, solo en su acto, quedando además el lugar de su tumba como incógnita, como un vacío. Esto con "Edipona". Volviendo a las implicaciones de la tragedia en la ética analítica, en su acción, Lacan plantea en esa época de su enseñanza que "lo que el analista tiene para dar no es más que su deseo [...] al igual que el analizado, haciendo la salvedad de que es un deseo advertido"1. Un deseo advertido es un deseo que si bien no cede conoce sus límites, los límites que impone el objeto que lo causa en tanto sujeto, los límites que ciernen el hueso de su síntoma o en otros términos la diferencia absoluta. "Después de Edipo" nos conduce a un deseo que va más allá de la significación articulada al deseo del Otro, es decir un deseo sin Otro.
Esta diferencia absoluta marca el borde, el litoral entre el semblante discursivo y lo real singular. Los actos de Antígona impulsados por su deseo puro pueden ser leídos como una ruptura del semblante, como una ruptura del discurso establecido que "se presenta en lo real como erosión del significado".2 El aluvión del lenguaje efectúa un trabajo de erosión sobre el organismo dejando marcas indelebles que configuran al cuerpo en lo real. La "erosión del significado" que produce un vacío, un punto fuera de la cadena inconsciente, es el sentido que permite el surgimiento de la diferencia absoluta y en consequencia la emergencia del deseo del analista o sea el viraje en la transferencia que sostiene el pasaje dellugar de erastes al de ofrecerse como eromenos en los análisis a conducir. Ocupar ese lugar fuera de la cadena del inconsciente, o del deseo del Otro, es ofrecerse como lugar vacío, necesario por cierto, para aquel que decida embarcarse en la experiencia analítica y desplegar la "varité" de su deseo para llegar al hueso de su síntoma.
Con Lacan, las mujeres y el tiempo
Lacan plantea que las mujeres están más a gusto en relación al inconsciente3 y pienso que esa relación al inconsciente se especifica por la posición que Lacan otorga a las mujeres en relación al goce. "La mujer es un jouis-centre[goce-centro] conjugado a lo que no llamaría una ausencia [absence] pero si una de-sencia [de-sence]"4. Un goce entonces, que si bien tiene su centro en la significación fálica, se conjuga también por la vía de ausentarse de la misma sin dejar por eso de ser un goce. Lacan sustituye el prefijo "ab" del término ab-sence que implica separación o evitación por el prefijo "de", de-sence, que marca una negación, diría que marca entonces lo imposible de pensar del inconsciente, y no una pérdida, solo un punto fuera del sentido. Ese ausentarse de la significación es el que se conjuga, retomando el título del congreso, en futuro. El tiempo futuro- como Lacan lo señala- utiliza el proceso del deber o haber5 en la declinación de un verbo por medio de los sufijos introducidos en cada variante. Es decir que el tiempo futuro acentúa o impulsa como tal el vector del deber o haber implicado en la línea de la acción, del acto, en otras palabras impulsa el vector del deseo como deber, exigencia.
El tiempo, por otra parte, se mide a través del espacio- J.A.Miller lo ha puesto de manifiesto en "La erótica del tiempo"- es decir en la ubicación de los distintos lugares en un discurso yen los desplazamientos de uno al otro. En presencia de los desplazamientos que se desarrollan en las tragedias anteriormente mencionadas podemos en efecto considerar que el lugar de Edipo transformado en lugar vacío con su muerte impulsa como vector el acontecimiento Antígona. Habiendo sido la sombra de su padre se separa de ese lugar con el acto de la sepultura de su hermano. Podemos hablar de un acontecimiento ya que su actosolo se inscribe sobre el fondo de lo imposible: "pero no es posible!, esta loca! dirá su entorno. Plantear que las mujeres se conjugan en futuro, implica que se conjugan en una espera que hace presente precisamente ese futuro antes que este sea registrado como pasado, es decir antes que se produzca el entrecruzamiento entre el tiempo progresivo del deseo y el tiempo que retroactúa cerrando un significado. El futuro indica la orientación de la ética analítica, orientación hacia lo femenino del parlêtre, abierta al acontecimiento más allá del sujeto supuesto saber, a lo inédito. Freud señala claramente la existencia de una repulsa de la feminidad- Ablehnung der Weiblichkeit-6 rechazo común a los dos sexos, es decir un rechazo a lo real de la sexualidad. Un real que insiste, que itera sin ley alguna ligado al reino de la Triebanspruch7, de la exigencia pulsional.
Para finalizar propongo un pequeño cambio del título, "Después del Edipo, la Feminidad se conjuga en futuro", se conjuga en un conjunto abierto de versiones inéditas, infinitas.
1 Lacan, J.: "El Seminario. Libro 7, La Etica del Psicoanálisis ", pag. 358, Buenos Aires, Paidós, 1988.
2 Lacan, J.: "El Seminario. Libro 18, De un discurso que no fuera semblante, pag. 114, Buenos Aires, Paidos, 2009.
3 Lacan, J. El Seminario, Libro 24, RSI, clase del 11-2-75.
4 Lacan, J.: "El Seminario. Libro 19, ...Ou pire, Paris, Seuil, p. 206
5 Lacan, J.: "El Seminario. Libro 8, La transferencia, Buenos Aires, Paidos, pag. 273
6 Freud, S. Obras completas, Analisis terminable e interminable, traduccion Lopez Ballesteros, Espana, Biblioteca Nueva, p. 3363
7 Freud, S. Obras completas, Inhibicion, Sintoma y Angustia , pag. 2880
FLASH 02
F L A S H 2
Three guests at the plenary sessions of PIPOL 6
Isabelle Durant, Vice-President of the European Parliament, will open the plenary sessions with her point of view concerning women and femininity today.
Mitra Kadivar, our colleague, member of the School of the Freudian Cause (ECF), founder and president of the Freudian Association (NGO) in Iran, will present and discuss her reading of the general title of the Congress, "After Oedipus, Women Are Conjugated IN THE FUTURE."
Jeannette Bougrab, a French politician, lawyer, former Secretary for Youth and Community Life, and author of the book, Ma République se meurt (My Republic Is Dying), will present a point of view and discuss the theme of "Women and Secularism."
Pipol News 44 - 14/04/2013
PIPOL NEWS 44
El cuantificador no-todo
Anna Castell, ELP, Barcelona
Desde Freud hasta Lacan, en los hitos del camino que el psicoanálisis articula en su pregunta por la feminidad, se destaca en especial un mito que une el goce y las mujeres. Lacan lo presenta en un párrafo de su texto L’Étourdit, donde aísla una formulación de la posición femenina a partir de un nuevo cuantificador, con la introducción del no-toda. Dice, así:
Pero cuando el no-toda llega a decir que no se reconoce en ellas (mujeres), qué otra cosa dice si no lo que encuentra en lo que aporté, esto es: el cuadrípodo de la verdad y del semblante, del gozar y de aquello que por un plus de -, se escabulle aldesdecirse que se defiende de él, y el bípodo cuya intervalo muestra el ausentido de la relación, luego el trípode que se restituye con la entrada del falo sublime que guía al hombre hacia su verdadero lecho, por haber perdido su rumbo.
“Me has satisfecho thombrecito. Te diste cuenta, era lo que hacía falta. Anda, atolondradichos no sobran, para que te vuelva uno después del mediodicho. Gracias a la mano que te responderá con que Antígona la llames, la misma que puede desgarrarte porque esfinjo mi no-toda, sabrás incluso, alrededor del atardecer, equipararte a Tiresias y como él, por haber hecho de Otro, adivinar lo que te dije.”
Esta prosopopeya de Lacan comienza con la enunciación: “Me has satisfecho thombrecito”. Es una voz. Habla la Esfinge griega, representada con atributos femeninos, que empieza declamando su goce: “Me has satisfecho thombrecito”. Y añade: “Te diste cuenta, era lo que hacía falta”. Resulta curioso que una Esfinge comience así, placidamente, tranquilizando al que la escucha, y tanto más cuando acaba de evocar el enigma planteado a Edipo; cuyo nombre no es pronunciado, y no por casualidad. El nombre que se menciona es de mujer, Antígona. Esta situación se juega entre la Esfinge griega y Antígona. Son voces de mujeres. Y también hay otro nombre, el de Tiresias, que no está ahí convocado como hombre sino, como dice la Esfinge, “por haber hecho de Otro”. El adivino Tiresias hizo de Otro porque, según reza la leyenda, fue transformado en mujer durante siete años como castigo por separar una pareja de serpientes que copulaban en su camino y, siendo mujer, al pasar otra vez, repitió el gesto y fue transformado de nuevo en hombre. Tiresias conoce por tanto las cuestiones del goce de los dos lados de la barrera sexual, y es convocado aquí en calidad de versado en la materia, porque hizo de Otro. Aparece al final de la prosopopeya en la alusión a la noche, al ocaso: “sabrás incluso, alrededor del atardecer, equipararte a Tiresias y como él, por haber hecho de Otro, adivinar lo que te dije.”
El final es extraño en relación al principio, porque el enigma planteado a Edipo tal como nos es transmitido por el mito -¿Quién tiene cuatro pies de mañana, dos al mediodía y tres a la noche?-, este enigma de cuatro, dos y tres pies se revela como el hombre que camina a cuatro patas de niño, en dos de mayor y con un bastón cuando es anciano. Y los pies, con la referencia a la mañana, al mediodía y a la noche, están presentes en esta figura retórica de Lacan queempieza con una aserción, “me has satisfecho”, y termina por “alrededor del atardecer podrás adivinar lo que te dije”. La Esfinge habla sosegando en un inicio al que le escucha pero, paradójicamente, recalcándole después que en el ocaso de su vida, “alrededor del atardecer”, sabrá qué le ha dicho. Se trata del ocaso de la vida de Edipo.
Esta prosopopeya tiene, pues, la forma de enigma dirigido a Edipo. Hay también referencias a los cuatro pies, a los tres y a los dos, cuando Lacan presenta los pies simbólicos sobre los que camina el sujeto: Primero, está el cuadrípodo de la verdad, del semblante, del gozar y de un plus-de-gozar; esto es, el cuadrípodo del discurso en tanto es tratamiento del goce por lo simbólico, con los lugares fundamentales, verdad, semblante y goce. Seguidamente, está el bípodo: “el bípodo cuyo intervalo muestra el ausentido de la relación”. Aquí, el bípodo son los dos lados de la relación sexual, lado hombre y lado mujer, su distancia, como dos polos. “Luego el trípode que se restituye con la entrada del falo sublime que guía al hombre hacia su verdadero lecho, por haber perdido su rumbo.” Este es el lecho de las relaciones sexuales hacia el cual el hombre es guiado por el falo, el verdadero índice que orienta debidamente su rumbo.
Y he aquí, lo que Lacan trae en los años 70 como punto de partida de la llamada femenina: Los cuatro lugares del discurso, la ausencia de la relación sexual y el falo mediador, el que guía. En ese punto se alza la voz de la Esfinge griega, que parte de su goce, y no de la verdad; habla de la satisfacción y del hombrecito que ha comprendido. ¿Qué ha comprendido?
Y sigue, “anda, atolondradichos no sobran, para que te vuelva uno después del mediodicho”. Es un juego de palabras entre el mediodía de Edipo y el medio-dicho o decir a medias de Lacan: “la verdad sólo puede decirse a medias”. Por tanto, ahí “atolondradichos”, -l’étourdit- alude a la movilización completa de las cadenas del lenguaje, del Otro, de lo dicho: las vueltas de lo dicho. Y harán falta muchas sobre el toro del lenguaje para rodear esa satisfacción que esa voz profiere: “me has satisfecho thombrecito”. Harán falta muchas vueltas de este dicho para que Edipo sepa responder, más allá del símbolo fálico, a la exigencia de este goce.
Así que, vueltas de lo dicho, no hay de más. “Para que te vuelva”, sigue diciendo, para que “te vuelva” algo del goce, el de él, puesto que ahí no se sabe qué le toca a él. Ella está satisfecha, pero del lado de él todo lo que hay es que ha comprendido. Con lo cual, tal vez le gustaría tener su parte en el festín y, así, que le vuelva también aquello que precisamente ha comprendido.
“Gracias a la mano que te responderá con que Antígona la llames, la misma que puede desgarrarte porque esfinjo mi no-toda”. Figura extraña también, referir que la mano de Antígona, la de esa mujer que ese thombrecito llama, la mano que lo sostiene, también lo puede quebrar; y “porque “esfinjo”, -el verbo esfinjir no existe, pero evoca con ese Esfinjo, fingir-. Podríamos decir, “finjo eso”, enmascaro, con la máscara de la Esfinge, el cuantificador del no-toda.
Dicho de otro modo, el enigma que le ha correspondido enfrentar a Edipo es: ¿hay un goce más allá del Edipo, más allá del valor fálico?, ya que la Esfinge femenina le pide al que pasa que se identifique a un hombre, al falo, antes de que pueda quebrarlo. Pero después, con esa figura extraña de la mano de Antígona, que puede ser también sorprendentemente la de la Esfinge griega, se transforma la pareja Edipo-Esfinge en Edipo-Antígona; después de todo, el goce de Antígona es una pregunta al final de la obra, como lo es el de la Esfinge al principio. Ella es el resto de la operación. Encarna, como la Esfinge, la pregunta por el goce femenino. Lacan lo expresa en esta frase: “...sabrás incluso, alrededor del atardecer, equipararte a Tiresias y como él, por haber hecho de Otro, adivinar lo que te dije.”
En realidad, la mano femenina que lo ayuda, también lo puede quebrar, es también la que puede transformarlo en Tiresias –castrarlo-. Así es como esta mano puede igualarlo, permitirle saber hacerse el igual a Tiresias, haber hecho de Otro, y así adivinar qué se le ha dicho. ¿Qué se le ha dicho? Pues, que la voz del superyó femenino, los dichos que la representan se originan en su propio goce, en su Otro goce que le pertenece.
En efecto, Lacan hace de este goce una exigencia superyoica, un mandato que enuncia una orden de goce: “Goza” (Jouis); frente al cual sólo se puede responder “oigo” (j‘ouis). Por eso, la voz que enuncia “me has satisfecho” puede llamarse superyo, aunque parezca inofensiva. Se trata del superyo femenino, que apela a igualarse a este goce no simbolizado, no tan fácil deenfrentar. Es, en palabras de Lacan, -“una surmoitié que no se surmoite tan fácilmente como la conciencia universal”- (juego de palabras con surmoi, superyo, y entre surmonter, superar y moite, húmedo/da o avoir les mains moites, tener las manos húmedas). Por eso la voz enuncia o bien redúcete al padre muerto, hazte tomar la mano por Antígona, o bien a convertirse en el amante castrado Tiresias.
Y Lacan no invita especialmente al thombrecito a que ceda a esta voz, sino que invita a que los dichos del superyo femenino sean “refutados, inconsistidos, indemostrados, indecididos”. Inconsistirse, indemostrarse e indecidirse es la lista de los tres registros: la inconsistencia, lo indemostrable, lo indecidible, precedidos por “completarse”, que queda un tanto de lado, porque, en efecto estos tres verbos son también formas de la incompletud, a partir de la cual se plantea el problema de lo decidible y los problemas ligados a laconsistencia. Tres maneras de decir S(A/).
El camino frente a la surmoitié por consiguiente es -inconsistir-indemostrar-indecidir- a partir de las vías del decir. No se trata de feminizarse, tampoco, desde luego, de identificarse al falo; se trata de un decir que dice del Otro que no existe. Este es el lugar que Lacan asigna al psicoanalista, al nuevo Edipo:saber responder a este llamada, pudiendo reenviarla a la verdadera lógica de la posición femenina, que es rebatir los semblantes que apuntan a cualquier consistencia del Otro. Una indicación clave para la clínica.
Pipol News 43 - 12/04/2013
PIPOL NEWS 43
Le tact féminin
Patricia Bosquin-Caroz
(Paru dans LQ n°309)
L’inconscient ! Hélène en connaît un fameux bout, analysante longtemps, analyste pendant, toujours et encore. On a été attentif à son témoignage d’A.E. (1), véritable traversée du cauchemar qui accouche du désir de l’analyste. Épuré, nettoyé des idéaux éducatifs, curatifs, dirigistes… le désir de l’analyste est le levier de la cure menée à partir de cette place vide.
Dans son livre, L’inconscient de l’enfant (2), Hélène Bonnaud témoigne à nouveau, non de son expérience d’analysante, mais plutôt de sa pratique d’analyste avec les enfants. Jacques-Alain Miller, à la dernière Journée de l’Institut de l’Enfant, en mars dernier, avançait que la psychanalyse avec les enfants n’existe pas, entendez en tant que spécialisation. Il faisait valoir la formule « s’analyser avec un psychanalyste » qu’on soit enfant, adolescent ou adulte. C’est de cette expérience qu’Hélène rend compte dans son livre, à savoir, comment les enfants s’analysent avec elle.
On la suit alors dans ces multiples rencontres avec des enfants, des parents - surtout des mères -, au sein de son institution, un CMPP (3). Hélène ne fait pas la différence entre son cabinet et l’institution, puisque c’est le discours de l’analyste et son éthique qu’elle importe en ce lieu. Récits de cas, considération sur la cure et usage des concepts analytiques s’entrecroisent. C’est ainsi qu’Hélène se fait passeur d’une expérience au plus près du réel du cas. C’est avec des mots simples que l’auteure, instruite des concepts freudiens et lacaniens, s’adresse au lecteur. Hélène fait passer au public l’épure du cas singulier sans céder sur la rigueur de sa formation analytique.
Elle nous livre, ainsi, quelques-unes de ses perles cliniques ou des indications précieuses sur le maniement de l’inconscient avec un enfant.
La lalangue
Les dessins des enfants ! Que faire des dessins des enfants ? Comment les interpréter ? Ces questions apparemment anodines sontsouvent présentes lorsque nous travaillons en cartels ou en séminaires sur la pratique analytique avec de jeunes enfants. Car l’enfant se sert du trait, du jeu et de sa lalangue comme autant de façon de s’articuler à l’Autre. Dans son livre, Hélène répond à cette préoccupation clinique de façon lumineuse. Elle part du prérequis que l’inconscient c’est l’achoppement, la bévue, la rature. « Je le dis mal », entend-on parfois, nous dit-elle. « Mais ce qui se dit mal, c’est ce qu’il fallait dire… Au regard de l’inconscient, il n’y a pas mille façons de dire. C’est plutôt ce qui rate, achoppe, fout le camp. C’est ce qui dérange qui se manifeste au lieu de l’inconscient. » Et de poursuivre : « Les enfants disent la même chose lorsqu’ils font un dessin : “Je l’ai raté, il n’est pas beau, j’ai mal fait“. Elle précise que l’analyste ne répond pas : “Ce n’est pas grave, tu n’as qu’à le refaire”». Et avec un tact bien à elle, Hélène nous donne une petite leçon clinique dont on peut franchement tirer enseignement. J’ai adoré ce passage : « L’analyste prend le dessin et demande : Qu’est-ce qui ne te plaît pas ? Il s’intéresse au raté. Il prend le dessin et explique à l’enfant qu’un beau dessin n’est pas ce qu’il préfère, qu’il aime bien aussi quand il y a des erreurs, ou des défauts. Il explique qu’il y a des choses qu’on ne sait pas bien dire avec des mots, alors on les dit avec des dessins. Et il commente le dessin avec l’enfant, en cherchant à causer le désir qui s’y inscrit. » Il y a bien des années le CEREDA (4) avait fait sien une phrase célèbre de Colette, « Comment l’esprit vient aux femmes ? », en intitulant une de ses Journées : « Comment le sexe vient aux enfants ? ». Avec ce livre nous aurions une façon de répondre à la question : « Comment l’inconscient vient à l’enfant ? »
Lire un symptôme
Je soulignerais encore un autre aspect particulier de cette pratique avec les enfants, qui souvent fait l’objet d’un embarras pour le clinicien et qui pourtant ne devrait pas faire obstacle aux principes analytiques. L’enfant, la plupart du temps, est adressé au praticien parce que ses conduites posent problème à l’entourage familial ou scolaire. Toutefois, ce qui gêne les parents ou l’école ne recouvre pas forcément ce qui dérange l’enfant. C’est alors que le « savoir lire un symptôme » (5) de l’analyste est requis. Prenons le cas exemplaire deLéa. La chute des résultats scolaires et « le trouble de l’attention » ne sont en rien le symptôme dont souffre l’enfant. Alors que la situation familiale se stabilise et que la dépression de la mère s’apaise, on assiste chez Léa à une dégringolade des résultats scolaires. Léa ne s’intéresse pas au savoir scolaire et ne s’en préoccupe pas. Hélène s’interroge : d’où vient cette inhibition quant au savoir scolaire et plus particulièrement cette difficulté à lire l’écrit, à le comprendre ? L’analyste fait rapidement l’hypothèse que Léa est accaparée par quelque chose de plus obscur en rapport avec la féminité et le lien amoureux. Léa ne peut lire ce qui s’écrirait du rapport entre un homme et une femme. Faute de lire, elle épie, guette. Elle a le couple à l’œil. Elle se donne aussi à voir, déjà très sexy pour son âge. La pulsion scopique est convoquée mais tourne court. Elle ne peut s’articuler au savoir et c’est le corps de l’enfant fétichisé qui vient boucher l’écart entre d’une part le savoir scolaire désarticulé de l’intérêt de l’enfant et sa question plus intime. L’enfant se fait alors réponse du réel et propose son corps en guise de réponse à sa question portant sur le sexuel.
L’analyste repère cette position de l’enfant et l’interprète à l’occasion d’un rêve. Néanmoins Hélène souligne aussi que sa visée n’est pas de rééduquer l’enfant mais d’accueillir le savoir de celui-ci. Léa a un savoir comment faire avec un homme, un savoir sur ce que c’est que d’être une femme et qu’elle veut proposer ou donner à voir à sa mère. Ce cas illustre fort bien ce que J.-A. Miller avançait dans l’argument de la 2e Journée de l’Institut de l’Enfant, concernant le savoir-jouissance (6). Léa a un savoir qui s’est déclenché via un événement de corps. Les larmes de la mère ont percuté le corps de l’enfant et provoqué un circuit de répétitions, un cycle savoir-jouissance qui risquerait de prendre la forme d’un cycle définitivement stabilisé si l’analyste ne se faisait pas point d’adresse du symptôme. Ce qui donne une chance, comme le souligne J.-A. Miller, d’intervenir avant que les effets d’après-coup de cette percussion n’aient pris la forme d’un cycle définitivement stabilisé. Dans ce cas, le transfert est le lieu de la mise en acte de ce savoir insu sur la féminité et le seul levierpermettant un desserrage de cette identification précoce à la petite femme qui manque à l’Autre. L’analyste, formée par sa propre expérience de l’analyse, en sait évidemment quelque chose de ces cycles savoir-jouissance, de cette répétition infernale qui grâce à l’acte de l’analyste a une chance de se déjouer.
On pourrait enfiler les perles. Je ne le ferai pas et laisserai au lecteur le plaisir de lire ce livre très enseignant sur la façon dont les enfants pratiquent la psychanalyse avec un analyste. À cet égard, Hélène démontre que la formation de l’analyste en passe d’abord par sa propre expérience de l’analyse et par le contrôle de celles qu’il dirige. Sans ces deux piliers (le troisième étant la formation clinique), analyse personnelle et contrôle, comment pourrions-nous avoir l’appréhension de l’inconscient comme bévue et celle du symptôme comme ce qui est à lire ?
Notes
1 Analystes de l’École : psychanalystes qui, au terme de la procédure dite de la « passe », sont jugés susceptibles par la commission responsable dans chaque École de l’AMP, de témoigner des problèmes cruciaux de la psychanalyse.
2 Bonnaud H., L’inconscient de l’enfant - Du symptôme au désir de savoir, Navarin & Le Champ freudien, 2013, disponible sur ecf-echoppe.com.
3 Centre Médico Psycho Pédagogique.
4 Centre d’Étude et de Recherche sur l’Enfant dans le Discours Analytique.
5 C’est J.-A. Miller qui a proposé cette formule, cf. Mental n° 28.
6 J.-A. Miller, « L’enfant et le savoir », Peurs d’enfants, col. Petite Girafe, Navarin éditeur, Paris, 2011, p. 19.
Pipol News 42 - 10/04/2013
PIPOL NEWS 42
A woman is authorised by herself
Miquel Bassols, ELP, Barcelona
Within the classical Oedipal framework it is always possible to say:“I am a man” or “I am a woman”. The symbolic structure of the Oedipus complex is the realm of sexed identifications, sustained precisely in the Oedipal framework that defines them for each one. But there is a small problem: following this path one may come to know what man is, but not what woman is. This was the problem for Freud, who left the question surrounded by the obscurity of his famous “dark continent”. Lacan took the question seriously by articulating his well-known aphorism: “The woman does not exist”. After Oedipus —the Oedipus that Freud thought women never completely emerged from- there is no signifier of The woman that would allow for a clear and definite identification.
After Oedipus, it will always be a little precarious to say “I am awoman”, or even “I have been a woman”. There will always be someone ready to doubt it, to ask for irrefutable proofs or to demand an effort, yet anothereffort, to become a woman.
And even less can it be said: “I was a woman”, in who knows what Other world, in what Other life. After Oedipus, it is even less true that God made them man and woman in the name of a natural law. And even less so with regard to The woman.
If “women are conjugated in the future”, then in any case I would only be allowed to says: “I will be a woman” – it is a decision, a decided desire of being, a desire that is sustained and satisfied only in a reaching for, in a constant becoming that never ends, promised, like desire itself, to its infinitude. Actually, this is the real problem of all affirmation of identity, whether ontological, professional or national. An affirmation of identity is always a project rather than a conclusive assertion. Or I would also be allowed to say: “I will have been a woman…”, conjugated in the future perfect. And the conditions immediately follow: precisely, “…if I have acted in conformity with this decided desire”.
Which verifies a golden rule for the Lacanian psychoanalyst: a woman is only authorised by herself, by her desire, in order to become one. This means, in the first instance, that she is not authorised by her mother. This is not always the case for a man.
It is from here that Lacan conjugates the well-known aphorism, “the analyst is only authorised by himself”, with this other one: “the sexuated being is only authorised by himself… and by some others”1.
If a woman is only authorised by herself in order to be one, if she only authorises herself in that Other that she actually is for herself, then each subject, man or woman, is at the end of the day deeply divided over this condition of femininity, that of being precisely Other for herself.
That is also why I have always liked the way in which the Freudian expression “Die Ablehnung der Weiblichkeit”, to designate the rock of castration at the limit of Freudian analysis, terminable and interminable, has been translated into Spanish in the Amorrortu edition. “Repudiation [Disauthorization] of femininity” was the expression found by the translator.
And indeed, only after Oedipus is a woman authorised by herself, conjugating herself in the future of a decided desire.
Translated by Florencia Fernandez Coria Shanahan and Roger Litten
[1] In his Seminar of April 5th 1974, “Les-non-dupes-errent” (unpublished).
FLASH 01
F L A S H 1
Your questions on the simultaneous sessions
As the deadline for the proposition of papers for the simultaneous clinical sessions of PIPOL 6 under the title "The Case, the Institution and My Experience of Psychoanalysis" approaches, we receive this question: "The mode of intervention you propose intrigues me. You're asking us to demonstrate what our own analysis has taught us and how it allowed us to address a case. What difference do you make between this exercise and the extraction of knowledge using the counter-transference?
Our answer: The counter-transference, as we learned to make use of it in our youth, consisted in considering that what the analyst feels is an indication with regard to the case. "When I receive this person, my affect become sad. It's that he's passing his depression on to me via the mysterious projective identification." We don't agree with this sort of practice that makes the practitioner's fantasmatic emotions a therapeutic tool.
A softer version version would consist in making the effort to discriminate between what belongs to the "patient" and what belongs to the practitionerwithin the framework of the transferential event. In truth, this procedure is not foreign to us. Knowing how to make this sort of distinction using one's own analysis is part of what is required of a Lacanian. It's a prerequisite.
But in both cases, it's about the idea that, correctly formed, the analyst can become a sort of Tabula rasa, stripped of any personal touch. We don't believe this. The "cleansing" of the fantasmatic framework that causes the clinician to loose the way, reducing the case to only what can be seen from the clinician's point of view , is only part of what is learned in analysis. It's knowledge by the negative: none of that in my clinic. But if the fantasm can't be the clinician's compass, a glimps at his/her sinthome can most certainly give an indication of what is being played out in the transferential encounter. We propose replacing the fantasm as compass by the sinthome as compass. The question is what is the sinthomatic part that the practitioner puts to use in supporting this or that clinical case. Armed with his/her "resistant's" symptom, a clinician will uphold the singularity of the subject in the face of pressure to submit to the universal. Cured of the tendency to make one's self the object of the Other, the clinician will be able to correctly occupy a position of "semblant of the object" there where the subject requires it. The sensitive relationship to the feminine not-all gleaned in personal analysis will allow the clinician to read thejouissance in the subject's inconsistency, without finding any "manipulative"malice in it. The reduction of the practitioner's sinthome to a body phenomenon hollows out a place for the uninterpretable…In this way, the multi-faceted, sinthomatic, practitioner will have a different cord to play on for each case.
Our research for this work is supported by Jacques-Alain Miller's closing remarks pronounced at the 2009 ECF Study Days ("The Paris Event"). He said that extracting knowledge from one's own analysis is a practice that goes back to Freud. One need only to consult The Interpretation of Dreams to be convinced of this. Certainly, this kind of exercise must be executed in suitable conditions. At PIPOL 6 we will provide these conditions.
Gil Caroz
8/04/2013
Pipol News 41 - 08/04/2013
PIPOL NEWS 41
After Oedipus women are conjugated in the FUTURE
Second Commentary On the Title
Philippe Hellebois, ECF, Mons
It is not in vain that a woman, who remained
forever faithful to me, thinks that I also, am one.
Letter from Jacques Lacan to Janine Loo,
October 11th 1976i
This very beautiful title, proposed by Jacques-Alain Miller for the PIPOL 6 Congress, demonstrates just how much evidence and mystery meet to cause quandary once one speaks of women - Darkcontinent, friends of the real, outside law, etc. what is not said? One defames them, Lacan once noted. And now? They will speak only to the future! How can it be; does the Oedipal unconscious not prefer the future perfect, I will have been the most beautiful...? And after Oedipus, what becomes of men? Thus woman would be the future of man, who while awaiting understanding, worry...
I would propose not to take Virgil as a guide, but a woman, Emma Bovary whom Jacques-Alain Miller evokes often in his course One-alone, specifically when he addressed the theme about which our titleii turns. Emma Bovary, one of the greatest literary heroines of hysteria prior to psychoanalysis, has all she needs for this. In the form of Bovarysm, she iseven the eponym of its fundamental phenomena, the impossibility of the feminine sex to find its place in a man’s world organized by the father. Flaubert demonstrates that she is everywhere and nowhere at once, in other words, never where she seems to be – she always dreams of elsewhere. Be it at her fat farmer father’s house, at the convent where she was taught, in her marriage to Charles Bovary – impotence personified, the man to dissuade any from becoming doctors! – or still yet in her maternity, Emma doesn’t feel well anywhere. If she takes lovers to exist in spite of it all, she is nonetheless unfulfilled, since she expects love, and what she finds, are clearly, little weekend pleasure seekers. If there happen to be great moments, whether in a hansom or elsewhere, they are above all for the reader. It all finishes, terribly of course, in arsenic with Emma becoming forever (so long as there remain readers) the victim of Oedipus and secondary to men who cynically have the beautiful role.
Thus Emma was daughter to her father, husband to her husband, mother to her daughter, but nothing as a woman, seeing as woman means something else. In Oedipus, there are no women, except as excluded, only mothers and daughters giving the illusion of the existence of woman. If woman somewhere is, she can only be found elsewhere, in another system, a Beyond Oedipus – a system so otherly that it is no longer one, and where women can only refer to their singularity, existing one by one. It is a new world that only conjugates in the future since one must merit it; it does not appear until after one has traversed, verily exhausted the former. It is a sort of Promised Land, where one arrives haggard and harassed after a long journey, as did the New World emigrants who discovered California laughing beneath the sun. And what of those born outside or without Oedipus, considered for so long the unfortunate, the psychotics? It’s the same, woman will be for tomorrow once I am the wife of God, in the wait it is but a wish How beautiful it would be...!
Women can reassure themselves, they will not see the future without us. They will encounter men, but different from how they were. They will no longer count themselves as fathers or sons, referring themselves to a family order, but one by one. Thus they shall be men without Man, son as well and sometimes father, but above all something else.
What? That they are also already, without knowing it, individuals inhabited by an enigmatic, lawless jouissance. This is the appanage of no one; women simply have the advantage, nonetheless considerable, of being closer by birth. Is it a privilege of the body? Freud thought so. What of Lacan? The answer at Brussels!
i Loo, J. avec deux lettres de Jacques Lacan, Entrelacs, Mon ami le séducteur, Les petits dépressifs, Paris, Epel, 2002.
ii Miller, J.-A., « L’Un tout seul », Séances des 9 février et 2 mars 2011. Inédit.
Pipol News 40 - 07/04/2013
PIPOL NEWS 40
Violaine Clément, NLS, Fribourg, Suisse
Soirée préparatoire à PIPOL 6, Nice
François Bony, ACF ECA- Estérel Côte d’Azur, ECF, Nice
La femme qui dit vise
Violaine Clément, NLS, Fribourg, Suisse
Le titre de cet ouvrage, Belle et bête fait penser à un film de Walt Disney, et pourrait être donc un conte moderne s’il ne m’avait pas rappelé un genre littéraire fort ancien, que j’affectionnais particulièrement grâce à la culture de mon enseignant de l’époque, et surtout, faut-il le préciser, grâce à son charme extrêmement latin.
J’ai donc recherché dans quel genre antique on pouvait classer cet opuscule, et me suis d’abord tournée vers les épigrammes, celles de Juvénal ou de Martial, enfin chez Catulle, qui les précédait tous deux. Je retrouvai dans mon livre ces quelques vers du carmen 108 :
Si, Comini, populi arbitrio tua cana senectus spurcata impuris moribus intereat,non equidem dubito quin primum inimica bonorum lingua exsecta avido sit data vulturio,effossos oculos voret atro gutture corvus, intestina canes, cetera membra lupi.
