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PIPOL NEWS 51 - 08|07|2011

PIPOL 5
L’illusion du scientisme, l’angoisse des savants
Eric Laurent
Les séductions de l’illusion scientiste
La technologie offre aux bureaucraties contemporaines une puissance de calcul inégalée. L’illusion scientiste consiste à rêver qu’il sera possible bientôt de tout calculer de l’activité humaine réduite à des comportements objectivables. On ne parle plus en méga ou gigabits mais en téra ou pétabits, un térabit étant l’équivalent de 1000 gigabits et un pétabit, celui de 1000 térabits. La Bibliothèque nationale représente à peu près vingt térabits de texte. La base de données de Wal-Mart, le Carrefour américain, représente 570 térabits. Google travaille en permanence sur 4 pétabits d’informations. L’accumulation de données rend fou d’une folie particulière. Elle alimente un rêve de tout savoir sur chacun et de pouvoir calculer ce que l’autre veut. Les outils statistiques ne supposent aucun savoir clinique préalable. La machine se contente de broyer des données[1]. Nous dirions avec Lacan que les outils statistiques sont du signifiant pur, bête. C’est leur force. L’extension de cette utopie dans le champs de la médecine aboutit à la médecine « fondée sur les preuves » où, sans référence au savoir clinique comme tel, des experts statisticiens calculent par comparaison d’échantillons homogènes les variables qui assurent le succès ou l’échec des traitements.
Le paradoxe des succès de l’EBM est qu’il ne porte pas sur le savoir comme tel. Pour sauver des vies à l’hôpital, les promoteurs du « zéro défaut » comptent sur le respect absolu de procédures visant à éviter les maladies nosocomiales. Vérifier sans cesse et faire revérifier les médicaments distribués. Pour réduire les décès dans les salles de soins intensifs : se laver les mains fréquemment et laver les cathéters avec un antiseptique, le faire vérifier. Le modèle est l’industrie de l’aviation ou l’industrie automobile et le management Toyota. C’est dans le domaine de la surveillance de la pragmatique des soins que les protocoles mécaniquement suivis ont leurs résultats les plus nets. C’est aussi la raison des limites rencontrées. Il n’y a qu’une petite partie de la clinique qui peut être mécaniquement réduite et vérifiée.
Les partisans les plus farouches de la méthode EBM reconnaissent qu’elle a des prémisses difficilement transposables aux patients réels : les protocoles des essais cliniques excluent les facteurs de comorbidité qui sont le lot des patients réels. Ceux-ci relèveraient de dizaines de protocoles à la fois, jamais évalués ensemble. Ils fument, boivent du café, prennent des médicaments en cocktails, travaillent trop, ont respiré de l’amiante, prennent la pilule, etc. Les meilleures bases de données et systèmes experts ne produisent le diagnostic correct que dans 75% des cas. Certes, la mémoire de la base de données est meilleure que celle de sujets individuels mais un médecin n’est jamais seul et une véritable conversation clinique s’accommode parfaitement de la consultation d’une bibliothèque statistique. Du point de vue opposé, il vaut mieux joindre au logiciel les estimations des experts cliniciens comme élément d’un logiciel de niveau supérieur, à condition qu’ils soient affectés d’un certain coefficient de pondération. La mutation que devrait traverser la médecine est celle que l’aviation a connue avec le Fly by wire. Les pilotes n’interviennent qu’en cas d’incident imprévu ou de défaillance de la machine. Il n’est pas certain que la médecine soit réductible au modèle aviation dans la mesure où c’est « une toute petite partie » de ce que font les médecins qui peut se quantifier vraiment. Les catastrophes aériennes comme celles du vol AF 447 de Rio, où les rappels massifs de voiture et les suicides en entreprise sont aussi là pour nous rappeler qu’il serait étrange d’ériger l’aviation et le management Toyota en idoles.
La méthode statistique ne se limite pas à la médecine. Elle s’intéresse aussi à la Justice et vise à se passer des juges. Par exemple, pour apprécier les risques de récidive. Aux USA, les lois de l’État de Virginie incluent depuis 2003, en première mondiale, une clause obligeant les juges au maintien en détention des délinquants sexuels lorsque ceux-ci ont un score de plus de 4 sur une échelle d’évaluation de la récidive. C’est une justice inféodée à des procédures scientistes que Robert Badinter dénonçait, dans une tribune récente les dangers de la définition « d’un régime de sûreté fondé sur la dangerosité présumée d’un auteur virtuel d’infractions éventuelles »[2]. Il luttait contre l’inscription dans la loi d’un crime virtuel. Cet enfer est déjà réalisé en Virginie.
De même, dans le champ de l’éducation, les experts statisticiens essaient d’imposer des protocoles où le professeur ne serait que le récitant d’un manuel standardisé d’enseignement dûment évalué et qu’il faudrait suivre à la lettre.
Les enseignants, les cliniciens, les juges renâclent devant la destitution de leur acte, tous témoignent de l’effet de mortification du désir. C’est une véritable destitution subjective réelle.
L’effet réel doit être distingué de l’effet imaginaire de blessure narcissique que peut produire la compétition homme-machine dramatisée. Le narcissisme du clinicien, Lacan s’en était moqué dans sa satire de celui qui se prend pour le « seul » à savoir faire. Je le cite : « Cet "être le seul" dont on se donne les gants d’y saluer l’infatuation la plus commune en médecine ». C’est par cette infatuation que certains médecins arrivent à calmer l’angoisse de leur acte. « Cet être le seul, justifie le mirage à en faire le chaperon de cette solitude »[3]. Lacan appelait donc vigoureusement les experts cliniciens à se former aux exigences de la logique propre à l’acte analytique. Cette logique permet de potentialiser l’acte en allant au-delà des embarras du narcissisme. Les algorithmes du calcul massif de l’intime produisent l’effet inverse. Ils tuent le sujet car ils ne laissent plus aucune place pour une angoisse constituante de la solitude de l’acte. « La cause du désir pour chacun est toujours contingente, c’est une propriété fondamentale du parlêtre »[4]
L’angoisse du Savant
Foucault rompt avec une conception d’une histoire des sciences réduite à une description de l’ « orthogénèse de la raison ». Il rompt avec la perspective d’une recherche des critères de scientificité à la Bachelard pour interroger plus profondément les conditions dans lesquelles la rationalité et la scientificité ont pu être instituées comme normes de vérité. De ce nouveau point de vue, note Foucault, « la distinction du scientifique et du non scientifique n’est pas pertinente ». L’enquête sur les critères de scientificité nous amène ainsi plutôt à considérer la façon selon laquelle la science s’attribue la détermination des normes de rationalité et plus généralement de la vérité. S’il ne s’agit plus seulement de rationalité, c’est une question de vérité qui se pose. C’est un certain rapport que le discours, le savoir entretient avec lui-même . La vérité, en ce sens, n’est pas en adéquation à un objet extérieur, mais« effet interne à un discours ou à une pratique »[5]. Dans « L’envers de la psychanalyse », il nommera ce point de recoupement, d’ « effet interne » à un discours comme « jouissance ».[6]
Il s’agit alors d’enquêter sur la jouissance propre à celui qui vient tenir la place de l’agent du discours du savoir, le savant comme tel. Ceci, non pas dans une perspective sociologique ou psychologique, mais comme position de jouissance. Le savant est entendu là, au sens où Max Weber pouvait en parler dans le « Savant et le politique ». Le savant au sens de Max Weber, a un rapport hors-sens au savoir. Jean-Claude Milner accentue le caractère d’indifférence qui lie savant et savoir.[7]
Cette position n’est tenable selon Lacan qu’en dehors des crises de la science. Pour parler du savant, Lacan parle de son angoisse. Il parle d’abord dans le « Triomphe de la religion » de l’angoisse du biologiste d’avoir produit des armes massives de destruction. [8]On pourrait aussi parler de l’angoisse des physiciens dans les années cinquante où le nom de Robert Oppenheimer se détache particulièrement. Des biographies d’Oppenheimer, qui sont sorties récemment, en témoignent[9][10]
Il faut maintenant ajouter aux biologistes, aux physiciens, les médecins inquiets de la puissance de destruction du mode de preuve statistique dominant actuellement. L’adoption du paradigme de l’Evidence Based Medecine a produit des effets ravageants apparaissant maintenant toujours plus à ciel ouvert. Un éditorial retentissant, publié en février de cette année par un des observateurs les plus qualifiés de l’état actuel de la médecine[11] montre comment le mot magique de « preuve » statistique fut employé comme « justification conceptuelle post-hoc pour le nouveau commerce de créer et vendre de l’information clinique ». L’effet de l’adoption de protocoles universels de prescription a été de « détruire la spontanéité thérapeutique de la psychiatrie, d’atténuer l’art de prescrire, qui passe ainsi d’être créatif et flexible à être mécanique et uniforme. Finalement, on n’a nul besoin que les prescripteurs de psychotropes soient médicalement qualifiés ». Il se dévoile que la soi-disant Evidence Based Medecine est un Marketing Based Medecine[12]. Cette nouvelle rhétorique de la preuve rejoint celle de l’évaluation[13].
La psychiatrie universitaire anglo-américaine devient maintenant très critique devant les tentatives de l’industrie pharmaceutique pour contrôler dans tous les détails la conception, la distribution et la validation des médicaments en faisant fonctionner à son avantage la procédure contestable des Essais cliniques au hasard. Le couplage des RCT (Randomised Chemical Trials) avec la nomenclature DSM produit un mixte aux effets angoissants. La responsable du pôle schizophrénie au sein du DSM-IV écrit : « Le DSM a eu un impact déshumanisant sur la pratique de la psychiatrie. Le récit de cas – outil central de l’évaluation en psychiatrie – a été réduit à l’utilisation des questionnaires DSM. Le DSM décourage le clinicien de connaître son patient comme individu en raison de cette approche empirique sèche. Enfin la validité a été sacrifiée pour atteindre la fiabilité. Les diagnostics du DSM ont donné aux chercheurs une nomenclature commune – mais probablement la mauvaise. Bien que la création de diagnostics standardisés pour faciliter la recherche avait été un but central, les diagnostics du DSM ne sont pas utiles pour la recherche en raison de leur manque de validité (leur absence de référence véritable).[14] »
Les responsables du groupe de travail DSM-III peuvent confier que la nomenclature proposée était « en réalité un méli-mélo de données disparates, incohérentes et ambiguës… dont très peu sont solides ou réellement validées.[15] »
Les Présidents eux-mêmes des groupes de travail DSM-III et -IV sont extrêmement inquiets du « nouveau paradigme » que veut introduire le DSM-V, permettant de prendre en compte des symptômes bien qu’ils soient à un niveau infra-clinique. Dans une lettre ouverte, ils dénoncent le caractère arrogant et isolé des responsables, les conflits d’intérêt avec l’industrie, le fait que de plus en plus de gens vont se retrouver avec des étiquettes psychiatriques et ainsi médiqués.[16] Les querelles sur le changement d’étiquette de plus de la majorité des dépressions en troubles bipolaires sont inséparables de la chute dans le domaine public des antidépresseurs et de la promotion de nouveaux médicaments sous brevets.[17] L’éditrice du New England Journal of Medicine, la meilleure revue médicale du monde, comme me le disait un collègue américain, rend compte dans les deux derniers numéros de la New York Review of Books d’une série de livres extrêmement critiques sur le paradigme DSM/Médicaments/EBM.[18]
Alors que ces livres auraient jusqu’ici laissé leurs auteurs dans les limbes de ceux interdits d’invitations par les laboratoires aux grands congrès où s’établissent et se diffusent les nouveaux paradigmes, les voilà au centre du débat. Ils dénoncent la fameuse métaphore de la maladie comme « déséquilibre chimique » en rappelant qu’il n’y en a aucun avant le déclenchement clinique et que c’est le médicament qui le provoque par sa substance active. Parler du déficit en sérotonine comme cause de la maladie, c’est dire que toutes les douleurs sont liées à un déficit d’opiacés puisque les opiacés soulagent, ou que la cause des maux de tête est l’aspirine. On constate que dans les groupes de patients recevant des placebos et pour qui ils ont une efficacité reconnue, les rechutes sont moindres que pour ceux qui prennent des médicaments etc. On en arrive à se demander si les effets secondaires des « antidépresseurs vous rendent-ils triste ? ».[19] Un sentiment de méfiance général est maintenant répandu à l’égard des dirigeants et leaders d’opinion qui participent au modèle dominant.
Loin des certitudes affichées des actions spécifiques des médicaments, leur aspect « Magic Bullett », le modèle cible/médicament se retrouve en crise. Les médicaments ont des effets de plus en plus individualisés. L’usage qu’en font ceux qui doivent y prendre appui échappe aux strictes bornes des protocoles. Le moment d’angoisse que traverse le modèle biologique en psychiatrie est l’occasion de rappeler ce qui se présente toujours comme fuite, glissement, déviance dans l’expérience de jouissance d’un sujet. Il y a toujours du clinamen dans le sinthome que peut élaborer un sujet dans l’expérience psychanalytique, avec ou sans l’usage du médicament. C’est la façon de construire l’appareil à nommer la jouissance des événements de corps dans une langue propre, avec ou sans le soutien des discours établis.
Bruxelles, rue Ravenstein (détail) [Photo : EC]
[1]Grove W.M. et Llod M., Meehl’s contribution to clinical versus statistical prediction, Journal of Abnormal Psychology, 2006, vol. 115, N°2, 192-194.
[2]Badinter R., « Le retour de l’homme dangereux », Le Nouvel Observateur, 31 janvier-6 février 2008.
[3]Lacan J., Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p.262-263.
[4]Miller J-A, cours du 8 décembre 2008.
[5]M. Foucault, Dits et Ecrits IV, entretien avec M.Foucault, Il Contributo, janv-mars 1980, Paris, Gallimard, 1994, p.54
[6]« Si les structures logiques les plus radicales se rattachent effectivement à ce pédicule arraché de la jouissance, la question se pose inversement de quel jouir répondent ces conquêtes que nous faisons, de notre temps, dans la logique. Ceci, par exemple qu’il n’est de consistance d’un système logique, si faible soit-il, comme on dit, qu’à désigner sa force d’effet d’incomplétude, où se marque sa limite. Cette façon dont s’avèrent déhiscent le fondement logique lui-même, à quelle jouissance répond-il ? autrement dit, qu’est-ce ici que la vérité ? » J. Lacan, Le Séminaire XVII, L’envers de la psychanalyse, chap. IV Vérité, sœur de jouissance, Paris, Seuil, p.76
[7]« Le savoir est indifférent à l’objet ; en retour, l’objet est indifférent au savoir. Ce n’est pas l’objet su qui fait que le savoir est savoir ; il est l’occasion du savoir. […] Le savoir, lieu où personne ne dit rien sur rien et à personne. Lieu où de plus rien ne dure. « Tout "accomplissement" scientifique demande à être dépassé et à vieillir » écrit Weber. […] De disparition en disparition, on pourrait autant dire qu’à l’étape finale du savoir, rien ne se passe qui ait un sens. »Milner J.C, Le juif de savoir, Grasset, 2006, p.64
[8]« Il y a une chose dont Freud n’avait pas parlé, parce qu’elle était taboue pour lui, à savoir la position du savant. C’est également une position impossible, seulement la science n’en a pas encore la moindre espèce d’idée, et c’est sa chance. C’est seulement maintenant que les savants commencent à faire des crises d’angoisse. […] Toutes ces petites bactéries avec lesquelles nous faisons des choses si merveilleuses, supposez qu’un jour, après que nous en aurions vraiment fait un instrument sublime de destruction de la vie, un type les sorte du laboratoire. » J. Lacan, Le triomphe de la religion, Paris, Seuil, p.74
[9] Pais, Abraham). J. Robert Oppenheimer: A Life. Oxford University Press, 2006, ainsi que K. Bird et M. J. Sherwin American Promeheus : the triumph and tragedy of J. Robert Oppenheimer, Knopf, et P. J. McMillan The Ruin of J. Robert Oppenheimer and the Birth of the Modern Arms Race, Viking, et J. Bernstein, 2005 Oppenheimer : Portrait of an Enigma, Ivan R. Dee
[10]R. Goldstein, Incompleteness, the proof and paradox of Kurt Gödel, Atlas Books, 2005, p.239
[11]G. E. Berrios, editorial « On Evidence-Based Medecine », écrit le 17 février 2010 in http://www.psicoevidencias.es/Novedades/Editorial/on-evidence-based-medicine.html. German Berrios, péruvien d’origine, Professeur de Psychiatrie et d’Histoire et de Philosophie des Sciences à Cambridge. Il est aussi rédacteur en chef de la Revue Internationale d’Histoire de la Psychiatrie, (International Journal of History of Psychiatry),
[12]G.I. Spielmans – P.I. Parry « From Evidence-based Medecine to Marketing-based Medecine : Evidence from Internal Industry Documents », publié le 21 jan 2010 on www.springer.com
[13]Laurent E., « The perverse effects of EBM and the Remedies that psychoanalysis brings » in the Review (newsletter of the association for psychoanalysis and psychotherapy in Ireland), Issue 12, spring 2008.
[14]Nancy C. Andreasen, « DSM and the Death of Phenomenology in America : An Example of Unintended Consequences », Schizophrenia Bulletin vol.33 no. 1pp. 108-112 , 2007
[15] Intervention de Christopher Lane pour la cérémonie de remise du Prix Prescrire 2010, 7 octobre 2010, www.prescrire.org
[16] « Psychiatric diagnosis - That way, madness lies », The Economist, Feb 4th 2010
[17] Benedict Carey, « Redefining mental illness - Doctors propose changes to manual of psychiatry, altering what’s ‘abnormal’ », International Herald Tribune, 11.02.2010
[18] Marcia Angell, « The Epidemic of Mental Illness: Why? », The New York Review of Books, June 23, 2011 and « The Illusions of Psychiatry », NYRB, July 14, 2011
[19]Casey Schwartz, « Do antidepressants Make You Sad ? », The Daily Beast, 2011/06/14
PIPOL NEWS 50 - 04|07|2011

Message de Leonardo Gorostiza, President de l'AMP, à l'occasion de Pipol 5
PIPOL 5
Premier Congrès de l'EuroFédération de Psychanalyse
Chers collègues de l'Euro-Fédération de psychanalyse,
Chers congressistes,
Très chers amis,
Nous, les membres des trois écoles d'Amérique, avec beaucoup de leurs sympathisants –un total de 1400 personnes - nous nous sommes réunis voici à peine trois semaines, pour célébrer ENAPOL V (rENcontre Américaine de Psychanalyse d'Orientation Lacanienne). Le thème qui nous rassemblait alors résonne avec le titre qui nous réunit ici aujourd'hui à Bruxelles.
En effet, nous avons en Amérique travaillé et débattu, il y a trois semaines, autour de "La santé pour tous pas sans la dinguerie de chacun", ce qui n'est qu'une autre façon d'interroger la notion problématique de "santé mentale".
Mais à nouveau une contingence atmosphérique est venue compromettre le développement de notre Rencontre. Emanant non pas du volcan islandais au nom imprononçable, comme ce fut le cas l'an passé pour le congrès de l'AMP à Paris, mais cette fois d'un volcan chilien. Un nuage de cendres volcaniques a contraint l'annulation de centaines de vols aériens. Le résultat: plus de 150 collègues argentins furent empêchés de participer à notre événement américain majeur, tandis que ceux d'entre nous qui avaient réussi à arriver sur place eurent ensuite pour le retour à traverser des conditions très difficiles.
Ce sont les mêmes conditions d'instabilité atmosphérique qui m'ont amené à annuler en fin de compte mon voyage jusqu'ici, Bruxelles, où je pensais participer avec vous aux deux Journées de ce Premier Congrès de l'Euro-Fédération de Psychanalyse. Lequel Congrès devait assurément avoir la toute première importance d'inaugurer une nouvelle série pour la psychanalyse d'Orientation lacanienne en Europe.
Si j'ai fait mention de la contingence de la nature, ce n'est certes pas uniquement pour expliquer la raison de mon absence physique parmi vous. C'est aussi parce que ce type de contingence -qui semblerait nous faire croire par moments que les planètes se sont mises à parler – peut nous enseigner quelque chose. C'est que les semblants peuvent avoir des effets réels.
La nature est pleine de semblants, a dit Lacan un jour. Et ces semblants, ces "météores" – nous en avons parlé en ces termes au dernier Congrès de la NLS – ne nous enchantent pas seulement pour leurs couleurs, tel l'arc-en-ciel qui appelle notre contemplation. Il est d'autres météores, comme le sont ces nuages fait de particules venant perturber les vols, et capables de détruire les turbines des avions: c'est ce qu'on appelle des "lithométéores".
Qu'est-ce que cela vient nous enseigner au regard de ce qui nous réunit ici?
Lorsque nous affirmons que les pratiques d'évaluation de l'idéologie TCC s'appuient de questionnaires qui ne sont que faux semblants, c'est-à-dire qu'ils ne sont qu'imposture, ou encore lorsque nous affirmons que le DSM n'est qu'un montage de semblants qui méconnait le réel du symptôme, nous ne devons pas oublier cependant que ces semblants peuvent également avoir des effets réels. Effets qui peuvent être encore beaucoup plus pernicieux que ceux produits par les nuages de cendre volcanique, puisqu'il s'agit d'effets sur la civilisation dans son ensemble.
Il me paraît très important en ce sens de souligner un point signalé dans son argument pour Pipol 5 par notre Président de l'EFP, Gil Caroz. Il évoquait là une différence cruciale entre les propositions du DSM 5 et notre position. Une différence qui conduit à deux positions parfaitement inconciliables. Ce que proposent les différentes versions du DSM, et qui arrive à son paroxysme dans la version annoncée pour 2013, est l'affirmation que "tout le monde est malade", dont il découle ce qui pourrait bien être un effet réel : à savoir, la médicalisation généralisée de l'existence.
A ce point de vue, Il est essentiel de différencier cette formule, qui s'élève sur le fond d'une normalité supposée, de celle que nous tenons de Lacan lorsqu'il n'hésite pas à affirmer: "tout le monde est fou, c'est-à-dire délirant". Cette formule ne se déploie sur aucun fond de normalité supposée. Tout au contraire, elle situe comme fondement cette maladie constitutive de notre espèce que nous appelons l'absence de rapport-proportion sexuelle. Face à l'existence de ce trou traumatique, il appartient à chacun d'inventer un truc, sa "dinguerie" singulière. Dès lors, si par la voie du "nous sommes tous malades" s'ouvre le chemin vers le cauchemar du" silence et médication pour tous", par la voie du "tous délirants" s'ouvre le chemin vers la dignité de l'invention de chacun, vers la dignité des "effets de création" et plus encore, vers la dignité de la poésie. Ainsi, c'est par ce biais, celui de la poésie, que je me permets de conclure les quelques mots que je voulais vous adresser aujourd'hui, chers collègues, malgré la distance géographique.
Evoquons ce qu'un poète un peu fou, fils – comme la psychanalyse – du XIXème siècle, a pu dire quelque jour. Evoquons les paroles d'un romantique qui lança son cri désespéré face à ce qui s'annonçait déjà de l'irrésistible expansion de cette idéologie de la raison scientifique. Depuis les pages de ses Notes d'un souterrain,ses paroles nous avertissent encore quesi tous les actes humains pouvaient se déduire mathématiquement, il n'y aurait plus dans le monde un seul homme responsable des ses actes, mais pas davantage il n'y aurait de hasard, non plus que d'aventures. Evoquons Fédor Dostoïevski –peut-être l'a-t-on divinisé – qui pouvait dire ceci: "Si vous soutenez que même cela, on peut entièrement le prévoir en fonction d'une table de calcul –le chaos, l'obscurité, la malédiction –si bien qu'à elle seule la possibilité du calcul préalable arrêtera tout et que la raison l'emportera, dans ce cas, l'homme deviendra fou, exprès, pour ne plus avoir sa raison, mais avoir quand même le dernier mot! Cela, j'y crois, j'en réponds, car toute la tâche de l'humanité consiste précisément, à ce qu'il me semble, en ce que chacun veuille perpétuellement se prouver qu'il est un homme..!"[1]
Il continue: " Vous me criez…que personne ne m'ôte ma volonté; qu'on s'ingénie seulement à s'arranger pour que ma volonté coïncide d'elle-même, de mon libre arbitre, avec mes intérêts normaux, avec les lois de la nature, avec l'arithmétique. Ah ! Messieurs, qu'est-ce que le libre arbitre aura à voir quand on arrivera aux tables de calcul et à l'arithmétique, quand seul aura cours le deux fois deux quatre. Deux fois deux feront quatre que je le veuille ou non. Est-ce cela le libre arbitre?"[2]
"Mais deux fois deux quatre est quand même tout à fait insupportable… J'admets que deux fois deux quatre est une excellente chose; mais tant qu'à tout approuver, deux fois deux cinq est quelquefois un machin pas mal du tout."[3]
Chers collègues : Bon travail ! A bientôt en octobre à Paris !
Leonardo Gorostiza, président de l'AMP
Buenos Aires, le 1er juillet 2011
(Traduction : Jean-François Lebrun)
[1] Dostoïevski, Fédor, Notes d'un souterrain, Paris, GF-Flammarion, 1992, trad. L Denis, p. 73.
[2] Ibidem.
[3] Dostoïevski, Fédor, Notes d'un souterrain, op. cit. , p.76.

The Square (Bruxelles) (Photo : EC)
PIPOL NEWS 49 - 01|07|2011

VERS PIPOL 5
Journée et conférence
Ariane Oger
Journée préparatoire à Pipol V
« La santé psychique c’est pas automatique », tel fut l’intitulé de la journée préparatoire à Pipol V, et organisée par le bureau rennais de l’ACF/VLB le 25 mars. La responsabilité en a été confié à Eric taillandier et Ariane Oger. Un cartel s’est constitué avec Alice Delarue, Jean-Louis Bourhis, Marylène Melou et Alain Le Bouëtté comme plus un. Une position d’énonciation et non de dénonciation fut le cap que nous avons tenté de tenir. Nous avons pris appui sur l’orientation insufflée par G. Caroz en liant clinique et politique, mais aussi sur celle d’ H. Castanet dans le chapitre « Santé versus clinique » de son livre « Un monde sans réel ». Pour H.Castanet la valorisation de la santé implique la dévalorisation de la clinique. La promotion politique généralisée de la santé emporte la disparition de la clinique psychanalytique. Une conséquence s’en déduit : « Le choix de la clinique n’est pas à opposer à celui de la santé, mais c’est déconstruire l’artifice idéologique que signe cette référence à la santé, bref c’est se demander dans quel champ de visibilité et de discours ouvre cette référence à la santé»[1] . C’est aussi en mesurer les conséquences. Tout sujet, qu’il s’agisse de celui que nous accueillons en institution ou de celui qui y travaille, supporte les effets des signifiants maîtres de son époque. C’est bien souvent d’une langue pré-interprétée par ces signifiants maîtres ou par l’Autre social qu’il nous parle. A nous de créer les conditions afin que, de la rencontre, se dégage son énonciation, mais aussi sa langue.
Le bonheur serait dans la santé, une santé qui au 21è siècle relève d’une conquête au prix d’efforts réguliers tendant à la juste mesure, et répondant à une avalanche de recommandations prescriptives. La santé est ainsi devenue « un exercice de tous les instants, une vraie épreuve physique »[2]. L’être humain en redemande. Du coup la santé pourrait bien nous rendre malades ! Cette santé s’acquiert, se calcule, elle doit être visible, énonçable.
Le siècle des Lumières et les Droits de l’homme ont, de fait, fait entrer le souci de la santé, et par extension le droit au bonheur dans le domaine du politique et de la gestion des populations. Les Etats ont fait de la santé leur affaire, en mettant en avant la coordination politique et économique [3]. La santé mentale ne consiste plus en l’absence de maladie, mais doit être appréhendée à partir d’indices du bonheur et d’indicateurs de comportements. La santé est devenue une valeur de vie, le plus de santé un plus de jouir. P. Naveau a fait valoir lors des dernières journées de l’ECF en Octobre 2010 l’opposition entre le care et le désir, entre le souci de soi et le désir. Positiviste et utilitariste, cette nouvelle idéologie de la santé, appuyée sur le modèle bio-psycho-social, conditionne une conception de la souffrance psychique et du soin loin des débats épistémiques des 19è et 20è siècles. Nous sommes dans une autre ère du « bio-politique » foucaldien. Certes ce philosophe garde toute sa pertinence dans ce qu’il a élaboré sur « la disciplinarisation »[4] comme corollaire de la normalisation mentale, de la production de comportements adaptés. Le pas de plus franchi n’est plus seulement le contrôle des populations, mais aussi le traitement de masse des corps allié aux techniques de management.
L’obsession de la normalité et son arithmétisation concourent au refoulement illusoire de ce qui habite le corps vivant, à savoir la vie pulsionnelle. Cette pulsion objecte à la santé mentale et vient contrarier son programme homéostatique. Le désir furieux de créer « l’homme moyen » selon l’heureuse expression de JAM vient servir l’uniformité et « cette uniformisation est la condition de la possibilité du déchaînement numérique ». Du salaire idéal au réchauffement climatique nous croyons dur comme fer aux valeurs numériques. Nous transformons notre corps en poids, l’intelligence en performance, le passé en code génétique et nos angoisses en police d’assurance. La santé devient « un pur résultat ». Nous sommes « au delà du tout visible, tout énonçable, c’est à dire que la santé actuellement devient une moyenne statistique, le résultat d’une moyenne, qui est présente dans le DSM 4 » (H. Castanet). Ce « paradigme numérique » tel que le nomme G. Chatenay dans son ouvrage « Symptôme nous tient » n’est-il pas ce qui a été franchi entre la philosophie de M. Foucault et celle de I.Hacking ?
Le symptôme se réduit au trouble. Sa cause devient sociale et son effet s’en déduit. Pas de gap entre la cause et son effet, pas de « clocherie entre la cause et ce qu’elle affecte » (SXI, p 23). Le symptôme devient une maladie et son énigme tend à disparaître au profit d’une demande d’adaptation. Penser le symptôme avec sa face de souffrance est entendable, le penser sous les oripeaux de la jouissance est insupportable. Comment faire résonner cette part de jouissance que le sujet engage dans tout symptôme ? Comment faire entendre la perturbation structurale du physique, du mental et du social ? Quelles voies les psychanalystes peuvent-ils emprunter pour en démontrer le ressort ? Comment faire valoir dans une civilisation de la transparence, l’opacité propre du sujet, condition d’une santé plus vivante que mentale ? Si la santé mentale ne se laisse pas mathématiser, que tout compte fait, le désir en son fond est toujours hors norme, que le sujet se faufile là où on ne l’attend pas, qu’advient-il de ses symptômes, de ses boiteries, de ses clocheries ? Il y a une éthique à faire valoir, celle d’entendre ce qui se dit au delà de ce qui se donne à voir.
Alors la santé psychique c’est pas automatique ! Ce qui a été automatique est la correction du journal Ouest-France pour l’annonce de cette journée : « La santé psychique ce n’est pas automatique ! ». Toujours est-il que ce titre n’est pas seulement un trait d’humour. Il nous est venu à partir de ce que la clinique nous enseigne.
Eric Taillandier concluait la journée ainsi : « En organisant cette Journée d’étude, l’Association de la Cause freudienne de Rennes a tenu le pari de réunir, autour des questions soulevées par les choix faits au nom de la santé mentale, un public à la fois concerné par les effets de ces choix et aussi sensible à leur éclairage par la psychanalyse d’orientation freudienne et lacanienne. Force est de constater que l’initiative de l’ACF a eu un certain écho. Car c’est un fait d’actualité que la santé mentale et son double, le trouble mental, sont des mots qui circulent de plus en plus. A l’issue de cette journée, nous comprenons mieux comment ces mots sont articulés entre eux, comment ils en viennent à former un discours qui n’est pas sans conséquence sur le réel dont nous sommes tous affectés. Ce réel, Gilles Chatenay l’a nommé de façon très précise : « le point où nous ne sommes plus calculables à nous-mêmes ». C’est précisément parce que ce discours est dans l’air du temps, qu’il constitue en quelque sorte le bain de langage dans lequel nous sommes tous plongés, qu’il intéresse la psychanalyse au titre d’en cerner la cause et la logique »
« Tais-toi et marches dans les clous ! », tel pourrait être le mot d’ordre inconscient du discours en santé mentale que cette Journée aura permis de dégager. Pour reprendre une formule de Lacan que j’ai découverte un peu par hasard ces derniers jours, « c’est le rêve du fabricant d’automates ; dans cette conception organiciste du psychisme, on retrouve toujours dissimulée, derrière, l’idée "du petit homme qui est dans l’homme", seul à faire fonctionner la machine[5] ». Alors, face à cet impératif du « Tais-toi et marches dans les clous ! », dont les effets d’isolement sont déjà palpables au sein des familles, chez les patients, dans les équipes, qui trouvent de moins en moins de répondant dans le champ social, la psychanalyse propose une ouverture : « Tu peux nous parler si tu veux, quitte à sortir un peu des sentiers battus ». Ce faisant, elle réintroduit la dimension de l’Autre, du partenaire, et redonne à entendre l’inconscient qui, lui, ne se tait jamais, insistant en coulisses ou à ciel ouvert »
Ariane Oger
Isabelle Rialet, responsable du bureau de ville de Rennes ACF/VLB a écrit un texte dans le Lettre mensuelle n° 299, dans lequel elle trace les points vifs de cette journée.
Vers Pipol V avec Delia Steimann
Delia Steinmann fut l’invitée d’une journée d’étude du groupe Maryse le 21 mai. Sa conférence fut tournée vers Pipol V et ouvrit d’autres perspectives après la journée préparatoire rennaise du 25 mars.
Sous le titre « A la santé de qui ? » Delia Steinmann a croisé deux philosophes : G.Canguilhem avec son texte « Le statut épistémologique de la médecine » dans « Etude d’histoire et de philosophie des sciences concernant le vivant et la vie » et I.Hackingavec son cours« Façonner les gens », pour démontrer en quoi « la quantification des données cliniques et les avancées de la biologie disjoignent, au sein même de l’acte médical, la présence du malade et du médecin »[6]. D.Steimann a pris la position, d’une part de s’enseigner du discours contemporain sur la santé afin de mettre en relief la position analytique à tenir, d’autre part de repérer dans quels processus subjectifs le 21è siècle se loge t-il .
Avec G. Canguilhem, elle situe le concept de santé dans la droite ligne de l’évolution de la médecine vers son statut scientifique. La conséquence de ce déplacement produit une modification de la place du patient, de sa parole, allant jusqu’à son évacuation. D’un savoir clinique qui se construit via l’observation, la mémoire, l’analogie, à la mise en place d’une prévention au 19è, puis à l’introduction du calcul comparatif et des probabilités créant les débuts d’une médecine conjecturale, l’invention du stéthoscope par Laënnec vient objectiver la parole du patient. Sa parole devient seconde par rapport au signe de l’appareil. Le symptôme est toujours là mais il devient un élément détectable par l’instrument. C’est l’appareil désormais qui fournit au médecin l’information. Il se produit avec cette invention, écrit G. Canguilhem, une éclipse du symptôme par le signe. Dans les années 30 la biologie va devenir la science de la vie, le rapport du malade et de la maladie est pensé en terme de population. Les avancées de la biochimie, souligne D.Steinmann, vont délocaliser la scène de l’acte médical au bénéfice du laboratoire, c’est le laboratoire qui pose un diagnostic en dehors de la présence du sujet et du médecin. Un second déplacement s’effectue du lieu du cabinet médical aux lieux des soins. Un troisième déplacement s’opère de la maladie à la santé, en tant que bien à distribuer, mais aussi de la santé à la salubrité et de la salubrité à la sécurité. Ceci ne se fait pas, indique G. Canguilhem, sans tentative pour réintroduire le sujet, par exemple avec la notion de terrain allergène chez un patient.
Le lien étroit entre probabilités, évaluation et mesures nécessitent des paramètres. Ian Hacking éclaire ce qui construit et ce qui conduit les évaluations. Il pose 9 impératifs des sciences qui classifient les gens : Définissons !Comptons et corrélons !Quantifions !Médicalisons ! Normalisons! Biologisons ! Rendons génétiques ! Bureaucratisons ! Prenons possession de notre identité ! Un impératif en bas de liste requiert ou implique ceux cités plus haut. Un sujet entre dans une catégorie après être passé par ces 9 impératifs. I.Hacking montre que ces procédures ont des effets sur l’objet qu’elles sont censées décrire et qu’elles parviennent à sa constitution en tant qu’objet[7]. Cet impact de la classification sur les gens et de la modification de la classification par les gens, il l’appelle « l’effet de boucle ». « Une nouvelle manière de classer, une nouvelle classe avec un nouveau nom, crée de nouvelles manières d’être, mais aussi de nouvelles manières de choisir ce qu’on est. C’est une forme de nominalisme limité au domaine humain. C’est un nominalisme dynamique»[8]. La production d’une catégorie nécessite une condition : la création d’une niche écologique avec son versant vice et son versant vertu. Par exemple le côté vice pour l’autisme pourrait être l’isolement et le côté vertu l’autonomie.
Chaque époque conçoit ses catégories.
I . Hacking met l’accent sur la façon dont les qualités sont quantifiées plus que sur la quantification elle-même. Les dualités normal/anormal, sain/malade, responsable/irresponsable sont anciennes, mais elles se situent toutes dans l’arène de la normalité.
C’est par le biais des discours que D. Steinmann trace une passerelle avec la psychanalyse. Le discours capitaliste, précise t-elle, permet d’apercevoir que le profit change de destinataire. La science a rendu possible l’alliance entre le maître et le savoir. La revendication de la santé comme bien pour tous peut aller jusqu’à traiter le corps comme un objet, dont on va tirer les bénéfices, qui seront capitalisés par le sujet lui-même. Le capitalisme cherche à niveler les jouissances des sujets, là où la psychanalyse fait obstacle à leur collectivisation. Elle vise bien plus à ce que le sujet consente au défaut structural de jouissance, creusant par là une autre place au plus de jouir, une place nettoyée du fantasme.
Ariane Oger
[1] H. Castanet, Un monde sans réel, p. 34 et 35
[2] Martin Page, Quentin Faucompré, La mauvaise habitude d’être soi, Éditions de l'olivier, 2010
[3] G. Caroz, Pipol News
[4] M. Foucault, , Il faut défendre la société, Cours au Collège de France, 1976
[5] Jacques Lacan, Propos sur la causalité psychique, Ecrits, p. 159-160.
[6] Argument D.Steinmann pour la journée d’étude du Groupe Maryse
[7] Cours au Collège de France de I.Hacking, cours de 2004
[8] Cours au collège de France de I. Hacking, cours de 2002
Forêt de mâts - Daniel Buren (Place de la Justice - Bruxelles)
[Photo : EC]
PIPOL NEWS 48 - 01|07|2011