L’introduction de mon maître italien, Paolo Fedeli, rattache ce type de poème aux arai, poèmes de malédictions déjà connus chez les poètes alexandrins les plus raffinés. On trouve chez ces auteurs, dont les textes ont traversé les siècles, recopiés par des moines sur lesquels l’effet a dû être étonnant, des horreurs qui toujours ont à voir avec le corps et le dégoût qu’il suscite lorsqu’il est pris en morceaux, qu’il émet des odeurs ou des humeurs nauséabondes, ou enfin qu’il est simplement victime de l’outrage des ans. Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit, tu étais moche. (p.7)
Alors, pourquoi une telle détestation envers cet ouvrage qui s’inscrit finalement dans une longue tradition littéraire ? Est-ce seulement parce que c’est une femme qui écrit des cochonneries ? Non, non non, et non… écrit une autre femme, écrivain elle aussi, Christine Angot. Ce n’est pas de la littérature… Peut-être bien ! Une femme nous offre là un récit dans lequel elle a mis du sien. Elle a payé d’un morceau de chair, cette oreille bouffée, la fin de son amour. Cet amour qui n’est pour elle qu’un masque socialement acceptable que j’avais trouvé pour racheter mes pulsions dégoûtantes (p. 111) Ce qui est finalement nouveau, et insupportable à beaucoup d’entre nous, n’est-ce pas qu’on lise, sous la plume d’une femme, sa jouissance à se faire dévorer, mais pas par n’importe quel cochon… Non, non et non ! Par le Roi des cochons !
En lisant Belle et bête, j’entends ma petite-fille de trois ans réclamer en boucle Les trois petits cochons, dont Youtube nous offre une merveille (pour autant qu’on l’écoute en anglais, pour la prosodie). Elle attend avec une délicieuse horreur le moment où elle (les trois petits cochons, c’est elle) risquera d’être enfin dévorée par le loup. Si vous regardez la vidéo (de préférence en anglais), vous verrez au mur, dans la maison du troisième cochon, des tableaux représentant Father, et Mother, lui en chaîne de saucisses, elle en truie allaitant une marmaille de pourceaux ! L’étymologie du mot satire n’est-elle pas la saucisse, la farce ? C’est donc bien à une farce que nous sommes conviés.
Marcela Iacub nous donne à entendre, au-delà de ses trois rêves de charcutière, un rêve bien plus ancien, et plus profondément enfoui en elle, d’être avalée par l’amour d’un prince, fût-il déjà roi, déjà marié à une femme puissante, une Reine Mère. Les femmes ignorent(…) à quel point c’est beau d’être une truie (p.56) . Ne répond-elle pas à Lacan qui demandait aux femmes de dire quelque chose de la jouissance féminine ? Pourtant, elle accepte de renoncer (pour pas cher/chair, une oreille), de renoncer à son désir : on la voit donc continuer sa vie de nonne, continuer à écrire sans désirer, car le prix du désir pourrait être la mort. Que c’était plus important d’écrire que de désirer et de mourir, de mourir de mon désir. (p.113) C’est à ce choix que nous devons cette imprécation contre l’homme, cet autre en elle-même, qu’elle refuse de manger, mais qu’elle nous livre ainsi en pâture, dans un sacrifice qui interroge aujourd’hui. Obscène ? Certes, comme ce dit de Coluche, paraphrasant Saint-Paul : Ne faites pas aux truies ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse. Si elle n’est pas chrétienne, en bonne freudienne elle se méfie de ce que l’amour du prochain cache d’horreur et de haine, mais elle n’hésite pas pourtant à se présenter en sainte. Et nous pouvons lire dans ce il est beau d’être une truie quelque chose de semblable au rêve de Schreber : Qu’il serait beau d’être une femme…
Sainte, elle l’est : en sacrifiant ainsi le cochon, mais en s’offrant aussi en sacrifice, comme la truie qu’elle rêve d’être, elle nous permet d’entrevoir ce qui se cache en général derrière les masques, le cochon et la truie. Par son livre, elle veut nous faire partager ce repas eucharistique, et c’est bien pour cela que certains refusent de manger de ce pain-là : ils savent que cette communion pourrait les transformer à leur tour en membres d’une église, voire d’une secte qui rappelle celle du Phénix. Ne pas vouloir regarder par ce trou de serrure-là peut se comprendre. En effet, contrairement au rite de la secte chez Borges, qui permet la transmission de l’espèce, dans ce livre, nous n’aurions jamais de rapport sexuel à proprement parler. Les organes sexuels sont l’oreille et la bouche. Le phallus, c’est la langue.
Mutilée, Marcela Iacub la juriste ne porte pas plainte. On voit quelle confiance a cette fille de juristes dans le droit. Elle sait bien qu’elle ne sera pas entendue (l’oreille dévorée en fait signe), alors elle réinvente par l’écriture une très ancienne mise à mort symbolique, l’imprécation. Lorsque les Grecs utilisaient l’imprécation pour se protéger, ils faisaient exister les dieux, et donc la communauté humaine de ceux qui y croient. À quels dieux croit donc Marcela Iacub ? Au dieu de l’écrit, au dieu des intellectuels, ces déjà-morts ? Il y a pour elle un dieu dans l’écrit, qui l’empêche de se tuer, et qui lui permet de mettre à mort l’autre. Je suis hantée par l’idée que si je n’écris pas ou plus, un monde ou tout au moins le mien disparaîtra. (p.56)
Un compagnon d'Ulysse transformé en pourceau...
Soirée préparatoire à PIPOL 6, Nice
François Bony, ACF ECA- Estérel Côte d’Azur, ECF, Nice
Une cinquantaine de personnes étaient présentes jeudi 28 mars à la salle du Forum pour assister à la soirée préparatoire à PIPOL 6 « Après l’Œdipe les femmes se conjuguent au futur».
Une courte introduction de François Bony portait sur la modification du titre du congrès et annonçait ses différentes séquences pour inviter au voyage à Bruxelles.
Chantal Bonneau a décliné la question de la féminité dans l’histoire de la psychanalyse, puis l’a illustrée par un cas de la clinique contemporaine : un sujet aux prises avec les coordonnées de son être féminin trouve à obturer, par la fonction d’usage des progrès de la science, sa question féminine en la recouvrant par sa détermination à avoir un enfant et s’inscrit ainsi en tant que mère dans le lien social.
Philippe de Georges, à partir de deux textes « l’interprétation à l’envers »1 de J-A Miller et l’une de ses propres interventions en 1997 « Le déclin du père et après », nous a conduits au fait que la clinique contemporaine était de plus en plus une clinique de la séparation et du partenaire symptôme. Il a mis l’accent sur le dérangement de la défense dans « la psychanalyse d’outre-père » dans la perspective d’isoler l’évidence de l’opacité du traumatisme ‒soit ce S1 séparé du S2 que l’on retrouve dans le discours de l’analyste à la place de la production et qui vient rendre compte du rapport du sujet à la jouissance (la sienne et celle de l’Autre).
Gilbert Jannot nous a ensuite parlé du réel sans loi en tant qu’il est voilé par les possibilités de jouissance de l’objet qu’offre le discours capitaliste. Il a montré comment le symbolique était de plus en plus inadapté à faire une place à l’évènement imprévu. Puis, à partir d’un cas développé par Dominique Miller2 dans Mental 27/28, il a indiqué l’orientation nouvelle à donner à la pratique. En effet l’intervention de l’analyste par son « Je respire » qui répond au « vous soufflez » vient signaler le réel de ce sujet à savoir une angoisse fondamentale de mort.
Enfin, Franck Rollier nous a parlé de la praxis au CPCT. En déployant un cas de sa pratique où il s’agissait de séparer le sujet d’un point de jouissance qui consistait à « gérer » son frère cadet. Il a démontré en quoi cette praxis répondait à deux des trois axes développé par J-A Miller dans la conduite de la cure dans son texte « Petite introduction à l’au-delà de l’Œdipe »3 soit : « …tenir écarté le Sujet supposé savoir des semblants du père » et « …détacher les signifiants maîtres, et faire consister le plus-de-jouir, mais au profit du second, non du premier».
La discussion fut riche et animée, les témoignages de satisfaction nombreux.
1. Miller J.-A., L’interprétation à l’envers, La Cause Freudienne n°32, Vous ne dites rien, 1996, p 9-13
2. Miller D., Quand un sujet moderne préfère la finalité à la causalité, Mental n°27/28, p.397-400
3. Miller J.-A., Petite introduction à l’au-delà de l’Œdipe, La Cause Freudienne n°21, Au-delà de l’Œdipe, p.3-5
La femme qui dit vise
Violaine Clément, NLS, Fribourg, Suisse
Soirée préparatoire à PIPOL 6, Nice
François Bony, ACF ECA- Estérel Côte d’Azur, ECF, Nice
La femme qui dit vise
Violaine Clément, NLS, Fribourg, Suisse
Le titre de cet ouvrage, Belle et bête fait penser à un film de Walt Disney, et pourrait être donc un conte moderne s’il ne m’avait pas rappelé un genre littéraire fort ancien, que j’affectionnais particulièrement grâce à la culture de mon enseignant de l’époque, et surtout, faut-il le préciser, grâce à son charme extrêmement latin.
J’ai donc recherché dans quel genre antique on pouvait classer cet opuscule, et me suis d’abord tournée vers les épigrammes, celles de Juvénal ou de Martial, enfin chez Catulle, qui les précédait tous deux. Je retrouvai dans mon livre ces quelques vers du carmen 108 :
Si, Comini, populi arbitrio tua cana senectus spurcata impuris moribus intereat,non equidem dubito quin primum inimica bonorum lingua exsecta avido sit data vulturio,effossos oculos voret atro gutture corvus, intestina canes, cetera membra lupi.
L’introduction de mon maître italien, Paolo Fedeli, rattache ce type de poème aux arai, poèmes de malédictions déjà connus chez les poètes alexandrins les plus raffinés. On trouve chez ces auteurs, dont les textes ont traversé les siècles, recopiés par des moines sur lesquels l’effet a dû être étonnant, des horreurs qui toujours ont à voir avec le corps et le dégoût qu’il suscite lorsqu’il est pris en morceaux, qu’il émet des odeurs ou des humeurs nauséabondes, ou enfin qu’il est simplement victime de l’outrage des ans. Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit, tu étais moche. (p.7)
Alors, pourquoi une telle détestation envers cet ouvrage qui s’inscrit finalement dans une longue tradition littéraire ? Est-ce seulement parce que c’est une femme qui écrit des cochonneries ? Non, non non, et non… écrit une autre femme, écrivain elle aussi, Christine Angot. Ce n’est pas de la littérature… Peut-être bien ! Une femme nous offre là un récit dans lequel elle a mis du sien. Elle a payé d’un morceau de chair, cette oreille bouffée, la fin de son amour. Cet amour qui n’est pour elle qu’un masque socialement acceptable que j’avais trouvé pour racheter mes pulsions dégoûtantes (p. 111) Ce qui est finalement nouveau, et insupportable à beaucoup d’entre nous, n’est-ce pas qu’on lise, sous la plume d’une femme, sa jouissance à se faire dévorer, mais pas par n’importe quel cochon… Non, non et non ! Par le Roi des cochons !
En lisant Belle et bête, j’entends ma petite-fille de trois ans réclamer en boucle Les trois petits cochons, dont Youtube nous offre une merveille (pour autant qu’on l’écoute en anglais, pour la prosodie). Elle attend avec une délicieuse horreur le moment où elle (les trois petits cochons, c’est elle) risquera d’être enfin dévorée par le loup. Si vous regardez la vidéo (de préférence en anglais), vous verrez au mur, dans la maison du troisième cochon, des tableaux représentant Father, et Mother, lui en chaîne de saucisses, elle en truie allaitant une marmaille de pourceaux ! L’étymologie du mot satire n’est-elle pas la saucisse, la farce ? C’est donc bien à une farce que nous sommes conviés.
Marcela Iacub nous donne à entendre, au-delà de ses trois rêves de charcutière, un rêve bien plus ancien, et plus profondément enfoui en elle, d’être avalée par l’amour d’un prince, fût-il déjà roi, déjà marié à une femme puissante, une Reine Mère. Les femmes ignorent(…) à quel point c’est beau d’être une truie (p.56) . Ne répond-elle pas à Lacan qui demandait aux femmes de dire quelque chose de la jouissance féminine ? Pourtant, elle accepte de renoncer (pour pas cher/chair, une oreille), de renoncer à son désir : on la voit donc continuer sa vie de nonne, continuer à écrire sans désirer, car le prix du désir pourrait être la mort. Que c’était plus important d’écrire que de désirer et de mourir, de mourir de mon désir. (p.113)C’est à ce choix que nous devons cette imprécation contre l’homme, cet autre en elle-même, qu’elle refuse de manger, mais qu’elle nous livre ainsi en pâture, dans un sacrifice qui interroge aujourd’hui. Obscène ? Certes, comme ce dit de Coluche, paraphrasant Saint-Paul : Ne faites pas aux truies ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse. Si elle n’est pas chrétienne, en bonne freudienne elle se méfie de ce que l’amour du prochain cache d’horreur et de haine, mais elle n’hésite pas pourtant à se présenter en sainte. Et nous pouvons lire dans ce il est beau d’être une truiequelque chose de semblable au rêve de Schreber : Qu’il serait beau d’être une femme…
Sainte, elle l’est : en sacrifiant ainsi le cochon, mais en s’offrant aussi en sacrifice, comme la truie qu’elle rêve d’être, elle nous permet d’entrevoir ce qui se cache en général derrière les masques, le cochon et la truie. Par son livre, elle veut nous faire partager ce repas eucharistique, et c’est bien pour cela que certains refusent de manger de ce pain-là : ils savent que cette communion pourrait les transformer à leur tour en membres d’une église, voire d’une secte qui rappelle celle du Phénix. Ne pas vouloir regarder par ce trou de serrure-là peut se comprendre. En effet, contrairement au rite de la secte chez Borges, qui permet la transmission de l’espèce, dans ce livre, nous n’aurions jamais de rapport sexuel à proprement parler. Les organes sexuels sont l’oreille et la bouche. Le phallus, c’est la langue.
Mutilée, Marcela Iacub la juriste ne porte pas plainte. On voit quelle confiance a cette fille de juristes dans le droit. Elle sait bien qu’elle ne sera pas entendue (l’oreille dévorée en fait signe), alors elle réinvente par l’écriture une très ancienne mise à mort symbolique, l’imprécation. Lorsque les Grecs utilisaient l’imprécation pour se protéger, ils faisaient exister les dieux, et donc la communauté humaine de ceux qui y croient. À quels dieux croit donc Marcela Iacub ? Au dieu de l’écrit, au dieu des intellectuels, ces déjà-morts ? Il y a pour elle un dieu dans l’écrit, qui l’empêche de se tuer, et qui lui permet de mettre à mort l’autre. Je suis hantée par l’idée que si je n’écris pas ou plus, un monde ou tout au moins le mien disparaîtra. (p.56)
Soirée préparatoire à PIPOL 6, Nice
François Bony, ACF ECA- Estérel Côte d’Azur, ECF, Nice
Une cinquantaine de personnes étaient présentes jeudi 28 mars à la salle du Forum pour assister à la soirée préparatoire à PIPOL 6 « Après l’Œdipe les femmes se conjuguent au futur».
Une courte introduction de François Bony portait sur la modification du titre du congrès et annonçait ses différentes séquences pour inviter au voyage à Bruxelles.
Chantal Bonneau a décliné la question de la féminité dans l’histoire de la psychanalyse, puis l’a illustrée par un cas de la clinique contemporaine : un sujet aux prises avec les coordonnées de son être féminin trouve à obturer, par la fonction d’usage des progrès de la science, sa question féminine en la recouvrant par sa détermination à avoir un enfant et s’inscrit ainsi en tant que mère dans le lien social.
Philippe de Georges, à partir de deux textes « l’interprétation à l’envers »1 de J-A Miller et l’une de ses propres interventions en 1997 « Le déclin du père et après », nous a conduits au fait que la clinique contemporaine était de plus en plus une clinique de la séparation et du partenaire symptôme. Il a mis l’accent sur le dérangement de la défense dans « la psychanalyse d’outre-père » dans la perspective d’isoler l’évidence de l’opacité du traumatisme ‒soit ce S1 séparé du S2 que l’on retrouve dans le discours de l’analyste à la place de la production et qui vient rendre compte du rapport du sujet à la jouissance (la sienne et celle de l’Autre).
Gilbert Jannot nous a ensuite parlé du réel sans loi en tant qu’il est voilé par les possibilités de jouissance de l’objet qu’offre le discours capitaliste. Il a montré comment le symbolique était de plus en plus inadapté à faire une place à l’évènement imprévu. Puis, à partir d’un cas développé par Dominique Miller2 dans Mental 27/28, il a indiqué l’orientation nouvelle à donner à la pratique. En effet l’intervention de l’analyste par son « Je respire » qui répond au « vous soufflez » vient signaler le réel de ce sujet à savoir une angoisse fondamentale de mort.
Enfin, Franck Rollier nous a parlé de la praxis au CPCT. En déployant un cas de sa pratique où il s’agissait de séparer le sujet d’un point de jouissance qui consistait à « gérer » son frère cadet. Il a démontré en quoi cette praxis répondait à deux des trois axes développé par J-A Miller dans la conduite de la cure dans son texte « Petite introduction à l’au-delà de l’Œdipe »3 soit : « …tenir écarté le Sujet supposé savoir des semblants du père » et « …détacher les signifiants maîtres, et faire consister le plus-de-jouir, mais au profit du second, non du premier».
La discussion fut riche et animée, les témoignages de satisfaction nombreux.
1. Miller J.-A., L’interprétation à l’envers, La Cause Freudienne n°32, Vous ne dites rien, 1996, p 9-13
2. Miller D., Quand un sujet moderne préfère la finalité à la causalité, Mental n°27/28, p.397-400
3. Miller J.-A., Petite introduction à l’au-delà de l’Œdipe, La Cause Freudienne n°21, Au-delà de l’Œdipe, p.3-5
La femme qui dit vise
Violaine Clément, NLS, Fribourg, Suisse
Soirée préparatoire à PIPOL 6, Nice
François Bony, ACF ECA- Estérel Côte d’Azur, ECF, Nice
La femme qui dit vise
Violaine Clément, NLS, Fribourg, Suisse
Le titre de cet ouvrage, Belle et bête fait penser à un film de Walt Disney, et pourrait être donc un conte moderne s’il ne m’avait pas rappelé un genre littéraire fort ancien, que j’affectionnais particulièrement grâce à la culture de mon enseignant de l’époque, et surtout, faut-il le préciser, grâce à son charme extrêmement latin.
J’ai donc recherché dans quel genre antique on pouvait classer cet opuscule, et me suis d’abord tournée vers les épigrammes, celles de Juvénal ou de Martial, enfin chez Catulle, qui les précédait tous deux. Je retrouvai dans mon livre ces quelques vers du carmen 108 :
Si, Comini, populi arbitrio tua cana senectus spurcata impuris moribus intereat,non equidem dubito quin primum inimica bonorum lingua exsecta avido sit data vulturio,effossos oculos voret atro gutture corvus, intestina canes, cetera membra lupi.
L’introduction de mon maître italien, Paolo Fedeli, rattache ce type de poème aux arai, poèmes de malédictions déjà connus chez les poètes alexandrins les plus raffinés. On trouve chez ces auteurs, dont les textes ont traversé les siècles, recopiés par des moines sur lesquels l’effet a dû être étonnant, des horreurs qui toujours ont à voir avec le corps et le dégoût qu’il suscite lorsqu’il est pris en morceaux, qu’il émet des odeurs ou des humeurs nauséabondes, ou enfin qu’il est simplement victime de l’outrage des ans. Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit, tu étais moche. (p.7)
Alors, pourquoi une telle détestation envers cet ouvrage qui s’inscrit finalement dans une longue tradition littéraire ? Est-ce seulement parce que c’est une femme qui écrit des cochonneries ? Non, non non, et non… écrit une autre femme, écrivain elle aussi, Christine Angot. Ce n’est pas de la littérature… Peut-être bien ! Une femme nous offre là un récit dans lequel elle a mis du sien. Elle a payé d’un morceau de chair, cette oreille bouffée, la fin de son amour. Cet amour qui n’est pour elle qu’un masque socialement acceptable que j’avais trouvé pour racheter mes pulsions dégoûtantes (p. 111) Ce qui est finalement nouveau, et insupportable à beaucoup d’entre nous, n’est-ce pas qu’on lise, sous la plume d’une femme, sa jouissance à se faire dévorer, mais pas par n’importe quel cochon… Non, non et non ! Par le Roi des cochons !
En lisant Belle et bête, j’entends ma petite-fille de trois ans réclamer en boucle Les trois petits cochons, dont Youtube nous offre une merveille (pour autant qu’on l’écoute en anglais, pour la prosodie). Elle attend avec une délicieuse horreur le moment où elle (les trois petits cochons, c’est elle) risquera d’être enfin dévorée par le loup. Si vous regardez la vidéo (de préférence en anglais), vous verrez au mur, dans la maison du troisième cochon, des tableaux représentant Father, et Mother, lui en chaîne de saucisses, elle en truie allaitant une marmaille de pourceaux ! L’étymologie du mot satire n’est-elle pas la saucisse, la farce ? C’est donc bien à une farce que nous sommes conviés.
Marcela Iacub nous donne à entendre, au-delà de ses trois rêves de charcutière, un rêve bien plus ancien, et plus profondément enfoui en elle, d’être avalée par l’amour d’un prince, fût-il déjà roi, déjà marié à une femme puissante, une Reine Mère. Les femmes ignorent(…) à quel point c’est beau d’être une truie (p.56) . Ne répond-elle pas à Lacan qui demandait aux femmes de dire quelque chose de la jouissance féminine ? Pourtant, elle accepte de renoncer (pour pas cher/chair, une oreille), de renoncer à son désir : on la voit donc continuer sa vie de nonne, continuer à écrire sans désirer, car le prix du désir pourrait être la mort. Que c’était plus important d’écrire que de désirer et de mourir, de mourir de mon désir. (p.113)C’est à ce choix que nous devons cette imprécation contre l’homme, cet autre en elle-même, qu’elle refuse de manger, mais qu’elle nous livre ainsi en pâture, dans un sacrifice qui interroge aujourd’hui. Obscène ? Certes, comme ce dit de Coluche, paraphrasant Saint-Paul : Ne faites pas aux truies ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse. Si elle n’est pas chrétienne, en bonne freudienne elle se méfie de ce que l’amour du prochain cache d’horreur et de haine, mais elle n’hésite pas pourtant à se présenter en sainte. Et nous pouvons lire dans ce il est beau d’être une truiequelque chose de semblable au rêve de Schreber : Qu’il serait beau d’être une femme…
Sainte, elle l’est : en sacrifiant ainsi le cochon, mais en s’offrant aussi en sacrifice, comme la truie qu’elle rêve d’être, elle nous permet d’entrevoir ce qui se cache en général derrière les masques, le cochon et la truie. Par son livre, elle veut nous faire partager ce repas eucharistique, et c’est bien pour cela que certains refusent de manger de ce pain-là : ils savent que cette communion pourrait les transformer à leur tour en membres d’une église, voire d’une secte qui rappelle celle du Phénix. Ne pas vouloir regarder par ce trou de serrure-là peut se comprendre. En effet, contrairement au rite de la secte chez Borges, qui permet la transmission de l’espèce, dans ce livre, nous n’aurions jamais de rapport sexuel à proprement parler. Les organes sexuels sont l’oreille et la bouche. Le phallus, c’est la langue.
Mutilée, Marcela Iacub la juriste ne porte pas plainte. On voit quelle confiance a cette fille de juristes dans le droit. Elle sait bien qu’elle ne sera pas entendue (l’oreille dévorée en fait signe), alors elle réinvente par l’écriture une très ancienne mise à mort symbolique, l’imprécation. Lorsque les Grecs utilisaient l’imprécation pour se protéger, ils faisaient exister les dieux, et donc la communauté humaine de ceux qui y croient. À quels dieux croit donc Marcela Iacub ? Au dieu de l’écrit, au dieu des intellectuels, ces déjà-morts ? Il y a pour elle un dieu dans l’écrit, qui l’empêche de se tuer, et qui lui permet de mettre à mort l’autre. Je suis hantée par l’idée que si je n’écris pas ou plus, un monde ou tout au moins le mien disparaîtra. (p.56)
Soirée préparatoire à PIPOL 6, Nice
François Bony, ACF ECA- Estérel Côte d’Azur, ECF, Nice
Une cinquantaine de personnes étaient présentes jeudi 28 mars à la salle du Forum pour assister à la soirée préparatoire à PIPOL 6 « Après l’Œdipe les femmes se conjuguent au futur».
Une courte introduction de François Bony portait sur la modification du titre du congrès et annonçait ses différentes séquences pour inviter au voyage à Bruxelles.
Chantal Bonneau a décliné la question de la féminité dans l’histoire de la psychanalyse, puis l’a illustrée par un cas de la clinique contemporaine : un sujet aux prises avec les coordonnées de son être féminin trouve à obturer, par la fonction d’usage des progrès de la science, sa question féminine en la recouvrant par sa détermination à avoir un enfant et s’inscrit ainsi en tant que mère dans le lien social.
Philippe de Georges, à partir de deux textes « l’interprétation à l’envers »1 de J-A Miller et l’une de ses propres interventions en 1997 « Le déclin du père et après », nous a conduits au fait que la clinique contemporaine était de plus en plus une clinique de la séparation et du partenaire symptôme. Il a mis l’accent sur le dérangement de la défense dans « la psychanalyse d’outre-père » dans la perspective d’isoler l’évidence de l’opacité du traumatisme ‒soit ce S1 séparé du S2 que l’on retrouve dans le discours de l’analyste à la place de la production et qui vient rendre compte du rapport du sujet à la jouissance (la sienne et celle de l’Autre).
Gilbert Jannot nous a ensuite parlé du réel sans loi en tant qu’il est voilé par les possibilités de jouissance de l’objet qu’offre le discours capitaliste. Il a montré comment le symbolique était de plus en plus inadapté à faire une place à l’évènement imprévu. Puis, à partir d’un cas développé par Dominique Miller2 dans Mental 27/28, il a indiqué l’orientation nouvelle à donner à la pratique. En effet l’intervention de l’analyste par son « Je respire » qui répond au « vous soufflez » vient signaler le réel de ce sujet à savoir une angoisse fondamentale de mort.
Enfin, Franck Rollier nous a parlé de la praxis au CPCT. En déployant un cas de sa pratique où il s’agissait de séparer le sujet d’un point de jouissance qui consistait à « gérer » son frère cadet. Il a démontré en quoi cette praxis répondait à deux des trois axes développé par J-A Miller dans la conduite de la cure dans son texte « Petite introduction à l’au-delà de l’Œdipe »3 soit : « …tenir écarté le Sujet supposé savoir des semblants du père » et « …détacher les signifiants maîtres, et faire consister le plus-de-jouir, mais au profit du second, non du premier».
La discussion fut riche et animée, les témoignages de satisfaction nombreux.
1. Miller J.-A., L’interprétation à l’envers, La Cause Freudienne n°32, Vous ne dites rien, 1996, p 9-13
2. Miller D., Quand un sujet moderne préfère la finalité à la causalité, Mental n°27/28, p.397-400
3. Miller J.-A., Petite introduction à l’au-delà de l’Œdipe, La Cause Freudienne n°21, Au-delà de l’Œdipe, p.3-5
Pipol News INFO n° 07
PIPOL NEWS INFO 7
PIPOL Network
Directory of Institutions of the EuroFederation of Psychoanalysis
In the coming days, the directory of members of the EuroFederation of Psychoanalysis will be updated. The Office of the EuroFederation, in agreement with its Counsel has decided to draw up for this same occasion a new directory with the title « PIPOL Network », which will take a census of theEuropean institutions of care oriented by Lacanian psychoanalysis.
The conditions for enrollment of an institution in the PIPOL Network are as follows:
1. The institution will be officially oriented by psychoanalysis. Transferenceeffects involving one person oriented by psychoanalysis will be insufficient for admission in the directory. An affirmation by the leadership of an institution concerning the orientation of the institution by Lacanian psychoanalysis as taught in the Champ Freudian is indispensible.
2. The institutions admitted into the PIPOL Network can be structures of the Other (hospitals, mental health centers, institutions for children, post-hospitalization shelters, etc.) or personal initiatives of analysts, whatever may be their breadth.
3. A written report, brief and prominent (3200 characters including spaces), should be addressed to Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com), secretary of the Office of the EFP, before May first 2013. This report should contain:
- The contact details of your institution: name, address, telephone, email, website.
- Name and contact information the director or representative of the institution with the EFP.
- A description of your institution, of its framework, the public it welcomes, the circumstances of its foundation, the nature in which psychoanalysis takes place (clinic, teaching, publication...)
The Office will decide on the pertinence of enrollment in the directory from these texts. This directory will be composed of the set of texts of admitted institutions, in alphabetic order. It will be available on the website of the EFP. A paper version shall be distributed to delegates of PIPOL 6.
Gil Caroz
President of the EuroFederation of Psychoanalysis
April 2013
Pipol News 39 - 04/04/2013
PIPOL NEWS 39
Marcela et son tout-seul
Patricia Bosquin-Caroz
(Paru dans LQ n°307)
Dans les jours qui ont suivi sa condamnation par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, je me suis procurée l’ouvrage Belle et bête et l’ai lu. J’ai ensuite proposé à la Commission Pipol d’emboîter mon pas. Un débat électronique a eu lieu, une semaine durant sans discontinuer !
La Commission s’est passionnée, divisée, embrasée et finalement apaisée ! Une première interprétation du nouveau titre de Pipol 6 proposé par Jacques-Alain Miller, « Après l’Œdipe les femmes se conjuguent au futur », en est sortie. Certes, Marcela enflamme, mais pas seulement ! J’ai aimé ce livre parce qu’il a fait vibrer en moi quelques cordes sensibles.
La femme et la vérité
Enfant, j’ai très tôt été fascinée par un personnage féminin de l’Histoire de France : Jeanne d’Arc. Je suivais avec ma grand-mère le théâtre de son procès mis en scène et diffusé sur le petit écran. J’ignorais à l’époque que ce théâtre deviendrait plus tard celui de mes songes les plus privés et donnerait ensuite son cadre au fantasme : une femme est sacrifiée. Bien après, dans mon témoignage de passe, j’ai fait état de la figure christique sublimée, nom d’Idéal, capiton de ma fenêtre fantasmatique ; mais jamais celle plus hideuse qu’elle masquait : une femme est brûlée vive. Je l’ai évoquée par le biais d’une phobie, ensuite par celui d’une fiction pulsionnelle, montage, fait d’une bouche, de regards et de feu.
Dans la passe, la fiction est un recours nécessaire pour parler de l’intime, sans en violer son secret. Je m’en suis donc tenue à la version du corps cloué, ensuite à celle du corps bouffant-bouffé et j’ai laissé dans l’ombre l’évocation du corps calciné. Sans figure, sans représentation, le corps consumé n’émeut pas. Il n’est que ruine, désastre, anéantissement. Tentation et risque suprême. Pensons aux kamikazes, et à leur traduction surmoïque de l’énoncé bien connu des lacaniens : « Père ne vois-tu pas que je brûle ? » Cendres ou poussières, il se confond avec l’innommable qui gît derrière le masque. Lacan dans sa préface à l’Eveil du printemps fait de l’Homme masqué, un des Noms-du-père et donc un des noms de La femme qui ne s’écrit qu’à barrer le La. L’Homme masqué tire vers la vie. Le masque lui, voile l’impossible à dire le rapport sexuel et la mort. Lacan a formulé l’impossible écriture de la femme et du rapport sexuel. Entendez, La femme et non les femmes. Elles, au contraire, sont vivantes, incarnées, elles regardent du côté de la vie, tout comme l’homme masqué de Wedekind. Elles s’écrivent au singulier pluriel et même se conjuguent au futur ! Jeune femme, ma terreur du feu a fait rempart contre le ravage que comportait le fait deparler et surtout de dire La vérité. Lacan évoque dans son séminaire Encore, l’affinité de la femme avec la vérité, mais il souligne à cet égard que l’une et l’autre ne peuvent que se mi- dire. Ainsi, à ma façon un peu kamikaze, la vérité m’a très tôt brûlée. Plus tard, mon amour pour elle s’est révélé explosif. L’analyse m’a appris à m’en faire le démineur. Le déminage implique un savoir sur le fonctionnement de la bombe (pulsionnelle) et en retour un savoir-y-faire. Avec la psychanalyse, il n’est pas question d’ignorance ni d’apaisement thérapeutique. Avec elle il s’agit d’abord de laisser tomber son masque pour aller jusqu’au bout et toucher à l’horreur de sa vérité monstrueuse, celle du réel de sa jouissance. En cela l’AE[1] est une sorte de saint moderne. Il se risque à dire un bout de sa jouissance qui fait son humanité, même si de l’intime il fait un discours public, ré-habillé par la fiction menteuse.
A la lecture de Belle et bête, la corde de l’audace féminine qui se risque à dire la vérité sur l’horreur de la jouissance a certainement et à nouveau vibré en moi. Soulignons que la jouissance est ce qui fait notre humanité et non notre animalité. On imagine mal en effet une truie jouir de l’idée d’être une truie ! Il faut être détraqué par le langage pour concevoir une chose pareille ! Mais de dire la vérité, sa vérité, l’auteure en a payé le prix. Elle a été quasi unanimement décriée, accusée d’être sans foi ni loi pour avoir révélé la vie privée de son partenaire. Elle l’aurait même fait, dit-on, aux fins de le traîner dans la boue. Elle serait alors celle qui a châtré l’homme aimé en écrivant un livre assassin. Le retournement de l'amour en haine dévoilerait in fine la fiction œdipienne que recouvrait l'amour pour le cochon. Autrement dit, ce récit scandaleux aurait eu comme visée de confirmer l'adage populaire selon lequel les hommes sont tous des cochons, pour le bonheur ou le malheur des dames. L’une d’elles, l’héroïne, faisant exception par son acte d’écriture, estocade finale mettant la bête au sol ! Vengeance féminine suprême s'exerçant dans la mise à mort de l'amant ? Ou érotisme sublime… ? L’un et l’autre ? Pourquoi pas ? C’est une lecture possible qui en retour départage les pour et les contre ce procédé littéraire.