Ecole et santé mentale : une méprise
Benoit Drunat
Méprise. Le terme est prélevé du texte que Jacques Lacan rédigea en 1967, « La méprise du sujet supposé savoir », dans lequel il énonce notamment et déjà que « la technique behavioriste se définit de la dénégation du principe de réalité. »
Or la preuve n’est plus à fournir que santé mentale et comportementalisme, avatar contemporain du behaviorisme, sont les deux mamelles au lait empoisonné desquelles se nourrissent notre société et son école. Cette dernière marche désormais au pas de prescriptions qu’une servitude volontaire promeut comme grilles de déchiffrage des énigmes enfantines ou adolescentes.
Trouble versus compétence
Ainsi, les enseignants sont convoqués en place d’auxiliaire de santé, lorsqu’on leur propose de repérer la série des troubles identifiés en termes de dysfonctionnements d’apparence scolaire (dyslexie, dyscalculie, trouble de l’attention, troubles des conduites…).
Or, chacun des troubles en question est nommé en référence à la nomenclature du DSM-IV et de la CIM-10. Les remèdes proposés sont de deux ordres : rééducatifs ou médicamenteux. Et leurs effets ne sont pas nuls ! D’abord, ils nient le Sujet de l’inconscient. Ensuite, s’ils induisent souvent que le débordement cède en apparence, ils suscitent des passages à l’acte de gravités variées, auxquels l’école ne sait répondre qu’en termes de sanctions.
Mais, à ces troubles que l’on pourrait décliner à l’envi, correspondent en contrepoint des normes, des facultés adaptatives qui résonnent comme autant de « compétences ». Elles sont recensées dans le « Livret personnel de compétences » de chaque élève, institué à la rentrée dernière, de l’école primaire à la fin de la scolarité obligatoire.
Dès lors, les enseignants sont sommés, avec la mise en œuvre récente du « Socle commun de connaissances et de compétences » de renseigner des items supposés rendre compte d’acquis scolaires ou parascolaires : on évalue ainsi, par exemple, l’aptitude d’un élève à « adopter des comportements favorables à sa santé et sa sécurité », à « identifier ses points forts et ses points faibles dans des situations variées », à «mobiliser à bon escient ses capacités motrices dans le cadre d’une pratique adaptée à son potentiel » ou à « protéger sa personne et ses données »…
La fonction du Socle pourrait n’être que statistique – soit notamment conformer l’école française aux exigences européennes du Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA) –, si elle n’induisait pas un regard nouveau de l’adulte sur l’élève réduit à son « métier », à son « statut d’apprenant » compétent – ou pas – ni ne tentait de ravaler l’élève à son efficience, à son « capital humain ». Si, en outre, elle n’établissait de facto un pont entre compétence et trouble : dans l’éventail des possibles, l’une et l’autre se répondent symétriquement. Il suffit de feuilleter le DSM pour s’en convaincre et y vérifier point par point le pendant des items précités : « Trouble des conduites alimentaires » ou « trouble de l’attachement avec mise en danger », « trouble de l’adaptation », « trouble des capacités motrices » ou « trouble d’hyperactivité-impulsivité ».
Du trouble au handicap
Depuis la loi d’orientation de 1975 en faveur des personnes handicapées, un glissement complémentaire se dessine : à partir du concept de maladie conçue comme une altération médicale, la conception sociale du handicap fait de ce dernier un désavantage voire une inadaptation. La loi d'orientation de 1975, révisée à plusieurs reprises, vise à favoriser l’intégration, l’assimilation des personnes handicapées.
Mais, sous couvert d’empathie bienveillante, à partir de 2001, elle conduit à une prise en charge différentielle menant implicitement à une marginalisation pathologique. Ainsi, le chiffrage de la population tend à plus de ségrégation et écrase le Sujet sous un signifiant objectivé par le discours de la science.
Le DSM-IV et la CIM-10, comme les rapports de l’Inserm notamment, soutiennent qu’il faut répondre à un symptôme et accueillir de façon spécifique l’élève handicapé. Les enseignants devraient-ils pour autant devenir les thuriféraires d’un hygiénisme érigé au nom d’un principe de maîtrise sécuritaire ? Des limiers au service d’un furor sanandi ? Des éducateurs normopathes, sous l’œil vigilant d’un médecin scolaire ?
Que dire, dès lors, des demandes de reconnaissance de handicap qui se multiplient dans l’école auprès des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et qui se sont, au fil des années, substituées à la nomination du trouble ? C’est tomber de Charybde en Scylla : vers une prise en charge globale mal comprise et dévoyée.
Quelques recommandations de l’Inserm
De fait, dans le rapport intitulé Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent, les enseignants sont invités à collaborer à la ségrégation. L’impressionnant tableau « scientifique » qui fut détaillé en son temps dans le cadre des Forums des Psys initiés par Jacques-Alain Miller, se complète de recommandations : afin de « Sensibiliser les familles, les enseignants et le public en général à la reconnaissance des symptômes précoces du trouble des conduites», les enseignants se sont vu prescrire une formation en termes d’« enseignement coopératif, résolution de problèmes, management proactif ».
Mais, comme à eux seuls ils ne sauraient satisfaire aux recommandations des experts, ils se voient intégrés dans un dispositif qui s’annonce sous les auspices d’une prise en charge globale : « Le groupe d’experts recommande d’utiliser le dispositif actuel des bilans de santé et des examens systématiques de la petite enfance, de l’enfance et de l’adolescence pour effectuer un meilleur repérage du trouble des conduites ou de ses facteurs de risque. »
Les experts poursuivent en signalant qu’« Il serait très utile que le médecin scolaire, avec le concours des enseignants, effectue chaque année un bilan pour suivre le développement des enfants. Ces informations permettraient de les orienter vers une intervention adaptée en fonction des trajectoires perturbées de développement. » Et, particulièrement prudents – qui le sera jamais assez en cette matière ! – ils en viennent à préconiser « la surveillance de la grossesse des familles présentant ces facteurs de risque. », avant de conclure qu’il serait utile d’« exploiter les travaux sur le petit animal de laboratoire.»
Répondre du symptôme
Il existe une tout autre manière de considérer la question : ne pas répondre à un symptôme d’une position d’auxiliaire de santé mentale ni voir en eux une « personne handicapée », mais répondre du symptôme et accueillir le Sujet, comme y invitent Philippe Lacadée et le CIEN, avec la psychanalyse, dans le champ de l’éducation et de l’enseignement. A travers la symptomatologie du Sujet, pris dans les rets du discours ambiant, l’évolution de la clinique comme envers d’un discours toujours plus globalisant, promeutla donne initiale du Sujet humain comme être de langage. Si le discours économique et technique ravale le Sujet à une valeur chiffrable et quantifiable valable « pour tout x », l’éthique de la psychanalyse nous rappelle qu’il y a une entité propre au Sujet : la causalité psychique.
Répondre du symptôme, pour ce qui concerne l’enseignant, c’est accueillir l’élève avec ce qu’il lui adresse ; c’est admettre que le tout-évaluation confine à l’abolition le Sujet du langage ; c’est, pour paraphraser Lacan, refuser de placer au poste de commandes les signifiants-maîtres de l’expert. Par exemple, considérer la dyslexie, non comme un « mono-symptôme » désincarné, dissocié de l’élève qui s’en fait le Sujet, mais comme la marque dans le langage de son symptôme au sens de la psychanalyse.
Alors l’enseignant ne sera pas davantage compétent pour en éradiquer la trace, mais peut-être sera-t-il à même de mieux accueillir ce qui spécifie tel de ses élèves et son indéchiffré.
Donc
L’assignation de l’enseignant au poste de vigile de la santé mentale des élèves est un des noms possibles de la méprise dans laquelle s’enferme peu à peu l’Education Nationale. Méprise à propos d’un Sujet que l’on suppose dénué d’un savoir sur soi. Méprise qui pousse à l’interminable série des interprétations imaginaires et psychologisantes. Méprise qui nomme mais fait silence : nommer le trouble vise en effet à réduire ce que le sujet adresse, à voiler ce qui s’élabore d’un savoir subjectif et à forclore la parole. Nommer le handicap, c’est barrer l’accès au dire : cela conduit à imposer une identification à laquelle l’élève et sa famille finissent toujours par consentir. De sorte que l’école devient l’officine où se réalise la tentation de faire taire le Sujet estampillé « Handicap ».
Pourtant, le Sujet dans l’enfant rechigne à se taire : tel objecte au traitement qu’on lui prescrit ; tel autre saisit que sa faille réside dans une division dont il ne cerne pas les contours et témoigne de sa dissociation. Le Sujet ne manque jamais à offrir, à qui veut bien le discerner, le code unique de son déchiffrage. Et certains opposent une résistance à toute forme d’évaluation. Ils ne se conforment à aucune espèce de cadre. Ils sont, à leur manière, libres des entraves de l’institution et révèlent à cette dernière l’irréductible différence de chacun. Ainsi, ils subvertissent la norme. Il importe donc que l’on se laisse enseigner par eux, parce qu’ils incarnent l’humaine condition.
Porte d'entrée du BOZAR (Bruxelles) réservée à la famille royale.
(Photo : EC)
PIPOL NEWS 47 - 30|06|2011

"Nous avons droit à un grain de folie"
PIPOL NEWS 46 - 29|06|2011

Aujourd’hui, dans « La Libre Belgique »
Eric de Bellefroid
Le grand rendez-vous des lacaniens
Une normalité très statistique
Lacan, dira-t-on
PIPOL NEWS 45 - 29|06|2011

LE PROGRAMME
Quand il y a un analyste dans le clinicien.
La santé mentale existe-t-elle ?