L’auto-érotisme tourne court
Si l’inconscient vibre (à grande échelle) à la lecture de cette autofiction, s’il est ému, scandalisé ou révulsé, il peut aussi en être instruit. Aussi, ai-je abordé Belle et bête à la lumière du dernier cours de JAM : « Les tout-seuls » (à paraître cette année). Je me suis laissée enseigner par un récit témoignant au plus près d’un fonctionnement pulsionnel singulier. M. Iacub conduit le lecteur au plus proche de sa rencontre avec la jouissance de son partenaire pulsionnel. La pulsion orale et sa réversibilité serait le commun dénominateur de la rencontre des deux. Deux tout-seuls se fréquentent et échouent à faire lien. Lacan dit dans son séminaire Encore que si le rapport sexuel n’existe pas, néanmoins la liaison, elle, existe. Plus tard il nous apprend que ce avec quoi on fait lien, c’est le symptôme. Le symptôme fait lien, d’où le titre d’un autre cours de J.-A. Miller, tout autant essentiel pour lire Belle et bête : « Le Partenaire-symptôme ». Dans le récit de M. Iacub, les amants ne font pas vraiment lien. L’auteure décrit fort bien l’impossible lien ou liaison durable, ne serait-ce même que dans le moment ou l’espace des brèves rencontres qu’ils ont eues. Elle ne peut créer un lien à partir de son fantasme de dévoration, puisque dans le cas de son partenaire-cochon, la pulsion nes’articule pas au désir. Elle rend avec perfection la rhétorique du UN de la jouissance où l'autoérotisme de la pulsion cannibalique se jacule, sans pour autant s’articuler à l’Autre. Jaculation qui la percute, résonne en elle tout en la laissant toute seule. La pulsion orale auto-réversible est poussée assez loin de sorte qu'elle objecte à tout lien amoureux. Ceci illustre parfaitement ce que J.-A. Miller met en lumière dans son dernier cours à propos de la pulsion du Un. Le récit de M. Iacub dénude ce point et montre comment la pulsion ne s'embarrasse pas de l'amour. Ce qui ne veut pas dire que la pulsion se passe complètement de l'Autre, mais l'Autre est ici réduit à son corps, réellement. De là, elle en déduit les coordonnées du passage à l'acte final (fait ou fiction, peu importe ici). « Ces rencontres que j'avais tant aimées n'étaient pas une espèce de sublimation, une forme de sexualité alternative, une perversion fantasmatique, mais un avant-goût. Ce que voulait le cochonétait me dévorer. Comme tu ne pouvais pas le laisser faire, comme c'était dangereux, il devait se contenter de ces étranges séances que nous avons eues pendant sept mois... »
Avec Belle et bête, l’auteure nous emmène au pays des « Tout-seuls », réalité ou fiction postoedipienne. M. Iacub s’y inclut et ne dénonce pas ce qui d’elle-même l’a conduite au bord de l’abîme. Elle en fait le constat. L’écriture lui sert, non pas à accuser, mais comme elle le note elle-même, à se préserver d’un danger.
Pipol News 38 - 02/04/2013
PIPOL NEWS 38
L’air du temps, l’ère du féminin
Marie Izard Delahaye, Rouen, Normandie
Quel mouvement pour les femmes ?
Virginie Jacob Alby, Nice, ACF Estérel Côte d’Azur
Reseña de la sesión del 19 de marzo de 2013 realizada en la CdC-ELP
L’air du temps, l’ère du féminin
Marie Izard Delahaye, Rouen, Normandie
Le deuxième Congrès Européen de Psychanalyse, PIPOL 6, se tiendra à Bruxelles les 6 et 7 juillet 2013. Il abordera « les conséquences de l’èreAprès l’Œdipe » et les diversités de la pratique de la psychanalyse en Europe.
L’objectif est ambitieux : dessiner « la carte de l’Europe à partir des particularités de la pratique psychanalytique dans chacune de ses régions.»1Voyons comment nous nous sommes emparés de cette question en Normandie.
Le séminaire Psychanalyse et Institutions de l’ACFN s’inscrit dans le champ de la psychanalyse appliquée, psychanalyse en extension, et résonne avec le thème du congrès. Nombreux sont les collègues qui, depuis trois ans, sont venus parler de leur pratique au sein de leur institution. Ces témoignages nous ont permis de mieux connaître ce qui se passe en Normandie, sur le terrain. Nous avons ainsi pu appréhender la façon dont opère le discours analytique dans des institutions qui relèvent du discours du Maitre. Quels sont les points communs entre ces interventions, si singulières, et reflétant en partie la diversité des pratiques de la psychanalyse en Normandie ? Nous avons entendu le désir décidé des praticiens, une détermination à ne pas lâcher la boussole qu’ils avaient choisie, contre vents et marées. Il se dégage de cette position subjective un effet d’entraînement qui conduit quelques uns, pas encore orientés, à s’arrimer, à s’accrocher ; un transfert de travail opère. Alors, de désir en désirs, par ricochet, le séminaire avance…Des groupes de travail se créent au sein des institutions en vue d’écrire, au un par un, des textes qui trouvent dans l’espace de ce séminaire, un lieu d’adresse. Opération de transmission de ce qu’ils tentent de cerner.
Les institutions viennent à l’ACF. Elles se transportent via des praticiens inscrits dans une communauté analytique, pas sans leur désir d’analysant, inlassablement convoqué.
A l’occasion de ce congrès, l’accent est mis sur l’expérience psychanalytique du praticien : « C’est que de faire la lecture de sa propre lalangue dans son expérience analytique, le praticien est aussi bien disponible à lalangue d’un autre (…) Cette lecture du langage le plus privé du sujet permet au praticien de répondre de façon inventive, au-delà du langage institutionnel. »2
Nous avons pu entendre cette année une infirmière psychiatrique, devenue psychologue clinicienne, orientée par la psychanalyse, qui a choisi d’occuper à nouveau un poste d’infirmière. Se décline la clinique et un réel insupportable. Ici, il faudra creuser une brèche dans l’Idéal social, et saisir comme signes du réel pour le sujet ce que l’institution condamne. Une psychomotricienne accueille une petite fille, là une brèche encore, dans l’Idéal de la rééducation. Puis, deux collègues, confrontées quotidiennement au réel de la mort, tentent d’écorner aussi ce qui fait l’Idéal de l’hôpital « accepter de mourir avec philosophie…ou un mourir tranquille. » Chacun s’oriente du réel en jeu, pas sans difficultés mais en tentant d’amorcer une pratique à plusieurs. Nos collègues font valoir l’intranquilité de celui qui porte le discours de la psychanalyse dans l’institution mais aussi son enthousiasme et sa joie dans le travail.
Ce n’est pas tout ! Un nouveau titre a surgi : « Après l’Oedipe les femmes se conjuguent au futur ». Prenons pour passerelle ce court fragment : « C’est en faisant émerger ce qui échappe à la norme-mâle que ce qui ne peut pas être dit ni représenté, soit le féminin, ce « noyau invisible », peut se cerner, se transmettre. Car pour que le féminin trouve une place dans l’avenir, ceux qui s’orientent de la psychanalyse lacanienne ont leur partie à jouer dans la civilisation. En y mettant du sien, en étant là, et en faisant partie d’une communauté analytique car il n’y a pas de transmission sans corps et sans autres »3
Comment articuler le « pour tout x » de la norme-mâle et le « pas tout » du féminin ?
C’est à cela que nous nous attelons dans les institutions et c’est avec impatience que nous entendrons ce qui se dira à Bruxelles !
1. G. Caroz, PIPOL NEWS 0, site de l’Eurofédération de psychanalyse.
2. G. Caroz, PIPOL NEWS 2, site de l’Eurofédération de psychanalyse.
3. Troianovski L. cité par Patrosino L. , PIPOL NEWS n° 30, site de l’EuroFédération de Psychanalyse.
Quel mouvement pour les femmes ?
Virginie Jacob Alby, Nice, ACF Estérel Côte d’Azur
« Les femmes se conjuguent au futur» revient à faire des femmes des verbes. « Au commencement était le verbe », ainsi pourrait-on dire : « au commencement étaient les femmes » ?
Les femmes comme les verbes se conjuguent à tous les temps, en l’occurrence à Pipol 6, elles se conjuguent au futur. Conjuguer introduit à la notion de temps et d’ « érotique du temps » proposée par Jacques Alain Miller. Les femmes, qu’elles soient du passé ou du futur, font ainsi objection à l’être, elles ne sont plus ou ne sont pas encore.
Lacan nous a appris que les femmes ont davantage à voir avec l’objet a qu’avec le sujet barré et qu’ainsi elles ne s’inscrivent pas de la même façon dans le temps que le sujet barré. S’agira-t-il donc pour chacune « d’éclipser le temps, de l’épurer, de le manœuvrer, de créer l’imprévu »*, ou simplement de se situer entre l’inspire et l’expire. Ainsi au bord du trou, au bord du vide, à l’approche du réel, comment se mettront-elles en mouvement ? Quel sera leur cri, en feront-elles encore naitre la vie ?
S’orientant du futur, dans un basculement incessant de l’être au néant, animées par l’objet a, quel sera le mouvement des femmes au futur ? Comment occuperont-elles l’espace et le temps ? Retrouvons nous à Pipol VI pour en extraire des bouts de réponses.
* Jacques Alain Miller, « Introduction à l’érotique du temps » Mental n°22, Avril 2009.
Reseña de la sesión del 19 de marzo de 2013 realizada en la CdC-ELP
Reseña de la sesión del 19 de marzo de 2013 realizada en la CdC-ELP, del trabajo de preparación del Segundo Congreso de la Eurofederación del Psicoanálisis (PIPOL VI) bajo el título: Después del Edipo las mujeres se conjugan EN FUTURO / “El caso, la institución y mi experiencia del psicoanálisis”que se celebrará en Bruselas los días 6 y7 de julio del 2013.
Intervinieron: Patricia Heffes y Anna Aromí. Moderó: Ricard Arranz. Reseña realizada: Begoña Ansorena Anza.
Si bien las dos presentaciones diferían en cuanto al contenido, la primera sobre el diagnóstico clínico en una institución infantil y la segunda sobre cuestiones epistémicas que plantea el título del propio congreso, veremos como no difieren en su argumentación ya que la lógica que siguen está apoyada en la última enseñanza de Lacan con las referencias inestimables de Jacques-Alain-Miller.
Patricia Heffes, presentó un trabajo de la institución donde trabaja con niños de 0 a 6 años, en relación a una pregunta planteada en la práctica misma, sobre el problema que presenta el diagnóstico exigido por la administración. La pregunta que se plantea es qué de lo que se presenta como problemático en el niño induce a error a la hora de diagnosticar, ya que hay una serie de fenómenos que “sueltos” tomados a primera vista, inducen al practicante a ubicarlos del lado de la psicosis o del autismo y sin embargo, la experiencia muestra que muchos de ellos no lo son.
Los motivos de consulta en la institución plantean una serie de interrogantes que Patricia Heffes responderá desde la orientación psicoanalítica. Para ello, tomó el texto de Nota sobre el niño1.
· la relación entre la madre y el niño: bajo la modalidad de madres solas, independientemente de que haya padre o no.
· La aparición de un padre homologable a la madre, en lo que tiene que ver con la crianza sin otro modelo que la madre misma.
· La existencia de numerosas consultas por un mal funcionamiento fisiológico en niños y niñas que aún no han cumplido los dos años: niños que no quieren evacuar las heces, se combinan con otros en los que el control de esfínteres no se concreta hasta bordeando los cuatro años.
· Niños que no hablan hasta los tres años y cuando lo hacen no se les entiende casi nada. Por nombrar solo algunos.
Señala que estos y otros motivos de consulta, en sí mismos, están dentro de la rutina. Lo que los hace llamativos es la recurrencia por un lado, y por otro destaca la posición de la familia respecto a ellos ya que no parece preocuparles el síntoma en sí, ni siquiera lo interpretan como un síntoma. Existe una ajenidad con eso que le ocurre al niño, pero al mismo tiempo les inquieta por la proximidad. En la mayoría de los casos, el motivo de consulta sobre el niño, se presenta ligado a lo insoportable para la madre.
Esto le lleva a preguntarse sobre si habría que hacer una actualización de la Nota sobre el niño tomando la Alocución de Lacan de 19672 e interroga la Nota sobre el niño en relación con los fenómenos actuales:
¿Qué relación tiene hoy una mujer con la maternidad, partiendo de la hipótesis de que algo ha cambiado en los modos de goce?
¿Qué implicación lógica existe entre la relación de una mujer con la maternidad y los síntomas en el hijo?
¿Qué consecuencias clínicas tiene la relación entre un hombre y una mujer en lo que concierne a los hijos?
Patricia Heffes propone retomar laNota sobre el niño para reflexionar sobre estas preguntas. Señaló la función de residuo de la familia conyugal y que como señala J.Alain Miller en El reverso de la familia,3 se verifica que la función de la familia conyugal permanece dominante, modificada apenas, por la homosexualidad. Es por su función de residuo, de objeto a, que se mantiene la familia conyugal. Lo que vivimos hoy día lo confirma. Interpreta esta resistencia misma de la familia conyugal por el carácter irreductible de la transmisión, no la transmisión de un saber, ni la transmisión de las necesidades, sino una transmisión constituyente para el sujeto. Esto supone su relación a un deseo que no sea anónimo. Es necesario que el sujeto sea aquí llamado por un Je.
En cuanto a las respuestas sobre el síntoma que da la Nota sobre el niño, Patricia Heffes, refiere que dichas respuestas se relativizan cuando vemos que solo se trata de semblantes, falo, objeto a, Nombre del Padre, fantasma. La referencia al falo se neutraliza, los nombres del Padre se pluralizan, el deseo de la madre deja de ser barrado por la ley y el orden tradicional. Para ello propone la lectura de JAM (curso 2/3/2011)4 donde apunta al goce como acontecimiento del cuerpo, goce concebido desde fuera de la maquinaria del complejo de Edipo, lo que permite escapar a la dialéctica binaria de interdicción-permiso.
Desde esta perspectiva, las tres estructuras freudianas se debilitan y aparece como respuesta a la pregunta por el síntoma la cuestión del goce.
Finaliza Patricia, comentando que en la institución, con estos supuestos casos “graves”, lo que ocurre es que con sólo operar la separación a través de hacer intervenir significantes, surge una vivificación del niño que posibilita, a veces, la constitución de un síntoma. De lo contrario, el niño envestido por el goce no aparece más que como un cuerpo mortificado.
Por su parte Anna Aromí, presentó su trabajo interrogándose, a partir del sintagma “analista-analizante” puesto en circulación por parte de Jacques-Alain Miller en las Jornadas de ECF de 2009, el nuevo sintagma propuesto para el Segundo Congreso Europeo (PIPOL VI) “practicante –analizante”.
En aquellas Jornadas, JAM propuso el término analista-analizante, y con él produjo un desplazamiento y una interpretación que anudaba de una nueva manera psicoanálisis puro y psicoanálisis aplicado. El analista-analizante entonces ponía el acento en la idea de que el campo de aplicación del psicoanálisis no depende de ninguna técnica sino de una ética, la ética de lo real, y que esa ética del analista se forja, se produce, en su propio análisis.
El problema, como dice Miller en Sutilezas analíticas5, es que si a los operadores se les llama analistas, no es de extrañar que ocurran fenómenos no deseables en las autorizaciones. De ahí, me parece, la aparición del “practicante-analizante” en el horizonte del Pipol 6. Practicante es un término que encontramos en la Proposición, pero que usado de esta nueva manera deja abierta la posibilidad de que el operador se haya -o no- autorizado como analista. No es eso lo que más cuenta. Lo importante es la relación de cada uno con su propio inconsciente. “Ser analista no es analizar a los demás, dice Miller en Sutilezas analíticas, es primeramente continuar analizándose, continuar siendo analizante, como Freud” de su propio inconsciente. Esta sencilla formulación tiene sin embargo consecuencias enormes, porque si reducimos el psicoanálisis al ejercicio profesional de los psicoanalistas quedamos confundidos con los psy y con los trabajadores sociales. Entonces, si hay un baremo para medir al practicante en relación con el psicoanálisis, no es su ejercicio profesional, sino su relación con su propio inconsciente. Me parece que en este punto ha habido un paso entre el Pipol 5, con la cuestión de intentar localizar el analista en el clínico, y el Pipol 6 con el practicante analizante. El foco se ha desplazado de la clínica, a otra cosa: a la cuestión de saber cómo cada uno se las apaña para mantenerse en posición analizante. Y a veces eso resulta más fácil de decir que de hacer.
En este desplazamiento a otra cosa, a Anna Aromí le parece completamente coherente que el ejercicio del practicante analizante pueda apoyarse en invenciones, con la idea de Miller en su curso de 2011, El ser y el Uno, cuando dice que en el fondo el psicoanálisis no se puede transmitir, sino que el psicoanálisis se tiene que re-inventar con cada paciente. Es una propuesta maximalista, aunque bien freudiana, que hace ver hasta qué punto la experiencia analítica está, o debería estar, gobernada por lo singular en cada sujeto de su relación con un real sin ley. En este registro podemos decir que la invención forma parte indisoluble del psicoanálisis.
Esto no quiere decir que las estructuras clínicas se borren, no quiere decir que no sirvan para nada, significa que las estructuras no son la única guía, la más importante, ni siquiera la más interesante.
Inventar significa esto: con cada paciente lo que conviene, pero teniendo en cuenta –y esto es lo nuevo- que las estructuras no alcanzan para dar cuenta de la relación del parlêtre con lo real. Es decir que podemos prescindir de las estructuras a condición que sepamos servirnos de ellas cuando sea conveniente. Dejar la clínica atrás significa, como dice Gil Caroz en su Presentación de Pipol 6, que “hay tantas clases como casos”.
Otro elemento que está cambiando, prosigue Anna Aromí, en la forma que teníamos de considerarlo hasta ahora, es el goce. Nos hemos formado en la consideración del goce como lo opuesto al placer y por tanto como un mal para el sujeto, un exceso a reducir, mientras que la nueva perspectiva del sinthome hace aparecer otra dimensión del goce, que engloba la dialéctica placer/goce y que la supera. Es la parte de goce que hay en cada uno vinculada a un real sin ley, que no entra en dialéctica con nada ni nadie, es el goce del cuerpo que se goza solo, sin Otro, y Miller pone ahí el ejemplo de Alien para ilustrarlo. Por eso, este goce nos hace entrar en otra zona distinta, una zona que empezamos a explorar, una zona que a Lacan le hizo desear cambiar de nombre al inconsciente y llamarlo parlêtre. Se entiende entonces que Miller diga que la perspectiva del sinthome nos separa de la clínica clasificatoria y que, por eso, abandona tranquilamente al DSM el término de clínica.
Con todo esto, la práctica del psicoanálisis cambia de acento y se trata entonces de llevar la trama de discurso del paciente -con el Edipo, las identificaciones, los sentidos gozados - a esa zona primordial fuera de articulación, fuera de sentido. Es decir, se trata de reconducir al sujeto a reconocerse en su existencia contingente, fuera de todo sentido. Por esto no basta con el síntoma, que no deja de estar vinculado al Edipo y al sentido, y por esto hablamos ahora del sinthome porque es el elemento que nos sirve para designar lo radicalmente singular fuera de toda clasificación. Para decirlo con Gil Caroz en su Presentación, “los avances más recientes de J.-A. Miller permiten atravesar el estándar edípico para cernir el armazón, el nudo, que el sujeto se ha construido para afrontar su existencia, el goce que se ha producido del encuentro contingente entre el significante y el cuerpo –punto extremo de singularidad que llamamos el Uno solo”.
Anna Aromí, resume su trabajo en dos puntos:
1.- La condición de la invención depende de que el practicante consienta a estar atravesado por lo que no sabe. Esto significa que se autorice (de forma anticipada) a sostenerse en un “no entender” y de que aquí no rinda las armas, no busque fuera de su propia relación con el inconsciente.
2.- Si esto es así, si hay una relación de confianza con el inconsciente, con el propio inconsciente, y se trabaja duro durante el tiempo necesario, el acto analítico (el que profirió el analista del practicante y al que el practicante consintió) dará sus frutos. Y mientras no entrega los frutos definitivos, sean cuales sean, ese acto va a estar orientando al practicante, va a dar un marco analítico a su acción, incluso sin él saberlo.
Los dos trabajos dieron lugar a un intenso debate, en relación a la clínica, los ejemplos presentados por Patricia, nos enseñan los efectos en los niños del “simbólico ya no es lo que era”, “hay gran desorden en lo real” y que el Edipo no brinda una orientación eficaz y quedó algo más oscuro, el tema de la Institución para seguir debatiendo en futuras reuniones.
1. Lacan,J. Nota sobre el niño. El Analiticón nº3. Paradiso. Barcelona. 1987.
2. Lacan,J. Discurso de clausura de las Jornadas sobre las psicosis en el niño. El Analiticón nº3. Paradiso. Barcelona. 1987.
3. Extracto de la Intervención de Jacques-Alain Miller en las XXXIV Jornadas de la ECF en Noviembre de 2005(Texto establecido por Monique Amirault y Dominique Holvoet) “Consecuencias”, 8.
4. 5° cours de Jacques-Alain Miller – 2 mars 2011- L’Être et l’Un . “ Qu’est-ce que le réel?”.
5. Miller, J.A. Sutilezas analíticas. Buenos Aires. Paidós. 2011.
Pipol News 37 - 31/03/2013
PIPOL NEWS 37
Marcela Iacub et l’obsessionnel
Gil Caroz
(Texte paru dans LQ n°304)
Derrière les frontières de l’Empire obsessionnel, la voilà, terre noire, Empire du diable. Incohérente, imprévisible, de mauvaise foi, capricieuse. Petit garçon, il adéjà développé ce sens clinique qui lui permet de la sentir de loin. C’est dans l’air : « aujourd’hui, elle n’est pas dans son assiette. Elle sera injuste, elle déprimera, j’en serai le responsable, elle fera une crise de colère ». Il la hait. Il l’aime.
Pourtant leur lien a été parfait. Rien de plus sublime qu’un amour entre un petit garçon et sa mère. C’était le paradis. Aucun signe ne permettait de prédire que les promesses de la vie pouvaient être mises en question. Mais cette sphère intacte a explosé comme un ballon acheté à la foire le jour où il a appris : elle a aimé, elle aime un autre. A la folie. La sphère intacte n’a jamais existé. C’était du bluff. Elle est infidèle. Au nom de cet amour, pour suivre un homme, elle aquitté pays, famille, mari, enfant. Elle en pleurait toujours. Ses humeurs convergeaient encore et encore vers ce point. Non pas que l’homme ne valait pas la peine, mais quand on a commis l’irréparable, ne fut-ce que par désir et amour, ça ne pardonne jamais.
Mais si derrière les lignes qui contournent l’empire phallique elle est devenue l’incarnation du diable même, qui pourrait ne pas l’aimer tout en la haïssant ? Elle est authentique. Elle ne s’encombre pas. Elle est généreuse. Elle a de l’humour. Elle sourit. Elle dit « fonce, vis ta vie. N’aies pas peur. Ne te laisse pas décourager par les bien-pensants qui te disent de ne pas bouger, de te soumettre à la raison, leur raison, leurs idéaux ». Elle en connaît un bout, mais elle n’a pas les angoisses du propriétaire ni le souci du qu’en dira-t-on. L’Autre est bien là, mais nul n’est tenu, dit-elle, d’obéir à la lettre à ses exigences. Lui aussi peut être fou à l’occasion. Elle est pragmatique. Il y a les règles et la loi, mais elle va chercher la personne qui les incarne. Elle parle, elle négocie, elle obtient. Elle traverse tout lesrefus car pour elle « non » n’est pas une réponse valable.
« N’enlève pas tes chaussures jeune homme, tu n’es pas à la mosquée. Mets au contraire ta paire de chaussures de femmes, couleur rouge, et entre dans le bureau de l’analyste. L’analyste tolèrera ça, il est formé pour ça. Il est un peu femme lui même ». Là, chez l’analyste, il a découvert que pas tout est derrière les frontières. Qu’il a une connaissance intime de la terre noire. Qu’il la connaît « de l’intérieur ». Bref, à l’occasion il est lui-même un peu femme. Il a ses humeurs, ses amours fous, il peut être généreux et méchant, pragmatique et rêveur, capricieux et rationnel. Il constate qu’il peut commettre, et qu’il a d’ailleurs commis lui aussi, l’irréparable. C’est comme ça !
Aveu
Oui. J’ai dit que j’étais ni pour ni contre. Que la lecture de Belle et Bête n’était pour moi qu’un appui pour la pensée en vue de PIPOL 6. Ni plus ni moins. J’ai fini par écrire une petite note de commentaire sur le nouveau titre : « Après l’OEdipe, les femmes se conjuguent au futur », où j’ai mis en tension les nouvelles manifestations du féminin après l’OEdipe et le refus du féminin qui vient y répondre1.
J’avoue. Ce n’était pas vrai. J’ai aimé Belle et Bête. Ce roman m’a bouleversé par son authenticité, par ce récit au bord de l’abîme, qui cerne le point où les mots s’arrêtent et la pulsion commence. Pulsion baptisée « cochon ». La bête est incluse dans l’amour fou. Il faut avoir un don particulier pour bien le dire. J’ai aimé aussi le parcours, la traversée, la solidification de l’écriture comme sinthome.
J’avoue : le procès, son résultat, ne m’intéressent pas trop. Mes analysantes me l’ont appris dès le début de ma pratique : l’hystérique dit la vérité. C’est une condition préalable à toute clinique possible, et aucun tribunal ne peut toucher à cela. La psychanalyse et la loi de la Cité se séparent sur ce point.
Retour à l’obsessionnel
« Ne touche pas à la chienne, disait le père, tu risques d’attraper une maladie ». Il aimait la chienne, mais il a fini par ne plus s’en occuper du tout par peur des microbes. Elle est morte de chagrin. Il a fait connaissance avec d’autres chiennes. Charmantes. Capricieuses. Généreuses et méchantes à la fois. Tristes et vivantes. Intrusives et pleines d’intelligence. Honnêtes et de mauvaise foi. Il lui a fallu tout un parcours pour pouvoir toucher les chiennes sans angoisse, sans pensées incroyables. Ne vous insurgez pas, s’il vous plaît. Les femmes ne sont pas des chiennes et les hommes ne sont pas des cochons. Je le sais sans revoir mes cours de biologie de l’école secondaire. Dire que les femmes se conjuguent au futur n’implique pas de raconter un conte de fée, mais de tenter une traversée furtive des écrans qui nous séparent du réel.
1 http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/fr/7/fr/pipol_news_34_-_24032013#article-box-195
Capitale de l'Europe (Photo : Justine Junius)
Pipol News 36 - 30/03/2013
PIPOL NEWS 36
Marcela Iacub, continent très noir
Clotilde Leguil
(Texte paru dans LQ n°304)
Oui, c’est encore l’histoire d’une femme qui disparaît. A croire qu’Hitchcock et Lacan avaient vraiment vu juste. Quelle que soit l’époque, quel que soit le style, quelle soit le partenaire, le rapport du sujet à sa propre féminité met en jeu un rapport à la disparition de l’être. On a beau être une juriste brillante, une intellectuelle foucaldienne qui a satribune dans Libération, on a beau dénoncer le féminisme victimaire dans Les Temps Modernes, on a beau vivre au XXIe siècle où l’abolition du genre voudrait que la féminité ne soit qu’une fiction hétéronormative, on n’en est pas moins concerné par la féminité quand il s’agit de sa propre existence. On n’en est pas moins rattrapé par une dimension de son être qui peut confronter le sujet à son propre anéantissement.
Pourquoi l’auto-fiction de Marcela Iacub, Belle et Bête qui vient de paraître chez Stock, assorti d’un encart signalant qu’il porte atteinte à la vie privée d’un autre, intéresse-t-elle la psychanalyse ? Parce que par-delà l’objet médiatique qu’est ce livre, on peut y déchiffrer quelque chose de l’angoisse féminine face à l’abîme qu’une femme peut être pour elle-même. Si Marcela Iacub a écrit ce livre, que l’on peut trouver hilarant et furieux comme certains l’ont dit, ou très glauque, ce n’est peut-être pas seulement parce qu’on l’a incitée à le faire, c’est peut-être aussi parce que ce qu’elle a vécu, elle ne pouvait le traverser, s’en arracher, qu’à condition d’essayer d’en dire quelque chose par l’écriture. « L’écriture a été une manière de sortir de cette histoire », a-t-elle déclaré elle-même1. Car l’amant qu’elle s’est choisie, l’a mise en rapport avec un autre partenaire, qui n’était plus un autre être, ni même un animal, comme elle le répète à souhait, mais une part d’elle-même, inquiétante et dangereuse.
Qu’est pour elle cet amant qui n’était pas son genre ? Quel effet a-t-il eu sur son être ? Dans un premier temps, elle s’en amuse. Elle le traîne dans la boue lui renvoyant le traitement auquel elle a eu droit : « Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin. Tu étais égoïste, tu étais brutal et tu n’avais aucune culture. Et j’ai été folle de toi2 ». Les cinq premières lignes de son auto-fiction donne le ton. Pas d’idéalisation, certainement pas. De l’ironie sur cet homme qu’elle baptiste « le cochon » en choisissant de filer la métaphore tout au long de son court récit.
Mais il y a autre chose.
Marcela Iacub, elle, n’est pas vulgaire, n’est pas insensible, n’est pas vieille, n’est pas grosse, n’est pas mesquine… mais elle se découvre en truie. Et elle a adoré être la truie du cochon. La truie, ce n’est pas la cochonne, c’est véritablement la réduction de la féminité à un pur objet de jouissance pour le cochon. « Grâce à toi espèce de truie, espèce de rien, espèce de bouffe à cochon, je me mange, je me jouis, je sens mon goût… 3» lui dit son amant romantique. Or, se découvrir la truie du cochon la conduit à une véritable extase : « personne ne m’avait parlé ainsi et j’ai pleuré en moi4 ».
Alors, qu’est-il arrivé à cette femme superbe, intellectuelle et séductrice, cette femme forte qui a pensé qu’elle pouvait tenter l’aventure avec celui qu’elle avait défendu publiquement lorsqu’il était mis en cause pour sa conduite à l’égard des femmes ? Il lui est arrivé qu’elle s’est faite bouffée. Pas métaphoriquement, non, cela, c’est banal. Cela nous arrive à tous et à toutes, dès que nous parlons et que nous nous risquons àentrer dans le monde de l’Autre. Non, elle s’est faite bouffée réellement. Son cochon d’amant était un cochon-cannibale. Et le cochon cannibale lui a arraché l’oreille et s’en est délecté en réclamant la seconde alors qu’elle pleurait et que le sang giclait. C’est une fable certes, mais c’est par ce biais de la dévoration réelle qu’elle a choisi de parler de son histoire.
Voilà. L’ex-mangeuse de viande devenue végétarienne qui déclarait dans son précédent livre que manger des êtres vivants était intolérable, s’est elle-même donnée à bouffer, dans le réel, à une gueule vorace qui n’attendait plus que de se refermer définitivement sur elle. Se faire manger vivante… jusqu’à ce qu’il ne reste rien, tel était son fantasme. Se donner à manger à sa propre pulsion jusqu’au bout. S’avaler tout cru. Disparaître, non pas seulement symboliquement, mais réellement en se faisant bouffe à cochon. Son dernier cauchemar, qu’elle relate à la fin de son récit, l’a réveillée : « Je me voyais transformée en quelques cheveux et deux ou trois ongles que le cochon n’avait pas avalés et qu’il avait laissés sur le canapé de ton appartement. J’étais une conscience sans corps, une conscience qui flottait dans les ruines d’elle-même5 ».
Après cette curieuse histoire d’amour, c’est en effet avec les ruines d’elle-même que la narratrice s’est retrouvée. Avec ce continent très noir qu’elle avait peut-être jusque là passée sous silence. Et dont Freud et Lacan ont su parler. Ce continent noir qui fait que la psychanalyse pour une femme peut être parfois le détour nécessaire pour ne pas exister en disparaissant ainsi dans les limbes muettes de la pulsion de mort.
Pipol News INFO n° 06
PIPOL NEWS INFO 6
Still (ENCORE)
Still 100 more days until PIPOL 6 (the 6th and 7th of July).
Still 113 more registered readers to reach 2000 readers of PIPOL NEWS.
Still two days to register for the congress at the low price (until March 31, at midnight).
Still a month to register for the Soirée of the future at the low price (until April 30th, at midnight).
Still 337 more registered participants at the congress to fill up the « Gold » room for plenary seminars (1250 places maximum).
Still 17 more days to submit a proposition to present at the simultaneous sessions (until April 16, at midnight).
Pipol News INFO n° 05
PIPOL NEWS INFO 5
PRACTICAL INFORMATION
Changes to the congress and party registration fees
I. Registration for Pipol 6 at a reduced fee is still available until March 31st
You can therefore register for 130€ (65€ for students under 26, with proof).
From April 1st registration fee is 160€ (80€ for students under 26).
II. The ticket price for the evening party on Saturday 6th July, renamed "Party of the future", is 45€ until April 30th. From May 1st the price is 50€.
Time
From Saturday 6th July 2013, 10:00am (reception from 9:00) to Sunday 7th July 2013, 5:30pm
(Registration folders will be available from Friday 5th July 2013).
Accommodations in Brussels
Yes, Brussels can welcome you at reasonable rates!
Here is some information to help you get around:
1) On the website of the Congress, Resotel offers a selection of rooms from very good hotels, where rooms have been reserved especially for PIPOL VI
http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/en/21/hotels/
2) For those who are looking for cheaper accommodations, you may want to take a look at the column www.hostelsinbrussels.beat the link Resotel. There you can find addresses of 5 hostels in Brussels, where the 4 first ones are the closest to the Square.
3) Furthermore, we have visited a few hotels from 3 to 2 stars and even 1 star. They are all in the « city center »; therefore 10 minutes by foot from the Square: prices per night are around 55€ for a double room:
Astrid(3 stars), Place du Samedi 11, 1000 Bruxelles
Tél : +32 2 219 31 19 - http://www.astridhotel.be/- astrid@3sh.be
Windsor(2 stars), Place Rouppe 13, 1000 Bruxelles
Tél : +32 2 511 20 14 - www.hotel-Windsor.com- info@hotel-Windsor.com
A la grande cloche(2 stars), Place Rouppe 10 Place, 1000 Brussels
Tél: +32 2 512 61 40 - http://www.hotelgrandecloche.com/
Barry(1 star), place Anneessens 25, 1000 Bruxelles
Tél : +32 2 511 27 95 - http://www.hotelbarry.com/- hotel.barry@skynet.be
Floris Avenue(4 stars), Avenue de Stalingrad 25-31, 1000 Bruxelles
(A little more expensive)
Tél.: +32 2 548 98 38 - http://www.florishotels.com/belgium-hotels/brussels-hotels/floris-avenue-hotel-brussels- avenue@florishotels.com
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4) If you prefer to search by yourself, there is an extended choice of search engines on the internet, like www.venere.comor www.booking.com. You can also organize in small groups, in order to find hotel appartments that are even more economic than hotels. Therefore you can look on www.surrentbynight.com, on www.immoweb.be, or on www.housetrip.comif you are planning to stay for longer than just for the weekend. 5) When one tries to orient oneself in a city one doesn't know, it can be interesting to have some little leads. Transport in Brussels: The STIB net (www.stib.be) allows you to move from one corner of the city to another. It consists of trams, busses and metroways. The stops for the Square are Royale, Gare Centrale and Palais. If you are at leats two, it can be interesting to take a “jump 10 voyages”. You can buy these at the machines in most of the stops. A little trick: if you don't have a belgian bank cart, you wil need enough coins to buy the tickets from the machines. Otherwise, in certain metro stations there are desks where you can buy tickets. You can find that information on their site. Concerning the choice of the quarter: The Square is situated in the very heart of Brussels, so the access is quite easy. Still, one quarter is nicer than the other. You can choose to stay nearby the Grande Place or the Place Sainte-Catherine, in 1000 Brussels. A bit further, 1050 Brussels is a rich municipality with several atmospheres. From the most elegant quarter Bailli, with its Avenue Louise and its grand boutiques, to the most alternative neighbourhood Saint Boniface, passing by Matongué, the African quarter. You can also discover the multicultural Saint-Gilles (1060), the sumptuous Uccle (1180), very quiet Audergem (1160), Woluwé Saint-Pierre (1150) and Saint-Lambert (1200). If you have questions concerning your choice, or if you have another question, don't hesitate to contact us directly by e-mail (itxasomuro@ogmail.com) or by phone (0032 483365082).