Non loin du cube de verre (Photo : Véronique Aron)
Le samedi matin
Simultánea – Simultanée – Simultanea | 1
Español – Français – Italiano
10.00-11.00
Frente a la muerte - Face à la mort - Di fronte alla morte
Presidente – Président : Marco Focchi
Paola Bolgiani ( Piemonte )
No demasiado muerta, no demasiado viva – Pas trop morte, pas trop vivante – Non troppo morta, non troppo viva
Elena Usobiaga ( País Vasco )
“Quiero dar la cara” – “Je veux affronter” – “Voglio affrontare”
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11.00-12.00
Rabietas – Colères - Rabbia
Presidente – Président : Xavier Esqué
Paola D’Amelio ( Lazio )
El equipo siempre faltante – L’équipe toujours manquée – L’equipe sempre mancata
Isabelle Durand ( Alsace-Lorraine )
Cuando la elucidación permite el acto – Lorsque l’élucidation permet l’acte – Quando la delucidazione permette l’atto
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12.00-13.00
El psicoanálisis no es una profilaxis - La psychanalyse n’est pas une prophylaxie - La psicoanalisi non è una profilassi
Presidente – Président : Alain Merlet
Patricia Bosquin-Caroz ( Bruxelles-Capitale )
Madre-niño – Mère-enfant – Madre-bambino
Djamila Mebtouche-Garadi ( Île-de-France )
Una resonancia – Une résonance – Una risonanza
Silver Hall
Simultanée – Simultaansessie | 2
Français – Nederlands
10.00-11.00
Le psychanalyste et le maître - De psychoanalyticus en de meester
Présidente – Voorzitster : Esthela Solano-Suárez
Anaëlle Lebovits-Quenehen ( Île-de-France )
Sauveteuse à secourir – Redster te redden
Guy Briole ( Île-de-France )
L’issue d’un syntagme baroque – De uitweg uit een barok syntagma
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11.00-12.00
Femmes libres ? - Vrije vrouwen ?
Président – Voorzitter : Dominique Holvoet
Angelina Harari ( Brasil )
L’objet idéal – Het ideale object
Catherine Roex ( West-Vlaanderen )
Soutenir le père autour de la mère ? – Omheen de moeder de vader ondersteunen ?
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12.00-13.00
Silence – Stilte
Président – Voorzitter : Guy Poblome
Rachele Giuntoli ( Île-de-France )
Un élément linguistique – Een taalkundig element
David Teetaert ( West-Vlaanderen )
“Vous êtes si silencieux ! ” – “Je bent zo stil !”
The Arc
Simultanée – Simultanea | 3
Français – Italiano
10.00-11.00
Coupures - Tagli
Présidente – Presiede: Rosa Elena Manzetti
Monica Vacca ( Lazio )
Entre l’attente et la coupure – Tra l’attesa e il taglio
Daniel Pasqualin ( Wallonie )
Voisins de coupure – Vicini di taglio
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11.00-12.00
A froid - A freddo
Présidente – Presiede: Dominique Laurent
Monique Amirault ( Val de Loire-Bretagne )
La santé mentale de l’analyste, c’est son inhumanité – La salute mentale dell’analista è la sua inumanità
Pierre Stréliski ( Val de Loire-Bretagne )
Détachements – Distaccamenti
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12.00-13.00
(L)’être de jouissance - (L)’essere di godimento
Présidente – Presiede: Jacqueline Dhéret
Céline Menghi ( Lazio )
Du “non possum” à la reddition – Dal “non possum”alla resa
Marie-Hélène Blancard ( Île-de-France )
Livre de chair – Libbra di carne
Hall 300
Simultaneous Session – Simultanée | 4
English – Français
10.00-11.00
Laughter and Superego - Rire et surmoi
Chair – Présidente : Sophie Marret-Maleval
Shirley Sharon-Zisser ( Israël )
The Irony of Femininity – L’ironie de la féminité
Bogdan Kusnierek ( Wallonie )
“Punch, That’s the Director !” – “Le coup de poing, c’est le directeur !”
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
11.00-12.00
What is Heard - Ce qui s’écoute
Chair – Présidente : Florencia Fernandez Coria Shanahan
Thérèse Petitpierre ( Île-de-France )
Getting at the Tinsel of the superego – Débusquer les oripeaux du surmoi
Natalie Wülfing ( Greater London )
Having a relationship to Language – Avoir un rapport au langage
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
12.00-13.00
Supervisions
Chair – Présidente : Sonia Chiriaco
Bernard Seynhaeve ( Wallonie )
From the statement to the enunciation – De l’énoncé à l’énonciation
Jean-Pierre Denis ( Corse )
The “Little Prince” at the orphanage – Le “Petit Prince” à l’orphelinat
Salle 311-312
Simultanée | 5
Français
10.00-11.00
Compétitions
Président : Philippe Hellebois
Vessela Banova (Sofia-ville )
Une fille à succès
Laurent Dumoulin ( Île-de-France )
Ce que l’on met en jeu
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
11.00-12.00
Pétrifiées
Président : Philippe Lacadée
Nicole Tréglia ( Rhône-Alpes )
Interdite. Ne rien vouloir pour elle...
Claude Quenardel ( Île-de-France )
Attitude analytique
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
12.00-13.00
Symptômes au travail
Présidente : Monique Kusnierek
Juliette Parchliniak ( Champagne-Artois-Picardie-Ardennes )
De la distraction
Chantal Sicard-Alberti ( Corse )
Le compas dans l’œil
211-212
Simultanée | 6
Français
10.00-11.00
L’incomplet comme boussole
Président : Philippe Bouillot
Elisabeth Pontier ( Provence-Alpes-Côte d’Azur )
L’irréparable, une boussole
Annette Gouzou ( Wallonie )
Le désarroi du gardien de la santé mentale
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
11.00-12.00
Tu supporteras !
Président : Guy de Villers Grand-champs
Dora Pertessi ( Attikí )
L’hystérique et l’amour pour le père
Marc Segers ( Bruxelles-Capitale )
De l’expert à l’objet
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
12.00-13.00
Une écoute bienveillante
Président : Virginio Baio
Nafsika Papanikolaou ( Attikí )
Aider la mère – Une “mère” qui aide
Patricia Seunier ( Bruxelles-Capitale )
Quelqu’un à qui parler
Salle 214-216
Simultanée | 7
Français
10.00-11.00
Sport
Président : Alexandre Stevens
Thierry Vigneron ( Bourgogne-Franche Comté )
La santé pas sans l’objet… de l’analyste
Patrick Paquier ( Val de Loire-Bretagne )
Top Body
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
11.00-12.00
La résistance est du côté de l’analyste
Présidente : Laure Naveau
Janusz Kotara ( Mazowsze )
L’analyste agit pour que l’analyste agisse
Jean-François Lebrun ( Wallonie )
“Dites-moi si je suis folle”
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
12.00-13.00
Dessiner ou ne pas dessiner
Président : Eric Zuliani
Chantal Guibert ( Val de Loire-Bretagne )
L’impossible monsieur bébé
Justine Junius ( Bruxelles-Capitale )
“Toi, tu sais bien dessiner”
Sala 313-315
Simultanée | 8
Español
10.00-11.00
No saber todo
Presidenta : Anna Aromí
Alejandra Atencio ( Catalunya )
Declinaciones del Inicio
Josefa Rodríguez ( Islas Canarias )
Des-ligar
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11.00-12.00
Algo para decirles
Presidente : Antoni Vicens
Graciela Esebbag ( Catalunya )
Ni leer ni escribir
Sandra Núñez Cisternas ( Genève )
Decir sí !
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12.00-13.00
Madre, padre
Presidente : Joaquín Caretti Ríos
Susana Brignoni ( Catalunya )
Cernir el obstáculo
Eugenio Díaz ( Catalunya )
Salvar a un hijo…de desaparecer
Sala 314-316
Simultánea | 9
Español
10.00-11.00
Elegir y ser elegido
Presidenta : Claudia Iddan
Carla Rojo Martinucci ( Catalunya )
Accidentes a la entrada
Erik González ( Catalunya )
Del acompañante acompañado al analizante practicante
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11.00-12.00
Amor y goce
Presidenta : Elvira Guilaña Palanques
Esperanza Molleda ( Madrid )
Una intromisión en la transferencia
Eugenia Varela ( Île-de-France )
O inventa su control de Historia en la sesión del lunes
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12.00-13.00
La salud mental elucidada por el psicoanálisis
Presidenta : Marta Davidovich
Gabriela Medin ( Madrid )
Un lugar singular entre pediatras
Carmen Alda ( Catalunya )
Nadando en las superyoicas aguas de la salud mental
Sala 213-215
Simultanea | 10
Italiano
10.00-11.00
Partners
Presidente : Sergio Caretto
Silvia Cimarelli ( Veneto )
Incontro scontro tra lapsus e sbaglio
Gian Francesco Arzente ( Piemonte )
La regina del sesso
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11.00-12.00
Con e senza equipe
Presidente : Giovanni Lo Castro
Laura Storti ( Campania )
L’analista da solo, non senza l’equipe
Simona Zaghini ( Emilia-Romagna )
Amore che vieni, da me fuggirai
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12.00-13.00
Diagnosticare
Presiede : Silvia Morrone
Maria Rita Conrado ( Lazio )
“E’ pazza o non è pazza ?”
Stefano Avedano ( Piemonte )
La domanda insopportabile
Le samedi après-midi
Simultánea – Simultanée – Simultanea | 11
Español – Français – Italiano
15.00-16.00
Querer el bien del Otro - Vouloir le bien de l’Autre - Voler il bene dell’Altro
Presidenta – Présidente – Presiede : Lucia D’Angelo
Dalila Arpin ( Île-de-France )
Tener o hacerse un lugar : esa es la cuestión – Avoir ou se faire une place : telle est la question – Avere o farsi un luogo : questa è la questione
Sergio Caretto ( Piemonte )
“¡ Lo persigue ! ” – “Il le persécute ! ” – “Lo perseguita !”
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16.00-17.00
Un deseo que no esquiva lo real - Un désir qui n’esquive pas le réel - Un desiderio che non schiva il reale
Presidente – Président : Maurizio Mazzotti
Hélène Bonnaud ( Île-de-France )
Lo negro de la madre – Le noir de la mère – Il nero della madre
Nicola Purgato ( Veneto )
¿ Para todos o todos para uno ? – Pour tous ou tous pour un ? – Per tutti o tutti per uno ?
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17.00-18.00
El analista y lo femenino - L’analyste et le féminin - L’analista e il femminile
Presidente – Président : Hervé Castanet
Philippe Hellebois ( Wallonie )
“¿ Cómo la llama usted ?” – “Comment l’appelez-vous ?” – “Come la chiamate ?”
Iván Ruiz ( Catalunya )
Una angustia húmeda frente al superyó femenino – Une angoisse humide vis-à-vis du surmoi féminin – Un’angoscia umida di fronte al superio femminile
Silver Hall
Simultaneous Session – Simultanée | 12
English – Français
15.00-16.00
To the Letter - A la lettre
Chair – Président : Patrick Monribot
Monique Kusnierek ( Wallonie )
Back to the Same – Retour chez le même
Jean-Pierre Rouillon ( Centre-Auvergne )
“Say it with Flowers!” – “Dites-le avec des fleurs !”
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16.00-17.00
Mollifying the father - Amadouer le père
Chair – Président : Geert Hoornaert
Pierre Sidon ( Île-de-France )
“S. divided” – “S. divisé”
René Rasmussen ( Hovedstaden )
Meeting the Other – Rencontrer l’Autre
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17.00-18.00
Surviving - Survivre
Chair – Président : Pierre Naveau
Sonia Chiriaco ( Île-de-France )
Logic of the act – Logique de l’acte
Florencia Fernandez Coria Shanahan ( Leinster )
Still Life – Nature Morte
The Arc
Simultánea – Simultanée | 13
Español – Français
15.00-16.00
¿ Hacer hablar ? - Faire parler ?
Presidente – Président : Philippe Stasse
Mariana Alba de Luna ( Île-de-France )
“¡ Pará de hablar !”... Un desorden ruidoso – “Arrête-toi de parler !”... Un désordre bruyant
Laure Naveau ( Île-de-France )
De la mirada celosa al mutis del analista – Du regard jaloux au motus de l’analyste
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16.00-17.00
Tú serás - Tu seras
Presidenta – Présidente : Mercedes De Francisco
Yasmina Picquart ( Île-de-France )
“Menos-precio” – “Mé-prix”
Marta Serra Frediani ( Catalunya )
Ser una promesa – Être une promesse
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17.00-18.00
Bocas - Bouches
Presidenta – Présidente : Hebe Tizio
José Ignacio Ibáñez ( País Vasco )
“¡ Basta !”
Begoña Ansorena ( Catalunya )
Del discurso de lo mental al discurso psicoanalítico – Du discours du mental au discours psychanalytique
Hall 300
Simultanée – Simultaansessie | 14
Français – Nederlands
15.00-16.00
Sortie de l’inhibition - Verlossing uit de remming
Présidente – Voorzitster : Carole Dewambrechies–La Sagna
Isabelle Stréliski ( Val de Loire-Bretagne )
Les façons de s’effacer – De manieren van zichzelf uit te wissen
Joost Demuynck ( West-Vlaanderen )
Laisser naître – Laten geboren worden
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16.00-17.00
Savoir et père - Weten en vader
Présidente – Voorzitster : Nathalie Laceur
Fouzia Liget ( Val de Loire-Bretagne )
La levée du voile recouvrant un savoir interdit – Het lichten van de sluier die een verboden weten afdekt
Glenn Strubbe ( Oost-Vlaanderen )
“Mi-dire !”
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17.00-18.00
Corps de l’analyste - Lichaam van de analyticus
Présidente – Voorzitster : Véronique Mariage
Dominique Miller ( Île-de-France )
Quand un sujet moderne préfère la finalité à la causalité – Wanneer een modern subject de finaliteit boven de causaliteit verkiest
Gaël Nevi ( Rennes )
Un sourire pour faire taire le silence – Een glimlach om de stilte te doen zwijgen
Salle 311-312
Simultanée | 15
Français
15.00-16.00
Présences
Président : Jean-Pierre Deffieux
Béatrice Brault-Lebrun ( Wallonie )
Même le loup des forêts a peur de son père !
René Fiori ( Île-de-France )
Les turpitudes du fantasme
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16.00-17.00
Malentendus et interprétations
Présidente : Nathalie Georges-Lambrichs
Jean-Charles Troadec ( Val de Loire-Bretagne )
“Mais qui interprète ?”
Guy Poblome ( Wallonie )
La fille aux dix heures
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17.00-18.00
Jouissances maternelles
Président : Yves Vanderveken
Christiane Alberti ( Midi-Pyrénées )
Un rêve, au-delà de la structure
Laura Sokolowsky ( Île-de-France )
Sortir du silence
Salle 211-212
Simultanée | 16
Français
15.00-16.00
Le poids de la demande
Présidente : Céline Menghi
Eric Taillandier ( Val de Loire-Bretagne )
Un jeu de tapis
Ludovic Bornand ( Rhône-Alpes )
Un savoir troué
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16.00-17.00
Les bénéfices de Cendrillon
Président : Jean-Luc Monnier
Anne Debecker ( Bruxelles-Capitale )
Du “care” au pire
Franck Rollier ( Estérel-Côte d’Azur )
Ce qui manquait aux thérapeutes
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17.00-18.00
Doutes et actes
Président : Bruno de Halleux
Solenne Albert ( Val de Loire-Bretagne )
Vouloir faire parler équivaut à faire taire
Elisabeth Marion ( Val de Loire-Bretagne )
“J’ai rendez-vous avec vous”
Salle 214-216
Simultanée | 17
Français
15.00-16.00
Conséquences de l’acte
Président : Yves Depelsenaire
Pascale Fari ( Île-de-France )
“De quoi j’m’emmêle ?”
Thierry Van de Wijngaert ( Bruxelles-Capitale )
“Arrêtez tout de suite !”
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16.00-17.00
A cause de moi
Présidente : Patricia Bosquin-Caroz
Mikhaïl Strakhov ( Moskva )
Un chien, un chat et la mort
Armelle Gaydon ( Estérel-Côte d’Azur )
La face cachée du récit de cas
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17.00-18.15
Face à la norme éducative
Président : Bernard Seynhaeve
Virginie Leblanc ( Champagne-Artois-Picardie-Ardennes )
“Rendez-moi ma petite fille !”
Ricardo Schabelman ( Île-de-France )
Une façon de faire avec l’institution
Marco Mauas ( Israël )
100 % mère
Salle 313-315
Simultanée | 18
Français
15.00-16.00
Au-delà du drame et de l’amour
Président : Bernard Lecœur
Despina Andropoulou ( Attikí )
L’analyste : une clinicienne déphallicisée
Franciane Jeuniaux ( Wallonie )
L’appel des suicidées
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16.00-17.00
Ce qui se dérange, et ce qui ne se dérange pas
Président : Daniel Roy
Clotilde Leguil ( Île-de-France )
Circuit fermé
Claire Piette ( Bruxelles-Capitale )
Donner de la voix
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17.00-18.00
Regards
Président : Yves-Claude Stavy
Pascale Simonet ( Bruxelles-Capitale )
Leurres de la tromperie
Irina Soboleva ( Sankt-Peterbourg )
“Jusqu’à dire que l’analyste est une figure du réel”
Sala 314-316
Simultánea | 19
Español
15.00-16.00
Encuentro y sorpresa
Presidenta : Araceli Fuentes
Graciela Elosegui ( Catalunya )
De la angustia al enigma
Alejandro Velázquez Romo ( Catalunya )
El encuentrocon un niño autista
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16.00-17.00
Escuchar
Presidente : Jesús Ambel
Leonora Troianovski ( Catalunya )
Nada que hacer-le ver
Jaime Claro ( Catalunya )
Del diagnóstico clínico al funcionamiento sintomático. A propósitode un caso
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17.00-18.00
Dar la palabra
Presidente : Guy Briole
Laura Petrosino ( Wallonie )
Resonancias
Marcelo Curros ( Catalunya )
De la mentira a la verdad mentirosa
Sala 213-215
Simultanea | 20
Italiano
15.00-16.00
Mangiare o non mangiare
Presidente : Jean-Louis Gault
Katy Boidin ( Toscana )
Il resto dei “resti”
Laura Ceccherelli ( Toscana )
La caduta melanconica e la funzione dell’immaginario
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16.00-17.00
Soddisfare l’Altro
Presidente : Domenico Cosenza
Giovanna Romano ( Basilicata )
Una posizione diversa
Martin Egge ( Veneto )
La fine di un bene ostinato
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17.00-18.00
Nascita e sopravvivenza del corpo
Presiede : Paola Bolgiani
Maria Laura Tkach ( Piemonte )
Accogliere il buco nel sapere
Francesca Carmignani ( Lazio )
L’assassina e l’assassinata. Dal trauma al lutto
Le dimanche
8.45-8.50 : Performance
Max Vandervorst
8.50 – 9.00 : Ouverture
Leonardo Gorostiza ( Président de l’AMP )
9.00-10.15 : La psychiatrie aujourd’hui
Président : Jean-Daniel Matet
Eric Laurent : L’illusion des scientistes, l’angoisse des savants
Montserrat Puig : Prévenir avec les médicaments : nouvel usage, nouvelles jouissances
François Ansermet : Les promesses du DSM 5
10.15-11.15 : Santé mentale et Société hypermoderne
Présidente : Carmen Cuñat
Marie-Hélène Brousse : Le surmoi sous l’empire de la logique du “peer to peer” : variations cliniques
Vicente Palomera : Crime et santé mentale
Gérard Wajcman : La loi des séries
11.15-12.15 : Notre humanité – Conférence et débat
Animateur : Alexandre Stevens
Discutants : Clotilde Leguil et Alfredo Zenoni
Francis Wolff : La santé mentale à la lumière des représentations contemporaines de l’homme
12.15-12.30 : Lacan ou la renaissance permanente de la clinique
Judith Miller et Antonio Di Ciaccia
12.30- 14.00 : Pause
14.00-14.15 : “Combien êtes-vous ?”
Gil Caroz ( Président de l’EFP )
14.15-15.15 : Idéologies et “Etats thérapeutiques”
Présidente : Anne Lysy
Emilia Cece : L’OMS entre la dérive bio-socio-psy et l’impasse de la civilisation
Roger Litten :Le modèle anglais
Pierre-Gilles Guéguen : Les utopies du bonheur dans la santé mentale
15.15-16.15 : Biopolitique – Conférence et débat
Animatrice : Paola Francesconi
Discutants : Miquel Bassols et Philippe La Sagna
Davide Tarizzo : Biopolitique et “santé mentale”
16.15-17.00 : Intervention de Jacques-Alain Miller
Président : Gil Caroz
17.00-17.15 : Clôture et remerciements
Gil Caroz
PIPOL NEWS 44 - 29|06|2011