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Pipol News 35 - 26/03/2013
PIPOL NEWS 35
Philippe Muray, where are you when we need you?
Yves Vanderveken, ECF, Bruxelles
Marie Izard Delahaye, Rouen, Normandie
Marie Ser
Philippe Muray, where are you when we need you?
Yves Vanderveken, ECF, Bruxelles
J’ai ri de bon cœur à l’appel de Jacques-Alain Miller, qui me rappelait là à mes amours clandestines avec cet infréquentable de lecture peut-être interdite, classé nouveau-réac, à l’ironie cinglante et délicieuse, seulement gâchée par son côté ronchon qui le tira un peu plus du côté du sombre avenir que vers le gai savoir. Je garde le souvenir d’une lecture à mourir de rire par Lucchini de son fameux Il faudrait ne jamais (débattre)1. Appel salvateur par rapport à ce One Woman onusien. C’est qu’à réaliser de la sorte la femme comme l’avenir de l’homme, l’onu fait des femmes un nouveau tout – celui de « toutes-les-femmes »2, ensemble dont Lacan tenait à démonter l’inconsistance, le pas-tout. Sacralisation hystérique qui a comme conséquence, sans le savoir peut-être, de ranger à nouveau le féminin sous le registre d’Un signifiant – phallique donc, fût-ce par son rejet. Histoire peut-être de faire rentrer le diable dans sa boîte et d’œuvrer pour la paix et l’amour universel, autre nom de la mise sous silence de la pulsion. One Woman annonce ainsi plus que de beaux jours à venir au rejet du féminin. Si on tente de prendre le féminin par ce biais, son rejet en est le complément.
C’est ce qu’envisageait, dans son genre – pamphlétaire, incorrect, délétère, noir, non caste3, mais drôle – notre cher Philippe dans un de sesExorcismes spirituels : Gonzessland. « Il n’y aura pas d’homme du XXIe siècle. S’il doit y avoir quelque chose, ou plutôt quelqu’un, ce sera une femme ; et même un femme, comme je propose de l’écrire pour marquer la mutation. Le femme du XXIe siècle. On nous l’a assez dit que la femme était l’avenir de l’homme, que le futur était femme et que le nouveau millénaire serait féminin ou ne serait pas. Eh bien, ça y est, c’est fait, l’avenir est là. Demain est enfin devenu aujourd’hui. La femme n’est plus l’avenir de l’homme, elle est le présent d’un monde qui n’a pas encore de nom »4. Il en voit, dans sa logique, les conséquences dans les repentances, la victimisation, le remplacement du pénisneid par l’envie du pénal et plus encore. « L’histoire était diviseuse, irrationnelle, discriminante, remplie d’imprévus, de catastrophes, d’erreurs, de divagations, de bégaiements, de retour en arrière, de grands désastres. Le monde qui s’annonce sera fusionnel [Yes,… One Woman], mélangiste, convivial, transfrontalier, fluide, correct, osmotique, contactophile et placentaire. Il sera surtout zéro défaut ou du moins il y tendra. Le souci de la sécurité, à tous les niveaux et sur tous les plans, s’associe à merveille avec celui de l’éthique et des bons sentiments. […] Tout ce qui, à l’époque de la domination masculine, relevait de la dialectique disparaitra sous les irradiations de la volonté du Bien et sous les bombardements de la bonté de la Transparence obligatoire. Mais c’est le prix à payer pour que le monde soit remis en ordre, pour que la planète soit nettoyée et les cerveaux débarbouillés de leur « part d’ombre » (Tiens, revoilà Alum Goodme) définitivement libérés de tout un tas de vieilleries, culpabilité, arrière-pensées, soupçons, humour noir, négativité, tentation critiques et ainsi de suite. Le principe de précaution précédera la vie. Le XXIe siècle sera propre ou ne sera pas. »5 « La liberté sans doute y perdra ses plus belles plumes. »6
Allez, doucement Philippe… Ouf, te revoilà pour l’occasion. Piqure de réveil. Merci pour la récréation. T’inquiète, Après l’œdipe, les femmes se conjuguent au futur, c’est aussi autre chose. Ça ne fera pas One ! Du moins, pas celui-là.
1. Ph. Muray, Essais, p. 1567.
2.Ibid., p. 409.
3. Voir la traduction qu’en propose J.-C. Milner dans son dernier Le sage trompeur, Verdier, 2013.
4.Ibid., p. 1277.
5.Ibid., p. 1278.
6. Id.
Un effort de traduction
Marie Izard Delahaye, Rouen, Normandie
Qu’est ce que je comprends quand je lis cette phrase : « Après l’Œdipe, les femmes se conjuguent au futur ? »
Au premier abord, rien.
Alors, par quel bout l’attraper ?
Les femmes, oui, ça je comprends, je crois comprendre, la femme n’existe pas, alors les femmes, oui.
Au futur, donc pas maintenant, et aujourd’hui, c’est le temps de l’Au-delà de l’Oedipe.
Mais, cependant, c’est aujourd’hui, en ce temps de l’au-delà de l’Œdipe, que se trame l’action, car notre verbe est au présent.
Oui, c’est par le verbe d’abord qu’il faut tenter une approche de compréhension, le verbe qui est censé dire ce qui se passe, de quoi il s’agit, quelle est l’action.
Je cherche la définition de conjuguer, se conjuguer, dans la langue commune, celle du dictionnaire. Alors, se conjuguer vient de conjugare, réunir ensemble ; de cum et de jugum, union, joug.
Mais aussi dans sa forme pronominale selon le Larousse, « se combiner, être joint, pour parvenir à un résultat précis.»
Cela s’éclaire, un peu.
Les femmes se combinent, s’associent, pour parvenir à un résultat précis.
Est-ce à dire que le futur s’annonce du côté du féminin ?
Que les femmes feront davantage entendre leurs voix, qu’elles seront plus nombreuses et plus audibles ?
Après l’Œdipe et l’au-delà de l’Œdipe, ce serait l’ère du féminin où nous entendrons l’air des femmes, ce qu’elles ont à dire, plus précisément ?
Les femmes, une par une, de par le monde, se font entendre, certaines se font emprisonner quand elles soutiennent la dimension subjective.
Est-ce à dire que le monde contemporain, dans un futur proche pourrait bien avoir à faire avec les femmes, autrement ?
Alors, j’en serai, mais j’en suis déjà !
La force des simultanées
Marie Ser
Et si ce pouvait être l’occasion de forger une foule d’où parle l’exception, pour que cette force matérielle devienne humaine ?
L’institution du psychanalyste
L’institution est un discours, un mode de lien social, une grammaire où l’exception, qui n’a pas de coordonnées, a sa place.
Il y a une différence entre le « un tout seul singulier » et le « un tout seul exceptionnel ».
L’équivoque rend l’exception inconsistante. L’effet de vérité sur le « un tout seul exceptionnel » entraîne sa disparition, puisque l’exception n’a pas d’égal.
L’exception n’a pas de valeur, il a une place ou il est exclu.
Le psychanalyste a la particularité de laisser la place du maître vacante, l’exception n’a que faire de cette place, il n’a rien à y loger.
La modalité du lien social pour une exception, c’est d’être à la fois dedans et dehors. Dedans pour les comportementalistes? Dehors pour les psychanalystes?
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Pipol News 34 - 24/03/2013
PIPOL NEWS 34
After Oedipus Women Are Conjugated IN THE FUTURE
First Commentary On the Title
The real has responded
After Oedipus1, the question of what a woman wants no longer goes unanswered. The real has responded in its way, which is to say that we still don’t know what she wants, but we bump into this real in a new way. The lawlessness of the real imposed itself on the threshold of the 21st century. The reactions to this new situation vary from discourse to discourse. The fundamentalist, campaigning for lost causes, is conjugated in the past. He dreams of being able to restore the law of a father whose models would be Oedipus and the father of the horde. The capitalist translates the lawlessness of jouissance in terms of consumption, which is conjugated in the present: “Let’s consume now, for tomorrow is the apocalypse.” The man of science, abandoned by the God of the philosophers, calls on the ethics committee. The scientist is conjugated in nothing — he loses himself in his figures that engage no piece of the real.
For the psychoanalyst, the lawlessness of the real is a problem that includes a way out. He makes a compass of the feminine, in order to orient himself towards the world of tomorrow. He crosses the gates of traditional readings to read the clinic and civilization from the logic of the not-all.
The master, the institution, the feminine
The master will have to let himself be taught by the feminine. He knows this without knowing it. In the UN, it has been stipulated that it is imperative to include women in every decision that is taken in negotiating peace because it is they who are most impacted by modern conflict. Psychoanalysis educes the logic that is at work here. The link between tormentors and victims illustrates the powerlessness of the logic of the all to pay the universal with singularities of modes of jouissance. This powerlessness leads the agent of the phallus to draw his weapons in order to rein in the feminine.
Concerning the simultaneous sessions of PIPOL 6, the relationship between the master and the feminine is a theme that will sharpen our reflection on the subject of the institution. Giving a place to feminine logic is a precondition for any possible “Lacanian” presence within an institution. A clinic of the one by one involves the master’s tolerance for this logic.
Refusal of femininity
Mitra will participate in PIPOL 6. Her recent experiences confirm, once again, Jacques-Alain Miller’s statement, according to which we cannot “doubt that psychoanalysis in the 21st century will be in the hands of women.”2 Indeed, it is not surprising that a woman who is sensitive to the logic of the One-all-alone is the first to respond to the all3 with the not-all, to the universal with the singular, to the traditional with the new, with the future to the past and the present. When she does this in the name of free speech, the foundation of psychoanalysis, it is not always comfortable, and sometimes even dangerous. This feminine position, which confronts what Freud called “the refusal of femininity,”4 joins the position of the analyst insofar as he supports the One-all-alone.
Whether we are women or men, we are confronted with our own refusal of the feminine. Similarly, this refusal is not only the prerogative of countries whose regimes hold on to the fundamentalist father. When representatives of neuroscience and of the headless hammer of evaluation attack psychoanalysis, they manifest this refusal. Under the bar of evaluation, there is fundamentalism. Only it is more ‘soft’. Democracy protects us. They attack our practice, they say it is unfit to treat autism today (hysteria tomorrow), but they do not attack ourbody.
On the scene of language
We have noticed for several years that speech on the sexual has been stripped of all repression. Speech is often the scene of a kind of reality TV show, of a desperate attempt, not to speak of the thing, but to reach it via the signifier. But speech is also the scene of new modes of the art of writing that aim at a point beyond truths, coming from a love of the real. The generalization of these effects on language no longer permits us to read them as the exclusive lot of a particular structure — perverse or psychotic, for example. After Oedipus, we rather see there so many attempts to arrive at the One-all-alone as a product of the encounter between the body and the signifier. The psychoanalyst welcomes these phenomena and supports the sinthomatic way that develops from this point. Because for psychoanalysis, jouissance is bordered by a singular style, which gets clarified and purified.
Let us meet at PIPOL 6 where we will talk about all this, and about other things as well.
Gil Caroz
24.03.2013
Translation: Ian Curtis
1Au verso de l’affiche, PIPOL NEWS 0
2 MILLER J.-A., Les Tout-seuls, 2010-2011 class, 9 February 2011, forthcoming.
3 LACAN J. Le séminaire, livre XX, Encore, Paris, Seuil, 1975, p. 74.
4 FREUD S., « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin » (1937), Résultats, idées, problèmes (II), 1985, p.268.
Pipol News 33 - 23/03/2013
PIPOL NEWS 33
Para que algo resuene hace falta el cuerpo. La transmisión en psicoanálisis
Leonora Troianovski, ELP, Barcelona
Resiguiendo el camino abierto por PIPOL 5, el practicante como parte del caso, con Pipol 6, lo singular relevando lo universal, encuentro un hilo para pensar la cuestión de la transmisión en psicoanálisis: la teoría anudada a la experiencia.
¿El saber del que se trata en esta transmisión puede prescindir del cuerpo? El caso de una joven me enseñaba recientemente de qué manera la “realidad virtual” puede implicar una “presencia”, - ella decía: “me paso todo el día ahí” ; “en el Facebook puedo hablar”, pero podía ubicar también lo que sustraía: “cuando estoy en la universidad, aunque quiera irme siempre termino esperando a que se vayan los otros, y cuando se han ido pienso: me han abandonado!” Es decir que entre poner y no poner el cuerpo pasan cosas…
Para cada uno hay algo de la presencia corporal, el encuentro con el otro que introduce la castración y el deseo: hay unos tiempos a los que atenerse, un espacio de la mirada del que uno no se puede sustraer sino con un acto, además, hay la posibilidad de un encuentro “sin permiso” con lo más real, la alteridad, que se presenta de la mano de la contingencia.
Durante la XIII Conversación Clínica de Barcelona [1] , fuimos “presos” (presas, tal vez también -más de uno hubiera querido escapar-, aun, ¿un poco persas…?) de esa dimensión del Encuentro. Allí donde se esperaba una enseñanza, la transmisión de un saber sobre la clínica, nos encontramos ¡Otra cosa!, algo que trascendió ese marco[2] y que tocó, hizo eco en el cuerpo de cada uno.
Lo que uno puede pensar après coup, es que justamente a causa de ello, aconteció precisamente la transmisión de un saber sobre la clínica!
La enseñanza que tuvo para mí ese eco (que los testimonios de los asistentes ubican en un abanico que va desde el entusiasmo hasta la incomodidad o la angustia) es que la transmisión de la que setrata en psicoanálisis es tal que no pasa únicamente por lo que se lee, incluso si se escucha, si esta lectura y esta escucha se reducen a una duplicación del mensaje.
Por el contrario, constatamos una vez más, que "eso pasa" en la medida en que, como dice Lacan de sus Escritos, el lector tiene que poner algo de lo suyo.
Hace algún tiempo vengo pensando en los “Actos de Escuela” y su función en lo que respecta a la formación del analista y la transmisión del psicoanálisis. Hubo un tiempo, largo tiempo, en que los Encuentros, Congresos, Conversaciones, incluso las Asambleas eran ocasión de “aprender”, de tomar nota del saber que allí se desplegaba.
Ese tomar nota tenía un doble sentido, la transferencia del saber del otro a mis libretas, pero también sostener un Otro del Saber, tomar nota de su existencia! Con eso fueron sucediendo cosas, sobre todo en la medida en que consentía a “acudir”, a poner el cuerpo y a escuchar lo dicho. Luego el análisis recibía los ecos. Si “la enseñanza podría estar hecha para hacerle de barrera al saber”[3], esos ecos ponían en juego algo de otro orden!
En determinado momento “descubrí” que las cosas que pasaban, las que tenían un efecto de formación, un efecto subjetivo, tenían mucho que ver con el haberestado allí. Se trataba de la transferencia de un saber que resonaba en el cuerpo, que dividía o sorprendía, que interrogaba, que angustiaba, que incomodaba, que producía nuevas conexiones, nuevas lecturas.
Ese desplazamiento conlleva una basculación del significante Escuela al significante Acto: para que haya acto hay que poner el cuerpo. Las distintas resonancias del Acontecimiento de Barcelona –creo que ya podemos llamarlo así, por los efectos que está produciendo-, las diversas interpretaciones, los diferentes afectos que ha suscitado son, a mi entender, la Escuela Sujeto.
Un sujeto vivo que palpita, al que en su experiencia de Escuela le pasan cosas con el psicoanálisis, como siempre, solos como estamos en relación con la causa analítica[4], toca a cada uno hacer con esos efectos para después, si así lo desea, volver a poner en juego el cuerpo en acto una vez más.
En este sentido pensaba en cierta dimensión de la política en psicoanálisis, como una coyuntura en la que uno se ve impelido a tomar posición. Lo que hace al psicoanalista, creo, es la ética de hacerse responsable de ello.
En El Banquete de los analistas[5], JAM nos recuerda una tesis fuerte de Lacan respecto a la transmisión del psicoanálisis –tesis en razón de la cual funda su Escuela-: “La enseñanza del psicoanálisis no puede transmitirse de un sujeto a otro sino por los caminos de una transferencia de trabajo…”.
Entiendo que hablar de transferencia en relación a la transmisión nos indica el anudamiento estructural que hay en psicoanálisis entre la teoría y la práctica, lo que pone en primer plano la dimensión de la experiencia.
Podemos decir, entonces, que no hay teoría sin lazo a la experiencia, que en psicoanálisis es de algún modo la experiencia de lo incalculable[6].
Los Actos de Escuela entonces, -por su dimensión de acto, no en tanto actividades…-, ponen al descubierto la centralidad del cuerpo en la formación del analista: su presencia y su consentimiento a recibir sobre sí los ecos de cada encuentro, así como la elección -cada vez- de tomar a su cargo el trabajo de lectura de lo que ahí se escribe para cada uno.
Pipol News 32 - 22/03/2013
PIPOL NEWS 32
Comment contrôler ceux qui croient à la clinique du Tout ?
Dossia Avdelidi, NLS, Athènes
L'objet "rien" comme préliminaire à tout traitement possible de l'Anorexie Mentale
Charlotte Laplace, ACF-Belgique, Bruxelles
Comment contrôler ceux qui croient à la clinique du Tout ?
Dossia Avdelidi, NLS, Athènes
Mon intention est de vous faire part de mon expérience en tant que contrôleuse d’une équipe de psychologues dans un centre de santé mentale. Comment une analyste lacanienne peut-elle contrôler à la fois un psychothérapeute cognitivo-analytique, une psychothérapeute cognitivo-comportementale, un conseiller philosophique – jusqu’à mon arrivée dans le centre j’ignorais l’existence de ce terme –, une thérapeute systémique et une Gestalt-thérapeute ? Voilà le problème face auquel j’ai été confrontée. Ces praticiens utilisent des techniques – le mot parle de lui-même – totalement contraires à l’éthique de la psychanalyse.
Ainsi ai-je découvert avec stupeur que les cognitivistes proposaient des exercices de masturbation à ceux qui avaient des problèmes sexuels et que leurs conseils ressemblaient davantage à des décrets. Je ne me réfèrerai ici qu’à quelques-unes des techniques utilisées par ces approches. La psychothérapie existentielle visant à surmonter la rupture entre le Moi et le corps utilise des techniques commela reconnexion avec l’être corporel, le développement d’une plus grande prise de conscience du vécu interne, la kinesthésie (connaissance de la sensation du corps et de ses mouvements) et l’attention émotionnelle à la façon dont on s’exprime avec notre corps.
Pour traiter le trouble d’anxiété généralisée, le psychothérapeute cognitivo-analytique propose des exercices de respiration diaphragmatique, de relaxation musculaire progressive et de relaxation dans l’imaginaire, alors que pour les crises de panique il ajoute aux propositions précédentesl’apprentissage de nouveaux comportements et compétences, des techniques permettant de gérer son temps ou de capter l’attention ainsi que de l’exercice physique. Mais ce qui est particulièrement inquiétant, c’est ce qu’ils nomment intervention ; une intervention qui doit être, concernant notamment les questions sexuelles, tout à fait précise, comme ils le soulignent. Elle comprend la thérapie de couple, l’amélioration de la communication au sein du couple, des techniques de résolution de problèmes, des exercices de focalisation sensuelle, l’utilisation de l’imagination ou d’un matériel érotique quelconque, voire l’intervention à l’aide d’un programme de masturbation ! Quant au conseiller philosophique, il ne croit guère à l’existence de l’inconscient. D’autres tout au moins y croient, même s’ils choisissent simplement de l’ignorer, de l’écarter, de considérer que là n’est pas la question.
Comment donc, à l’époque de l’au-delà del’Œdipe, à l’époque de l’Un-tout-seul, une lacanienne toute-seule peut-elle se rebeller contre la technique, le protocole, l’orthopraxie et le pour tout x phi de x ? La clinique du pas-tout fut ma réponse.
Jacques-Alain Miller nous invite à substituer à notre croyance au tout, le Un. Il estime que le tout dernier enseignement de Lacan explore l’au-delà de l’Œdipe non pas au seul bénéfice de la femme, mais de tout être parlant : « Ce tout dernier enseignement de Lacan explore donc l’au-delà de l’Œdipe, mais pas au seul bénéfice de la femme, il pose que pas pour tout x, phi de x est aussi bien la loi de l’être parlant comme tel»[1], affirme-t-il. Lacan a pu dégager le sinthome parce qu’il a généralisé la formule du pas pour tout x, phi de x. Pour tout être parlant, il y a une part de jouissance qui échappe au phallus, qui n’entre pas dans le symbolique.
Dans la « Préface à “ l’Éveil du printemps” » Lacan nous enseigne que « si ça rate c’est pour chacun »[2]. Le sexuel fait trou dans le réel pour chacun. Toute la jouissance ne peut pas se signifiantiser. Le rapport sexuel n’existe pas indique l’existence d’un trou. Il y a du non symbolisable.
Jusqu’au dernier enseignement, le régime de la jouissance était conçu à partir du mâle, alors que dans le dernier enseignement c’est à partir du féminin que la jouissance est conçue. « La jouissance comme telle est la jouissance non-œdipienne, c’est-à-dire conçue comme soustraite, ou comme en dehors de la machinerie de l’Œdipe. C’est la jouissance réduite à l’évènement de corps »[3].
L’étude de la sexualité féminine a permis à Lacan de lever le voile sur cette jouissance où se situe le sinthome, jouissance que Miller nomme d’addiction, et qui n’a de rapport qu’avec l’Un tout seul, le S1 sans le S2. La clinique contemporaine est une clinique du pas-tout.
Au moment où Lacan fonde son école, il met en question le Nom-du-Père. Lacan a créé une École en rupture avec la tradition, l’orthodoxie, l’orthopraxie et le Nom-du-Père. Du désir de Freud de sauver le père, d’un désir soutenu par un fantasme, d’un désir qui n’est pas pur, a procédé une communauté qui a pris la forme d’une Société régie par le principe de l’exception. Il y en a au moins un qui est en position d’exception par rapport à la castration. Mais « le discours analytique, comme nous le rappelle J.-A. Miller, c’est la psychanalyse au-delà de l’Œdipe, autrement dit, la psychanalyse moins le désir de Freud »[4].
C’est cette rupture avec la tradition, l’orthodoxie et l’orthopraxie que nous enseignent les principes directeurs de l’acte analytique présentés par Éric Laurent en 2006 à l’assemblée générale de l’AMP[5]. Je n’en mentionnerai ici que deux :
« Il n’y a pas de cure standard, pas de protocole général qui régirait la séance et la cure psychanalytique ».
« La psychanalyse ne peut déterminer sa visée et sa fin en termes d’adaptation de la singularité du sujet à des normes, des règles, des déterminations standard de la réalité ».
Le premier cas que j’ai été appelée à contrôler est celui d’une névrose obsessionnelle grave. La psychothérapeute cognitivo-comportementale m’explique alors qu’elle ne peut pas faire avancer la cure, qu’elle est bloquée, parce que toutes ses tentatives sont vaines.
Mais voyons le cas de plus près. Il s’agit d’une jeune femme qui présente des symptômes obsessionnels graves. Elle se lave les mains sans cesse, passe des heures aux toilettes et a peur des microbes et des maladies infectieuses, en particulier du SIDA. Elle ne touche à aucune poignée de porte les mains nues. En fait, ce dont elle a peur, c’est de transmettre aux autres un microbe dont elle serait porteuse. Ses symptômes sont apparus un an plus tôt lorsqu’elle a entendu sa sœur dans la chambre voisine faire l’amour. Elle a éprouvé alors le sentiment qu’elle allait se retrouver seule, que sa sœur allait l’abandonner. Il s’agit du moment du déclenchement. De son enfance, elle n’a pas grand-chose à raconter. Pas de névrose infantile.
D’après ce que j’apprends, la sexualité est une question qui pose problème à cette jeune fille. Elle n’a pratiquement jamais eu de relations et ne supporte pas de parler des questions sexuelles. La thérapeute cognitivo-comportementale me dit qu’elle a beaucoup de mal avec la patiente en question car bien qu’elle insiste à lui poser des questions sur sa sexualité, celle-ci ne répond pas. Elle se déclare choquée du fait que cette jeune femme n’a aucun rapport avec sa sexualité, alors que tout le monde en a un. J’essaie de la mettre en rapport avec son sexe mais je n’y arrive pas. Ce n’est pas normal. Elle n’y a jamais touché, me dit-elle. Je crie presque alors d’une voix désespérée : Ne touchez pas à ce qu’elle ne peut pas toucher. L’hypothèse de la psychose ne lui avait même pas traversé l’esprit. Les apparences sont trompeuses : évidence pour nous, terra incognitapour eux.
Tout le monde a un rapport avec sa sexualité est l’axiome avec lequel cette thérapeute cognitivo-comportementale a dirigé cette patiente. Plongée dans les protocoles, les techniques et les contrats thérapeutiques comment trouver le temps de faire face à la singularité du sujet ? Et de quelle singularité parle-t-on puisque les techniques de ces thérapeutes s’appliquent à tous ? Elles sont littéralement pour tout le monde. Les nouvelles de l’au-delà de l’Œdipe ne leur sont sans doute pas parvenues. Peut-être parce que pour que l’on puisse parler de l’époque de l’au-delà, encore faut-il être passé par l’époque de l’Œdipe !
[1]Miller J.-A., L’Être et l’Un, cours du 2 mars 2011 ; inédit.
[2]Lacan J., Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 561.
[3]Miller J.-A., L’Être et l’Un, op.cit.
[4]Miller J.-A., « Petite introduction à l’au-delà de l’Œdipe », in La Cause Freudienne no 21, mai 1992, p. 3, version cd-rom.
[5]Eric, Laurent, Principes directeurs de l’acte psychanalytique, http://www.causefreudienne.net/ecole/textes-fondateurs/principes-directeurs-de-l-acte-psychanalytique
L'objet "rien" comme préliminaire à tout traitement possible de l'Anorexie Mentale
Charlotte Laplace, ACF-Belgique, Bruxelles
Ce titre, directement inspiré du célèbre écrit du Dr. Lacan D'une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose, est un hommage à ces patients que nous rencontrons dans le lieu de l'institution et à Lacan qui a su élever ces patients à la dignité de sujets. Ce titre est aussi l'hypothèse préliminaire que nous posons quant à l'objet pulsionnel de l'Anorexie Mentale, comme étant le "rien", et ceci pour envisager son traitement. J'en ferai ici une interprétation brève, suivie d'une vignette clinique.
L'Anorexie est un trouble avant tout psychiatrique. Si elle relève d'une causalité psychique, comme son nom l'indique, elle est en effet aussi marquée par un déni massif. À quoi s'ajoute le risque mortel, conséquence de la non-alimentation.
Le cadre de l'Unité des Troubles du Comportement Alimentaire (TCA), de la clinique La Ramée, se structure autour de soins spécialisés de l'Anorexie et de la Boulimie.
Le Docteur Passelecq, qui en est le directeur thérapeutique, pose, dès l'entrée du patient, l'objectif du contrat poids (S1), et l'utilise comme critère clinique fondamental du progrès thérapeutique médical et de subjectivation de la causalité psychique par la patiente anorexique. C'est que l'objet "rien", visé par la pulsion orale (1), est justement ce dont il faut départir l'anorexique, bien au delà de l'enjeux crucial lié au poids.
Le "Non" de l'anorexique ne cause pas son désir. Ce "Non" est S1 qui répond au S1 "Mange !"
La Boulimie, l'envers tragique de l'anorexie, s'épuise, quant à elle, dans un "Oui" tout aussi figé. Il nous faut repérer à la fois la similitude et la tentative de différenciation, introduites dans ces "Oui-Non", pour penser l'opération à produire.
"Trouer le signifiant", cette formule de la psychanalyse appliquée, trouve ici son essor, pour penser une réponse singulière à produire à l'endroit du sujet. Une réponse, un S2 singulier, à ce S1 universel selon lequel il faut manger pour vivre !
A la clinique la Ramée, ce S1 impersonnel est néanmoins et paradoxalement soutenu. Il est soutenu à partir d'un ensemble d'accompagnements : entretiens médicaux et paramédicaux, activités quotidiennes, qui sont obligatoires, mais qui sont envisagés dans la perspective d'amener le sujet à s'inventer un S2.
Ma fonction de responsable d'Activités Thérapeutiques (2) consiste à tenter de déplacer ce "rien", mangé par l'Anorexique, sur des médias. Je rencontre également les patients pour, je le dirais ainsi, créer un accrochage singulier.
En guise d'exemple de cette pratique, je prendrai Judith. Celle-ci refuse de lâcher sa volonté de ne pas s'alimenter car, dit-elle, c'est la seule chose qu'elle éprouve comme une réussite personnelle. Par ailleurs, elle considère le reste de sa vie comme un échec total. C'est comme un constat qu'elle fait et qui la tient dès lors qu'elle manifeste des angoisses intenses, et que les soignants tentent d'en relativiser l'impact mortifère.
Quand je la rencontre, une autre valeur qu'elle se donne m'apparaît d'emblée, c'est sa parole qui s'insulte. Je fais alors l'hypothèse que cette solution du ne "rien" manger, qui fait pour elle sa valeur, doit sans doute être aussi une non-valeur : elle s'insulte. A la fois, elle a de la valeur à vider la volonté orale qui la vise, et de la non-valeur quant au reste de sa vie, non valeur qu'elle doit soutenir pour ne pas "être dévorée" par cette même volonté orale. Ce paradoxe mortel, je consens à lui en faire hommage comme "trait-tement", pour ensuite tenter de lui ouvrir un autre accès. Son être entier peut s'en départir pour laisser place à des objets qui peuvent occuper la fonction.
Une conversation s'entame, suivie de beaucoup d'autres, où nous traiterons ensemble les différents points de son physique ou de sa vie, qui la terrassent. Un de ceux-ci concerne sa voix qu'elle qualifie de nasillarde. "Nazi" est le terme que j'attrape sans le lui dire. Je lui indique seulement la possibilité de travailler sa voix avec un musicien qui travaille dans mon service. Elle accepte. Ensuite, je l'interroge sur son histoire en tant que juive et sur le terme "Nazi". Là-dessus, elle me dira, entre autres choses, qu'elle ne cesse d'entendre ce qui ne se dit pas dans sa famille : dès lors qu'elle les interroge sur l'impact de la déportation, un silence s'installe. Je saute sur l'occasion pour lui dire qu'entendre ainsi les choses est un trait de grande intelligence. Elle consent au compliment et me renvoie le même trait ! Nous commencerons, à partir de cette amorce du lien avec moi, un vrai travail.
Du lacanien dans l'institution,titre de notre soirée, je le situerai à l'endroit de ma pratique à partir des faits suivants :
D'une part, le "Réel" est à situer à différents niveaux : le "notre" à soutenir par la cure comme orientation, celui de l'institution à situer pour "faire-avec", et celui du sujet à traiter thérapeutiquement pour réduire l'impact mortifère.
D'autre part, il est nécessaire que nous incarnions nos dires dans un style singulier, et ceci pour humaniser notre fonction nommée par l'institution.
En guise de conclusion, je vous laisse avec les paroles d'Edith Piaf que Judith a choisie avec le musicien pour enregistrer sa voix et pour, dit-elle, l'entendre enfin : "Non! Rien de rien. Non! Je ne regrette rien."
(1) En guise d'introduction à la compréhension de l'objet "rien" je vous invite à l'excellent compte rendu qui se trouve sur internet d'une conférence d'Anne Lysy: http://pontfreudien.org/content/anne-lysy-lanorexie-je-mange-rien
(2) Mon équipe est composée de 11 personnes dont les formations sont les suivantes: Ergothérapie, Artistiques: -Théâtre,Musique, Écriture, Peinture, Sculpture, Dessin, Stylisme et Sportive.
Pipol News 31 - 20/03/2013
PIPOL NEWS 31
COMUNIDAD DE CATALUNYA de la ELP
Espacio Hacia el Pipol
Resumen
Sesión del 19 de febrero de 2013 (Vicente Palomera e Iván Ruiz)
Sesión del 19 marzo 2013 (Anna Aromí)
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Reseña de la sesión del 19 de febrero de 2013
Intervinieron: Vicente Palomera e Iván Ruiz.
Moderó: Neus Carbonell
Reseña realizada por Mario Izcovich
Asistimos a una sesión con dos intervenciones que un principio parecían desconectadas una de la otra, sin embargo, el debate nos permitió encontrar los puntos que tenían en común que no era otra cosa que la forma de abordar la cuestión a partir del después del Edipo, no pensada como una cuestión temporal en el que después podría suponer, sino a partir de una lógica distinta y una lectura apoyada en la última enseñanza de Lacan.
La presentación de Iván Ruiz giró en torno a la cuestión del autismo tomando como índice una experiencia con niños autistas realizada con la Asociación TEAdir. Se trata de un taller que se realiza una vez a la semana durante dos horas.
Iván Ruiz se pregunta y nos pregunta: … “¿cómo puede un sujeto ubicarse en el lazo social si su posición es externa a él? … “¿Cuál es el discurso que conviene en una institución que acoja a sujetos que no se han instituido previamente en él?... En efecto, para el psicótico y el autista se trata de entrada de la institución previa en el discurso”…
Ruiz siguiendo a Lacan señala que el sujeto autista está fuera del discurso pero está en el lenguaje. Se pregunta: … “¿qué institución podemos proponer desde el psicoanálisis? La experiencia, y luego la viñeta, que nos presentó, se orientan por la práctica entre varios.
… “La apuesta, señala Ruiz, es la de inventar modalidades que permitan hacerse partenaire del sujeto y que anuden el Otro de la palabra con el Otro del lenguaje, excluyendo el goce, que siempre está en exceso”...
Citó a Di Ciaccia cuando señala que la práctica entre varios es un bricolage que sirve para cubrir los agujeros de la estructura y permite al sujeto autista decir no al Otro del goce mortífero y sí al Otro de la cadena significante. Para luego añadir: … “no existe una pretensión concreta sobre lo que se espera de cada niño, pero sí una oferta para su inscripción en la cadena significante”...
Ruiz se apoyó en una viñeta de un niño de cuatro años que asiste al taller. Y señaló que la experiencia busca prescindir del marco educativo como tal. En cambio, señaló: … “Y no será sino en las exigencias que el caso impone donde podrán encontrarse los modos de forzar dulcemente al sujeto a entrar en el campo de la palabra, en la posibilidad del encuentro, y en el esbozo de un lugar para el llamado y la demanda…
Vicente Palomera a partir del artículo de S. Freud de 1913 “Dos mentiras infantiles” introdujo una relectura de la viñeta de Freud desde la perspectiva del después del Edipo. Vimos con Palomera como hay dos interpretaciones posibles. La interpretación desde el Edipo, que en este caso pone la cuestión de la culpabilidad y el amor al padre en el centro y la interpretación del después del Edipo, relectura de lo dicho por Freud a partir de la homofonía Eeis (hielo) - Kreis (círculo) - Glace (helado) - Glas (vidrio) que conecta con el síntoma de la mujer adulta, que no es otro que temor angustioso a los fragmentos de vidrio.
El animado debate giró en torno a dos cuestiones que nos interpelan y en relación al Segundo Congreso de la Eurofederación. El sintagma después del Edipo y que es para el psicoanálisis una institución en la actualidad.
Así como el Padre ya no es más lo que era, las instituciones después del Edipo tampoco ya no son lo que eran. En las instituciones del tiempo del Edipo había una respuesta establecida, en cambio en este después del Edipo se trabaja sin la buena respuesta. Hay algo a inventar en cada caso. Los practicantes analizantes lo están como sujetos de la experiencia, así el saber queda suspendido.
Finalmente se discutió acerca de la posición del analista. De un lado el analista que se presta a algo y del otro se propone, como posición en relación a los autistas, la expresión forzar dulcemente que se plantea como una paradoja. Ciertamente el forzamiento existe siempre, por ejemplo cuando en el dispositivo del análisis se le pide a un paciente que asocie libremente. Su lado paradojal señala precisamente que toca algo del fantasma del analista.
Mario Izcovich
Sesión del 19 marzo 2013
Anna Aromí, ELP, Barcelona
Las Jornadas de la ECF de 2009, tituladas "¿Cómo se deviene analista en los inicios del S. XXI?" marcaron un antes y un después en el uso del significante "el analista". Ocurrió a partir de la puesta en circulación, por parte de Jacques-Alain Miller, del sintagma "analista-analizante". Por su parte, el Encuentro Pipol de 2013 ha propuesto, para trabajar el tema "Después del Edipo. Diversidad de la práctica psicoanalítica en Europa" un nuevo sintagma, el de "practicante analizante". ¿Qué podemos decir de estos nuevos sintagmas?, ¿a qué responden?
Por otro lado, del practicante analizante, dice Gil Caroz en su presentación del Pipol, se esperan invenciones en la práctica. ¿De qué invenciones se trata? y ¿de qué dependen? Estos son algunos de los interrogantes que me interesa proponer a la conversación.
La invención del practicante-analizante
1. ¿Qué trae de nuevo el practicante-analizante?
Las Jornadas de la ECF en 2009 constituyeron un verdadero acontecimiento. Para abordar la cuestión de ¿Cómo volverse analista en el S. XXI?, J.-A. Miller propuso el término analista-analizante, y con él produjo un desplazamiento y una interpretación que anudaba de una nueva manera psicoanálisis puro y psicoanálisis aplicado. Recordemos que era la época de los ataques de los representantes de la evaluación contra el psicoanálisis, y por tanto, como respuesta, la época de la utilidad pública del psicoanálisis y del psicoanálisis aplicado. El analista-analizante entonces ponía el acento en la idea de que el campo de aplicación del psicoanálisis no depende de ninguna técnica sino de una ética, la ética de lo real, y que esa ética del analista se forja, se produce, en su propio análisis.
El problema, como dice Miller en Sutilezas analíticas, es que si a los operadores se les llama analistas, no es de extrañar que ocurran fenómenos no deseables en las autorizaciones. De ahí, me parece, la aparición del “practicante-analizante” en el horizonte del Pipol 6. Practicante es un término que encontramos en la Proposición, pero que usado de esta nueva manera deja abierta la posibilidad de que el operador se haya -o no- autorizado como analista. No es eso lo que más cuenta. Lo importante es la relación de cada uno con su propio inconsciente. “Ser analista no es analizar a los demás, dice Miller en Sutilezas analíticas (12/11/2008), es primeramente continuar analizándose, continuar siendo analizante, como Freud” de su propio inconsciente. Esta sencilla formulación tiene sin embargo consecuencias enormes, porque si reducimos el psicoanálisis al ejercico profesional de los psicoanalistas quedamos confundidos con los psy y con los trabajadores sociales. Entonces, si hay un baremo para medir al practicante en relación con el psicoanálisis, no es su ejercico profesional, sino su relación con su propio inconsciente. Me parece que en este punto ha habido un paso entre el Pipol 5, con la cuestión de intentar localizar el analista en el clínico, y el Pipol 6 con el practicante analizante. El foco se ha desplazado de la clínica, del reinado de la clínica por así decir, a otra cosa: a la cuestíon de saber cómo cada uno se las apaña para mantenerse en posición analizante. Y a veces esoresulta más fácil de decir que de hacer.
Y es que todas estas cuestiones no son fáciles de pensar. Hay obstáculos. Me parece que uno de los obstáculos es que estamos sometidos a una fuerte tendencia a pensar las cosas de dos en dos. Tendemos a hacer parejas. Esto es así por la propia estructura del sujeto, que organiza su pensamiento a partir del estadío del espejo, pero también por la estructura del lenguaje, que esbinario, S1-S2. Y, aunque repetimos “la proporción sexual no existe”, esto no impide que la hagamos exisitir a veces, sin darnos cuenta, por ejemplo en la forma de pensar la experiencia analítica. Porque la proporción sexual no existe pero la proporción analítica tampoco. Es decir que la transferencia es la ficción, es el semblante operativo que se necesita para transitar un análisis, pero esto no distribuye la experiencia en dos campos: el campo del analista y el campo del analizante, como se tendería a pensar. Se trata de otra cosa, de otro tipo de anudamiento. Me parece que la “revolución” en la que nos encontramos actualmente implica esto: que analista y analizante no ocupan dos campos distintos en la experiencia, sino que ambos están del mismo lado, llamando a la puerta del inconsciente. Es lo más importante, me parece, de estos términos nuevos analista-analizante o practicante-analizante: que nossitúan a todos teniendo que pensar de una manera distinta a la del discursocorriente, incluso al discurso corriente del lacanismo, donde hemos aprendido lo que sabemos, que nos ha servido y nos sirve para orientarnos.
2. Invenciones en la práctica
Que el ejercicio del practicante analizante pueda apoyarse en invenciones me parece completamente coherente con la idea de Miller en su curso de 2011, El ser y el Uno, cuando dice que en el fondo el psicoanálisis no se puede transmitir, sino que el psicoanálisis se tiene que re-inventar con cada paciente. Es una propuesta maximalista, aunque bien freudiana, que hace verhasta qué punto la experiencia analítica está, o debería estar, gobernada por lo singular en cada sujeto de su relación con un real sin ley. En este registro podemos decir que la invención forma parte indisoluble del psicoanálisis.
Pero de esto también se desprende otra cosa, y Miller lo explica de manera detallada y preciosa en Sutilezas (10/12/2008) y es que, cuando franqueamos el umbral del psicoanálisis, lo referido a lo terapéutico y a lo clínico queda atrás. Y aquí entra en juego un elemento primordial que es lamanera que tengamos de concebir el síntoma, porque el síntoma como disfuncionamiento llama a la clasificación y a la terapéutica, mientras que el sinthome, que no es pregunta sino respuesta a lo real, es un inclasificable y no se puede terapeutizar. En este sentido, la clínica es el arte de la clasificación, incluso de la clasificación lacaniana neurosis/psicosis. ¿Sepuede hacer sin? Sí, sin duda, y tenemos ya numerosos ejemplos de ello en los testimonios de los AE, pero también, sin ir más lejos, en el Seminario del Campo Freudiano de Barcelona tuvimos un ejemplo con el trabajo que presentóNeus Carbonell y el comentario de Mª Hélène Brousse resaltando la ausencia de clasificación diagnóstica en el caso, porque no hubiera cambiado nada decir que era un caso de neurosis o psicosis, no era eso lo interesante de lo que enseñaba.
Ahora bien, conviene aclarar que esta nueva perspectiva no significa que las estructuras se borren, no quiere decir que no sirvan para nada, significa que las estructuras no son la única guía, la más importante, ni siquiera la más interesante.
Inventar significa esto: con cada paciente lo que conviene, pero teniendo en cuenta –y esto es lo nuevo- que las estructuras no alcanzan para dar cuenta de la relación del parlêtre con lo real. Es decir que podemos prescindir de las estructuras a condición que sepamos servirnos de ellas cuando sea conveniente. Dejar la clínica atrás significa, como dice Gil Caroz en su Presentación de Pipol 6, que “hay tantas clases como casos”.
Otro elemento que está cambiando en la forma que teníamos de considerarlo hasta ahora es el goce. Nos hemos formado en la consideración del goce como lo opuesto al placer y por tanto como un mal para el sujeto, un exceso a reducir, mientras que la nueva perspectiva del sinthome hace aparecer otra dimensión del goce, que engloba la dialéctica placer/goce y que la supera. Es la parte de goce que hay en cada uno vinculada a un real sin ley, que no entra en dialéctica con nada ni nadie, es el goce del cuerpo que se goza solo, sin Otro, y Miller pone ahí el ejemplo de Alien para ilustrarlo. Por eso, este goce nos hace entrar en otra zona distinta, una zona que empezamos a explorar, una zona que a Lacan le hizo desear cambiar de nombre al inconsciente y llamarlo parlêtre. Se entiende entonces que Miller diga que la perspectiva del sinthome nos separa de la clínica clasificatoria y que, por eso, abandona tranquilamente al DSM el término de clínica.
Con todo esto, la práctica del psicoanálisis cambia de acento y se trata entonces de llevar la trama de discurso del paciente -con el Edipo, las identificaciones, los sentidos gozados, etc.-, a esa zona primordial fuera de articulación, fuera de sentido. Es decir, se trata de reconducir al sujeto a reconocerse en su existencia contingente, fuera de todo sentido. Por esto no basta con el síntoma, que no deja de estar vinculado al Edipo y al sentido, y por esto hablamos ahora del sinthome porque es el elemento que nos sirve para designar lo radicalmente singular fuera de toda clasificación. Para decirlo con Gil Caroz en su Presentación, “los avances más recientes de J.-A. Miller permiten atravesar el estándart edípico para cernir el armazón, el nudo, que el sujeto se ha construído para cernir su existencia, el goce que se ha producido del encuentro contingente entre el significante y el cuerpo –punto extremo de singularidad que llamamos el Uno solo”. Ahí “el practicante puede aprender de aquellos que exploran esta zona del ultrapase, para tender hacia una dimensión de invención necesaria para esos sujetos para quienes el estándart edípico no brinda ninguna orientación eficaz”.
Un ejemplo personal. Mientras estudiaba en la Universidad, un acontecimiento traumático sacudió mi existencia y, por un azar, me encontré dirigiéndome al psicoanálisis. Fue un encuentro, traumático también, pero de una índole muy distinta porque cambió mi vida. Más adelante, superado el impasse, y habiendo conocido algo más del psicoanálisis, me decidí a emprender la formación y a cambiar de analista por uno de orientación lacaniana. En esa época era posible, sin ser psicólogo ni médico, ofrecerse como “colaborador voluntario” en instituciones psiquiátricas o, como empezaban a llamarse, de “salud mental”. Era a principios de los años 80. Así entré en varias instituciones, desde el IMPU (Instituto Municipal de Psiquiatría de Urgencias), donde me cedieron el espacio de terapia de grupo con pacientes psicóticos, hasta el Centro de Salud Mental Nou Barris del que formé parte del pequeño equipo que lo puso en marcha.
Lo común de todo ese recorrido, lo recuerdo bien, era una búsqueda imperiosa de orientación clínica. A pesar de que los casos que llevaba en general funcionaban bien, en un punto siempre me encontraba desorientada, siempre encontraba algo que no entendía y que achacaba a una necesidad de mayor precisión diagnóstica. Al principio lo relacionaba con mi falta de formación en psicología o psiquiatría pero –habiendo podido hacerlo- no emprendí nunca esos estudios, sino que buscaba insistentemente en los recursos del psicoanálisis: las supervisiones, los seminarios, el análisis. Hasta que en un momento del trabajo analítico me dí cuenta de que el problema no era el diagnóstico de los pacientes, sino el diagnóstico de mi propia demanda. Me dí cuenta de que estaba buscando siempre lo mismo: que el Otro me dijera qué había detrás de las palabras que me dirigían los pacientes. Y eso era exactamente lo que busqué durante muchos años en mi análisis, primero lo que había detrás de las palabras que me había dirigido mi padre y después lo que había detrás de las palabras que yo misma decía.
Por eso me gustó la manera en que Gil Caroz habla del practicante-analizante cuando dice que “lee en la narración del sujeto aquello que está escrito más allá de la pantalla del lenguaje”. Es esta lectura lo que “permite al practicante responder de manera inventiva”. Actualmente puedo decir que intento ejercitarme en una lectura distinta, una lectura de las letras de goce con las que se han tejido los encuentros contingentes de mi vida.
Para concluir yo resumiría este trabajo en dos puntos.
. La condición de la invención depende de que el practicante consienta a estar atravesado por lo que no sabe. Esto significa que se autorice (de forma anticipada) a sostenerse en un “no entender” y de que aquí no rinda las armas, no busque fuera de su propia relación con el inconsciente.
. Si esto es así, si hay una relación de confianza con el inconsciente, con el propio inconsciente, y se trabaja duro durante el tiempo necesario, el acto analítico (el que profirió el analista del practicante y al que el practicante consintió) dará sus frutos. Y mientras no entrega los frutos definitivos, sean cuales sean, ese acto va aestar orientando al practicante, va a dar un marco analítico a su acción, incluso sin él saberlo.
Entonces: confianza en el propio inconsciente, en la medida que es un inconsciente en elaboración permanente, y sostenerse todo lo posible de forma activa en el no saber. ¡Todo un programa!
Pipol News 30 - 19/03/2013
PIPOL NEWS 30
Regarding the simultaneous clinical sessions
Laura Petrosino
In this age After Oedipus where the symbolic is more and more challenged to make a place for the real, anything that has to do with the unexpected, the incalculable and the unforseeable is feared. This contemporary world – where the market proposes a dream universe, where science looks to measure, to master, and even to erase the real – finds an echo in the refrain of a song by Britain’s famous rock group Radiohead: “No alarms and no surprises”. In this way Pipol 6 addresses the question of how to elaborate/devise a clinical presentation that can trasmit a real refused by our civilization. Moreover, how can the singularity of the subject that is threatened by normative discourse be given its value. It begs the question because we believe that the existence of this contingent real that orients the Lacanian psychoanlysis depends not only on the clinic but also on its transmission. The work of the contemporary artist Pablo Reinoso allows us to think this problematic.
The framework of the institution
“Frame”is the title chosen by the artist for this piece that represents a traditional wooden frame whose four corner moldings are emancipated from the established form by weaving or knotting themselves in a singular manner. Reinoso does with wood what Gaudi does with stone.
This angle – that despite its originality does not infringe on the limits of the rectangle, established by the outer border of the frame – calls the spectator’s attention, invited to recognize in a common and already seen objet, to a detail that brings something new to bare. That is, from within the established, what we already know, what we can anticipate from the traditional form that allows us to identify the object, the artist introduces the unexpected that bursts in and surprizes.
In the simultaneous clinical sessions of Pipol 6, it will be a question of including the institutional dimension in the construction of the case. How are we to understand that? The notion of the institution can be taken in the classical sense as the places, school, hospital, mental health center and even analyst’s couch[i], but it can also be understood as what is routine, regular, custom or rules. Whereas what makes this regularity for the subject is this frame, this key for reading, that lacan calls the “window of the phantasm”. So first this work of art evoques the institutional dimension in what is traditional in the frame.
Singularity
Only, as we mentionned above, this work has the particularity of presenting a series of knots in one of its angles that inserts into the classical form a singularity that has to do with what is most proper to the subject. The artist brings out something new by creating a tention between two orders : the established and the novel.
These knots surprise us because they belong to a usual form and at the same time exceed it. This object allows us to appreciate how these two dimensions of the instituted and the new coexist without excluding one another and illustrate how the frame and what it represents of the structure are necessary for the emergence of the surprise of the subject’s own invention[ii]. Moreover, the originality of this frame that has the property of relating the structure and the knots seems a happy metaphore for the way in which Lacan’s first and last teachings can be articulated in the psychoanalytic experience. Along this line, we believe that After Oedipus does not imply doing without the notion of structure, but rather puts the accent on the one by one of the clinic localising in each clinical case that which pertains to the Real, the Symbolic and the Imaginary.The direction of the cure, in our times, depending less and less on the structural reference.
The void
And so, asJacques-Alain Millerput itin Comandatuba, the only principle that governs Lacanian practice is “it fails”. When we understand how an interpretation worked, it is not an analytical interpretation[iii]. If the surprise is a failure in the established, an erreur in the regularity, we could say that “it surprises”is a possible declension of “it fails”.
Therefore, Pablo Reinoso’s “frame”is not just another frame, in the same way that Duchamp’s bicycle wheel, raised to the status of art object, is not just any wheel[iv]. This frame does not have the function of all the other frames, that of bordering a representation. On the contrary, it allows us to delimit the immensity benieth by isolating a piece of the wall. He causes a void of representation to exist there where there had been nothing. The artist thereby surprises us a second time by inviting us – as Lacan says oin the Seminar XIX[v] – to look at what usually goes unseen : the wall itself. This modality of surprise seems to us as being of a different order to the one produced by the knots because it is not deduced from the laws imposed by the frame, it has no relation with what delimits it.
So by applying this work to the theme of the simultaneous clinical sessions, we could say that it’s thanks to the frame that is the construction of the case, that includes both the instituted and the singular invention, that what cannot be said is delimited and thenseforth likely to be transmitted. Gil Caroz[vi] with Bruno De Halleux explained it this way : “What surprises me every time is a feeling of not having known how to say the essential. As if, at the heart of what we relate about our clinic, our research, our developments, is lodged an unutterable; a little something that is the same as an invisible kernel, an incommunicable cause, that is conditional to its very deployment”. The effort to construct a frame in the writing of a case aims then at causing a void of representation to emerge by delimiting the real that is less the narration of a story than a series of fragments isolated by a logic. The wager is hefty because if « the future of psychoanalysis depends on what this real will become »[vii], the existence of this real partly depends on the analytic discourse.
We hope that Pipol 6, that places itself within the developments of Jacques-Alain Miller on the One all alone, will be able to catch something of the order of failure there where there was a surprise in the established. It is in causing that which escapes the male norm to emerge that what can neither be said nor represented – the feminin, this « invisible kernel », can be delimited and transmitted. Because, for the feminin to find its place in the future, those who pursue Lacanian psychoanalysis have their part to play in civilsation. By getting involved, by being there, and by belonging to the analytical community because there is no transmission without body and without the others[viii].
Laura Petrosino
Translation by Julia Richards
Practical information
All the simultaneous sessions will take place on the first day of the congress, that is Saturday July 6th 2013 from 10 a.m. to 1 p.m. and again from 3 to 6 p.m. Papers may be written and presented in any of the five congressional languages: English, French, Spanish, Italian and Dutch. They are to be sent at present and until midnight on April 16th to Laura Petrosino, Secretary for the simultaneous sessions (mlpetrosino@gmail.com), and to Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be). Selected papers will be polished with “mentors” to allow speakers to get the feel of the Other and to fine comb the paper before the congress.
Some technical indications for papers:
- Total length must not exceed 9000 signs, spacing included, (15 minutes speaking time).
- Font: Times New Roman.
- Character size: 12
- Document Format: Document Word 97-2003
- Document name: NAME-LANGUAGE (for example: COHEN-FRENCH)
- At top of first page, centered: Title of your paper and beneath it, your last and first name.
[i]Bassols M., “Presence of the institution in the clinic”, PIPOL NEWS 4:
http://www.europsychoanalysis.eu/index.php/site/page/fr/7/fr/bulletin/#article-box-157
[ii]Here we refer to what Jacques-Alain Miller develops in his article “Introduction à l’érotique du temps”, La cause freudienne n°56, Paris, Navarin, pp. 63-85.
[iii]Miller J.-A.,“Une fantaisie”, Mental, n° 15, 2005, pp 9-27.
[iv]Our inspiration here is Gérard Wacjman in L’objet du siècle, Paris, Verdier, 1998.
[v]Lacan J., “…ou pire”, Séminaire livre XIX, Text established by Jacques-Alain Miller, Seuil, Paris, 2011.
[vi]Caroz G., “The Case, the Institution and my experience of Psychoanalysis”, Pipol News n°2 :
[vii]Lacan J., “La troisième”, La Cause freudienne n° 79, Navarin, p. 32.
[viii]Cf. Troianovski L., “Para que algo resuene hace falta el cuerpo. La transmisión en psicoanálisis”. To be published in Pipol News.
Pipol News 29 - 17/03/2013
PIPOL NEWS 29
New Congress Title
Albanian
PAS EDIPIT GRATË ZGJEDHOHEN NË TË ARDHMEN
Rasti klinik, Institucioni dhe përvoja ime e psikanalizës
Arabic
ما بعد الأوديب النساء منحازات للمستقبل
الحالة, المؤسسة, وتجربتي مع التحليل النفسي
Basque
EDIPOAREN ONDOREN EMAKUMEEN ADITZAK ETORKIZUNEAN JOKATZEN DIRA
Kasua, instituzioa eta nire piskoanalisaren esperientzia
Bulgarian
СЛЕД ЕДИПА ЖЕНИТЕ СЕ СПРЯГАТ В БЪДЕЩЕ ВРЕМЕ
Случаят, институцията и моят психоаналитичен опит.
Catalan
DESPRES DE L'EDIP LES DONES ES CONJUGUEN EN FUTUR
El cas, la institució i la meva experiència de la psicoanàlisi
Danish
EFTER ØDIPUS ER KVINDER KONJUGERET I FREMTIDEN
Den kliniske case, institutionen og min erfaring med psykoanalyse
Dutch
NA DE OEDIPUS VERVOEGEN DE VROUWEN ZICH IN DE TOEKOMSTIGE TIJD
Het geval, de instelling en mijn ervaring van de psychoanalyse.
English
AFTER OEDIPUS WOMEN ARE CONJUGATED IN THE FUTURE
The case, the institution and my experience of psychoanalysis
Esperanto
POST LA EDIPA KOMPLEKSO VIRINOJ KONJUGACIIĜAS EN OS-TEMPO
La kazo, la institucio kaj mia psikanaliza sperto.
French
APRES L’ŒDIPE LES FEMMES SE CONJUGUENT AU FUTUR
Le cas, l’institution et mon expérience de la psychanalyse
German
NACH DEM ÖDIPUSKOMPLEX WERDEN FRAUEN IM FUTUR KONJUGIERT
Der Fall, die Institution und meine Erfahrung mit der Psychoanalyse
Greek
ΜΕΤΑ ΤΟ ΟΙΔΙΠΟΔΕΙΟ ΟΙ ΓΥΝΑΙΚΕΣ ΣΤΟ ΜΕΛΛΟΝΤΑ ΧΡΟΝΟ
Η κλινική περίπτωση, το θεσμικό πλαίσιο και η εμπειρία της ψυχανάλυσης
Hebrew
אחרי האדיפוס הנשים מוטות בזמן עתיד
המקרה, המוסד וההתנסות האישית שלי בפסיכואנליזה
Italian
DOPO L'EDIPO LE DONNE SI CONIUGANO AL FUTURO
Il caso, l’istituzione e la mia esperienza della psicoanalisi
Norwegian
ETTER OEDIPUS BØYES KVINNENE I FUTURUM
Den kliniske case, institusjonen og min erfaring med psykoanalyse.
Polish
PO EDYPIE KOBIETY ODMIENIAJĄ SIĘ W CZASIE PRZYSZŁYM
Przypadek, instytucja i moje doświadczenie psychoanalizy.
Russian
ПОСЛЕ ЭДИПА ЖЕНЩИНЫ СКЛОНЯЮТСЯ В БУДУЩЕМ
Случай, учреждение и мой опыт психоанализа.
Spanish
DESPUES DEL EDIPO LAS MUJERES SE CONJUGAN EN FUTURO
El caso, la institución y mi experiencia del psicoanálisis
Ukrainian
ПІСЛЯ ЕДИПУ ЖІНКИ ОБЇЄДНУЮТЬСЯ ДЛЯ МАЙБУТНЬОГО
Клінічний випадок, клінічна установа та мій особистий досвід в психоаналізі
Pipol News 28 - 16/03/2013
PIPOL NEWS 28
HACIA EL SEGUNDO CONGRESO DE LA EUROFEDERACIÓN
Antoni Vicens, Presidente de la ELP
La cita de julio en Bruselas se presenta emocionante. Sobre todo tras el cambio de título del Congreso. Este cambio afecta sobre todo a las sesiones del domingo; para el sábado el tema sigue siendo el mismo.
Siempre partimos de la constatación de la unidad del psicoanálisis. Jacques-Alain Miller nos acostumbró a decir que nunca está contraindicado el encuentro con un psicoanalista. Y sea cual sea la modalidad en la que el encuentro entre un psicoanalista y un psicoanalizante se produzca, la misma causa está en juego: esa que nos lleva a emparejar, aunque sea en la dimensión de lo imposible, aunque sea por un instante, el goce con la palabra.
Los trabajos del Segundo Congreso de la EuroFederación de Psicoanálisis, que reúne a las Escuelas de toda Europa, ocuparán entonces dos jornadas de julio. El tema de la primera, organizada en salas simultáneas, queda bien delimitado por las palabras de su Presidente, Gil Caroz: se trata de “acercar, con lo que se dirá, ese punto indecible” ese núcleo invisible, esa causa intransmisible, condición de nuestra clínica, “poniendo de evidencia el triángulo que se forma entre el caso, la institución y la experiencia del psicoanálisis del practicante”. Convengamos en que no es necesario psicoanalizarse para trabajar en el campo de la salud mental; es el caso de la mayoría, seguramente. Pero comprobamos que aquellos que trabajan en una institución y a la vez son psicoanalizantes, tienen siempre algo nuevo que decir. Puede ser que un caso cuyo tratamiento está bajo su responsabilidad lleve a sus asociaciones por un camino inesperado para ellos mismos. Puede ser que los efectos de su trabajo como analizantes encuentre un reflejo en el modo en que, al día siguiente, reciben las demandas de sus pacientes. Puede ser que la experiencia del psicoanálisis proporcione nuevas ideas sobre la organización institucional, que la eximan de los protocolos mortificantes y de las evaluaciones absurdas, y permitan hablar de las relaciones transferenciales que inevitablemente se producen en el uso de la palabra.
Si hay que reconocer una plataforma común entre estos tres lugares (psicoanálisis, práctica, institución) es lo que Lacan denominó lalangue, con lo que quería designar la lengua en su uso, con todos sus idiomas y dialectos, incluido en silencio, y en tanto que nunca dice del todo aquello que creíamos que queríamos decir. Las lenguas son plurales, pero, más que eso, desbordan siempre al ser hablante que se instala en ellas. Hablan entonces el paciente, el analizante, la institución; y, sin saberlo, es la misma lalengua, por aparentes que sean las diferencias.
Por lo que se refiere a las sesiones de domingo, con el título “Después del Edipo, las mujeres se conjugan en futuro”, del que tenemos el espectacular cartel que adjunto, estamos a la espera de nuevas sorpresas.
Para mantenerse al corriente de las novedades del Congreso, os invitamos a visitar su página web:
http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/es/6/es/congreso/
Nota sobre la presentación de ponencias, tal como figura en la página web del Congreso:
Todas las sesiones simultáneas tendrán lugar el primer día del congreso, es decir, el sábado 6 de julio de 2013 de 10:00 hs a 13:00 hs y de 15:00 hs a 18:00 hs. Los textos pueden escribirse en cualquiera de los cinco idiomas del congreso: inglés, francés, español, italiano o neerlandés. Pueden enviarse a partir de ahora y hasta el 16 de abril de 2013 a la medianoche a Laura Petrosino, secretaria de las simultáneas (mlpetrosino@gmail.com) y a Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be). Los textos seleccionados serán luego trabajados con los “mentores” a fin de permitir a cada orador tomar la temperatura del Otro y afinar su trabajo antes del congreso.
Algunas indicaciones técnicas con respecto al texto:La totalidad del texto no debe exceder los 9.000 caracteres incluyendo espacios (15 minutos de presentación oral).Tipografía: Times New Roman.Tamaño de la fuente: 12.Formato del archivo: Documento Word 97-2003.Nombre del archivo: APELLIDO-LENGUA (por ejemplo: LOPEZ-ESPAÑOL) En el margen superior de la primera página, en el centro: Título del texto y abajo vuestro apellido y nombre.
Pipol News 27 - 15/03/2013
PIPOL NEWS 27
Call for papers for the simultaneous clinical sessions of PIPOL 6
The force of the simultaneous sessions
The simultaneous sessions of the second European Congress of Psychoanalysis, PIPOL 6, entitled « The case, the institution and my experience of psychoanalysis » will host a crowd that does not speak as one voice, but with a multiplicity of singular enunciations. So, in accordance with the eraAfter Oedipus, we are interested in the diversity of the psychoanalytical practice in Europe to the extreme of one by one. This particular type of crowd where each one endeavors to define what differentiates it absolutely from any other, is the base of our « material force ».
The psychoanalyst’s institution
For the psychoanalyst, the institution is a discourse, that is, a mode of social tie that the analyst establishes in the places where the psychoanalytical act unfolds1. Behind the couch, the analyst establishes a serious relationship with « another scene », supports the hypothesis that the mistakes of speech « mean something », and handles the equivocal of the signifier toproduce effects of truth. Beside these three poles: the unconscious, the supposed subject of knowledge and interpretation, the setting instituted by the psychoanalyst has the particularity of leaving empty the place of the master so that the subject can deposit his/her own master signifiers.
Outside of the office, the psychoanalyst is not outside of the psychoanalytical discourse. Analysts and analysands who work in « mental health » institutions carry their discourse with them. Whether master or knowledge is embodied there is just one more given that the practitioner of psychoanalysis has to take into consideration in calculating the action. Moreover, this presence of the master and of knowledge exposes the analyst to cases rarely encountered in private practice. Indeed, the disoriented subject, the non-dupe, the one who can’t rhyme the enigma of his/her existence to any signification whatsoever, comes to find in this presence a sort of social tie, a discursive alternative that fastens to the signifier, procuring identifications and supporting the being.
Behind the screen of language
But for the psychoanalyst, the institution is confined neither to an alienation-producing machine, nor to a mechanism for solidifying identifications. Once the subject has found appeasement in a discursive setting that is supported by the common language, psychoanalytically oriented practitioners make an effort to defend the singularity that resists the code of the Other. They try to read the lalangue that precedes the subject’s speech; a letter that allows for a symptomatic tie to be made that does without the institution as incarnated by the master.
When the One-all-alone meets an other
We know, since PIPOL 5, that the case presented in our congresses does not exist as such2. It’s the practitioner’s construction, and the practitioner is present there like Velázquez in Las Méninas. It remains to be known whether this presence is that of the practitioner’s phantasm, ideals, identifications, or if on the contrary, it is the practitioner’s most intimate style, determined during the traumatic encounter of the signifier with the body. From the moment the practitioner’s own most private singularity begins to echo in the experience of psychoanalysis, he/she can carve out a place and handle the singularity of the subject speaking to them. That’s saying that the work done in institutions begins with what thepsychoanalytic experience teaches the practitioner about his/her most authentic relationship to the real. This relationship to singularity and to the real, relieved of its defenses allows, according to the case, the re-enforcement of the subject’s fastening to the institutional Other when necessary or, supporting the subject’s work of the letter, an elaboration of the lalangue, in order to border the enjoyment that invades the subject3.
Invitation
We invite practitioners of psychoanalysis in Europe to speak as practitioner-analysands, while tying together: the case, the institution and the practitioner’s experience of psychoanalysis. Those of you who wish to participate as speakers during the simultaneous sessions are asked to illustrate a clinical event, showing how your experience of psychoanalysis allowed you to operate with the case and the institution, while taking the real into account as the support for your action.
To conclude, be reminded of our mobile definition of the institution. The analyst transports the discourse where ever like a suitcase and installs it wherever he/she may be, with the ethicthat consists in quashing the universal with the singular4. It aims at the point One-all-alone that escapes the institution. In consequence, all our colleagues are invited to participate in the simultaneous sessions of PIPOL 6, even if their institution is limited to the private practice5.
Practical information
All the simultaneous sessions will take place on the first day of the Congress, that is Saturday, July 6th from 10 a.m. to 1 p.m. and again from 3 p.m. to 8 p.m. Papers may be presented in any of the five languages retained for the Congress: English, French, Spanish, Italian and Dutch. They may be addressed at present to Laura Petrosino, Secretary of the Simultaneous Sessions, (mlpetrosino@gmail.com), and to Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be). Deadline for papers is midnight, April 16th. The papers selected, considered as a work in progress, will receive the benefit of « mentors » so that each speaker can get a feel for the Other andrefine their work before the Congress.
Some technical indications for papers:
- Total number of signs, spaces included must not exceed 9000 (15 minutes speaking time)
- Font type: 12 point, Times New Roman
- Document Format: Document Word 97-2003
- Name of document: NAME-LANGUAGE (example: COHEN-ENGLISH)
- Centered, at the top of first page: Title of your paper, and underneath it, your last name followed by your first name
Gil Caroz
Congress Director
EuroFederation of Psychoanalysis
1 MILLER J.-A., « Vers PIPOL 4 », Mental n°20, février 2008.
2 MILLER J.-A., « Parler avec son corps », Mental n°27/28, septembre 2012.
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Pipol News 26 - 10/03/2013
Le nouveau titre général de PIPOL 6, « Après l’Œdipe les femmes se conjuguent AU FUTUR » a frappé la commission d’organisation de PIPOL 6 comme un coup de tonnerre. Dans le document ci-dessous, chacun (presque) y va de l’effet immédiat que cela a eu sur lui. Ces bafouilles sont disparates : association libre, référence littéraire, reprise approfondie d’un témoignage de passe, souvenir, féminité décidée, critique, œuvre d’art... Parallèlement, certains membres de la commission sont au travail de préparation de leur propostion d’intervention aux simultanées du Congrès sous le titre : « Le cas, l’insititution et mon expérience de la psychanalyse ». Et vous ?