PIPOL 5 Points de repère, en bref
L’adresse
No stress : évitez les files
S’y retrouver dans les couloirs
Casques de traduction : on se comprend ...
Le jeu des Simultanées
Le rythme de la plénière et la lutherie sauvage
WiFi
Restauration
Soirée Ninecity / Moof

Le cube de verre (Photo : Véronique Aron)
L’adresse
Le congrès aura lieu au centre de Bruxelles, au « SQUARE : Brussels Meeting Centre », Mont des Arts, 1000 Bruxelles. Pour ceux qui ont connu le congrès de l’AMP à Bruxelles en 2002, il s’agit du même lieu, nommé à l’époque « Palais des congrès ». Il est aujourd’hui complètement transformé, à la pointe de l’architecture et de la technique contemporaines.
Points de repères proches : la Bibliothèque Royale (L’Albertine), le Palais des Beaux Arts (BOZAR), la gare centrale. Vous ne pouvez pas rater le cube en verre de l’entrée.
Si vous venez du côté de la place Royale, prenez la rue Ravenstein vers le Musée des Instruments. Une grande affiche de PIPOL 5 apparaîtra devant vous, avec l’œuvre de Gaston Chaissac et la question évocatrice : « Does Mental Health exist ? ». Contournez le bâtiment, et vous verrez le cube en verre.
No stress : évitez les files
Afin d’éviter des longues files le samedi matin au moment de l’enregistrement, la commission d’organisation prévoit un point de distribution des dossiers le vendredi 1er juillet entre 17h et 20h, au Square, dans le cube en verre. Les 50 premiers arrivés recevront un cadeau-surprise lié au thème du congrès. Ceux qui arrivent le samedi pourront bien sûr s’enregistrer et retirer leur dossier le samedi matin, de 9h et à 10h.
Les membres des délégations européennes qui se rendront au cocktail d’ouverture du vendredi soir y recevront leur dossier. Il ne leur sera donc plus nécessaire de passer par l’enregistrement le samedi matin.
S’y retrouver dans les couloirs
Tout au long du congrès, des hôtesses et des stewards se tiendront à votre disposition pour vous aider à vous orienter dans les couloirs du Square, mais aussi pour vous donner toute information dont vous auriez besoin. Ils seront reconnaissables par un badge vert.
Casques de traduction : on se comprend…
Une fois que vous êtes enregistré et que vous avez déposé vos affaires au vestiaire, allez chercher vos casques de traduction. Comme tout le matériel du Square, récemment entièrement rénové, ces casques sont à la pointe de la technique. Attention, ils sont très chers. Prenez en soin.
Un casque cassé ou perdu coûte 400 € ( !!!).
Le jeu des Simultanées
Sur la couverture du dossier personnalisé, que vous aurez retiré le vendredi ou le samedi matin, vous trouverez les indications suivantes :
Nom :
Prénom :
Simultanée du matin : Salle X
Simultanée de l’après midi : Salle Y
Ce sont ces indications qui vous donneront accès aux salles simultanées. En effet, vous ne pourrez pas choisir les salles que vous allez fréquenter lors de cette journée. Deux salles vous seront assignées, l’une pour le matin, l’autre pour l’après-midi.
Le rythme de la plénière et la lutherie sauvage
La séance plénière de dimanche est très chargée. Il s’agira de se tenir à un rythme très rigoureux car de nombreux collègues qui ont un avion ou un train à prendre ne pourront pas participer à la fin du congrès s’il se prolonge au-delà de l’heure prévue (17h15). Nous commencerons donc exactement à temps, c'est-à-dire à 8h45. Ne manquez pas la lutherie sauvage de Max Vandervorst qui ouvrira la journée.
WiFi
Les salles et les couloirs du Square sont équipés de WiFi. Les coordonnées sont les suivantes :
User Name : pipol5
Password : pipol2011
Profile name : square
Restauration
Vous trouverez dans votre dossier une liste de restaurants qui se trouvent autour du Square. Elle vous sera utile pendant l’heure de midi. Le dimanche, la pause de midi est relativement courte (de 12h30 à 14h), il est préférable de repérer à l’avance et de réserver des places par téléphone dans le restaurant de votre choix. Ceux qui ne souhaitent pas aller au restaurant trouveront des sandwichs dans le bar du Square à un prix raisonnable.
Soirée Ninecity / Moof
Adresse : Boulevard Auguste Reyers 32, 1030 Bruxelles (à proximité du rond point Meiser)
Métro : Diamant
Bus (à partir de la gare central près du Square) : 63, arrêt Lebrun.
Départ en groupe (transport en commun) : rendez-vous à 19h00 dans le cube en verre, départ à 19h30.
Début de la soirée : 20h.
Celles ou ceux qui sont inscrits mais qui n’ont pas encore payé sont priés de se rendre dès le samedi matin au stand « Moof » dans le cube en verre pour régler la soirée. Les tickets non payés seront remis en vente.
PIPOL NEWS 43 - 28|06|2011


Con esta última aportación, terminamos la serie de envíos sobre la BIBLIOGRAFÍA RAZONADA que han trabajado los miembros de la ELP y que han sido recopilados
por la Comisión bibliográfica ELP – “Hacia PIPOL 5”: Eugenio Díaz (Barcelona), Julio González (Bilbao), José Angel Rodríguez Ribas (Sevilla), Luis Seguí (Madrid), bajo la coordinación de Gracia Viscasillas (Zaragoza). A todos ellos, nuestro agradecimiento.
Carmen Cuñat, Presidenta de la ELP
MODALIDADES DEL RETORNO DEL RECHAZO DEL SÍNTOMA
Por Carmen Campos
Fue en Sevilla en 1988 cuando Miller nos desarrolló en la Conferencia de Clausura de las II Jornadas del Campo Freudiano en Andalucía, cómo “la salud mental no tiene más definición que el orden público” y aclaró que lo que sitúa a un individuo del lado de la Salud Mental o del orden público es “el criterio operativo de la responsabilidad”[1].
Citó el texto de Lacan “Introducción teórica a las funciones del psicoanálisis en criminología” para señalar que allí “Lacan acentúa la responsabilidad como un concepto esencial en la distribución de la salud mental, el orden público y el psicoanálisis”.
En aquel entonces llevábamos sólo tres años de la reforma psiquiátrica en Andalucía.
Ingelmo y Rincón cuentan en el libro “El jardín de las naranjas agrias, una historia de locos”[2] la experiencia de la reforma psiquiátrica en la provincia de Cádiz, a partir de un año de entrevistas con distintos protagonistas de la misma. Según palabras del los autores “pretenden sacar la experiencia de la reforma psiquiátrica de su endogámico círculo y exponerla a quién quiera observarla”.
Relatan cómo con la transición “los profesionales más jóvenes intentaron recuperar el tiempo perdido y Andalucía, la última para tantas cosas, quiso ponerse a la vanguardia” “la Junta de Andalucía dio las riendas de esta transformación histórica a este grupo de profesionales surgidos de movimientos de izquierda e influidos por experiencias de finales de los sesenta muy vinculadas al espíritu libertario del mayo francés. Su objetivo primordial fue acabar de una vez por todas con los manicomios. Lo han conseguido. No hay manicomios en Andalucía, pero la supresión de esa infamia ha creado otros problemas que no siempre se han sabido abordar.”
En la actualidad, tras más de veinte años de reforma, y con el concepto que se alumbró de Salud Mental, la locura retorna en actos y vive desplazada o repartida por distintas instituciones, muchas son cárceles o centros de Menores dónde no existe la diferencia que Miller planteaba en su conferencia “Es decir, si es si responsable y se puede castigar o, por el contrario, si es irresponsable y se debe curar”.
La irresponsabilidad implica para Miller que los demás tengan derecho a decidir por alguien, perdiendo el sujeto su pleno derecho.
La Asociación Pro Derechos Humanos en Andalucía en un Informe de 2007 titulado Enfermos Mentales en las prisiones ordinarias: un fracaso para la sociedad del bienestar, dice:
“Podemos afirmar, sin exagerar lo más mínimo, que tras la desaparición de los manicomios en los años 80, las personas allí tratadas han ido engrosando las estadísticas penitenciarias, convirtiéndose las cáceles en nuevos almacenes de enfermos mentales. Eso sí, en las prisiones ni se les trata ni, ni se les ofrece alternativa, ni se les ayuda a reintegrarse en la sociedad. La penalización de los enfermos mentales y su encarcelación como única forma de asegurar la seguridad colectiva, cumple hoy la labor de limpieza social que las leyes de vagos y maleantes cumplieron en el estado totalitario”[3]
En el caso de los menores existe un informe del Defensor del Pueblo Andaluz, fechado en 2007 sobre los menores con trastornos de conducta.[4] Es un extenso documento del que se extraen numerosas conclusiones y recomendaciones que fueron presentadas al parlamento de Andalucía. En el tema que nos ocupa cabe destacar que se señala que en los Centros Específicos para Menores Tutelados, el internamiento se produce por una decisión administrativa de la Consejería de Igual y Bienestar Social, sin contar con la previa autorización judicial cómo es preceptivo según el código civil y sin que exista informe alguno de carácter sanitario de los dispositivos específicos de Salud Mental.
En muchas ocasiones el criterio de ingreso es el conflicto en la convivencia planteados en el centro de protección de menores del que proceden. Se está produciendo un curioso transvase del Centro de Protección al Centro Específicos de Internamiento, dónde el modelo de intervención se establece desde las TCC y la decisión es administrativa, ni psiquiátrica, ni judicial.
Recientemente la Directora General de Infancia y Familia de Consejería de Igualdad y Bienestar Social en Andalucía, daba la noticia de que los menores ingresados en Centros Específicos, “son niños de la abundancia”, nueva nominación de la que también se hace eco Calatayud, Juez de Menores en Granada en su blog.
A esta nominación se le adjudica una causa principal: “la permisividad”.
De tal forma que se afirma: “niños de la abundancia, que han tenido de todo y a los que se les ha hecho ser niños caprichosos, que lo quieren todo inmediatamente, que no tienen resistencia al fracaso ni capacidad de esfuerzo ni de sacrificio”.
Frente a este discurso del amo actual, extremadamente simplista, el psicoanálisis contrapone su enseñanza de que la abundancia de objetos no está reñida con el desfallecimiento de la función paterna, con la caída de los ideales, con la carencia en la trasmisión simbólica, niños huérfanos de palabras, sin historia, sin narrativa, niños objetos y saturados de conductas.
Las administraciones se proponen cómo reguladores en esta abundancia, castigando y penalizando conductas, provocando la resistencia a la frustración que los padres no supieron dar.
Lacadée, en su libro “El despertar y el exilio” dice que “Freud había condenado ya la deriva educativa mostrando que la represión no es asunto de sociedad, de educación, sino de angustia de castración, y que esta castración no puede ahorrársela ningún ser humano.
El postulado de los cognitivos- conductuales de la existencia de una “salud mental” remite a identificar el cuerpo con el organismo cuando todos los descubrimientos de Freud demuestran que el cuerpo sufriente ignora la anatomía pero no el lenguaje. Excluir la verdad del síntoma, dominar el goce del sujeto, tal es el objetivo de las terapias educativas.”[5]
En la “La Tercera” Lacan dice “El sentido del síntoma no es aquél con que se lo nutre para su proliferación o su extinción, el sentido del síntoma es lo real, lo real en tanto se pone en cruz para impedir que las cosas anden…“[6]
Volviendo al texto de Introducción teóricas a las funciones del psicoanálisis en criminología” Lacan puntualiza que sólo el psicoanálisis posee una experiencia dialéctica del sujeto, de tal forma que el sujeto confiesa por sí sólo tanto sus actos cómo sus intenciones.
Al hablar de educación se muestra muy crítico con la concepción de “enderezamiento” y “ya que esa psicología pretende alcanzar, bajo aspectos cretinizados, la realidad del niño, digamos que el muy bien advertible pedante deberá regresar de su error, cuando las palabras de ¡Viva la muerte¡ proferidas por los labios que no saben lo que dicen , le hagan comprender que la dialéctica circula ardiente en la carne con la sangre”[7]
En el compendio “Suicidio, medicamentos y orden público” encontramos la traducción de la Mesa Redonda “La psiquiatría entre el deber de cuidar y el deber de orden” dónde Agnés Aflalo dice “Desde que las clasificaciones internacionales han conseguido imponer la idea de síntoma biopsicosocial, re-educable a golpes de TCC, se puede apostar a que la expresión del malestar se desplazará del campo psi hacia el campo social, de aquí la idea de abrir una consulta de psicoanalista que pueda acogerlo.” [8]
Podemos comprobar cómo el movimiento de rechazo de la dimensión del síntoma como un hecho de estructura, en los dispositivos de Salud Mental, produce un retorno de sujetos a la deriva y errantes por los servicios sociales, u otras formas de encierro y segregación.
“Lo real insiste”, como ya nos enseñó J. Lacan, y podemos decir que camina de la mano de la Salud Mental.
[1] Miller J.-A., “Salud Mental y Orden Público”, Introducción a la clínica lacaniana, RBA, Barcelona 2006
[2] Ingelmo P. y Rincón M.J.. El Jardín de las naranjas agrias. Una historia de locos Federico Joly y Cia. Cádiz 2.005
[3] Asociación pro derechos humanos de Andalucía. Enfermos mentales en las prisiones ordinarias. Un fracaso para la sociedad de bienestar. http://www.apdha.org/index.php
[4] Informe del Defensor del Pueblo Andaluz Informe especial al Parlamento Menores con trastornos de conducta en Andalucía. 2007 http://www.defensor-and.es/
[5] Lacadée P. El despertar y el exilio Editorial Gredos. Madrid 2.010
[6] Lacan J. La Tercera Intervenciones y textos. Manantial Buenos Aires. 1988
[7] Lacan J. Introducción teórica a las funciones del psicoanálisis en criminología” Escritos I Siglo XXI 1971
[8] Aflalo A. Suicidio, medicamento y orden público Editorial Gredos Madrid 2.010
PIPOL NEWS info 15 - 07|06|2011
PIPOL NEWS INFO N° 15
A PROPOS DE LA SOIRÉE PIPOL 5

PIPOL NEWS info 14 - 06|06|2011
PIPOL NEWS INFO N° 14
A tous les participants
Logements à Bruxelles
Nous attirons votre attention sur le fait que la firme RESOTEL a obtenu des réductions et des conditions favorables dans les hôtels de la capitale près du Square. Il suffit d’aller sur le site de Pipol V pour avoir le lien et donc les informations :
http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/fr/21/fr/htels/
PIPOL NEWS info 13 - 14|05|2011
PIPOL NEWS - 14 MAI 2011 - Info n°13

PIPOL NEWS 42 - 13|05|2011
PIPOL NEWS 42 - 13 MAI 2011
FORO
Círculo de Bellas Artes de Madrid, sábado 11 de Junio 2011
What Evaluation Silences 2 : The voluntary servitudes
Ce que l'évaluation passe sous silence 2: Les servitudes volontaires
Lo que la evaluación silencia 2: Las Servidumbres voluntaria
Escuela Lacaniana de Psicoanálisis del Campo freudiano (ELP)