Gil Caroz
Claire Piette
Les femmes se conjuguent au futur parce qu'elles veulent toujours encore un dire
Les femmes se conjuguent au futur parce qu'elles ne s'assemblent jamais complètement
Les femmes se conjuguent au futur parce qu'au radical, il leur faut toujours un ajout
Les femmes se conjuguent au futur parce qu'elles adviennent d'une parole qui sera
Les femmes se conjuguent au futur parce qu'elles s'immiscent toujours dans l'imprévu
Les femmes se conjuguent au futur parce qu'elles ne cessent pas de ne pas s'écrire
Charlotte Laplace
Temps 1 : « Après l’Œdipe » = le premier titre de PIPOL 6.
Temps 2 : « Après l'Oedipe, les femmes se conjuguent AU FUTUR ».
Temps Présent ! : « Inscrits-toi ! Il en va de ta responsabilité vis-à-vis de l'avenir de la psychanalyse ... »
Effets d'après(ce)coup !
Gil Caroz : « Euh ... Charlotte, t'y vas toi ! »
Charlotte Laplace : « Ben oui... suis une membr-esse sans membre de la commission PIPOL 6, ... mais pas sans désir ! »
Eric Costers
A la sortie de la réunion de la Commission Pipol 6, hier soir, je cherchais ma voiture. Où l'avais-je donc garée ? Une collègue, charmante, faut-il le préciser, observait mon manège à quelques pas et me héla : « Hé, tu es peut-être une femme ? » N'auriez-vous pas messieurs, comme moi, adoré cette question ? Mais pourquoi ? C'est en me posant cette question que m'est venue l'idée de participer aux gazouillis auxquels Gil nous invite. Il n'y a pas que sur Twitter que l'on gazouille, dans l'équipe Pipol 6 aussi ! Evidemment je ne dirai rien du pourquoi : soporifique ! Mais le comment ? Analysant depuis belle lurette, ce sont les comments qui constituent le gril de l'aventure ! Ce n'est pas un même genre de savoir, du pourquoi et du comment, qui s'en déduit ! Qu'il suffise, ici, de remarquer que la question - sur le mode « ceci n'est pas une question » - fut posée par une femme.
« Peut-être », dit-elle. Hé oui, même le présent, elles le conjuguent au futur !
Après l'Œdipe les femmes se conjuguent au FUTUR : et la psychanalyse, donc.
Itxaso Muro
Kolkoa, mot basque pour décrire le lieu chaleureux et rassurant formé par le creux entre les seins d'une femme. Là où les femmes gardaient leurs sous et objets de valeur.
« Qui a-t-il derrière un grand homme ? », dit-on en Espagne. « Une grande Femme ». Un grand creux où déposer son « objet de valeur ».
Eh bien, qui a-t-il derrière une grande femme ? Et qu'est-ce qu'il en est du kolkoa après l’Œdipe ?
Gil Caroz
Les titres et les noms ont leur vie. Des noms qui changent, qui s’élaborent, qui sont aimés, qui sont haïs, qui se remplacent, ou qui ne se remplacent pas. Pluralités de noms. Ça embrouille, mais c’est bien psychanalytique, bien après l’Œdipe.
Mais pourquoi diable gardez-vous le titre « PIPOL 6 » aux côtés du « Deuxième Congrès Européen de Psychanalyse » ? Ici 2ème, là-bas 6ème, on ne comprend plus rien. La question m’a encore été posée hier. Je me la pose aussi depuis un certain temps.
Il paraît que dans l’artillerie de l’armée anglaise, à l’époque où les canons étaient encore tirés par des chevaux, il y avait toujours quelques soldats dont le rôle était de tenir les chevaux lorsque les canons tiraient, afin d’éviter le déchaînement de panique du pauvre animal. A l’armée comme à l’armée, pendant l’entraînement, ces soldats devaient se mettre en position de tenir le frein d’un cheval. Le fait que les chevaux ont été remplacés par des camions et ensuite par des chars n’a pas empêché de poursuivre la tradition. Quand on tire au canon dans l’armée anglaise, il y a toujours un soldat qui se met en position de tenir le cheval, bien qu’il n’y ait aucun cheval dans les parages. Hors-sens et trace indélébile du passé. Qui a dit que quand les canons tirent les musent se taisent ? Est-ce toujours ainsi dans l’artillerie anglaise ? – Je défie nos collègues anglais de se renseigner et de nous le dire.
Ainsi PIPOL est un signifiant qui a de la force, devenu un nom propre ineffaçable, indélébile, qui a forcé sa place parmi les signifiants qui organisent le travail des adhérents à la psychanalyse lacanienne en Europe. Merci Judith !
Juliette de Halleux
La jouissance féminine est sans limites mais peut ne pas être sans bord !
Cette jouissance mélancolique, océanique, volcanique, incandescente emporte le corps d’une femme. Ressentir, éprouver, ne rien pouvoir en dire, s’en plaindre ou s’en enthousiasmer, s’envoler... se perdre. Toujours.
Tonino De Bernardi nous propose une version contemporaine de Médée. Une version « Après l’Œdipe » dans son film Médée miracle.
Une femme perd l’amour du partenaire, erre un temps et choisit de tout quitter. Y compris ses enfants. Elle ne les tue pas. Elle est mère aussi intensément qu’elle est femme. Lors d’une ultime rencontre avec l’homme qu’elle a perdu, elle lui donne ses enfants. Elle n’en dit rien, à personne.
Et si la perte est totale, plutôt que de s’éjecter de la scène, elle part soigner la douleur des autres « laissés tomber » du monde, en Afrique. Elle se range à être l’objet de son propre fantasme.
Mais, il n’en reste pas moins qu’elle choisit la vie. Un choix qui comporte une invention mais au prix d’une séparation réelle.
Au-delà du ravage, l’analyse peut donner un autre destin à cet illimité. Des témoignages d’AE nous ouvrent cette voie.
L’Après Œdipe, s’il peut être sans limites, n’est pas nécessairement sans bord.
Pascale Simonet
Les femmes se conjuguent au futur...
Pauvre égarée que je suis face à ce nouveau titre !
Troublant trou noir qui s'ouvre à son évocation si l'on prend au sérieux l'acte d'une vraie femme ! 1
A tenter de le saisir avec des mots nouveaux, je me trouve désemparée tel le spectateur vacillant devant le troublant trou blanc du ventre féminin porteur d'avenir, qui s'évapore à son approche, mis en scène par Anish Kappour en 2007 :
http://www.dailymotion.com/video/x8snjk_troublant-trou-blanc_creation#.UTOCLaW_Z1Q
Ma voix de femme me quitte et me déserte face à l'énigme qu'il ouvre.
Habillé une nouvelle fois de silence, ressurgit mon vieux « je ne sais pas », éculé à force d'en avoir usé et abusé.
Toutefois, c'est en cela même qu'inexplicablement, ce nouveau titre me plait et m'attire !
L'avenir serait-il donc ouvert à la furie, à l'égarement, à l'incandescence du volcan, à la vacuité du rien ? On le pressent, mais comment ? Selon quelles modalités ? Avec quelles limites ?
Comment nouer l'insaisissable solitude toujours singulière à l'improbable avenir ? Comment penser l'impensable ? A partir de quoi articuler l'inarticulable ? Avec quelles conséquences ?
Un bien fameux défi à relever pour la damnée que je suis à m'approcher de ces questions brûlantes !
Ce n'est plus à la grammaire, mais au grimoire des sorcières et des inventeurs isolés que nous allons devoir nous référer !!!
1 « L'acte d'une vraie femme n'est pas celui de Médée, mais il en a la structure, c'est le sacrifice de ce qu'elle a de plus précieux pour creuser en l'homme un trou qui ne pourra pas se refermer. » J.-A. Miller, « Des semblants dans la relation entre les sexes », la Cause freudienne, 36, pp. 7-15.
Justine Junius
Dans Le livre de l'intranquillité, Fernando Pessoa écrit : « Il me faut choisir entre deux attitudes détestées - ou bien le rêve, que mon intelligence exècre, ou bien l'action, que ma sensibilité a en horreur ; ou l'action, pour laquelle je ne me sens pas né, ou le rêve, pour lequel personne n'est jamais né. Il en résulte comme je déteste l'un et l'autre, que je n'en choisis aucun, mais comme, dans certaines circonstances, il me faut bien ou rêver, ou agir, je mélange une chose avec l'autre. »1
Voilà un homme sur un bord bien singulier... Est-ce une modalité de jouissance à inscrire dans la féminisation de la modernité ?
1 Pessoa F., Le livre de l'intranquillité, Christian Bourgeois éditeur, 1999, p.40
Monique Kusnierek
Après l'Oedipe, les femmes se conjuguent au futur.
Qu'est-ce que cela veut dire ? La formulation de la phrase, elle-même, m'échappe.
Qu'est-ce ce qu'on dit quand on dit qu'on conjugue au futur ? Que ce n'est pas encore là ? Que ce sera là demain ? Qu'on ne perd rien pour attendre ? Que peut-être ? Plus tard ? Qu'on ne sait pas ? Qu'on verra ?
Je pourrais sans doute recouvrir le trou, creusé par la question que ce titre me pose, avec ce que je sais déjà, avec ce que l'on a déjà dit d'elles, ou, mieux encore, avec ce qui s'en dit aujourd'hui. Mais alors la question serait réglée, entendue. Est-il possible de faire autrement ?
Ah ! Mais je viens d'entrevoir une petite lumière, que voici : qu'Après l'Œdipe, les femmes se conjuguent au futur veut peut-être tout simplement dire qu'elles se conjugueront au cas par cas, que ce n'est pas déjà réglé à l'avance ! Comment ai-je fait pour ne pas lire cela au départ ?
C'est fou qu'il faille toujours réinventer ce qui se dit pour que cela échappe au bien entendu. Comme s'il s'agissait, à chaque fois, de faire un tour sur soi-même pour donner vie à l'inédit.
Anne Debecker
Blanche-Neige et le malaise dans la civilisation
Le film Blanche-Neige et le chasseur réalisé par Rupert Sanders ne fera sans doute pas date dans l’histoire du cinéma. Mais, il m’a inspirée. Quand je l’ai vu, je me suis dit : « Waouh ! Voilà la femme au 21è siècle !!?? »
Ce film est sombre contrairement au dessin animé de Walt Disney tout en couleurs et clarté. L’horreur est sans limite et masquée par la beauté arrogante de la reine diabolique. La femme y est traitée bien différemment que dans le dessin animé. Blanche-Neige est une femme, jeune certes, mais femme. Souvenez-vous, dans le dessin animé il s’agissait d’une jeune fille toujours souriante, proprette, sifflotant, chantant et lisse tant sa division était recouverte par la duperie d’un rapport sexuel existant et les normes sociales de l’époque. Seuls, les nains représentaient le vivant des pulsions.
Ce monde-là n’existe plus. Le réel court tout au long du film. Il s’agit de lutter pour sa vie, de dépasser ses angoisses, d’innover, d’agir sans répit. La princesse, Blanche-Neige, sale, mal fagotée, en guenilles est guidée par des intuitions. Elle parle peu même pour conclure des deals afin de survire. Elle agit ; elle se bat. Ce n’est donc plus le beau prince qui délivre le royaume mais elle qui, épée à la main, affronte l’horreur. De plus, le prince charmant ne l’est plus, charmant. C’est un mauvais garçon aux penchants suicidaires qui lui sauve la vie grâce à l’appât du gain et au fait qu’elle lui souffle l’imposture de l’Autre. Pas d’illusions, les héros sont dépeints comme antihéros, habillés de réel, le rapport disons harmonieux entre homme et femme n’est pas d’actualité, chacun y est pour sa propre jouissance.
Le film se termine quand la princesse quitte l’horreur pour rejoindre l’énigme de la différence sexuelle.
Maud Ferauge
Bafouille, j'aime beaucoup ! Cela m'évoque la chanson très ironique de Pierre Perret Les jolies colonies de vacances. Un p'tit clin d'œil aux enfants qui écrivent à leurs parents quand ils sont en colonies... merci papa, merci maman ! Je le cite :
« J'vous écris une p'tite bafouille
Pour pas qu'vous vous fassiez du mouron
Ici on est aux p'tits oignons
J'ai que huit ans mais j'm'débrouille
J'tousse un peu à cause qu'on avale
La fumée d'l'usine d'à côté
Mais c'est en face qu'on va jouer
Dans la décharge municipale »
Quand les femmes se conjuguent au futur, ce n'est pas sans ironie ! Rires !
Yves Vanderveken
Philippe Sollers revient à plusieurs reprises dans son œuvre sur la dimension essentielle que constituent à ses yeux les phrases qui débutent chacun de ses livres.
Son très beau dernier, Portraits de femmes, déjà évoqué à plusieurs reprises, commence ainsi : « On ne naît pas homme, on le devient, la plupart du temps à ses dépens. »
Intéressant renversement contemporain.
Jean-Claude Encalado
Dans le même mouvement où Virginia œuvra pour la reconnaissance de l'égalité des droits des femmes (avec Une chambre à soi ou avec Trois Guinées), elle aspira à inventer une écriture singulière, proprement féminine, afin de traiter, elle le dit explicitement, les voix qui l'envahissaient. Et nous offrit ces si beaux textes : Vers le Phare, Les Vagues, qui nous font entendre le murmure de la mer, le pépiement des oiseaux, le bruissement des ailes du papillon.
Voix, sons, bruissement.
Valérie me joue une œuvre pour piano, Aveu de Schumann ou un Prélude de Scriabine. La musique de Schumann épousait les variations mélancoliques de son âme. Scriabine traduisait en notes de musique les couleurs qu'il percevait. Valérie peut jouer pendant des heures. Elle me dit: « Tu entends, là, une couleur ? » « Et ici, c'est comme une chute, tu la sens ? »
Guy Poblome
Des nouvelles du front
Pourquoi parler du champ de bataille, alors que nous sommes invités à bafouiller sur les femmes ?
J'ai adoré la reprise, dans les échanges entre Jacques-Alain Miller et Alain Badiou, de cette pièce de Courteline dans la Règle du jeu(http://laregledujeu.org/2013/02/28/12569/victoire-a-tunis-massacre-a-paris/), La peur des coups, qui m'a beaucoup fait rire. Les hommes ont peur d'y aller. Oh, pas les soldats ! Eux, ils ne reculent pas devant le sacrifice pour aller au casse-pipe. Des hommes, des vrais.
Si l'ONU prétend que les femmes sont vectrices de paix, il se fait qu'elles sont de plus en plus nombreuses dans les corps d'armée. On y perdrait son latin. Le pas-tout qui caractérise le féminin selon Lacan les rend certainement d'autant plus efficaces, sinon redoutables.
Dans notre bataille, que nous menons vers PIPOL 6, nos armes stratégiques, que sont entre autres les Annuaires de l'EuroFéfération de Psychanalyse - Annuaire des Régions et Annuaire des Adhérents -, sont en passe d'être mis à jour. De quoi peut-être monter à l'assaut de l'OMS et contraindre son Conseiller européen pour la Santé mentale à descendre dans l'arène ?
Patricia Bosquin-Caroz
Femmes au pluriel
Le féminin, oui, encore, à condition de le mettre au pluriel ! Les femmes, adolescente, j'aimais les regarder, je les ai enviées, admirées, craintes... pas toutes, certaines. Très jeune, cet attrait a d'abord pris les couleurs du féminisme pour finalement buter sur l'écueil que l'on connaît. Tout au long de mes études, le problème que me posait la féminité ne cessait de me tarauder. A l'université j'ai voulu le résoudre en me penchant plus avant sur le thème « De la femme au devenir femme ». On ne naît pas femme, on le devient. Pour répondre à cette question qui me turlupinait : « Qu'est-ce qu'une femme ? », j'ai préféré Duras à Beauvoir. A l'époque je n’avais pas lu le séminaire Encore et ignorais les avancées de Lacan sur le sujet. Je protestais contre le primat du phallus, très pénien chez les freudiens ! Ma référence. Et puis vint l'expérience d'une cure analytique lacanienne et grâce à elle, la révélation puis la traversée d'une certaine forme de misogynie hystérique, bien entendu à moi-même ignorée ! Celle-ci trouvait son fondement dans l'amour inconditionnel pour le père mort idéalisé, désincarné, mon partenaire fantasmatique. Comme on le sait, vouloir être l'unique, celle qui manque au père, ne tolère aucune concurrence. Ici, on est loin du féminin pluriel tel que le dépeint si bien Philippe Sollers dans son dernier livre Portraits de femmes. Bien sûr il s'agit là du point de vue d'un homme. Quant à moi, il me fallut m'armer d’un désir décidé pour franchir l'écran qui me séparait de ma féminité et m'avancer dans une zone non balisée par l'Œdipe. Faire sienne sa folie amoureuse pour un homme, sa gourmandise illimitée et son corollaire mélancolique, n'était aucunement prévisible ! Pourtant, la psychanalyse peut nous amener à traverser l'horreur de savoir et nous permettre de se découvrir Autre à soi-même. Inquiétante étrangeté féminine, qui reconnue comme telle, ensuite détachée de toute forme de culte privé (passe oblige) peut ouvrir la voie au désir de l'analyste. C'est à cette condition que ce désir nettoyé de la méconnaissance fera place, sans jugement, sans haine, sans fascination, sans crainte et sans pitié, à la différence absolue. Avançons que le féminin serait le nom de l'absolue singularité du parlêtre, l'étranger en soi, la part de dinguerie propre à chacun. Il n'est donc pas l'apanage du sexe féminin, ce que Lacan nous apprend par ailleurs. Dans son dernier cours l'Etre et l'Un, JAM nous rappelle que c'est par le biais de la jouissance féminine que Lacan va isoler le régime de la jouissance « comme telle », jouissance qui échappe à l'interdit, à la loi de la castration, à l'Œdipe. Cette jouissance non symbolisable, non négativable, indicible, a des affinités avec l'infini (non dénombrable) et à ce titre avec la jouissance féminine. JAM précise, que c'est d'avoir généralisé la formule de la sexuation « pas pour tout x phi de x », que Lacan en vient à dégager le sinthome. L'invention singulière est dès lors affine avec la logique féminine qui objecte au standard œdipien, puisqu'elle prend appui sur la part de jouissance non résorbable en chacun. Aujourd’hui, les AE savent démontrer leur savoir-y-faire avec cette part de jouissance opaque, résiduelle, inéliminable. Mais ce qui s'obtient par la voie du discours analytique ne se donne-t-il pas aussi à voir au grand jour, quand nous assistons un peu partout à la présence de plus en plus affirmée des femmes dans le monde artistique, politique,... et à ce qui leur est consubstantiel, l'émergence des solutions sur mesure, palliant à l'effondrement des valeurs universelles ? A les entendre, la clinique des modalités du « faire couple » en est d'ailleurs exemplaire. Comment ferons-nous lien entre les « Tout seuls » dans le monde de demain ? Peut-être que PIPOL 6 nous en donnera quelques idées. Après-tout n'est-ce pas le défi que relèvent certaines institutions orientées par la psychanalyse, qui tentent d'articuler la logique du « pour tout x » avec celle du « pas-tout » ?
Pipol News 25 - 04/03/2013
Second European Congress of Psychoanalysis - PIPOL 6
Communication from PIPOL 6
The general title of the Second European Congress of Psychoanalysis, PIPOL 6, was updated based on the news we are dealing with. By extending «After Oedipus» by «women are conjugate IN THE FUTURE», this title pulls us forward and reinterprets the indication «the future is feminine» already mentioned in the first argument «Reverse side of the poster». This title will serve as a compass in the Congress plenary sessions of Sunday 7th July 2013 which will be epistemic and political.
The theme of the clinical Simultaneous sessions, «The case, the institution and my experience of psychoanalysis», remains unchanged. Indeed, the first day of the Congress, on July 6th, will be «the opportunity to forge a crowd that does not speak as one voice, but with a multiplicity of singular enunciations». This from the testimonies of the work in institutions of practitioners oriented by Lacanian psychoanalysis throughout Europe, according to the indications provided in the Call for papers which was already distributed and can be found on the website of the EuroFederation.
Gil Caroz
President of the EuroFederation of Psychoanalysis
Translation: Florencia Fernandez Coria Shanahan
Pipol News 24 - 03/03/2013
Second European Congress of Psychoanalysis - PIPOL 6
July 6th & 7th 2013
Update
New Congress Title
AFTER OEDIPUS WOMEN ARE CONJUGATED IN THE FUTURE
This update of the title and congress results from a correspondence between Mitra Kadivar and Gil Caroz through the intermediary Jacques-Alain Miller. During this exchange Mitra accepted our invitation to participate in PIPOL 6. Below, we present you with the correspondence.
From Gil Caroz toMitra (Brussels, February 15 2013, 14h41)
Dear Mitra Kadivar,
I wish to invite you to participate in the plenary sessions of the Second European Congress of Psychoanalysis (PIPOL 6), which shall take place in Brussels on the 6th and 7th of July. Should you accept, the EuroFederation of Psychoanalysis will finance your voyage and lodging. The current title of the congress is as follows: After Oedipus: Diversity of the psychoanalytic practice in Europe.
Jacques-Alain Miller forged the expression After Oedipus specifically for this congress. Today, after what you suffered for 52 days, this expression appears as a S1 awaiting interpretation. Thus we add a S2 to this S1: After Oedipus (S1): the feminine future (S2).
The “Mitra”events that mobilized us reveal a field of the impossible behind an edge, ashore line. In the same stroke, it outlines the register of the possible in the field of today’s psychoanalytic practice. Seen from here, the context in which you practice is patriarchal in the extreme, while having a diabolic pact with the most ferocious manifestations of the discourse of « Mental health ». That a woman dares to venture the diffusion of psychoanalysis in this particular part of the world is no haphazard chance. With Lacan, we are beyond the question of “What do women want?” in a zone where the hypotheses of feminine jouissancetransform psychoanalysis into an ethics that upholds singularities; above all that makes way for the Other jouissance, beyond the phallus, without pretending to make it march in step. This is neither without difficulty nor risk. The master, when it extrapolates its logic to the end, shows itself to be dangerously ravaging with regard to feminine logic, that of the not-all, of the One-alone. While in Europe our combat consists of opposing discourses of the singular and the universal, your imprisonment unveiled what is at stake in the offensives against psychoanalysis. It involves no debate, but rather an attack against the body of a subject who gives voice to psychoanalysis. Furthermore, your determined resistance in the face of this attack clarifies our clinic of the symptom insofar as it is to be read instead of cured.
During PIPOL 6, we will hear the whole panoply of testimonies from practitioners, oriented by Lacanian psychoanalysis, from the four corners of Europe. Side by side with this exposition of the diversity of psychoanalytic practice, a study of the stumbling blocks that you encounter in your practice, as well as the manner in which you overcome them, would be precious. It would highlight the real behind the mask of its more “soft” variants of the Other; versions that we encounter in the European region.
In the hope that you accept this invitation, I wish you a peaceful recuperation before the resumption of your activities. As we have come to know you, this should not take long.
Sincerely,
Gil Caroz
President of the EuroFederation of Psychoanalysis
From Mitra to JAM (Tehran, February 17 2013, 10h13 CET)
Dear Jacques-Alain,
Of course I joyfully accept Gil Caroz’s invitation. Only I think that it would be best he consulted PG Guéguen on the difficulties of inviting an Iranian to a congress in Europe. I found it nearly impossible to come to Geneva. Then, if he is still ready for the adventure, please have him signal it to me.
Sorry for the delay, never have I been more tired in my entire life.
Yours truly,
Mitra
From Gil Caroz toMitra (Bologna, February 17 2013, 15h42)
Dear Mitra Kadivar,
Thank you profoundly for your reply. I am of course ready to commit to the adventure and cross mountains of difficulties if must be, to enable your voyage to Brussels. Your presence at PIPOL 6 would be of great importance for the chosen theme, which concerns the future of psychoanalysis in the world.
Yours truly,
Gil Caroz
Translation: David Hafner
Pipol News INFO n° 04
Accommodations in Brussels.
Yes, Brussels can welcome you at reasonable rates!
Here is some information to help you get around:
- On the website of the Congress, Resotel offers a selection of rooms from very good hotels, where rooms have been reserved especially for PIPOL VI.
- For those who are looking for cheaper accommodations, you may want to take a look at the column www.hostelsinbrussels.be at the link Resotel. There you can find addresses of 5 hostels in Brussels, where the 4 first ones are the closest to the Square.
- Furthermore, we have visited a few hotels from 3 to 2 stars and even 1 star. They are all in the « city center »; therefore 10 minutes by foot from the Square: prices per night are around 55€ for a double room:
Hotel - Astrid (3 stars), square of samedi
- Windsor (2 stars), square Rouppe
- at the Grande Cloche (2 stars), square Rouppe
- Barry (1 star), square Anneessens: even cheaper but less comfortable
- Floris Avenue (4 stars), av. of Stalingrad: a little more expensive.
On the Internet, you may find other offers with reviews, which will help you make your choice.
If you cancel breakfast that is usually very expensive, you will easily find cafés with reasonable breakfast prices in the surroundings.
You can also search on « appart-hôtel ». If you are a few wanting to book together, you can split the prices.
Good luck.
pipol News 23 - 24/02/2013
Éric Taillandier, Rennes
Un accueil des demandes au CMPP de Laval
Frédérique Bouvet, Rennes
UNO per UNO
Éric Taillandier, Rennes
Vous connaissez le Un-tout-seul qui commence à prendre une certaine consistance dans notre champ. Mais connaissez-vous le UNO ? C’est le jeu de cartes le plus prisé par les jeunes de l’Institut Médico-Educatif où j’interviens. Sans doute parce que ses règles sont très simples et ne nécessitent pas d’accès préalable à un niveau avancé de symbolisation. C’est essentiellement basé sur la reconnaissance visuelle : on joue des cartes de la couleur demandée (rouge, vert, bleu ou jaune) ou portant le même symbole (tel chiffre de 0 à 9 ou quelques autres cartes spéciales). C’est ludique… et très vite rasant en ce qui me concerne. Quand on joue à deux notamment, ce qui arrive fréquemment, on ne peut pas vraiment développer de stratégie particulière face à son adversaire. En effet, on ne peut pas garder de cartes trop longtemps en réserve, le but du jeu étant justement de s’en débarrasser au plus vite. Alors, on se laisse guider au gré des signes et des couleurs des cartes qui tombent de façon métonymique. Il se trouve que certains jeunes, qui réclament pourtant des entretiens avec moi « pour parler », se saisissent bien plus volontiers du jeu laissé à leur disposition sur un coin de table que de la parole. Il me faut donc composer avec le UNO-tutto-solo de chacun, car chaque jeune, évidemment, s’en saisit à sa manière. Fragments d’une clinique quotidienne au UNO per UNO.
Sur le plan du désir, pour Sonia, c’est plutôt le désert. Rien n’est vraiment investi. Elle a affaire au vide subjectif et ne prend jamais aucune initiative personnelle. Du coup, c’est très compliqué de la solliciter, car il faut choisir pour elle, la stimuler en permanence. Le risque est alors de faire à sa place, en fonction de notre propre idée, mais, en même temps, c’est souvent le seul moyen pour lui éviter le laisser en plan subjectif. Cela affecte aussi son corps : elle papillonne ou se ramollit en fonction des circonstances. Quand on joue au UNO, comme je ne supporte pas de voir les cartes qu’elle a dans la main (car invariablement son poignet se détend vers moi, laissant apparaître son jeu), je lui dis : « Cache ton jeu ! Défends-toi ! Mets-moi une méchante carte ! » Et de me tordre de douleur en faisant le pitre lorsqu’enfin elle se résout à m’attaquer un peu. Mais bon, jusqu’à présent je ne réussis pas à être suffisamment méchant pour elle : « Tu me fais rire, Éric ! » Par contre, récemment, elle a dit d’une voix minuscule, quasi inaudible : « Je parle pas assez fort… il me faudrait un micro ». Je lui sers désormais de haut-parleur auprès des collègues !
Lenny, lui, a une furieuse tendance à se faire oublier. On l’oublie physiquement, on oublie d’écrire son nom, il s’oublie lui-même dans le tableau familial, etc. On en a déjà parlé ensemble. Alors maintenant, quand il arrive dans mon bureau, il me déloge de mon fauteuil en disant : « Laisse la place au chef ! C’est moi le Président ! » Je m’exécute. Il sort le UNO. Bon, il adapte les règles au gré de son propre jeu, histoire d’avoir toujours la main. Il supporte donc difficilement de perdre… et moi les tricheurs ! Je rage, j’enrage et lui dis : « Ouh, ouh ! Ne m’oublie pas ; je t’ai vu ; t’as triché ! » C’est juste pour lui proposer un Autre qui ne l’efface pas trop vite de son désir.
François, c’est encore différent. Au début, il me frappait dès qu’on se croisait. C’était parce que je ne formulais pas correctement mon refus de jouer avec lui au foot, son seul centre d’intérêt. D’abord, j’ai arrêté de refuser. C’était ballot. Puis j’ai posé quelques conditions : pas sur l’herbe, pas quand il pleut. Et puis j’ai joué et je joue toujours une à deux fois par semaine avec lui. Longtemps on n’a fait des matchs que tous les deux, l’un contre l’autre. Et puis il a voulu prendre le nom de joueurs connus. Il commençait à introduire des petits autres. Ensuite, il a voulu des spectateurs, comme au stade. Alors, j’ai fait les simagrées footballistiques classiques (les hourras de la foule après un but, les simulations de blessures, les soignants qui débarquent sur la pelouse, les cartons des arbitres, etc.). Petit à petit, François accepte que d’autres jeunes se joignent à nous sans les taper et peut me dire qu’il n’a pas envie qu’untel ou untel joue avec nous. En plus, il progresse et moi aussi. Mais comme je travaille en Bretagne, il pleut quand même souvent (« Mais nous avons la chance qu’il fasse beau plusieurs fois par jour ! »), alors on se replie dans mon bureau, ce qui était longtemps impossible. Et là, on joue au… UNO ! Mais un peu moins tutto solo qu’auparavant, me semble-t-il.
Le UNO, c’est finalement pas si ennuyeux que ça, pour peu qu’on soit attentif à ce qui s’y jouit de la solitude de chacun dans son rapport à l’Autre.
Un accueil des demandes au CMPP1 de Laval
Frédérique Bouvet, Rennes
Des praticiens du CMPP de Laval, orientés par S.Freud, J.Lacan et J.-A. Miller, ont inventé un dispositif d’accueil des premiers rendez-vous suite à un constat : lorsqu’un parent, un travailleur social, un enseignant s’adressaient précédemment au CMPP, un délai d’attente d’un an, parfois, s’installait avant que l’enfant puisse être reçu. Nous sommes d’abord partis d’une contingence. Durant les vacances scolaires, nous avions des créneaux horaires vacants mais temporaires, du fait de l’absence de quelques uns à leur séance. Des rendez-vous ont donc été proposés à ceux qui avaient adressé une demande à l’institution depuis moins de trois semaines. Nous avons constaté des effets à cette offre. Certains ne venaient pas au rendez-vous proposé, leur temps subjectif ne correspondait pas à cette proposition trop rapide. Pour d’autres, au contraire, cet accueil leur permettait de formuler plus précisément leur question. Dans ce dispositif, du fait d’un délai d’attente raccourci, nous avons constaté que nous recevions davantage de sujets névrosés, alors qu’auparavant, ils s’orientaient finalement vers le libéral.
Les praticiens du dispositif participent à une réunion clinique hebdomadaire où chacun a construit, élaboré et rédigé ce qu’il a extrait de cette première rencontre. Il en rend compte à ses collègues et se décide la suite donnée à ce premier rendez-vous : une poursuite des entretiens avec le même praticien, avec un autre pour introduire une coupure, pas d’autre rendez-vous proposé, une orientation vers le libéral ou bien encore, parfois, le nom de l’enfant est mis sur une liste d’attente pour être reçu ultérieurement par un des praticiens du CMPP. La question de l’acte, du transfert, de la demande est au centre de nos élaborations. Ce dispositif, au départ expérimental, s’est étendu en dehors des périodes de vacances scolaires et démarre sa quatrième année d’existence. Au départ, il faisait appel au désir décidé de chaque praticien qui s’y engageait pour une année. Pratiquement tous les praticiens du CMPP sont intervenus dans ce dispositif. Depuis septembre 2012, tous les praticiens de l’institution y interviennent à tour de rôle pour une durée de six mois. Un système de tuilage a été mis en place : quatre praticiens, deux anciens du dispositif et deux nouveaux. Le médecin-directeur et les deux psychologues-stagiaires font aussi partie du dispositif. L’offre créant la demande, nous avons constaté la première année, 30% de demandes supplémentaires adressées à l’institution. Nous avons donc décidé de réduire la voilure. Le traitement des nouvelles demandes a été limité en réinterrogeant nos propres disponibilités quant à l’éventuelle suite qui serait donnée à ces rendez-vous, limités à deux, trois maximum, le temps d’extraire les signifiants maîtres exprimés dans ces rencontres, pour donner consistance à une réponse réfléchie à plusieurs. Actuellement, dans le cadre de ce dispositif, nous recevons chaque semaine deux, voire trois nouvelles demandes. La même secrétaire nous transmet hebdomadairement, au plus près les signifiants de chaque demande. Ce travail est possible grâce à une participation active des trois secrétaires dans les différents lieux de réflexion, de formation du CMPP notamment sur la demande, où depuis plusieurs années, nous avons la chance de travailler avec des analystes de l’ECF, extimes, pour élaborer notre pratique. En fonction de l’urgence subjective que nous percevons, se décident les noms des enfants qui seront reçus la semaine suivante. Toutes les demandes sont donc accueillies, entendues et traitées une par une. Les sujets qui ne sont pas reçus dans le cadre du dispositif sont alors inscrits sur une liste d’attente et seront reçus par un des praticiens du CMPP plus tardivement.
Quelles sont les demandes adressées au CMPP ? Elles sont multiples et variées… Notre monde contemporain exige un enfant parfait, c’est un fait. Il y a une demande parentale, sociale, scolaire de réparer l’enfant, de le normer. Le savoir est davantage du côté de la science que du côté du sujet, qui s’adresse au CMPP avec un diagnostic qui ferme toute causalité psychique comme la dyslexie, l’hyperactivité, la « surdouance ». Ces catégories instrumentales épinglent l’enfant avant que nous ayons pu entendre ce qui « cloche » pour lui ou ses parents. Il arrive parfois que la demande soit orchestrée par un « Autre », Internet ou expert, qui exige telle rééducation ou tel type de prise en charge. Ce n’est plus la recherche d’une cause qui est recherchée, mais une plainte concernant un trop.
Nombre de parents sont déboussolés comme l’illustre cette demande : « Mon enfant ne veut pas prêter ses jouets à son frère…, que dois-je faire ? » Il devient de plus en plus difficile pour certains parents d’exercer une autorité parentale. Dépossédés de leur rôle, ils s’identifient au discours du maître, se mettent sous la barre des signifiants de l’évaluation et attendent denotre part des conseils. Pour contrer cette pente, l’invention de ce dispositif, qui s’inspire des lieux alpha, tels que définis Jacques-Alain Miller2, est essentielle. Ce n’est pas un lieu d’écoute « où un sujet est invité à déblatérer à tire-larigot (…) mais un lieu de réponse, un lieu où le bavardage prend la tournure de la question et la question elle-même la tournure de la réponse »3.
Quel constat pouvons-nous faire après plusieurs années d’existence de ce dispositif ? Un tiers des demandes ne débouchent pas sur un traitement. Souvent ce dernier se fait avec le praticien qui a reçu l’enfant dès la première rencontre. Nous proposons davantage à un parent dans un premier temps de venir seul parler de son enfant, voire de ses enfants quand une demande concernant une fratrie est adressée à l’institution. Il est arrivé que nous décidions de recevoir un parent sur une durée limitée plutôt que de recevoir son enfant. Parfois devant un énoncé descriptif de la demande, un des praticiens téléphone désormais aux parents qui se font alors davantage sujets d’une énonciation, et ce, avant de proposer un rendez-vous. En réinterrogeant nos disponibilités, nous nous questionnons aussi sur la durée et la fin de chaque traitement en cours. La théorie des cycles introduite par J.-A. Miller dans la conversation de Barcelone4 correspond davantage à nos pratiques actuelles avec les enfants et les adolescents. L’accent est mis sur l’effet thérapeutique rapide en psychanalyse qui s’oriente du réel, « réduit la jouissance attachée au symptôme et relance un nouveau cycle dans la direction de la cure »5.
Si le dispositif ne réduit pas la liste d’attente des demandes au CMPP, il a des effets sur chaque praticien, sur le qui-vive dans sa pratique, sans cesse renouvelée.
Marie-Hélène Brousse, membre de l’ECF, qui était l’invitée du CMPP pour sa dernière journée clinique intitulée « les surprises de la demande », indiquait que ce dispositif, « est une invention particulière, une pratique à plusieurs », sans standards mais pas sans principes, issus de l’orientation de l’équipe, dans son ensemble très sensible au discours analytique. Ce dispositif « vient tempérer le surmoi contemporain, répondre à l’énigme de ce qu’est un enfant (…) Il permet d’attraper des signifiants-maîtres du lien enfant/mère (…) et introduit une division, là où il y avait une clôture du côté de la vérité. »6
Cette instance de travail est-elle transposable dans d’autres institutions ? « Il y a un principe de base – le discours analytique – mais le mode de fonctionnement est à inventer. » Effectivement, l’orientation lacanienne est partagée dans différentes institutions, mais ce sont les praticiens et leur désir décidé qui, un par un, « forment » une institution ainsi que les patients accueillis. Ce dispositif contribue à rendre toujours vivante notre pratique.
1 Centre Médico Psycho Pédagogique.
2 Miller J.-A., « Vers Pipol 4 », Mental, Paris, NLS, n°20, février, 2008.
3 Ibid., pp. 186-187.
4 Ouvrage collectif : (s/dir. J.-A. Miller), Effets thérapeutiques rapides en psychanalyse, La conversation de Barcelone, Paris, Navarin, 2005.
5 Ibid., p. 80.
6 Non relu par Marie-Hélène Brousse.
Pipol News 22 - 17/02/2013
Concerning the Simultaneous clinical sessions of PIPOL 6
Question from the CIEN, response from PIPOL
Dear Gil Caroz,
I am writing to you after reading the “call for contributions for the simultaneous clinical sessions of PIPOL 6.”
Many professionals from different disciplines working in the CIEN laboratories could testify to the way in which their analytical experience leads them to focus their action on the consideration of the real which is at stake for every subject in the institutions where they work. However, they do not work there as analysts, and could not illustrate their experience with clinical cases and facts, but rather with so-called “vignettes of the practice” from the places where they are employed as teachers, educators, social workers, etc.
Will you accept contributions of this kind? Do you find it pertinent for us to relay your call for contributions to professionals of different disciplines who work in the CIEN laboratories by encouraging them to offer contributions for the simultaneous clinical sessions? Or is the clinic the only important issue?
Thank you in advance for your response, which will allow us to best direct our action,
Sincerely,
Agnès Giraudel
President of the CIEN
Dear Agnès Giraudel,
Thank you for your email and for your question, which will allow to clarify some things.
At the PIPOL 6 simultaneous clinical sessions we will take interest in the work of psychoanalysis-oriented practitioners insofar as they are analysands. The term “psychoanalyst,” which I used at certain points in the Call for contributions is to be understood as the substance that causes the desire for psychoanalysis for each practitioner. It is not so much a question of discussing instances of participating “as an analyst,” which has to do with the person, but rather of participation that insists on the fact that there is something of the psychoanalyst in what orients the action of the analysand.
The proposals for contributions must therefore meet three criteria:
1) That they discuss a practitioner as an analysand who talks about the effects of his or her analysis on his or her practice. This can be someone who is just starting his or her analysis, someone who has completed it, or anyone in between. For as the Analystes de l’école often tell us, you never stop being an analysand, were it only for auto-analysis, which does not mean that there is no difference between the beginning and the end.
2) That they discuss specific work with a subject and not general considerations on the practice.
3) That they discuss a practice that uses an institutional model.
To answer your question: aside from the work of a great many clinicians who work in heath care institutions, we also welcome certain contributions from professionals who work in the CIEN laboratories and who, as you said so well, “could testify to the way in which their analytical experience leads them to focus their action on the consideration of the real which is at stake for every subject in the institutions where they work.”
You may therefore encourage professionals of different disciplines who work in the CIEN laboratories to offer contributions for the simultaneous sessions of PIPOL 6.
Sincerely,
Gil Caroz
Pipol News 21 - 11/02/2013
« C'est vrai que je suis devenue "Mitra, ou comment s'en débarrasser",
ce qui me donne de l'espoir de voir réaliser mon vœu de vous revoir très bientôt ».
Un mail de Mitra KADIVAR, ECF-Messager, 08/02/2013
Tercera reunión preparatoria para el encuentro de PIPOL VI
Neus Carbonell
ELP, Barcelona
El caso, la institución y mi experiencia del psicoanálisis
Luisella Rossi
Madrid
Tercera reunión preparatoria para el encuentro de PIPOL VI
Neus Carbonell
ELP, Barcelona
El día 15 de enero tuvo lugar en la sede de Barcelona de la CdC de la ELP la tercera reunión preparatoria para el encuentro de PIPOL VI que tendrá lugar el próximo mes de julio en Bruselas. Intervinieron Lidia Ramírez y Miquel Bassols.
Ramírez, inspirada por el texto de presentación de dicho encuentro, escrito por Gil Caroz, planteó su intervención a partir de tres preguntas que formuló de la siguiente manera: “¿Cómo entiendo en mi práctica la afirmación de "dar a los ideales de una institución el lugar que les corresponde, es decir, prescindir y servirse de ellos al mismo tiempo"; ¿cómo orientarme en mi práctica con "lo real de la clínica"?; ¿cómo favorecer que el sujeto "se comprometa en la vía de un shintome singular"?”
Para desplegar las consecuencias de estos interrogantes, Ramírez recurrió a su práctica como “Coordinadora del equipo del caso” en el proyecto Interxarxes. De su exposición sobre su trabajo se reveló que hacer presente el psicoanálisis en las instituciones implica tomarse en serio el lugar de la transferencia, la invención del sujeto para responder a su malestar, y la puesta a distancia de los ideales sociales. El trabajo de Lidia Ramírez, pues, planteó cómo en un entorno que incluye instituciones diversas de los ámbitos pedagógico, clínico y trabajo social es posible operar desde un discurso que no es el esperado y, sin duda, producir efectos desde allí.
Miquel Bassols empezó su intervención subrayando el carácter de investigación que tienen los encuentros PIPOL como espacios “para pensar un problema y transmitir su lógica a la Escuela y al Otro social”. Asimismo señaló que se trata de tomar una posición política respecto a las “inercias en la historia del psicoanálisis, cuando somos más bien llevados por ellas” . Bassols señaló que la relación del psicoanálisis con las instituciones es algo que el Campo Freudiano se toma en serio desde hace muchos años y de forma muy distinta a cómo lo hizo la IPA, para quien el psicoanálisis se diluye en la psicoterapia. Para la orientación lacaniana, hay solo Un psicoanálisis que es el que responde a la orientación de la Escuela Una.
Bassols pasó a analizar algunas de las premisas de este encuentro. En primer lugar, señaló que si la Institución es una manifestación del discurso del Amo, el inconsciente tiene su misma estructura. Mientras que el discurso del analista es su reverso. Así, no hay discurso del psicoanálisis, sino discurso del analista, tomado uno por uno “en cada coyuntura y en cada lugar clínico”.
La investigación que plantea el próximo PIPOL debe responder a los interrogantes abiertos por una cierta alteración de la división ficticia entre psicoanalista y psicoanalizante. “como si se tratara de dos sujetos distintos”. Bassols insistió en que en realidad no hay dos sujetos, “sino que solo existe el sujeto analizante; y una función que causa el trabajo del inconsciente, puesto que el analista forma parte de su concepto”.
Ahora bien, apuntó Bassols, en el psicoanálisis existen al menos dos formas de uso de la transferencia. A saber, o bien como Sujeto Supuesto Saber; o bien como transferencia de un sujeto con su incosnciente por medio del analista. Esta última es mucho más difícil de soportar. Entonces, plantearse cuál es el lugar del psicoanálisis en la institución exige plantearse qué modo de transferencia elige el analista en cada lugar y en cada momento.
El debate que suscitaron estas dos intervenciones dio muestra de la necesidad de seguir trabajando los interrogantes abiertos. Esperamos, pues, las próximas reuniones.
El caso, la institución y mi experiencia del psicoanálisis
Luisella Rossi
Madrid
El deseo de escribir surge, cuando, en el Departamento de niños, dedicado este curso a “la práctica entre varios”, al comentar la Introducción a las simultáneas PIPOL 6, me siento concernida por la cuestión de los efectos que en la praxis del analista tiene su propia experiencia como analizante.
En el hacer cotidiano de la clínica y cada vez que intento la construcción de un caso para presentar en un espacio de trabajo, este sesgo reaparece, como una pregunta: ¿cómo dar cuenta de esto? ¿Dónde? Aquí he podido hacer tal o cual intervención, que respondió a tal o cual momento de mi trabajo como analizante. Otras veces estos efectos no hallan una correspondencia claramente localizable, sino que aparecen como cambios en el abordaje de la construcción del caso, cambios en la manera de hacer en la clínica, de hacer con el goce en el encuentro con el otro.
Me parece que esta característica fundamental de nuestra praxis, adquiere en el momento actual, el de la hipermodernidad, esencial importancia, pues es lo que diferencia la ética analítica de cualquier otra que intente, ante la caída del NP refrenar el goce. Éticas que ante su propio fracaso hipertrofian los mecanismos de control dispersando enloquecidas irrupciones de goce que borran al sujeto.
Esto me evoca situaciones de mi práctica clínica, como médico que al tomar la opción de intentar analizarse, ha descubierto que, así como lo dice Lacan, en “Psicoanálisis y medicina”, conferencia de 1966: “En la medida en que el registro de la relación médica con la salud se modifica, donde esta suerte de poder generalizado que es el poder de la ciencia brinda a todos la posibilidad de ir a pedirle al médico su cuota de beneficios con un objetivo preciso inmediato, vemos dibujarse la originalidad de la demanda”.
Más allá de un pedido, hay una demanda singular, única vía, que al respetar el sujeto, permite inventar regulaciones efectivas del goce.
Recientemente, dos situaciones diferentes de la práctica me han hecho encontrar la institución bajo dos presentaciones distintas, pero que me han planteado idénticas dificultades. Una, la atención de un caso que por la irrupción de goce requirió para su tratamiento, de una modalidad derivada de la práctica entre varios, donde una joven mujer recibe antidepresivos “para sacarla de la depresión” según las pautas de “la buena práctica” que rechazan al sujeto, al sostenerse en el “igual para todos". En este caso, el encuentro con un psicoanalista lacaniano permitió detener la irrupción de goce ya que la transferencia con uno de los miembros de la familia, posibilitó hacer un lugar al sujeto sometido al imperativo familiar "tiene que estar bien". Otra, la invitación a tomar parte en un servicio de seguimiento en salud mental ofrecido para estudiantes con el nombre “seguro” en el que los informes exigidos desprecian la clínica y reclaman la alienación a compendios estadísticos que dejan fuera del cálculo la subjetividad. ¿Cómo hacer con estas demandas que piden al médico y al psicoanalista que obture la vía del malestar? Por otra parte, por qué no aprovechar esta ocasión para introducir otra ética?
¿Qué puede hacer el psicoanalista o el médico que encuentra este panorama institucional-sanitario-familiar? Rechazar el lugar del "distribuidor", al que los métodos por los que la institución se deja orientar, empujan al médico, no significa no responder. He tratado de encontrar en mi experiencia analítica, la manera de avanzar, al decir de Lacan: "en otro registro" pues no se puede separar la demanda de la subjetividad.
Y engarzadas a la subjetividad, articuladas a lalengua, también están las demandas de fármacos dirigidas al médico, es decir en la transferencia. En este sentido, la caída durante el trabajo analítico, del ideal en el que me he formado acerca de la prescripción farmacológica, ha posibilitado realizar las indicaciones orientadas por lo insoportable de un goce singular, permitiendo la emergencia de un sujeto borrado por los excesos del mismo.
Pipol News 20 - 04/02/2013
Quand il y a du lacanien en institution
Ouverture
Philippe Bouillot
Le Courtil
Une poignée de main
Denis Chaidron
Centre Chapelle-aux-Champs
Albertine : l’orientation
en toile de fond
Gigliola Corato
Centre médical Enaden
Comment transmettre ?
Bruno de Halleux
Antenne 110
Quand il y a du lacanien en institution ?
Maud Ferauge
Centre PMS communal de Schaerbeek
Hicham
Justine Junius
École du Soleil Levant - École de la maison familiale
Série-eux et légers
Fabienne Hody
Centre de jour Grandir
Perspectives
Gil Caroz
Ouverture
Philippe Bouillot
Le Courtil
Les exposés que nous entendrons ce soir ont le grand avantage d’être très courts, très resserrés, très élagués. Je ne ferai qu’une petite reprise à chaque fois pour donner toute sa place à la discussion avec vous sur tous les points que vous trouverez saillants.
C’est une deuxième soirée organisée par l’ACF-Belgique et l’EuroFédération de Psychanalyse, jalons sur la route qui nous mène à PIPOL 6. Au fond, avant d’explorer la diversité des pratiques psychanalytiques européennes, nous allons explorer les pratiques belgo-belges et ça ne nous manque pas, comme vous le verrez. La soirée n’est pas totalement européenne. Nous accueillons ce soir cinq collègues argentines qui sont des passages et que nous saluons.
Le jeu de contrainte qui a été proposé aux auteurs était assez strict. Yves Vanderveken, président de l’ACF-Belgique, leur a demandé un format très court, 3200 signes. L’orientation de la soirée est dans la manière même dont il l’a conçu et dans l’invite qu’il a fait à ces auteurs en demandant de faire un témoignage très personnel, bref, une énonciation, une vignette, un point précis, quelque chose de vif qui pointe, dans le travail quotidien, l’orientation par la psychanalyse lacanienne. Une interprétation de la formule « Quand il y a du lacanien en institution ».
Avant de passer la parole aux orateurs, je voudrais vous proposer une citation en exergue. Elle est à la page 31 du Séminaire de Lacan sur l’angoisse. On est dans un temps d’élaboration qui n’appartient pas au tout dernier Lacan. Je vous la propose, parce qu’elle est en rapport, me semble-t-il, avec l’orientation dont il est question ici. « Il n’est pas d’enseignement qui ne se réfère à ce que j’appellerai un idéal de simplicité ». Et Lacan ne s’excepte pas, ça concerne son enseignement aussi. Chacun peut constater que ce n’était pas un idéal qui étouffait Lacan. Il pose la question : dans le fond, pourquoi le réel serait-il simple, qu’est-ce qui peut permettre de concevoir le réel comme ça ? « Eh bien, rien – rien d’autre, dit-il, que cet initium subjectif sur lequel j’ai mis l’accent […] à savoir qu’il n’y a d’apparition concevable d’un sujet comme tel qu’à partir de l’introduction première d’un signifiant, et du plus simple, celui qui s’appelle le trait unaire ». Il évoque ici cette frappe initiale, « le trait unaire en tant qu’il est avant le sujet […] Tout ce qui est enseignable doit conserver le stigmate de cet initium ultra-simple. C’est la seule chose qui puisse justifier à nos yeux l’idéal de simplicité. »
Une poignée de main
Denis Chaidron
Centre Chapelle-aux-Champs
Je rencontre Monsieur A. il y a quelques années au sein de l’institution où je débute un nouveau travail. Il se traîne dans les couloirs comme un pantin désarticulé. Coutumier de passages à l’acte sévères, son état oscille entre des moments mélancoliques et quelques périodes plus exaltées. Aucune institution psychiatrique ne veut de lui, les seules ayant accepté la présence de Monsieur A. ne l'ont toléré que quelques mois.
Tout le corps de ce patient pose problème. L'irruption d'un symptôme somatique provoque menaces, revendications : Monsieur A. veut plus de médicaments, plus de soins, plus d’entretiens.
Au milieu de tout cela, de façon plus localisée, Monsieur A. soigne sa main gauche, siège de fréquentes automutilations. Les soins médicaux rythment son quotidien : consultations orthopédiques, sutures, chirurgie réparatrice, pansements et j’en passe. Ce morceau de corps, cette main l’encombre et le persécute. Il arrive d'ailleurs que cette main soit soignée puis mutilée dans les minutes qui suivent. Monsieur A. est décidément un sujet perpétuellement en crise...
Régulièrement, Monsieur A. vient me parler. Mon bureau, c'est "porte ouverte", souvent plusieurs fois par jour, pour se plaindre, s'épancher, pour téléphoner, accessoirement pour me prendre les fruits qui traînent sur mon bureau. Parfois, juste avant de sortir, il chute de tout son corps, souvent lorsque sa mère vient de lui annoncer une mauvaise nouvelle au téléphone.
De manière fortuite, je note qu'il éprouve un certain plaisir à me serrer la main. À la sortie de mon bureau, Monsieur A. me dit au revoir et me tient la main un certain temps, la referme progressivement (non sans provoquer une certaine douleur) jusqu'à ce que je crie "aïe". J'ajoute au cri une petite grimace. Il s'ensuit un rituel qui s'installe. Une à deux fois par semaine, le patient rejoue le petit scénario lorsqu'il quitte mon bureau. Cette fois, pour ma part, c'est sans un mot mais toujours avec la même grimace. Ni trop, ni trop peu. Quelquefois le patient s'enquiert de la trop grande fermeté de sa poigne. Il me demande alors si son geste n'est pas trop fort et l'ajuste en conséquence.
Quels ont été les effets de cette petite intervention après-coup ? D'une part, le sans-limite de sa demande s'est quelque peu tari. La demande s'est transformée en parole, plus civilisée. D'autre part, la castration, la barre s'est déplacée sur la main du thérapeute. Enfin, le seul traitement chirurgical dans cette vignette, c'est peut-être le caractère ajusté du geste, bref le réglage !
Albertine : l’orientation en toile de fond
Gigliola Corato
Centre médical Enaden
Quand Albertine pose sa candidature au Centre de jour d’Enaden, elle est plutôt figée, massive telle une statue, comme « coincée » dans son corps. Elle nous parle très peu ; elle dit : « je veux venir ici pour faire des activités, pour bouger ». Elle ne se repère plus très bien dans le temps. Elle dit qu’elle est en dépression depuis sa séparation d’avec son mari. Elle dira, aux questions qu’on lui pose pour tenter d’en savoir un peu plus, qu’elle ne sait plus trop bien. Elle a essayé un autre centre de jour, mais cela n’allait pas, ça ne bougeait pas.
Malgré nos nombreuses questions et le peu d’éléments que nous avons sur les coordonnées de son histoire, nous l’acceptons. Nous l’accueillons à partir de ses mots, de sa demande de bouger, sans plus.
Dès son entrée au centre, deux mois plus tard, elle s’inscrit et participe à sa manière à toute une série d’activités (surtout les sportives). Le reste du temps, elle reste assise, silencieuse, figée dans son fauteuil.
De notre côté, nous l’inscrivons régulièrement à l’ordre du jour de nos réunions cliniques, car, même si nous pouvons repérer la fonction de l’institution pour elle (« bouger et avoir des contacts »), nous ne savons pas bien comment nous y prendre. Presque à chaque réunion, nous nous demandons si sa place est bien au centre…
En effet, outre le fait qu’elle « n’entende » pas certaines règles de l’institution, certains de ses symptômes (notamment des problèmes d’hygiène, d’énurésie, de santé) rendent difficile la vie communautaire ou la participation à des activités.
Un jour, nous entendons un bruit sourd : Albertine est tombée, d’un coup ! Lorsque ma collègue accourt pour voir ce qu’il se passe, elle lui répond que tout va bien, qu’il n’y a pas de problème. Ma collègue lui propose d’aller voir son médecin pour discuter de ces chutes de tension. Elle refuse. Devant notre insistance, elle finit par accepter, nous dit qu’elle y est allée, mais nous apprenons qu’il n’en est rien. Sa tension est très basse, nous sommes inquiets. Nous en rediscutons en réunion clinique. Nous nous demandons comment faire malgré nos tentatives de problématiser cela avec elle. Nous décidons, avec le psychiatre de l’institution, d’y aller du côté d’une responsabilité médicale. Nous lui renvoyons que, pour pouvoir poursuivre les activités, il faut s’occuper de sa tension et qu’elle doit donc en passer par son médecin. Elle y va et elle revient avec un traitement.
Il me semble que notre orientation s’est manifestée à plusieurs niveaux : tout d’abord, le pari, l’accueil du sujet sur les quelques mots qu’il nous dit ; ensuite dans la façon de lire, d’accueillir ses « symptômes », sa singularité. En effet, il y a une double face chez elle : d’une part, la rigidité du corps (l’immobilisme) et d’autre part, sa détermination à se mettre en mouvement sans tenir compte de certaines manifestations corporelles qui ne lui posent pas de problèmes. C’est pour les autres (les patients et l’équipe) que c’est à la limite du supportable. Le travail se situe alors du côté d’un symptôme à construire avec elle et selon une certaine modalité qui est celle de l’acte.
Comment transmettre ?
Bruno de Halleux
Antenne 110
L’Antenne 110 est connue aujourd’hui comme à l’origine de la Pratique à plusieurs. JAM a nommé cette pratique ainsi. Nous en avons témoigné de nombreuses fois lors de journées, congrès, invitations dans des centres hospitaliers ou des institutions.
J’ai écrit dans un Pipol News combien j’ai souvent eu, dans l'après-coup d’une journée ou d’une conférence, le sentiment de ne pas réussir à transmettre l’essentiel de ce qui fait le « lacanien » de l’Antenne 110.
Sans doute y a-t-il des raisons à ce ratage ! J’en épingle deux.
D’abord parce que ce qui a fait notre succès – nous sommes considérés comme la première institution à avoir mis en place cette pratique – fait aussi notre impasse. La PAP est idéalisée, interprétée dans tous les sens, élevée au rang d’une modalité essentielle pour le traitement d’enfants autistes, elle est copiée, imitée, elle fait épidémie, chacun en parle, partout, tout le temps, en un mot elle se présente comme un modèle. Pas seulement à l’extérieur, mais aussi intra muros. D’avoir été nommée, d’avoir connu ce succès entraîne son envers : virer à une méthode ou à une simple technique. Cela ressemble à des recettes : ne pas s’adresser en direct à l’enfant, parler à la troisième personne, faire appel pour n’importe quoi au tiers incarné de la direction, etc.
Ensuite, parce que ce que, ce qui doit être transmis de ce qui fait l’essentiel du « lacanien » à l'Antenne 110 n’est pas transmissible, et c’est de structure. C’est tout le problème de l’enseignement de la psychanalyse. La jouissance, l’objet a, l’au-delà du principe de plaisir ne se décline pas en termes signifiants. On ne peut qu’approcher ce point, le resserrer, en faire le tour, et on ne peut en prendre la mesure qu’en fonction des progrès de sa propre analyse ! Même sans analyse, on peut vérifier que lorsqu’on parle, on en dit beaucoup plus, ou beaucoup moins que ce qu’on veut dire. Le dit ne résorbe jamais le dire… Il y a toujours un plus de jouir qui nous échappe !
Alors qu’est-ce que le « lacanien » à l’Antenne 110 ? Pour ce soir, je propose que ce lacanien, cet essentiel si difficile à transmettre ait quelque chose à voir avec le « désir de l’analyste » que Lacan déploie dans le séminaire XI.
Je déplie rapidement quatre points sur ce désir :
- il défait le syntagme PAP, c’est-à-dire, dénouer, désunir, séparer toute signification figée propre à la PAP, mais aussi à nos concepts. Pas de définition arrêtée de la PAP, ce n’est pas une méthode, ni une technique, c’est à réinventer sans cesse.
- il aimante avec tous les moyens possibles un désir de savoir pour chacun.
- il contre les effets de transferts qui couvrent ou voilent, par le biais des idéaux, le réel en jeu dans notre clinique.
- il provoque un désir d'atteindre au réel, comme l’écrit Jacques-Alain Miller dans sa présentation du thème du prochain congrès de l’AMP, un désir de réduire l’Autre à son réel et de le libérer du sens.
La clinique avec les enfants autistes nous y rend d’autant plus sensibles quand l’intervenant est confronté dans sa propre analyse au désir de l’analyste.
Quand il y a du lacanien en institution ?
Maud Ferauge
Centre PMS communal de Schaerbeek
Dans la mesure où chacun en CPMS travaille à partir de sa propre expérience clinique et de sa propre formation, la mienne d’orientation est lacanienne. Je vous parlerai donc à partir d’un point crucial à mettre en avant, à savoir que le CPMS est avant tout un service de première ligne. Il ne peut dès lors faire l’impasse d’un regard clinique sur les situations qu’il rencontre puisque, dans sa définition même, il est appelable quand survient un réel. L’école appelle le CPMS afin qu’il l’aide à s’y repérer dans les diverses situations de passage à l’acte qu’elle rencontre. Est-ce possible de répondre à ces demandes sans repères cliniques ? L’orientation lacanienne offre la possibilité de trouver « une échappée » pour un bricolage singulier. Il s’agit donc de laisser un espace pour que chaque intervenant du service PMS ou de l’école puisse poser des hypothèses à partir du réel enjeu afin d’éviter les stigmatisations qui bouchent le questionnement. J’illustrerai cela par un cas que j’ai suivi avec ma collègue assistante sociale.
Dylan, quinze ans, vient nous voir à sa demande quand il est « sous pressing ». Il a 12 ans quand nous le rencontrons pour la première fois au lycée. Il vient pour résoudre un problème qui le tourmente : il a choisi la section latine, mais il se demande s’il ne devrait pas plutôt choisir les sciences. Nous sommes d’emblée frappées par son énonciation. Ma collègue s’embarque avec lui dans une discussion sur le bien-fondé des deux sections. Quant à moi, je lui parle de son goût pour le latin. Plus il parle, plus son corps commence à s’agiter. Très vite, on s’aperçoit qu’il va falloir arrêter son flux de paroles. Il dit qu’il voudrait être médecin. Je l’arrête : « mais alors, c’est le latin que vous devez suivre. Les meilleurs médecins ont fait leurs études secondaires en latin ». Interloqué, Dylan s’arrête enfin de parler.
L’énonciation, mais aussi la façon bien singulière que Dylan a de faire lien social posa d’emblée un problème à l’école. Il nous faudra accueillir les plaintes sinon l’angoisse des profs en conseil de classe soit pour dégonfler les interprétations et/ou diagnostics lus à voix haute soit pour trouver ensemble « un mode de présence » à bricoler avec lui afin d’éviter l’envahissement incessant de Dylan. L’impasse est la suivante : quand les profs écoutent Dylan, ils ne parviennent plus à l’arrêter, mais quand ils ne l’écoutent pas, ils culpabilisent de le trouver seul dans la cour, sans amis. Ça les inquiète. Les éducateurs ne peuvent plus faire leur boulot, car Dylan s’invite à toutes les récrés dans leur bureau. La préfète, quant à elle, se voit questionner à tout bout de champ sur le fondateur de l’école. D’ailleurs, cela ne semble pas aider Dylan non plus. Il y a du « trop ».
Nous proposerons aux profs de nous introduire dans la circulation que Dylan a instaurée malgré lui dans son école, ce qui sera facilité par le fait qu’il a transféré sur notre équipe. Avec nous, il viendra parler de ses angoisses corporelles ou de ses troubles du langage. Nous inviterons éducateurs et profs à certes l’écouter, mais tout en le prévenant que la discussion aura une fin, montre à l’appui, quitte à fermer la porte du bureau pour arrêter la conversation. Nous leur faisons aussi entendre que pour Dylan être seul n’est pas nécessairement une souffrance, car son accroche est le savoir.
Depuis trois ans, on nous parle de Dylan à chaque conseil de classe. À chaque fois, il nous faut trouver un mode de présence adéquat. Dylan, quant à lui, dit s’en sortir dans la vie grâce à sa mère qui souhaite qu’il devienne quelqu’un, mais aussi grâce au CPMS. Dylan ne souffre pas tant d’être seul, mais souffre de la langue. Ma collègue, assistante sociale, est par ailleurs devenue une véritable partenaire pour Dylan. Depuis peu, une petite réunion s’est instaurée dans notre service pour interroger autrement le réel que nous rencontrons dans les écoles. À suivre.
Hicham
Justine Junius
École du Soleil Levant - École de la maison familiale
L'école du Soleil Levant est une école singulière : elle entretient une histoire avec la psychanalyse. Dès lors si comme toute école, elle incarne le discours du Maître, de par son histoire, elle fait place à l'occasion à un autre discours.
Lors d'une conversation avec son institutrice, Hicham, dix ans, la prévient que s'il fait des choses bizarres, c'est parce qu'il entend des voix. Elle lui propose de venir m'en parler. Il accepte. Il m'explique qu'il entend des voix depuis peu de temps, depuis la mort de son grand-père qu'il n'a vu que deux fois. Ce monsieur souffrait d'un cancer du sang. Une voix le prévient de la mort imminente de quelqu'un. Il ne veut pas la croire, et puis son grand-père meurt. Il me relate ensuite différents moments où la voix surgit. Par exemple, la lumière de sa classe grésille ; il entend : "Tu vas mourir". La voix de Michaël Jordaens, célèbre joueur de basket lui suggère de lancer la balle dans une direction précise. Hicham s'exécute et se fait engueuler par ses camarades pour avoir lancé la balle dans le vide. Il poursuit le récit de ces moments énigmatiques tout en me faisant part d'une voix qui l'envahit au moment même où il me parle. Il se demande si elle est le fruit de son imagination ou pas. Nous terminons l'entrevue. Mais peu de temps après, il toque à ma porte et me confie : "J'entends encore la voix qui me demande pourquoi je vous ai dit tout ça !" Je l'invite à s'asseoir, et embarrassée lui dis : "Cette voix n'a pas l'air de vouloir vous laisser tranquille. Qu'allons-nous faire ?" J'ajoute : "Je pense que la seule personne qui pourra trouver des solutions, c'est vous." Hicham semble apaisé et retourne en classe. De mon côté, je n'étais pas rassurée : l'avais-je laissé tomber ? J'avais tenté de me décompléter en lui restituant quelque chose. J'en parle à mon analyste, qui calmement me dit d'attendre la prochaine rencontre.
Deux semaines plus tard, je reçois Hicham qui m'annonce qu'il n'entend plus de voix. Je lui demande ce qui s'est passé. Il répond : "C'est depuis que j'ai reçu un iphone de 800 euros !" Je ne l'interrogerai pas davantage. Nous continuons de nous voir tous les quinze jours. Sa méfiance ne semble plus s'exprimer par des voix, mais au travers des jeux et des histoires qu'il met en scène avec notamment des Legos. Nous jouons ensemble pour construire des défenses. Il ponctue certaines de mes interventions par "ça me paraît juste".
Dans cette école, une réunion d'équipe est organisée sur base volontaire où l'on tente de parler d'un élève autrement. La construction collective du cas a donné l'envie à un instituteur de mettre sur pied un atelier Legos avec Hicham. En classe, son institutrice lui donne une place de partenaire : notamment "le gardien des coupes". Cependant, ce n'est pas si simple... À mes débuts dans l'école, je voyais la réunion se laisser dévorer par de nombreux points pratiques. J'ai dû apprendre à m'imposer et demander à ce qu'on parle d'abord de l'enfant mis à l'ordre du jour. Je constate que c'est quelque chose à relancer constamment. Je me suis souvent dit d'ailleurs qu'outre l'analyse, mon expérience du Courtil oriente ma pratique dans l'école. En effet, j'y apprends qu'il n'y a pas d'autres savoirs que celui qui se construit au plus près de la clinique.
Série-eux et légers
Fabienne Hody
Centre de jour Grandir
« Je suis un clown. Prenez exemple là-dessus, et ne m’imitez pas ! »1
Antoine est un de ces enfants qui nous a appris à reconnaître la spécificité de l’autisme et son travail d’immuabilité. Il pouvait se griffer le visage pour une casserole déplacée, il n’acceptait de manger que « 4 ». Depuis sa logique rigoureusement autistique a été progressivement voilée par un accès à la parole de plus en plus fluide, un plaisir manifeste dans le jeu avec d’autres et en particulier mon collègue Davy.
Antoine a bien grandi, son premier vélo est maintenant bien trop petit pour lui. Pour soutenir le changement, je tente de m’appuyer sur le signifiant de la nouvelle année qui commence et sur une identification idéale possible au « grand » qu’il est devenu. J’ai tout faux, c’est la crise. Cette simple invitation à prendre un autre vélo éveille une colère/angoisse telle qu’il se roule par terre en hurlant. Impossible de changer de vélo, impossible pour lui de se voir changer et devenir trop grand pour son vélo qui lui ne grandit pas.