Cathédrale Saints Michel & Gudule (Photo : E.C.)
What Evaluation Silences 2 : The voluntary servitudes
Contemporary thought has not dealt much with the topic of evaluation; however, it is an essential phenomenon of our current time.
Evaluation floods the activity of our lives in an almost imperceptible way: health, education, business, the literary world, art, and even our everyday life. It is in this way that measure, the measurable, enters our lives and affects us as subjects. Administrative power, management policies, and the burden of their computerized and statistical control, prevail over, and traverse, governments. In principle, it would seem that we have to do here with the evaluation of institutions and groups, not individuals; but it is individuals who are being evaluated, and the result is that men and women are marked by comparisons with the reference group or the parameters imposed by the evaluation agencies. This comparison always ends in a negative. In the clinic of the analytical experience this is clear and evident: every time that the subject is compared, it ends up “losing”.
We would dare to say that the power of evaluation is tyrannical because what it in essence attempts to achieve, even more than the act of evaluation itself, is the subject’s consent to this operation. With this consent, this servitude, we put aside what is incomparable in each one of us, and form part of an evaluated mass. What are the consequences of this consent for the subjects concerned? Self-rejection and a destructive drive – for these subjects consider themselves inferior to others and, therefore, as deserving of the sufferings of this “deficit”. Hence we see the proliferation of depressive states, anguish and addiction. But this would also explain the surprising docility with which citizens accept this state of affairs, a docility that can only result in the impotence of any pursued action.
Étienne de la Boétie (1) already thought that this voluntary servitude was the only thing that in the last instance explained the success of any tyranny. Tyranny is ultimately justified by the consent of the subject. But what subjective mechanisms can explain this? The Forum will find the answers to these questions in the work of S. Freud and J. Lacan. Psychoanalysis, in dealing with what is incomparable and incommensurable in each and every one of us, allows subjects to reencounter that which has been stolen from them, that which is impossible to evaluate. But we do not believe, of course, that we are the only ones who actively defend what is most intimate and incomparable. This is why we encourage the participation in this Forum of anyone who wants to unmask the new forms that this servitude assumes, of anyone who wants to enlighten themselves about its invention in order to be able to resist it.
This second Forum, which follows the previous one – What Evaluation Silences, an Urgent Case: Autism (Barcelona, June 2010) – is framed within a movement that Jacques-Alain Miller started in 2001, with the publication of his Letters to Enlightened Opinion, and which continues with the organization of Forums in Paris in which intellectuals, writers, artists, psychoanalysts and politicians all participate.
The second Forum will take place in the Círculo de Bellas Artes de Madrid on Saturday the 11th of June, 2011.
To begin with, we have created the mailing-list forolacaniano@egrupos.net, which we invite you to join. We also have the online bulletin A-Foro, from which, in addition to learning about organizational questions, you can receive texts, commentaries, interviews and curiosities, and which will also give you the opportunity to participate in different ways. We also have the blog http://loqueevaluacionsilencia.blogspot.com/, where you will be able to read the texts that have been sent.
(1) Étienne de la Boétie, The Discourse of Voluntary Servitude, Whitefish, MA: Kessinger, 2004.
(2) Jacques-Alain, Cartas a la opinión ilustrada, Barcelona: Paidós, 2002.
Traducción: Sonia Arribas
Ce que l'évaluation passe sous silence 2: Les servitudes volontaires
L’évaluation, un phénomène pourtant essentiel aujourd’hui, ne se trouve encore qu’exceptionnellement au cœur des débats intellectuels.
De manière presque imperceptible, elle a cependant commencé à s’infiltrer dans la plupart de nos activités, qu’elles soient sanitaires, éducatives, commerciales, littéraires, artistiques, voire même quotidiennes, aucune n’y échappent. Nos vies sont pénétrées par l’ordre du calcul et de la mesure, et c’est en tant que sujet que cette réalité nous concerne. Le pouvoir administratif, les politiques de gestion ainsi que la lourdeur d’un contrôle informatique et statistique généralisé, s’imposent à nous et traversent les gouvernements de part en part. Bien sûr, on pourrait penser qu’il s’agit principalement d’évaluer des institutions ou des groupes et non des individus. Mais, les évalués, ce sont bien eux, ces hommes et ces femmes qui au final se retrouvent marqués car comparés à des groupes de référence et autres paramètres imposés par les agences d’évaluation. Ce sont bien eux aussi qui obtiennent quasi systématiquement des résultats en dessous des valeurs dites normales. Cette réalité ne fait pas de doute pour la clinique issue de l’expérience analytique, elle sait en effet que chaque fois qu’un individu se compare, il se met automatiquement en position de perdant.
Nous nous permettons d’avancer aussi que le pouvoir exercé par l’évaluation est ni plus ni moins que tyrannique puisqu’il vise, outre l’opération en elle-même, à y soumettre les sujets. Or, en donnant son consentement, en acceptant cette servitude, nous renonçons à ce qu’il y a d’incomparable en chacun de nous et finissons par intégrer une vaste masse évaluée. Quelles en sont les conséquences pour les sujets ? Essentiellement, un rejet de soi et une pression destructrice. En effet, dès lors que l’on se croit moindre que les autres, on pense évidemment que l’on mérite de souffrir les conséquences de ce « déficit ». Cela se voit bien au travers de la prolifération des addictions, des états d’angoisse et de dépression, une réalité qui à son tour expliquerait la surprenante docilité avec laquelle les citoyens acceptent un état de choses, qui les laisse pourtant dans l’impuissance d’entreprendre une quelconque action.
Au XVIème siècle, pour expliquer le succès des tyrannies, Etienne de la Boétie considérait la servitude volontaire comme un élément de premier plan. Pour le dire en d’autres termes, c’est le consentement du sujet qui, en dernière instance, sous-tend cette obéissance. Qu’est-ce qui de la propre subjectivité pourrait en rendre compte ? S. Freud et J. Lacan nous aiderons à aborder ces questions que nous déploierons à l’occasion du Forum2. En s’occupant fondamentalement de l’incomparable et de l’incommensurable de chacun, la psychanalyse permet aux sujets de retrouver ce dont ils ont été défait, c’est à dire, ce qui en eux est absolument impossible à évaluer. Nous ne sommes pas les seuls à défendre activement l’intime et l’inégalable, nous ne sommes pas les seuls à essayer de faire tomber les masques de ces nouvelles formes de servitude, c’est pourquoi nous vous invitons à participer au Forum et à illustrer par vos expériences comment faire-avec ou comment y résister.
Cette nouvelle édition del FORO est la suite de celui qui nous a réuni l’année dernière à Barcelone sous le titre de : « Ce que l’évaluation passe sous silence – Un cas urgent, l’autisme ». Cette initiative s’inscrit dans le mouvement lancé en 2001 par Jacques-Alain et ses «Lettres à l’opinion éclairée », un mouvement dont sont issus aussi les Forums de Paris, véritable lieu de rencontre entre intellectuels, écrivains, artistes, psychanalystes, hommes politiques, etc.
Afin de préparer ce nouveau FORO, nous vous offrons différents espaces d’information et de débat
La liste de mails ( olga.monton.a@gmail.com ) : en vous inscrivant, vous recevrez A-FORO, notre bulletin en ligne, et bien d’autres informations encore, notamment concernant l’organisation du Forum
Le Blog : vous y découvrirez les textes et informations que nous publions http://loquelaevaluacionsilencia.blogspot.com/
Facebook : un autre lieu d’information, un espace de débat, un festival culturel simple et sans complexe www.facebook.com/Forum2.ServidumbresVoluntarias
jTraducción: Ariane Husson
Lo que la evaluación silencia 2: Las Servidumbres voluntaria
Aunque la evaluación no es un tema que se haya tratado mucho dentro del pensamiento contemporáneo, sin embargo, es un fenómeno esencial de los tiempos actuales.
La evaluación inunda la actividad de nuestras vidas, casi de manera imperceptible, desde los dispositivos sanitarios en su amplio espectro, hasta los educativos, empresariales, literarios, artísticos, e incluso la vida cotidiana. Es así como lo calculable, la medida, entra en nuestras vidas y nos afecta como sujetos. El poder administrativo, las políticas de gestión, la pesadez de su control informático y estadístico, se imponen y atraviesan los gobiernos. En principio, parecería que se trata de evaluar instituciones, grupos y no de individuos, pero son los individuos los evaluados, y el resultado de ella es tener a hombres y mujeres marcados por la comparación con el grupo de referencia o los parámetros que las agencias de evaluación imponen. Esta comparación siempre se salda con un negativo. En la clínica que nos ofrece la experiencia analítica esto es patente y claro, cada vez que el sujeto se compara sale “perdiendo”.
Nos atreveríamos a decir que el poder de la evaluación es tiránico porque lo que en esencia pretende, más que la propia evaluación, es conseguir del sujeto su consentimiento a esta operación. Con este consentimiento, con esta servidumbre, dejamos de lado lo incomparable de cada uno y pasamos a formar parte de esa masa evaluada. ¿Qué consecuencias tiene esto para los sujetos?: el propio rechazo de sí mismos, un empuje destructivo, al considerarse menos que los otros y, por lo tanto, merecedores de sufrir las consecuencias de este “deficit”. Vemos así proliferar los estados depresivos, angustiosos... las adicciones. Pero también, esto explicaría la sorprendente docilidad con la que los ciudadanos aceptan este estado de cosas que los lleva a la impotencia frente a cualquier acción que pudieran acometer.
Ya Étienne de la Boétie (1) ponía en primer término esa servidumbre voluntaria, como lo único que en último término explicaría el éxito de cualquier tiranía. Es este consentimiento del sujeto lo que en última instancia la hace posible. ¿Qué de lo propiamente subjetivo podría explicar esto? Con S. Freud y J. Lacan encontraremos respuestas a estas preguntas que se desplegarán en nuestro Foro. El psicoanálisis, por ocuparse de lo incomparable e inconmesurable de cada uno, permite a los sujetos reencontrarse con lo que les ha sido arrebatado, con lo imposible de evaluar. Desde luego no creemos ser los únicos que activamente defendemos lo más íntimo e inigualable de cada uno. Por ello, animamos a participar en este Foro a todos aquellos que quieran desenmascarar las nuevas formas que esta servidumbre adopta e ilustrarnos sobre su invención para resistir a ella.
Este segundo Foro, en continuación con el anterior – Lo que la evaluación silencia, un caso urgente: el Autismo (Barcelona, junio 2010) - se enmarca en un movimiento que Jacques-Alain Miller comenzó en el año 2001, con la publicación de sus Cartas a la Opinión Ilustrada (2) y que prosigue con la realización de Foros en París donde participan intelectuales, escritores, artistas, psicoanalistas, políticos.
Esta vez, la convocatoria tendrá lugar en el Círculo de Bellas Artes de Madrid, el sábado 11 de junio de 2011.
Contaremos para empezar con la lista de correo forolacaniano@egrupos.net a la que os invitamos a inscribiros y con el boletín on-line A-FORO, desde donde os irán llegando textos, comentarios, entrevistas, curiosidades, cuestiones organizativas y que darán la oportunidad a distintas formas de participación. También contamos con el blog http://loqueevaluacionsilencia.blogspot.com/ donde podréis consultar los textos enviados.
(1) Étienne de la Boétie, Discurso de la servidumbre voluntaria. Editorial Tecnos. Madrid 2010.
(2) J.-A. Miller, Cartas a la opinión ilustrada, Editorial Paidós, Barcelona 2002.
Texto redactado por Mercedes de Francisco
COMITÉ DE INICIATIVAS
Carmen Cuñat, Elisabeth Escayola, Mercedes de Francisco (Coordinadora), Eric Laurent, Judith Miller, Iván Ruiz
COMISIÓN DE ORGANIZACIÓN
- GESTION
Pilar Berbén (Madrid), Celeste Estecco (Madrid), Alberto Estévez (Madrid), Esperanza Molleda (Madrid)
- LISTA ELECTRONICA Olga Montón (Madrid)
- COMUNICACIÓN
Ana Castaño (Madrid), Blanca Cervera (Madrid), Julia Gutiérrez (Madrid), Marta Mora (Madrid), Silvia Nieto (Madrid).
Responsable: Mariano Maqueda (Madrid)
- PUBLICACIÓN A-FORO
Responsable: Paloma Blanco (Málaga)
* EQUIPO DE REDACCIÓN
Neus Carbonell (Barcelona), Blanca Fernández (Málaga), Julio González (Bilbao), Rosa López (Madrid), Fernando Martín Aduriz (Palencia), María José Olmedo (Granada) , Félix Rueda (Bilbao), Juan Carlos Tazedjián (Valencia).
* EQUIPO DE REDACCIÓN BIBLIOGRÁFICA
Ricardo Acevedo (Málaga), Marisa Álvarez (Madrid), Jesús Ambel (Granada), Carmen Bermúdez (Madrid), Mario Izcovich (Barcelona), Constanza Meyer (Madrid), Juan Carlos Tazedjián(Valencia), Liana Velado (A Coruña).
Responsable: Gracia Viscasillas (Zaragoza).
- BLOG: Marta Mora (Madrid)
- PUBLICACIÓN EN PAPEL: Susana Carro (Madrid), Ana Lía Gana (Madrid) (responsable), Mirta García (Madrid), Julia Gutiérrez (Madrid), Mariam Martín (Madrid), Silvia Nieto (Madrid)
Ana Lía Gana (Madrid)
- FACEBOOK
Alberto Estévez (Madrid), Blanca Fernández (Málaga), Julio González (Bilbao), Rosa López (Madrid), Diego Trejo (Madrid).
Responsable: Ariane Husson (Madrid)
- EXTENSIÓN
Rosa Mª Calvet (Barcelona), Joaquín Caretti (Madrid), Eugenio Castro (Vigo),Marta Davidovich (Madrid), Eugenio Díaz (Barcelona), Shula Eldar (Barcelona), Manuel Fernández Blanco (A Coruña), Elvira Guilañá (Barcelona), Manuel Montalbán (Málaga), Josefa Rodríguez (Las Palmas de Gran Canarias), Jose Ángel Rodriguez (Sevilla), Mariasun Landa (San Sebastian) ,Oscar Ventura (Alicante), Rosalba Zaidel (Barcelona).
PIPOL NEWS info 12 - 13|05|2011
PIPOL NEWS - 13 MAI 2011 - Info n°12
Association de la Cause Freudienne
Estérel Côte d’Azur
Dans le cadre de la préparation de PIPOL V les 2 et 3 juillet 2011 à Bruxelles
Sous la présidence de Philippe De Goerges
L’ACF Estérel Côte d’Azur reçoit l’ACF Restonica
La supervision en institution : quels enjeux ?