Sans montrer la moindre attention à la scène, mon collègue Davy prend le vélo plus grand et en vante à haute voix les multiples qualités. Il l’admire, l’essaye, dévale la pente et manifeste bruyamment son plaisir. Il invite alors Antoine à venir sur ses genoux et fait une ou deux descentes avec Antoine. Après quoi, Davy s’éclipse et Antoine continue à rouler joyeusement. De mon côté, j’ai discrètement observé la scène en me gardant bien de faire le moindre commentaire.
Le lacanien dans l’institution, c’est moins la disance lacanienne, que le clown qui joue des semblants, à la fois série-eux et légers dans sa rencontre avec les enfants ; sans se prendre au sérieux, en sachant lâcher prise, en sachant ne pas savoir, en s’appuyant sur le symptôme et non sur l’idéal.
(…) notre intention (…) C’est quelque chose qui consiste à (…) inciter(le sujet) à passer dans le bon trou de ce qui lui est offert, à lui, comme singulier2.
K n’a pas encore 4 ans, petite boule d’angoisse muette, quand elle entre à Grandir. Elle refuse avec violence toute initiative de notre part, mais se colle au corps de l’intervenante de manière tellement fusionnelle que s’en est insupportable.
K ne tolère aucune intervention dans son jeu, ajoutez un bloc à sa tour et tout devra être détruit. Par une gestuelle destructrice similaire, elle frappe le tableau avec la craie, sans s’intéresser aux traces que laisse son geste. J’entoure d’un cercle les traits. Surprise. Elle recommence, j’entoure à nouveau ses traces d’un cercle. Elle s’arrête et exige d’autres cercles qu’elle remplira ensuite de traces.
Je poursuis en dessinant en les nommant : deux yeux, un nez, une bouche dans les cercles. Là, elle prend ma main pour me faire poursuivre, jusqu’à remplir le tableau. Et de là, nous pourrons passer au dessin sur une feuille de papier. C’est ma main qui doit ternir le crayon, c’est ma bouche qui doit nommer « œil », « nez », « bouche ». Si je me tais, elle tente d’actionner mes lèvres de ses doigts.
Elle dessine et s’intéresse à l’écriture. Elle ne parle pas, mais utilise des éléments de langage gestuel.
1 Lacan, La troisième, p. 15.
2 Lacan, Le plaisir et la règle fondamentale.
Perspectives
Gil Caroz
Que veut dire « Quand il y a du lacanien en institution » ? D’emblée, nous l’avons situé du côté de l’existence, de « il y a un trou » plutôt que du côté de « je suis » de l’identification. Le lacanien est cette substance discursive qui troue le discours commun, qui traverse les écrans des fantasmes, qui fait usage du discours institutionnel sur le mode de « s’en passer, s’en servir », qui aborde sans reculer, de façon pragmatique et en prêtant son corps quand il le faut, un réel qui est parfois intenable. Mais la présence de cet élément discursif dépend de quelqu’un ou quelques-uns qui peuvent la soutenir par leur position. C’est cette position singulière qui permet de dire que la solitude n’est pas une souffrance dans tous les cas, d’accueillir un signifiant hors sens comme une demande, de se dépêtrer du savoir livresque pour soutenir un savoir « clownesque », de rendre au sujet le savoir qu’il place chez le praticien et qui le persécute, de s’abstenir de plaquer un sens sur l’événement clinique. Mais ne nous trompons pas ! Tout cela n’est pas une simple technique. Cette « simplicité » de l’abord du réel de la clinique témoigne d’une formation profonde et sérieuse de ceux qui soutiennent « l’élément lacanien ». Il s’agit d’un engagement, qui passe tout d’abord par le divan.
Est-ce dû au contexte institutionnel ? En tout cas, les cas présentés ont témoigné notamment d’une clinique de limitation et de localisation de jouissance, plutôt qu’une clinique du symptôme : un point arrêt d’une pensée qui tourne en rond, de « crises » répétitives, d’une hallucination angoissante, d’automutilations violentes, d’un corps qui bouge en faisant fi de ses limites… Cette pragmatique de la limitation prend son appui d’une éthique « sans standards, pas sans principe »: un usage du discours du maître, d’une parole, d’une mise en scène comique, d’un geste, d’une grimace…Et tout cela dans une ambiance où l’invention est à l’avant plan. Lors d’une prochaine soirée de préparation, nous tenterons d’aborder une clinique du symptôme en institution.
Le local de l’ACF était bondé. Quelques courageux, désireux de s’enseigner des praticiens qui ont mis du leur, ont passé la soirée sur le pas de la porte. D’autres s’étaient assis sur les tables et les escaliers qui conduisent à la bibliothèque. Les chançards avaient une chaise. Une animation rigoureuse et légère à la fois, faisant usage du Witz en abondance, s’est faite caisse de résonnance de cette pratique désireuse. Silence attentif, rires, applaudissements, conversation - étaient au rendez-vous. Paradoxalement, cet abord sans recul du réel n’est pas sans joie, et cette joie n’a pas manqué de marquer la soirée elle-même. Manifestement, la substance lacanienne n’a pas de goût pour la dramatisation. Joie lacanienne.
Pipol News INFO n° 03
Second European Congress of Psychoanalysis (PIPOL 6)
After Oedipus
"What about the sexual relation,
marriage, procreation, filiation, etc?"
EXTENSION OF THE REGISTRATION
AT A REDUCED PRICE
Dear Colleagues
The organizing committee of PIPOL 6 has decided to extend the registration for the Congress at a reduced fee by two more months. Therefore you can still register at the price of €130 (€65 for students under 26 - proof required -). From 1st April onwards the registration fee will be €160 (€80 for students under 26).
On behalf of the organizing committee,
Guy Poblome
Secretary for PIPOL 6
Pipol News 19 - 30/01/2013
Quand il y a du lacanien en institution
Joëlle Hallet, Liège, Belgique
Olga Montón, ELP, Madrid
Sylvie Simon-Godès, Île de la Réunion
Quand il y a du lacanien en institution
Joëlle Hallet, Liège, Belgique
Voilà qui me parle !
Ce sera donc un plaisir d’entendre, le 31 janvier qui vient, les flèches que mes collègues de l’ACF-Belgique darderont vers PIPOL 6, et de participer au débat d’une heure qui les suivra – un luxe : une heure d’élaboration à plusieurs.
En lisant le titre de cette soirée, j’ai tout de suite pensé à Théo (2 ½ ans), à ce que les puéricultrices de la pouponnière m’en ont dit, pas plus tard que le mois dernier, lors de brefs échanges le concernant.
Clara (psychologue, en préambule d’une réunion) : « Il y a de jeunes puéricultrices dans le groupe de Théo, elles ont plein d’idées, elles organisent maintenant des petits ateliers avec les enfants. »
Atelier ? Ce mot, qui m’apparaît nouveau dans la bouche de Clara, m’interpelle – j’ai dû le prononcer quelques fois jadis, évoquer probablement les ateliers du Courtil, ceux de l’Antenne 110… tant d’années depuis que je travaille avec cette équipe.
Atelier ? Le fait est, ma curiosité s’éveille, mais je n’en dis mot, je les laisse me dire, en réunion ou lors d’autres moments, comment elles rencontrent Théo dans le quotidien.
On me parle donc de Théo… puis de Théo en atelier.
Magali (puéricultrice) : « Théo, d’abord, il n’y participe pas : il vient au bord (sic) et il regarde. Quand il a bien regardé, je lui dis : “Si tu veux, tu peux aussi venir déposer des gommettes sur le sapin de Noël, mais tu n’es pas obligé (resic), tu peux aussi simplement regarder”. Alors, il peut venir… Il est comme ça Théo, il faut lui laisser le choix. »
Lors d’une autre réunion de décembre, nous parlons de Kalya : faut-il, ou pas, lui parler de sa mère toxicomane qui est « enfermée » en prison (et qui téléphone parfois, très rarement, « vraisemblablement quand elle s’ennuie ou quand une assistante sociale lui a rappelé qu’elle est mère », me dit-on) ? Telle est la question. Je leur réponds que Kalya a en tout cas entendu ce mot, « enfermée », dont elle fait usage à sa façon. Son premier mot en séance a en effet été èè’mer–condensation de « fermer » et de « aimer », c’est comme cela que j’ai entendu sa façon de déployer ensuite ce premier signifiant : elle ferme toutes les portes, y compris celles des armoires et des boites de jeux, sitôt celles-ci ouvertes, en clamant « èè’mer » comme on dit « on ferme ! » ; elle clamera ensuite « on range ! » avant d’avoir commencé à jouer (Kaya ne joue en effet pas, elle ne fait pas semblant) ; et elle manifeste envers sa puéricultrice un amour exclusif, fermé au tiers (je ne verrai d’ailleurs d’abord d’elle, collée à sa puéricultrice, que son dos, en ces premières séances où je ne savais pas que sa mère était enfermée). « Èè’mer », cet élément de lalangue de Kalya, met les adultes en joie : c’est tellement « elle » ! Ça leur parle plus que de longs discours.
En ce mois de décembre, je mesure le chemin parcouru depuis le début des années 2000, quand j’avais donné à Clara, qui me demandait « un peu » de lecture (« pas trop »), un exemplaire de Grandir sans parents1, édité par Terre du cien.
C’est un fait, ce n’est pas principalement par la lecture que l’enseignement de Lacan passe auprès des adultes de la pouponnière – encore que Magali m’ait demandé quel livre je pouvais lui conseiller (j’avais évoqué brièvement, auprès d’elle qui me parlait de Théo, un dit d’Éric Laurent, et le livre2 de celui-ci ; et Magali avait été émue que le premier mot de Théo ait été Lili, pour la désigner).
Dans cette « équipe », l’enseignement de Lacan passe par : « Quelle joie trouvons-nous dans ce qui fait notre travail ?3 » – cette question que j’ai faite mienne, je la leur ai transmise, en leur disant qu’elle nous était adressée par Lacan.
« Le lacanien » en institution, n’est-ce pas d’une langue, le lacanien, dont il s’agit ? Au croisement de lalangue des tout-petits, de nos questions d’adultes (les mots pour les dire) et du réel qui nous affecte les uns et les autres (ce n’est pas le même pour tous), je ne connais point d’autre langue que celle de Lacan pour nouer, pour tresser ces registres, en laissant place à la singularité du parlêtre. N’est-ce pas à nous de transmettre « le lacanien » comme langue vivante, qui façonne le réel que nous rencontrons ?
1 « Grandir sans parents 3 », Travaux du laboratoire franco-bulgare, Année 2000-2001, co-édité par Médecins du Monde Aquitaine et Centre Interdisciplinaire sur l’Enfant (Terre du cien), avec le concours du Conseil général de la Gironde.
2 Éric Laurent, La Bataille de l’autisme. De la clinique à la politique, Paris, Navarin / Le Champ freudien, 2012.
3 Jacques Lacan, « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 369.
«EL MAESTRO LACANIANO»
¿«Zoquette» o escritor?
Olga Montón, ELP, Madrid
Daniel Pennac, escritor francés nacido en Casablanca en 1944, cuenta en el libro autobiográfico “Mal de Escuela”, sus avatares infantiles y juveniles con la educación.
Nombrado por el otro y por sí mismo como “el zoquete” logra cambiar su destino al encontrarse con un “maestro lacaniano”, capaz de decir “sí” ante lo más singular del sujeto a pesar del plan de estudios y la institución.
Comienza el libro así:
“Comencemos por el epilogo: mamá, casi centenaria, viendo una película sobre el autor al que conoce muy bien. Se ve al autor en su casa, en París, rodeado de libros, en su biblioteca que es también su despacho. La ventana da al patio de una escuela. Jolgorio de recreo. Se dice que durante un cuarto de siglo el autor ejerció el oficio de profesor y que eligió ese apartamento que da a dos patios de recreo como un ferroviario que se instala, al jubilarse, junto a un apartadero. Luego se ve al autor en España, en Italia, discutiendo con sus traductores, bromeando con sus amigos venecianos y, en la altiplanicie del Vercors, caminando solitario, entre la bruma de las alturas, hablando del oficio, de la lengua, del estilo, de la estructura novelística, de los personajes… Nuevo despacho que da, esta vez, al esplendor alpino. Las escenas están salpicadas de entrevistas con artistas a quienes el autor admira y que a su vez, hablan de su propio trabajo: el cineasta y novelista Dai Sijie, el dibujante Sempé, el cantante Thomas Feresn, el pintor Jürg Kreienbühl.
Regreso a París: el autor sentado ante su ordenador, entre diccionarios esta vez. Siente pasión por ellos, dice. Por lo demás, y es el fin de la película, te enteras de que ha entrado ya en el diccionario, el Robert, en la letra P, con la denominación Pennac, que viene de su apellido completo Pennachioni, Daniel como nombre de pila.
Mamá, pues ve esa película en compañía de mi hermano Bernard, que la grabó para ella. La mira de punta a cabo, inmóvil en su sillón, con la mirada fija, sin decir palabra, mientras cae la noche.
Fin de la película.
Créditos.
Silencio.
Luego, volviéndose lentamente hacia Bernard, pregunta:
- ¿Tú crees que lo logrará algún día?
Y es que siempre fui un mal alumno y nunca se ha recuperado por completo de ello”
Vemos la posición de la madre sostenida hasta el fin de sus días. Da igual los éxitos conseguidos por el hijo. En la “novela familiar” Daniel tiene una posición determinada para la madre que ella no es capaz de movilizar.
Escuchando a Bernard Seynhaeve en Madrid *, sobre su trabajo en la institución y su posición como director, pensé que al igual que hay un “padre lacaniano” podría haber una “institución lacaniana” y porqué no, un “maestro lacaniano”.
Sabemos que la institución es aquella que hace valer sus ideales, la institución dice “no”. Diríamos que sería la instalación de un ideal bajo la amenaza de la castración, la prohibición, lo que pone veto a la satisfacción pulsional. Dicta sus normas y protocolos. Organiza el plan de estudios a cumplir.
J.A. Miller, en su comentario sobre el seminario “Las formaciones del inconsciente” de Lacan, afirma que el padre lacaniano dice sí, no es el absoluto de la prohibición y es un sí mucho más prometedor. Hace falta un “no”, por supuesto, no existiría el sí sin el “no”. Pues bien, haciendo un paralelismo con la institución educativa, “el maestro lacaniano” sería aquel que instala la ley, pero también la transgrede por nosotros. Es el maestro para el que existen casos particulares. Sabe transgredir la ley donde hace falta. Cierra los ojos cuando hace falta de la buena manera. Sabe hacer excepciones.
Una ley que hace posible la movilización del deseo. “A lo que dice sí, es al deseo” dice Miller.
El “maestro lacaniano” abriría la vía del deseo, humaniza la ley haciendo posible el deseo.
En el caso de Daniel Pennac, ante su posición de “zoquete” (y sus constantes travesuras por las que son castigados todos sus compañeros injustamente), escribe Pennac: “también se puede merecer la injusticia”. Ante la búsqueda, por parte de los profesores, del culpable de las travesuras, no hay denuncia por parte de los compañeros y el mismo no confiesa.
…….“¡Nadie lo sabrá nunca!. Pero lo que experimenta, por encima de todo, es la oscura alegría de haberse vuelto incomprensible para los “ricachones del saber” que le reprochan no comprender nada de nada. A fin de cuentas, ha descubierto una aptitud: dar miedo a quienes le asustaban; goza intensamente de ello. Nadie sabe de qué es capaz y eso está bien.”
Tras acabar en un internado por robar la caja fuerte de su casa, tiene un buen encuentro con el que podría ser un “maestro lacaniano”, que Daniel Pennac nombra como”el primer salvador”. Este maestro restituye su lugar de saber, un saber singular, y lo toma no sólo como sujeto de goce a educar.
“……..yo rodaba abonando un campo donde no podía comprender ni lo que me enseñaban ni lo que la escuela esperaba de mí, puesto que me consideraban un incapaz. Aquel veredicto me ofrecía las compensaciones de la pereza”.
……...”Llegó luego mi primer salvador.
Un profesor de francés.
A los catorce años.
Que me descubrió como lo que era: un fabulador sincera y alegremente suicida.
Pasmado, sin duda, ante mi capacidad de forjar excusas cada vez más inventivas para las lecciones no aprendidas o los deberos no hechos, decidió exonerarme de las redacciones para encargarme una novela. Una novela que yo debía redactar durante el trimestre, a razón de un capítulo por semana. Tema libre, pero me rogaba que las entregas llegaran sin faltas de ortografía, “para poder elevar el nivel de la crítica”
………………………. había descubierto al narrador que llevaba en mí”.
En este momento pudo como sujeto tomar las riendas de su destino. Se hizo adicto a los diccionarios y escritor. Más tarde él mismo también se hizo maestro.
Si se considera al niño como un objeto se produce la estigmatización del alumno. Eres el zoquete, el hiperactivo, el torpe, el violento, etc. No hay, por tanto, responsabilidad del niño como sujeto de su propio desarrollo, de su propia vida. Para intervenir en el malestar del otro, habrá que escucharlo, y así se responsabilizará de sí mismo y de su malestar.
No podemos quitar la responsabilidad a cada sujeto, a cada alumno, en las decisiones que toma, incluida la de fracasar, la de permanecer desatento, la de negar lo que ignora, la de decidir ser hiperactivo, o reclamar privilegios, o la de hacer de la queja su pasión.
Lacan nos mostró, que en la locura se produce una decisión, lo que llamó “decisión insondable del ser”. La decisión subjetiva, pues, del fracaso escolar ha de ser también encargada a cada alumno. Cada alumno debe de hacerse cargo en tanto vía de solución personal, que no global.
Se trataría pues de una nominación por el deseo, algo propio y subjetivo. Asignación ambigua en la que el joven se sienta reconocido. El maestro de Daniel Pennac le trasmitió el deseo de que escribiera una novela, saltándose todos los programas y protocolos establecidos por la institución. Y no fue una nominación que partiera de la evaluación unívoca y que no cree en la lengua como productora del sujeto.
Finalmente, no se trata solo de la transmisión de información si no de algo que sucede con la palabra a nivel del deseo.
Profesando el deseo, el profesor da lugar al deseo del alumno.
* Ciclo: “La práctica lacaniana en instituciones. Otra manera de trabajar con niños y jóvenes”. El Sábado 27 de octubre de 2012, Bernard Seynhaeve, Director de Le Courtil. Departamento de psicoanálisis con niños del NUCEP con la colaboración del Espacio Madrileño de Psicoanálisis con Niños.
** JA Miller, sobre el seminario de Lacan “Las formaciones del inconsciente”
Case Marmaillons
Sylvie Simon-Godès, Île de la Réunion
Le 15 novembre 2007, j’ai ouvert un lieu nouveau, Case Marmaillons, dans un quartier de Saint-Pierre connu pour ses difficultés sociales et la détérioration du tissu urbain, habitations, écoles, dans le sud de l’île de la Réunion. Un grand et beau local de plusieurs pièces a été mis à notre disposition par la commune, car nous avons pu être intégrés dans le Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) comme « maison pour les familles ».
J’ai ouvert ce lieu pour que des familles sortent de leurs murs déjà écrits pour venir dans les murs « vierges » de cette case - maison en créole. Des petits enfants avec leurs parents poussent la porte et nous faisons le pari que, peut-être, quelque chose se desserre du symptôme avec lequel ils entrent.
Notre équipe accueille des enfants de la naissance à six ans avec leurs parents ou des futurs parents. Parmi ceux-ci, plusieurs sont très jeunes.
Nous présentons Case Marmaillons comme lieu d’accueil, de rencontre et de jeu, d’écoute et de parole, de socialisation et de médiation. Sa fréquentation – cinq heures par jour, cinq jours par semaine - est gratuite, à l’exception de dix euros par an et par famille.
Nous avons particularisé le temps de l’accueil afin que le désir de ceux qui y viennent puisse s’y inscrire et ne pas être anonyme. Tandis que les enfants et leurs parents visitent le lieu, on déplie tout ce qu’il est possible d’y faire si on le souhaite et on précise aussi qu’il est possible de ne rien faire, la déambulation étant un mode courant pour les tout-petits, pour certains parents, mais aussi pour nous-mêmes. C’est un mode de présence des corps que nous a appris cette clinique et dont nous tenons compte sans que ce soit systématique.
Nous proposons des occasions de rencontre ou d’expression à travers divers ateliers pour enfants ou pour adultes, des groupes de paroles pour adultes, des groupes de paroles pour les enfants, des rencontres thématiques, mais aussi des entretiens individuels.
Case Marmaillons est repérée comme « complémentaire » de l’action des réseaux de terrain, puisque si des familles viennent spontanément, certaines nous sont orientées par les travailleurs sociaux, par les écoles, par la psychiatrie, par les services hospitaliers, gynéco, maternité, pédiatrie, etc.
Quand quelqu’un pousse la porte, nous ne savons rien de celui qui arrive ni de ce qui le pousse à venir, mais de toute façon, en ouvrant ce lieu, nous avons fait une offre. Notre clinique dans la contingence des rencontres, et grâce au transfert, bien souvent diffracté comme le permet ce lieu, traite déjà quelque chose du réel. Notre clinique du détail nous rend vigilants à la question du sujet face à l’insupportable. Nous ne sommes pas un lieu de traitement, mais notre travail sur le lien et notre désir ne sont pas sans effets. Ici « on est parents comme on peut » déloge un peu l’enfant.
Nous ne sommes pas bénévoles, mais engagés au salaire débutant. Si nous sommes quelques-uns à être orientés par la psychanalyse, tous ont un désir décidé. Nous sommes des « accueillants » quelque soit notre fonction d’origine : psychanalyste, psychologue clinicienne, puéricultrice, éducatrice de jeunes enfants, animatrice. Seule la fonction de directrice est épinglée et certains en font un usage singulier, comme cette mère qui demande toujours à me parler et évoque un jour la grossesse qu’elle a interrompue volontairement « parce qu’elle ne voulait pas que son enfant soit fou comme son père ».
Nous avons mis en place des temps qui ont un effet de formation : chaque jour, une demi-heure de reprise clinique pour traiter le réel rencontré dans la journée ; une réunion clinique hebdomadaire pour la vigilance quant à notre orientation ; une « super-audition » deux fois par mois ; un séminaire une fois par mois où nous décryptons des textes fondamentaux de la psychanalyse et où deux accueillants présentent un cas ; deux fois par an, nous bénéficions du concours d’un extime, membre de l’École qui nous aide à nous orienter et nous repérer dans ce qui va et ce qui rate. Nous construisons notre clinique au cas par cas avec le repérage que nous tentons de faire dans nos réunions cliniques. Nous transmettons à l’ACF régionale, dans une conférence de « Constellations », dans un temps ouvert au social à l’ACF « Des usages singuliers d’un lieu en prise directe dans le social » ; à PIPOL 4 et à Nonette.
Un an avant l’ouverture de la structure, nous avons fait un grand travail - qui se poursuit - de construction d’un réseau important dans le champ social, judiciaire et éducatif. Nous n’avions pas fait ce même travail dans le champ médical, celui-ci est venu vers nous dès l’ouverture. Nous sommes financés par l’État, la commune, la CAF, le REAAP, l’ARS et le Conseil général. Nous luttons pour que ce budget qui a baissé depuis deux ans augmente : nous avons mis en place un « comité de pilotage » deux fois par an avec tous les partenaires financiers et techniques. Dans un souci de transparence, nous y présentons nos bilans d’activités et financiers, ainsi qu’un plan prévisionnel, non sans en profiter pour leur faire entendre quelques très courtes vignettes témoignant de notre orientation.
Après huit mois de fonctionnement, les demandes affluent, celles des familles et celles des partenaires. Le réel qui nous tombe parfois dessus nous impose une clinique de la hâte et de l’urgence tandis que le quotidien se poursuit et s’invente chaque jour. En pouvant entendre une mère dire combien son enfant est un insupportable pour elle, au fond, nous lui permettons de lover au centre ce qui fait symptôme pour elle et cela permet un pas de coté. Et après tout, être « insupportable », c’est déjà être quelque chose et pendant ce temps, son enfant s’occupe de son coté à ses constructions.
Une autre, orientée par la PMI avant la décision de placer son enfant, ne vient que pour « parler à l’un d’entre nous en aparté » et passera, au bout d’un certain temps, de l’échange privé au collectif en se rapprochant peu à peu du groupe des parents, puis en s’y installant. Son enfant deviendra un bon objet, sous le regard des autres mères, le placement n’aura pas lieu.
Une autre encore ne regarde pas, ce n’est pas possible, elle se méfie. Elle vient voir la directrice parce que son enfant « a trop d’imagination, ça la saoule ». Il a des dinosaures qui lui font mal dans la tête, il doit trouver une solution pour les faire partir, il ne dort plus. Il va se construire un ami imaginaire.
L’une a fait une « bouffée délirante » et ne peut se tenir dans le lieu que debout. C’est entre deux espaces ou devant une table qu’elle parle à l’accueillante avec qui elle a un transfert de ce qui se « passe dans sa tête ». Et toujours debout, elle proposera de mettre en place un atelier « perles » pour les parents. Elle change lors de posture dans le lieu, le trou se referme un peu.
Un enfant mis en position d’exception par sa mère « fait » le tigre, beaucoup. Mais quand une accueillante croise son regard, sous la table, c’est l’angoisse insupportable. Cette angoisse le relève.
D’autres, enfin, trouvent une accroche dans l’identité « parents de Case Marmaillons » à partir de laquelle ils peuvent voir et entendre leur enfant : « je ne savais pas qu’il fallait leur parler, et que si on leur parlait, ils pouvaient comprendre ».
C’est une clinique qui nous devance et dont nous attrapons des bouts. Elle est tous les jours à reconstruire, au fur et à mesure des rencontres et de la contingence du moment.
Pipol News 18 - 24/01/2013
De la médiation thérapeutique à l’objet a
Marie-Hélène Issartel, ECF, Lyon
Maurizio Montanari
Centro di Psicoanalisi Applicata LiberaParola, Modena
De la médiation thérapeutique à l’objet a
Marie-Hélène Issartel, ECF, Lyon
La psychothérapie institutionnelle, comme la psychanalyse, ont été mises à l’index par la HAS dans son rapport du mois de Mars 2012.
Celui-ci les classe dans les « interventions globales non consensuelles » et énonce que « l’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence de (leurs) interventions ».
Pourtant les psychothérapies institutionnelles sont pratiquées dans de nombreuses institutions et les hôpitaux où sont accueillis et soignés des enfants psychotiques et autistes. La plupart, de référence analytique, constituent des groupes autour du jeu et de la parole, mais aussi de différents médiums : peinture, terre, eau, ou encore musique, théâtre, danse…diverses pratiques artistiques. Ainsi, à l’hôpital de jour où je travaille, différents dispositifs sont proposés à l’enfant : ateliers animés par un peintre ou une musicothérapeute, groupe « contes » autour du livre et de la voix, « petits papiers » autour du dessin et du découpage, « arts plastiques » avec la terre, plâtre , tissus et bois, des temps cuisine ou jardinage animés par les infirmiers ou les éducateurs . Il s’agit, dans un accompagnement non directif, de permettre aux enfants d’expérimenter, éprouver du plaisir à faire, à créer, seul ou avec les autres quand cela est possible. Accueillir leurs productions des plus informelles au plus esthétiques ou inventives, sans jugement ni interprétation, font de ces temps des moments ludiques qui cristallisent le temps et ordonnent la journée. Si le corps et la parole sont convoqués dans ces rencontres entre les intervenants extérieurs, les soignants et les enfants, l’intention thérapeutique y est secondaire, « de surcroît ». Les processus psychiques à l’œuvre quand ils sont aperçus, ne sont jamais communiqués aux enfants mais ils s’intègrent, sous forme de témoignage, à l’élaboration clinique au sein des réunions de service.
Dans son ouvrage Médiations thérapeutiques et psychoses infantiles, Anne Brun, professeur de psychopathologie à l’Université Lyon 2, développe les processus psychiques mobilisés par ces pratiques largement répandues. Sa thèse est la suivante : « les médiations thérapeutiques permettent aux enfants d’accéder au processus de symbolisation à partir de la sensorialité…la matérialité du médium malléable jouant un rôle primordial dans cet accès à la symbolisation ».
Pour l’auteur, c’est « à partir de la sensori-motricité et de la matérialité du médium malléable que peut s’enclencher le processus de symbolisation ». Cette rencontre vise « à réactiver des expériences primitives qui n’ont jamais pu être mises en images ou en mots », lesquelles trouvent à s’exprimer dans le cadre du transfert et du contre-transfert avec les soignants. Dans une relation en miroir avec le médium proposé à l’enfant, l’originaire trouve à émerger sous la forme de sensations hallucinées dans un appel à la figuration. Dans son livre, l’auteur rend compte des divers ateliers auxquels elle a participé soit comme « observatrice écrivante » soit comme superviseur.
Nous rapportons le cas de José, autiste sans langage, qui débute son travail en peinture à l’âge de 9 ans. Quand il était chez ses parents, enfermé dans sa chambre, il passait son temps à déchirer les catalogues, mâchonner les bouts de papiers arrachés pour en faire des boulettes qu’il recrachait. En institution, son unique activité consiste à faire des trous au centre de toutes les formes repérées dans les catalogues. José a un objet autistique : un panneau sur lequel est écrit soit « Stop », soit « Attention, chien méchant ». La médiation picturale proposée à l’enfant ne prend en compte ni son objet autistique ni son activité stéréotypée. Au début, terrorisé par les bruits des bouteilles de peinture, José se protégeait en fermant les yeux, des oreilles et la bouche avec ses bras tandis qu’il se collait contre l’observatrice la couvrant de salive. « José se protège…d’un vécu d’ordre catastrophique. Ce bruit pourrait réactualiser chez l’enfant une sorte de sensation hallucinée d’explosion terrifiante d’un je/tympan/bouche/anus, zones corporelles partielles auxquelles le sujet est identifié dans le registre de l’originaire ». L’agitation intense fut traitée par l’infirmière, d’abord par des interprétations (« Tu as peur que ça explose dans ton oreille, dans ta bouche, dans ton derrière »), puis par un jeu théâtral en miroir qui apaisa un peu l’enfant. Mais à l’agitation, succédèrent de violentes lésions de grattage tant sur son corps que sur la feuille de papier. A la relation spéculaire entre la feuille et le corps, répondit le jeu en miroir de sa référente. Alors, l’enfant manifestait plus de plaisir à venir et à peindre sur et autour de la feuille. A son objet autistique, José substitua deux feuilles dessinées par l’observatrice entamant avec elle un jeu de caché-trouvé derrière le radiateur ou dans le four à micro-ondes.
Pendant les séances, l’enfant « demandait de façon impérative à sortir avec un thérapeute pour relever le sigle d’une voiture aperçue à l’extérieur. Le relevé calmait instantanément son agitation et il pouvait revenir peindre au sein du groupe ». L’auteur note l’évolution des relations de l’enfant avec ses soignants et les autres enfants. José a appris à peindre avec des traces rythmiques horizontales au bout d’un an puis, après la phase de grattage, à la verticale. L’application de la peinture en couche très épaisse ouvrit selon l’auteur à la tridimensionnalité qui se concrétisa, plus tard, par l’exploration du placard sur lequel étaient placées les feuilles.
Au bout de cinq ans, José peut exprimer et partager des affects avec les thérapeutes et les autres enfants en dehors du langage verbal, mais avec des gestes, des mimiques, des postures et des lallations.
Que dire de cette longue prise en charge ? L’engagement remarquable des soignants grâce au dispositif, a permis une pacification et une sortie de l’isolement de l’enfant. Mais faute de prendre en compte les inventions de l’enfant( le trou dans la feuille et l’écriture des sigles des voitures) et faute de repère dans la structure, aucune perte n’a pu s’inscrire du côté de l’enfant. Le médium pictural, objet proposé à l’enfant, n’est pas un « objet trouvé-crée », il reste un objet plaqué dont José acquiert un certain usage dans le cadre d’une relation spéculaire. Le « For-Da » ne fonctionne pas pour l’enfant. Dans ses rayures, il se confronte à l’impossibilité d’écrire l’absence de sa mère. A aucun moment, la feuille de peinture devient « ce petit quelque chose du sujet qui se détache » soit « le petit a » qui lui aurait pu lui ouvrir la voie du symbolique. « Faute d’avoir pu symboliser la perte de l’objet primordial de la jouissance »écrit J.C.Maleval, « le sujet autiste semble l’avoir vécue comme une mutilation insupportable, d’où la mise en place de stratégies défensives pour ne plus être affecté par la perte, en maîtrisant ses objets, et surtout pour ne plus ressentir d’émotions en se coupant de celles-ci ». Mais comment accéder au symbolique quand l’objet primordial de jouissance n’a pas été cédé ?
C’est le problème de Bob, 7ans, reçu à l’hôpital de jour depuis deux ans et dont nous avons ailleurs abordé le cas. Au début de la prise en charge, parlé par l’Autre, Bob se faisait l’écho des commandements de l’Autre ou des phrases entendues dans ses dessins animés préférés. Le passage à l’écriture des dires de l’enfant ont permis de creuser un écart entre les paroles de l’Autre et celles de l’enfant. Un petit dialogue est ainsi devenu possible dans lequel il peut rapporter des faits survenus dans la semaine .Cependant, peu de changement est observé au niveau du quotidien, « La jouissance du vivant ne se prend pas chez lui au signifiant ». Bob refuse de manger à table- il prend plusieurs biberons par jour chez lui- et il n’a pas acquis la propreté ; l’enfant se retient toute la journée et fait ses besoins dans la couche que lui met sa mère le soir. Les orifices du corps sont bouchés ! Faute de n’avoir pu céder l’objet de jouissance, les trajets de la pulsion ne se sont pas mis en place.
Quand arrive l’heure du déjeuner, Bob s’installe toujours à la même place à côté de son infirmière préférée exigeant une assiette comme les autres enfants mais il refuse de manger autre chose que du pain. « J’ai pas envie » dit-il pour toute explication à son refus. Son père rapporte une petite scène au restaurant Mac Do où il avait invité Bob et son frère en l’absence de la mère. L’enfant, très content de cette sortie inopinée, choisit son burger, une boisson et des frites, comme son grand frère. Une fois installé à table, Bob continua à jouer sans se préoccuper de la nourriture comme si elle n’existait pas. Le repas qu’il avait pourtant choisi, était devenu un pur non-sens, une sorte d’hallucination négative !
A l’hôpital de jour, Bob se rend rarement à l’atelier peinture. La première fois où il a accepté de peindre… ce fut la boîte de DVD de son objet autistique ! Plus récemment, il a consenti à laisser quelques traces bleues sur une feuille à l’aide d’un petit rouleau en mousse puis s’en est rapidement désintéressé. Par ailleurs, Bob est un enfant intelligent, il va l’école où il a appris à lire, mais comme il refuse d’écrire avec un quelconque crayon, on l’autorise à utili