Samedi 14 mai 2011
à 14h30
Couvent des Dominicains
9, rue Saint François de Paule
06300 Nice
(Participation aux frais 7 € (5 € pour les étudiants)
Mail : bonneau5.chantal@orange.fr
PIPOL NEWS 41 - 12|05|2011
PIPOL NEWS 41 - 12 de mayo 2011
Resumen
Hacia PIPOL 5: Bibliografía razonada-2 (ELP)
- Carmen Cruz EFECTO RETORNO SOBRE LA PSICOSIS ORDINARIA
- Paloma Larena SOBRE PSICOANÁLISIS Y MEDICINA DE J. LACAN
- Domínguez Díaz RESEÑA BIBLIOGRÁFICA: “EL OBJETO DEL SIGLO” DE GÉRARD WACJMAN. Amorrortu Editores
"Letras" N° 2 : La enfermedad de la Salud Mental
Bruxelles : Place du Grand Sablon (détail)
(Photo : E.C.)
ELP : Hacia PIPOL 5
Bibliografía razonada-2
EFECTO RETORNO SOBRE LA PSICOSIS ORDINARIA
Por Carmen Cruz
Desde la primera lectura de este artículo, dos cuestiones destacaron para mí con luz propia: Una, que detrás de toda psicosis ordinaria hay una psicosis. Y dos, que esta invención de Miller no es una estructura nueva sino una categoría clínica lacaniana.
Se habla de psicosis ordinaria, cuando la psicosis no es evidente, y tampoco parece ser una neurosis. Entonces, se deben buscar los indicios más pequeños. Es una clínica muy delicada, y a menudo se trata de una cuestión de intensidad. Esto nos orienta hacia lo que Lacan llama: “Un desorden provocado en la juntura más íntima del sentimiento de la vida en el sujeto”. Ese desorden es lo que buscamos en la psicosis ordinaria.
Miller lo organiza en tres puntos y nos señala algunos indicios:
Una externalidad social- Aquí, el indicio más claro se encuentra en la relación negativa que el sujeto tiene con la identificación social, cuando el sujeto es incapaz de asumir su función social. Cuando se observa un desamparo misterioso, una impotencia en la relación con esta función. Cuando se observa una desconexión, una desunión.
Otro indicio son las identificaciones sociales positivas: Cuando estos sujetos invierten demasiado en sus trabajos, en su posición social, o tienen una identificación demasiado intensa con su posición social. Se pueden ver psicóticos ordinarios cuya pérdida de trabajo desencadena su psicosis, porque ese trabajo era su Nombre-del-Padre.
Una externalidad corporal- En este punto, el desorden más íntimo es esta brecha en la que el cuerpo se deshace y donde el sujeto ha de inventarse vínculos artificiales para apropiarse de nuevo de su cuerpo. Ejemplos de hoy en día son los piercings y los tatuajes. Un tatuaje puede ser un Nombre-del-Padre en la relación de un sujeto con su cuerpo. Para compararlo con la histeria habría que verlo en términos de tonalidad y de exceso teniendo en cuenta que la neurosis está limitada por el menos phi, mientras que en la relación del psicótico ordinario con su cuerpo se siente el infinito en la falla.
Una externalidad subjetiva- Acerca del Otro subjetivo señala que, con frecuencia, en el psicótico ordinario se encuentra la experiencia del vacío, de la vacuidad, de lo vago. Es un indicio de naturaleza no dialéctica y tiene una fijeza especial.
Por otra parte, nos indica que debemos también buscar la fijación con la identificación con el objeto “a” como desecho. Esta identificación no es simbólica, sino muy real, porque no utiliza la metáfora y porque el sujeto va en la misma dirección a realizar el desecho en su persona.
El autor nos acerca las consecuencias teóricas de la psicosis ordinaria en una oposición:
Una dirección nos conduce a afinar el concepto de neurosis. Señala que para decir “Es una neurosis” hacen falta ciertos criterios: que haya una relación con el Nombre-del-Padre, que se puedan encontrar pruebas de la existencia del menos phi, de la relación con la castración, con la impotencia y con la imposibilidad; tiene que haber una diferenciación clara entre el Yo y el Ello, entre los significantes y las pulsiones, un super yo claramente marcado…
La dirección opuesta nos conduce hacia una generalización del concepto de psicosis. Esto significa que no hay un verdadero Nombre-del-Padre, que no existe. Si decimos esto, desaparece la diferencia de la neurosis con la psicosis: “Todo el mundo está loco”, “todo el mundo delira a su manera”… No podemos obviar que nuestro mundo es delirante, ya que es fantasmático.
Bibliografía:
J.A.Miller, “Efecto retorno sobre la psicosis ordinaria”, Revista Freudiana nº 58 – 2010
RBA libros, SA
SOBRE PSICOANÁLISIS Y MEDICINA DE J. LACAN
Por Paloma Larena
La intervención de J. Lacan en la Salpetriere, en la Mesa redonda“Psicoanálisis y medicina”, sigue siendo totalmente actual. Lacan interviene en el Colegio de Medicina, para por un lado atenerse a las respuestas dadas previamente por la Sra. Aubry y por otro para destacar que su aportación es a un tema que nunca antes había tenido que tratar en su enseñanza “el lugar del psicoanálisis en la medicina”.
Lugar que en 1966 es marginal, porque es admitido como ayuda externa comparable a la de psicólogos y otros terapeutas. Y es extraterritorial por obra de los psicoanalistas. Dice Lacan que las razones de los analistas para conservar su extraterritorialidad no son las de él, pero que encontrarán su lugar muy pronto “por la aceleración que vivimos en cuanto a la parte que le toca a la ciencia en la vida común”.
Sorprende, dice Lacan, la tolerancia del hombre a las condiciones “acósmicas”, la adaptación del hombre a un “acosmismo” que la ciencia construye. Un hombre que sirve a las condiciones de un mundo científico. Entonces el médico no tiene ya nada de privilegiado en la jerarquía de estos científicos especializados. Le dan hechas las escalas y medias de control para evaluar al hombre y su rendimiento. También se le pide que ponga a prueba un gran número de objetos terapéuticos nuevos que han puesto en el mercado para el público, como si fuera el médico, dice Lacan, un distribuidor.¿Dónde está el límite, dice, para responder a la demanda?. Con el nuevo derecho del hombre a la salud, la ciencia brinda a todos el poder de demandar al médico su cuota de beneficios con un objetivo preciso inmediato, entonces.. es en el modo de respuesta a la demanda del enfermo donde está la posibilidad de supervivencia de la posición propiamente médica.
El efecto que tendrá el progreso de la ciencia sobre la relación de la medicina con el cuerpo, será una falla epistemo-somática (una falla entre el saber y el cuerpo). Este cuerpo no es sólo extensión (en la dicotomía de Descartes sustancia pensante/sustancia extensa): un cuerpo es algo que está hecho para gozar de sí mismo. La dimensión del goce está excluida de la relación epistemo-somática, porque la ciencia al igual que el sujeto que engendra, no puede saber qué quiere. Prosigue J. Lacan su intervención con una apuesta decidida por el psicoanalista, que dirige la demanda de saber del enfermo hacia su inconsciente.
Les traigo un ejemplo en la que la demanda de saber del enfermo, no sólo no es escuchada sino que se pervierte en una utilización con fines “de beneficio público” en el ámbito de la llamada Salud mental.
Atiendo a una joven desde hace un año y medio, tras un episodio psicótico que la llevó a un breve ingreso en la planta de psiquiatría de un hospital general. El ingreso fue de una semana y fue calificado como “brote psicótico” con posible causa de abuso de cannabis, ya que la joven confesó que había estado varias noches sin dormir y fumando para intentar calmarse.
Unos meses después del ingreso, recibió una llamada del hospital en la que le proponían participar en un estudio sobre “Ingresos únicos en jóvenes (hasta 35 años)” y en el que participaría a lo largo de 2 años. Ella dijo que sí “por curiosidad”, aunque también afirma con ironía: “soy un conejillo de indias”.
Por mi parte traté de cuestionar que fuera a obtener algún saber para ella misma participando en esas pruebas, y aunque estuvo de acuerdo en esto, el sí que había dado por teléfono suponía para ella un compromiso total.
La investigación ha consistido en una serie de escáneres, y cuestionarios- test calificados de pesados por la paciente, en citas trimestrales. Firmó un documento, pero no está segura de si allí decía que le comunicarían o no los resultados de la investigación.
Se ha sometido pacientemente al estudio hasta el último dia, en el que la médico que la recibe le dice “¡bien, no has desarrollado una esquizofrenia!” y la paciente sintió un gran desconcierto. ¿Por qué decía aquello, qué suponía tal afirmación? ¿ser esquizofrénico no es estar loco?. Le pareció brutal y a la vez, me dice, “debía ser una estudiante porque yo no la había visto antes, y apenas habló conmigo”. Ha decidido no volver a la siguiente cita porque además la médico dijo que “el estudio se iba a prolongar más tiempo”. En su caso, sólo puede haber separación si hay ruptura absoluta con el Otro, y puede que esta intervención malvada del médico, lo haya producido.
Para el estudio médico científico que la joven estudie, busque empleo, salga con amigos y viva relativamente independiente, sin haber tenido un nuevo ingreso, todo ello, descarta una deriva deficitaria o esquizofrénica. Dudo que anoten, como variable interviniente, que semanalmente acude a la consulta de un analista, a pesar de que ella lo informa entre sus hábitos y rutinas.
No entraré en la cuestión diagnóstica de este caso, sólo lo aporto como ejemplo de lo que Lacan llamó la adaptación del hombre a un mundo acósmico, un ejemplo también de “servidumbre voluntaria” a un supuesto saber, en el que el sujeto humano es una herramienta entre otras.
RESEÑA BIBLIOGRÁFICA: “EL OBJETO DEL SIGLO” DE GÉRARD WACJMAN. Amorrortu Editores
Por Irene Domínguez Díaz
“El objeto del siglo” -obra psicoanalítica de un valor muy particular- nos brinda una aventura de lectura apasionante. Escrita en un estilo fresco, vivo, desde un deseo que se da a ver, imposible de esconder, su autor empieza proponiéndonos un concurso para pensar, no solamente el arte, sino como éste interactúa, dialoga y piensa nuestro siglo. Su trama se despliega a partir de preguntas cortas, pero nada simples, que le permiten un constante vaivén: del concepto del arte a sus rupturas, de la idea de objeto al sujeto supuesto saber, del ver al mirar, del velo a lo real, del dar a ver a una cierta verdad del mundo, etc.
El autor elige dos obras del inicio del siglo XX, Rueda de Bicicleta sobre un taburete y el Cuadrado Negro sobre fondo blanco, de Duchamp y Malevich, más que para interpretarlas, explicarlas o describirlas, para utilizarlas como palancas desde donde dar cuenta del giro que supuso la entrada en la modernidad. Un cambio sin precedentes que transformó la forma de mirar, de ver, de mostrar, de querer decir del arte y que inseparablemente han dejado sus huellas en la subjetividad del siglo. Parece difícil poder sacarles más jugo, poder añadir algo más. Apoyado en pequeños y casi imperceptibles puntos de partida, como el principio rector: “para pensar hace falta un objeto”, Gérard Wacjman nos acompaña en su ejercicio de pensamiento. Utiliza dos objetos del arte para pensar el objeto mismo, el objeto a. Destaca de la Rueda de Duchamp y los ready-made su proceso de creación: sacar un objeto de la cadena de producción del mercado, un objeto industrial, despojándolo de su utilidad y llevar a cabo, mediante un acto artístico, una transformación profunda del mismo. Inutilidad del objeto de mercado, que resulta muy útil para el arte.
Arte del siglo que apuntaría a lo real: insuflar vacío al objeto, vaciarlo -que no es hacer el vacío en él-, proponer nada para ver, enseñar algo de la verdad del mundo, librarse de la representación más no del objeto, tomar las obras como aventuras del pensamiento, pensar el valor de la firma como acto, proponer a la obra, el artista y el espectador como surgidos de un encuentro... son algunos de los caminos por donde nos acompaña la lectura de este libro.
El recorrido acaba donde empieza, sin que eso implique sentar cátedra de ninguna verdad. Si el objeto ganador del concurso “el objeto del siglo” es “la destrucción sin ruina” en unos tiempos que desafían a la memoria incluso a través de las políticas de su recuperación histórica; la ética de lo visible nos proporciona, al final, la posición irreductible del deseo. Porque el acto artístico, la creación, las obras-del-arte son inseparables del acto de pensar el mundo, de su dar a ver –a veces ocultando- algo de la verdad de nuestros tiempos.
Pero, ¿en qué puede esta obra interesar al tema de nuestro próximo encuentro PIPOL? Lo que a primera vista podría pasársenos por alto es que este riguroso trabajo de Gérard Wacjman, este estudio pormenorizado que bordea incansablemente la categoría misma del objeto en psicoanálisis, es un formidable instrumento clínico. Pensar el objeto es, de alguna manera, preguntarse por el sujeto, puesto que el objeto es aquello éxtimo a él, su más íntima exterioridad, su más externa intimidad.
La pregunta que comanda el encuentro sobre la existencia de un concepto pesado, redondo, que se pretende sin fisuras como el de “Salud Mental”, podríamos ponerlo en serie con una de las respuestas que da Gérard Wacjman: “El Arte no existe”. Pero si el Arte con mayúsculas (como la Salud Mental con mayúsculas) no existe, existen las obras-del-arte lo que implica que ninguna tiene valor de ejemplo y que deben ser consideradas en sí mismas. Así como que ninguna teoría del arte puede ser más que teoría de las obras, a cada obra su teoría. Podemos extraer de aquí exactamente la posición de la clínica en psicoanálisis: ningún caso tiene valor de ejemplo, sólo hay clínica del caso por caso. Por tanto no hay la Clínica, la Salud Mental, estándar, buena, la que sería la medida de lo normal, sino que la orientación debe sustraerse del interior de la lógica de cada caso.
Pensar los movimientos en los que un objeto deviene obra-del-arte nos sirve también para pensar en las construcciones que cada analizante, que nosotros como analizantes, realizamos en los análisis. Acto artístico y acto analítico comparten esta potencialidad de transformación de los objetos: insuflando vacío, enigmatizando, tomando la nada como objeto, dando a ver, ocultando, bordeando lo real, inutilizando... son operaciones que –como en el arte- la clínica de hoy toma en cuenta como resortes fundamentales.
Los recovecos que recorre este libro disuelven cualquier idea de que los ámbitos de las disciplinas humanas habitan en parcelas perfectamente definidas y aisladas las unas de las otras. De alguna manera Wacjman brinda homenaje al nacimiento del psicoanálisis que sólo fue posible gracias a la interrogación sobre la subjetividad, sin separarla del contexto de su tiempo. Sujeto y contexto social están puestos en una relación moebiana indisoluble de la que Freud ya daba cuenta, por ejemplo, en el “Malestar en la Cultura”.
Aquí concluyo estas líneas recomendando efusivamente la aventura que implica leer esta obra de indiscutible originalidad y valor singular como obra-del-psicoanálisis.
Textos recopilados por la Comisión bibliográfica ELP – “Hacia PIPOL 5”: Eugenio Díaz (Barcelona), Julio González (Bilbao), José Angel Rodríguez Ribas (Sevilla), Luis Seguí (Madrid), Gracia Viscasillas (Zaragoza).



PIPOL NEWS info 11 - 11|05|2011
PIPOL NEWS - 11 MAI 2011 - Info n°11

PIPOL NEWS info 10 - 11|05|2011
PIPOL NEWS - 11 MAI 2011 - Info n°10


PIPOL NEWS 40 - 10|05|2011
PIPOL NEWS 40 - 10 de mayo 2011
Resumen
Hacia PIPOL 5: Bibliografía razonada-1 (ELP)
- Antonia García Lozano : SOBRE PSICOANÁLISIS PURO, PSICOANÁLISIS APLICADO Y PSICOTERAPIA
- Patricia Heffes : DE LA POLÍTICA Y EL PODER
- Nicolás Vucinovich : EL SUJETO ADMINISTRADO
Francesc Roca: LA SALUD MENTAL Y LA PAZ SOCIAL

ELP : Hacia PIPOL 5
Bibliografía razonada-1
SOBRE PSICOANÁLISIS PURO, PSICOANÁLISIS APLICADO Y PSICOTERAPIA
Por Antonia García Lozano
Me gustaría comentar el texto de Miller: Psicoanálisis puro, psicoanálisis aplicado y psicoterapia, resaltando algunos aspectos, que pueden ser de interés para la práctica clínica en los dispositivos de Salud Mental.
Miller dice: no se trata de la confusión entre psicoanálisis puro y psicoanálisis aplicado a la psicoterapia, dicha confusión tiene una importancia limitada en la medida en que, en ambos casos, se trata de psicoanálisis. La importancia verdaderamente es la que confunde lo que es psicoanálisis y lo que no lo es. Lo que hace falta es que el psicoanálisis aplicado a la terapéutica siga siendo psicoanálisis y que se preocupe por su identidad psicoanalítica.
Hay algunas diferencias a tener en cuenta:
-En la psicoterapia no se plantea la cuestión del goce. La omnipotencia del Otro es preservada a ese precio. Mientras que lo característico de la posición analítica, sería admitir la cuestión del goce, no hacer consistir al Otro.
-La psicoterapia se inscribe en el discurso del amo. Se podría decir que el sujeto reclama una identificación y la psicoterapia privilegia la identificación al precio de arrinconar el fantasma. Hay que ir más allá del síntoma, para atravesar el fantasma.
-La psicoterapia especula sobre el sentido, este sería el rasgo distintivo frente al Psicoanálisis. Se trataría de hacer de la psicoterapia, el primer paso de un análisis.
La clínica psicoanalítica, tiene su punto de partida en la transferencia. Lacan insistió en que el motor de la cura es la suposición transferencial de saber. Menciona el saber en tanto que saber supuesto. Esta suposición es inducida por el acto analítico. A partir de que el analista pone en juego su deseo, deseo de hacer semblante de saber, para que emerja el saber inconsciente del sujeto. De esta forma posibilita el viraje de la demanda de curación al deseo de saber, para que emerja en el sujeto, la verdad que subyace en su síntoma.
Un analista deberá crear las condiciones para que el sujeto consienta en interrogar a sus síntomas. El analista orientado por su propio análisis, pone en juego su deseo,haciendo posible el encuentro con el sujeto del inconsciente, más allá de las instituciones. En la medida en que la presión del discurso del amo se ejerce potenciando la uniformidad, el para todos, hay cierto disforme que tiende a manifestarse en la clínica y que está ligado a lo que se llama progreso. El resultado del progreso se revela en las clasificaciones diagnosticas que segrega a los sujetos que no se ajustan al patrón de conducta de "normalidad".
Tal es el caso de los sujetos etiquetados como ASPERGER, esta categoría diagnostica produce sujetos excluidos de la comunidad escolar.
Les muestro una viñeta clínica de un niño de 9 años clasificado en esta categoría diagnostica:
Se trata de un sujeto que atiendo en la consulta de SM del Hospital Materno. Después de hacerle un estudio neurológico lo derivan diagnosticado de S. de Asperger ya que en las pruebas realizadas no aparece ninguna alteración orgánica que justifique el retraso del lenguaje, ni el aislamiento en el que vive desde los 7años. A nivel académico le va bien.
Empezó a hablar cuando tenía 3años y como no pronunciaba bien, fue sometido a múltiples técnicas reeducativas para enseñarle a hablar correctamente.
A la consulta viene acompañado por el padre, que lo corrige continuamente. Aunque no habla en presencia del padre, cuando se queda a solas con la analista cuenta sus aficiones: cuando termina sus deberes escolares juega con sus muñecos Bakugan. Todos se cierran menos uno, que queda abierto, es el Drago con núcleo infinito, el más poderoso. Hay otro personaje que evoluciona en Ángel-Demonio, a la vez. Es con el que se identifica: no soy bueno, ni malo, dice cuando habla sobre él mismo.
Cuenta que los Bakugan se organizan en parejas, igual que ocurre en su familia: su hermana mayor es la preferida del padre y la pequeña de la madre, pero él no tiene "MIMO". Sobre su padre, que es militar, dice que le gustaría que fuese un "hombre normal"y se queja porque le corrige las faltas de ortografía.
Termina el curso con buenas notas y recibo al padre, que ya no se muestra tan exigente con su hijo .En esta sesión cuenta que a partir de los 7 años, fue cuando se cerró, los niños se reían de él porque era "raro", no compartía las aficiones y los juegos de los otros. Salía del colegio tan angustiado que no podía ni hablar.
Después de las vacaciones de verano, viene angustiado no puede dormir solo, tiene pesadillas: sueña con ratas, que aparecen cuando el padre se duerme. También sueña con zombis que se comen a la gente, siempre muere alguien en el sueño, pero no sabe quién es el muerto.
Cuando le pregunto si había tenido pesadillas en otra ocasión dice que, cuando no tiene aficiones viene la pesadilla, aunque en esta ocasión, ha sido peor porque el miedo le ha llevado a buscar a su padre por la noche , no podía estar solo.
Tiene aficiones que le obsesionan y no puede pensar en otra cosa. Este verano hubo un paréntesis. No podía pensar, se le quedó la mente en negro y volvieron las pesadillas; dejaron de interesarle los Bakugan y se quedó sin aficiones. Después de hablar sobre sus miedos se inventa una nueva afición, se trata de los Blake-blake (signos del zodiaco).Le han regalado Cáncer pero no le gusta porque es el signo de su padre y lo considera "tramposo". Le gustaría conseguir Escorpio que es su signo. Y añade: con los Bakugan podía jugar solo, sin embargo la blake es un juego de dos. Tendrá que buscar un amigo que comparta su afición.
Bibliografía
J-A Miller. Psicoanálisis puro, psicoanálisis aplicado y psicoterapia. La orientación lacaniana III, 3, El lugar y el vínculo (2000-2001).
DE LA POLÍTICA Y EL PODER
Por Patricia Heffes
El título con el cual se convoca al próximo Encuentro PIPOL es una pregunta y en tanto tal supone una respuesta. El psicoanálisis como campo de experiencia del goce en relación con la lengua deja fuera la cuestión de la salud mental. Sin embargo, el Otro social empuja hacia una conexión compleja. La pregunta, entonces, será respondida para señalar la diferencia y marcar el territorio, considerando sobretodo, las consecuencias del ejercicio de la "salud mental".
En esa línea, recordé aquel Curso de Michel Foucault del 17 de marzo de 1976 [i] en el que "traza la genealogía del biopoder", que al revisarlo encontré de gran actualidad para la cuestión que nos interesa; particularmente, la relación de servidumbre que la noción de salud mental mantiene con el orden público.
Es importante no sólo conocer los antecedentes político-sociales de la situación contemporánea, sino también seguir su lógica para encontrar los fundamentos de lo que hoy tiene lugar.
Foucault señala como fenómeno fundamental del S.XIX, la consideración de la vida por parte del poder. Se trata para él "de un ejercicio del poder sobre el hombre en cuanto ser viviente, una especie de estatización de lo biológico" [ii]
Para Foucault, hay que ubicar este fenómeno sobre el fondo del derecho de vida y de muerte de la época clásica de la soberanía. El soberano disponía del derecho de hacer morir y dejar vivir. La formulación misma de ese derecho echa por tierra toda condición natural de la vida y la muerte, ya que es el poder el que tiene la voluntad soberana de decidir. Pero ¿decidir qué? Por cierto, el soberano no puede hacer vivir, pero sí, hacer morir. El soberano puede matar, por lo que el derecho sólo se ejerce de un solo lado, "siempre del lado de la muerte (.) en el momento en que puede matar, el soberano ejerce su derecho sobre la vida." [iii]
El fenómeno de referencia fechado en el siglo XIX, ha venido a completar ese viejo derecho de soberanía instalando un poder exactamente inverso: hacer vivir y dejar morir. Para esto fue necesario el uso de técnicas y tecnologías de poder de características disciplinarias, que permitiesen su ejercicio. Estas técnicas estaban basadas fundamentalmente sobre el cuerpo individual: distribución espacial, supervisión, utilidad, vigilancia, informes. Estas técnicas sufrieron una modificación en el tiempo, pasando del poder ejercido sobre el cuerpo individual al poder ejercido sobre la especie que Foucault llama "biopolíticade la especie humana" [iv]
Esta nueva técnica del poder atañe a cuestiones evidentes como la natalidad, pero no solamente; también la morbilidad pasa a ser un tema central: la enfermedad comienza a ser un asunto de interés del poder. Hablamos de finales del siglo XVIII.
La preocupación por la enfermedad trae consigo las estrategias para combatirla, así surge la idea de higiene pública que básicamente apunta a la salud; y con ella, los organismos que planifican los cuidados médicos, la centralización de la información y la medicalización de la población. A este término, población, le concede un valor especial ya que se diferencia tanto de sociedad (tomado en el sentido de 'cuerpo social' de los juristas), como del individuo/cuerpo. La población sería un cuerpo múltiple innumerable, de allí su complejidad. La biopolítica, señala Foucault, tiene que ver precisamente con la población en su vertiente política, científica, biológica y de poder. Es preciso ver cómo los cambios conceptuales intentan cernir las nuevas problemáticas que la organización social conlleva.
Es la biopolítica la que introduce a las instituciones asistenciales y con ellas todo un montaje cada vez más sofisticado en el nivel económico a través de los aún vigentes seguros de salud.
La consecuencia de pasar a considerar la idea de población es que a partir de ese momento se tomarán en cuenta los "fenómenos colectivos, que sólo se manifiestan en sus efectos económicos y políticos.[v] Lo aleatorio que se observa en lo individual pasa a ser una constante en la población, extendido en el tiempo (duración) y por tanto permite establecer una serie. Pero hay un aspecto relevante que se destaca, esta tecnología de poder para cumplir sus fines introdujo mecanismos reguladores: previsiones, estimaciones estadísticas, mediciones globales. Dice Foucault, "se tratará de intervenir en esos fenómenos en lo que tienen de global" [vi]
En síntesis, analiza dos tecnologías diferentes del poder: la tecnología disciplinaria del cuerpo (de adiestramiento) y la teoría regularizadora de la vida (aseguradora). Ambas se introducen con diferencia en el tiempo aunque finalmente funcionan superpuestas. Es cierto que Foucault analiza allí los siglos XVIII y XIX, no obstante, la situación actual de las políticas en salud contienen también las características desarrolladas en sus clases.
La salud mental está incluida en el Curso dentro de toda la gama de aspectos en los que el biopoder tiene incidencia. Sin lugar a dudas, ha cobrado hoy una relevancia superior a la de aquella época lo que supone un dato a tener en cuenta si se quiere utilizar el análisis de Foucault para responder a la coyuntura que nos toca vivir. Vale la pena esta lectura para situar mejor el campo de la llamada salud mental en el que, como se puede inferir a partir de este breve comentario, el psicoanálisis no puede estar incluido.
Resta dar un paso más para saber cuál es el rasgo que particulariza al biopoder del siglo XXI. El PIPOL 5 podrá ser el escenario adecuado.
[i] Foucault, Michel."Defender la sociedad", Curso en el Collège de France(1975-1976), F.C.E.,Buenos Aires, 2000.
[ii]Ibid. Pág. 217
[iii]Ibid. Pág. 218
[iv]Ibid. Pág. 220
[v]Ibid. Pág. 222
[vi]Ibid. Pág.223
EL SUJETO ADMINISTRADO
Por Nicolás Vucinovich
La salud mental se orienta, cada vez más, por vectores que no son ni clínicos, ni biológicos, ni humanistas ni científicos, ni cientificistas. La lógica administrativa manda. Los procesos asistenciales, los criterios de los gestores, la informatización de la asistencia y de las historias clínicas son nuestra amenaza actual, la sombra siniestra que cubre nuestra práctica, que avanza de forma implacable sobre nuestro trabajo.
Hace años, los psicoanalistas nos revolvíamos contra la ciencia que forcluye al sujeto. Era un escándalo: las neurociencias y las psicologías cognitivo conductuales reniegan del inconsciente, retornan al prefreudismo, sugestionan a nuestros pacientes que arremeten contra el síntoma a golpes de fármacos y pautas conductuales. De poco sirvió esta denuncia del psicoanálisis; la cosa está peor ahora que entonces: no importa ya si en las consultas de salud mental se es psicoanalista, sistémico, biologisista o cognitivista, ya que todas estas terapias se han encargado de demostrar científica- estadísticamente su eficacia. Lo que obliga actualmente, lo que manda al clínico, son los canales administrativos, los circuitos por los que debe empujar al paciente desde su entrada por el médico de cabecera hasta su salida del sistema, salida que alcanzará por donde él pueda, si es que tiene la suficiente salud mental como para escapar de él.
Los criterios de atención, de entrada al circuito de salud mental, han dejado de ser clínicos. Según el Proceso Ansiedad- Depresión-Somatización que se intenta poner en marcha en Andalucía, serán los médicos de cabecera los que deban solventar la demanda de gran parte de la población: los llamados trastornos adaptativos y las distimias, entre otros, deberán ser atendidos por el médico de cabecera. La razón: el segundo nivel, el de la salud mental, está saturado, y no puede absorber tal cantidad de pacientes. Asimismo, desde la salud mental infantil se busca que sean los pediatras los que traten los Trastornos por Déficit de Atención e Hiperactividad (TDAH). Se avecina una rémora desde los niveles especializados de atención que inundará la ya desbordada atención primaria, básica. La salud mental busca deshacerse con mil artilugios, argumentos y eufemismos de la carga asistencial. Y lo hace a través de estos protocolos y procesos, auténticamente kafkianos, en los que el paciente (el sujeto no existe) se pierde y agota.
Cada vez más se responde a la demanda con tratamiento farmacológico, ya que la papilla asfixiante es la única herramienta que los médicos y pediatras tienen siempre a mano para hacer frente a cantidades ingentes de pacientes. También en el nivel de salud mental, el especializado, la tendencia es medicar cualquier queja o sufrimiento, taponar la angustia y el decir, rápidamente. Esta respuesta está desaconsejada por los procesos asistenciales, que con cinismo aconsejan "desmedicalizar" y "despsicologizar" la demanda. Se pretende dotar a los médicos de cabecera de conocimientos mínimos, herramientas psicoterapéuticas básicas ("consejo médico", "resolución de problemas"), que le permitan no medicar como primera opción.
La salud mental nada tiene que ver con el psicoanálisis. Es su antítesis: donde el psicoanálisis busca abrir el campo del inconsciente y del deseo, la salud mental intenta cerrarlo: normalizando, homogeneizando discursos, apuntando a una especie de "todos satisfechos" (todos felices sería mucho decir). El psicoanálisis es cada vez más subversivo, frente a una salud mental cada vez más totalitaria. Mientras el psicoanálisis habla de su ética, la salud mental calla: nada puede decir ella; son los gestores los que hablan de una política de ahorro y satisfacción, coste-beneficio. Los planes individualizados de tratamiento, por ejemplo, parecen respetar una cierta singularidad del caso, aunque en realidad en lo que derivan (están pensados para eso) es en una agilización, ahora a cargo del clínico, de los canales de asignación de recursos. Es la misma intención que mueve a los centros de desempleados: hacer un perfil de cada uno para asignar racionalmente, sin despilfarros, el mejor recurso para cada uno. La manía productiva, administrativa de fuerzas, es la que predomina ahora en la salud mental. Es evidente que no existe ideal médico, científico o cientificista (ya ni mascarada) que imprima una dirección a sus políticas: cuando los gestores en salud evalúan los costes-beneficios de los tratamientos antidepresivos, tiembla hasta la industria farmacéutica, banqueros de la salud mental. Los psicoanalistas que soñábamos con el retroceso del fármaco a costa de un respeto del sujeto del inconsciente, veremos cómo su uso se restringe, sí, pero a causa de la misma lógica que le dio vuelo: la del mercado.
Textos recopilados por la Comisión bibliográfica ELP – “Hacia PIPOL 5”: Eugenio Díaz (Barcelona), Julio González (Bilbao), José Angel Rodríguez Ribas (Sevilla), Luis Seguí (Madrid), Gracia Viscasillas (Zaragoza).
LA SALUD MENTAL Y LA PAZ SOCIAL
Francesc Roca
“El psicoanalista, como tal, no es un trabajador de la salud mental y quizá sea éste precisamente el secreto del psicoanálisis”.
J.A. Miller: Salud Mental y Orden Público.
Tomo el título de esta comunicación de un comentario de E. Laurent sobre una definición posible de la Salud mental propuesta por J.A. Miller, para la que no he encontrado una referencia precisa: “La definición más sencilla de Salud mental es la que oí a J.A. Miller cuando dijo que la Salud mental era la paz social. Es un problema que se inscribe en las técnicas del orden público en general” [1].
Mi propósito con este comentario es el de tratar de dar un contenido a la Salud mental tomada como concepto, y ello con un doble objetivo: tratar de ver qué relación puede existir entre la Salud mental y el Orden público, tomado éste a su vez desde la perspectiva de la “paz social”; y tratar de articular algunas propuestas sobre qué tiene que decir el psicoanálisis como saber y los psicoanalistas, que fundan su práctica en su relación con este saber, sobre la Salud mental.
Respecto de la idea de “paz social” no he encontrado referencias precisas más allá de la idea de ausencia de conflicto, incluso desde el punto de vista el derecho penal. No obstante, apuntaré que en mi memoria esta expresión “paz social” no deja de evocarme los “25 años de paz” de la propaganda franquista (año 1964) y la sensación de que no era una idea extraña a los discursos políticos de la época en éste país. Si pienso en cómo era entendido el orden público en la época –notemos que orden público y “paz social” van unidos en la cita de E. Laurent respecto de la Salud mental- ello me hace pensar que quizá mi recuerdo no carece de fundamentación respecto de nuestro propósito de hoy.
No obstante, partiré de un suelo más firme para tratar de dar contenido a este concepto de Salud mental recurriendo para ello a la historia de dicho concepto. En su origen hay que tomar en cuenta una primera constatación: Salud mental como concepto es una continuidad del concepto de Higiene mental, el cual no es más que una aplicación del concepto más amplio de Higiene (del griego hygies, hygieinós: sano; útil; propicio) aplicado al campo del tratamiento de las enfermedades mentales.
Vayamos, pues, al principio. La Higiene, como práctica de la salud pública, tiene su origen a principios del siglo XIX, es decir, ya instaurada la revolución industrial, cuando se establece una relación precisa entre suciedad y enfermedad. Ello llevó a prácticas conducentes a mejorar la limpieza de los lugares de trabajo y vivienda para preservar la salud de los obreros (o para preservar la capacidad de producción de los obreros, para ser más exactos).
Por tanto, el concepto de Higiene en su origen está indisolublemente unido a la idea de prevención de las enfermedades dado que lo que se postulaba con este concepto de Higiene eran intervenciones en el entorno sucio para prevenir la aparición de enfermedades.
Este concepto de Higiene se consolidará definitivamente a finales del siglo XIX con los estudios de Pasteur sobre la transmisión de las enfermedades infecciosas, no sin que para ello fuera necesario un arduo debate en el seno del saber médico para rebatir la idea de generación espontánea de los microbios, debate que no fue sin víctimas. Tomemos un ejemplo. Ignác F. Semmelweis, médico húngaro residente en Viena a mediados del siglo XIX, se percató de que, en una época en la que eran muy frecuentes las fiebres puerperales que casi indefectiblemente llevaban a la muerte de las parturientas, se debía a que los obstetras sólo se levaban las manos al salir de los partos para quitarse la suciedad pero no antes de atender a las parturientas. El rechazo obstinado por parte de algunos de los médicos más eminentes del momento de su idea de que era necesario lavarse las manos con una solución de cloruro cálcico antes de atender a las parturientas le llevó al ostracismo entre las clases médicas, acabando convertido en un maldito, exiliado de Viena y muerto de forma prematura en un asilo [2].
El triunfo definitivo de las tesis de Pasteur, años después de la muerte de Semmelweis, supuso, entre otras cosas no menos importantes, la introducción paulatina de modificaciones en las prácticas de la vida cotidiana (por ejemplo, el lavado de manos antes de las comidas), así como la idea de que determinadas intervenciones en el individuo sano podrían servir para la prevención de algunas enfermedades. Quizá el ejemplo que nos resulte más próximo sea el de los métodos propuestos por el padre del Presidente Schreber para prevenir vicios posturales en los niños, origen de muchos de los fenómenos alucinatorios descritos en Memorias de un enfermo de los nervios, pero también de las llamadas sociedades Schreber dedicadas a la promoción de la gimnasia, la jardinería y las actividades al aire libre, o los jardines Schreber, pequeñas parcelas de tierra situadas a las afueras de las ciudades, pertenecientes a ciudadanos que las cultivaban los fines de semana [3].
Es en este contexto, en el que la Higiene había alcanzado una extensión mayor que el de la prevención de enfermedades, en el que nace la idea de Higiene mental, esta vez de la mano de Clifford Beers, empresario americano formado en Yale quien, entre 1900 y 1908 estuvo ingresado en diferentes instituciones psiquiátricas tras una crisis mental padecida a consecuencia del fallecimiento de un hermano. A su salida describe en un libro autobiográfico, A mind that found itself: an autobiography, lo nefasto de su experiencia en estas instituciones psiquiátricas.
En 1910 crea la sociedad de Higiene mental de Conneticut, que al año siguiente tendrá nivel nacional y en 1919 internacional. En 1930 se organizó el primer Congreso internacional de Higiene mental en Washington y en 1937 el segundo en París.
La concepción que entonces se tiene de la Higiene mental cabe situarla en su origen en el cruce de las prácticas de la higiene pública, de la medicina psiquiátrica y de la medicina social. En este contexto se concibió una idea sobre la etiología de las enfermedades mentales que se situaba a medio camino entre el paradigma degenerativo postulado por Magnan [4], y el paradigma de las enfermedades infecciosas como la tuberculosis o la sífilis.
De ello se siguieron propuestas para prevenir las enfermedades mentales que iban desde recomendaciones concernientes a las condiciones de habitabilidad o de alimentación, pasando por recomendaciones concernientes a las relaciones familiares, a la educación, la promoción del ejercicio físico y el deporte, y en general a formas de “estilos de vida saludables”, hasta recomendaciones de limitar la procreación por parte de personas susceptibles de trasmitir su propio estado de degeneración a la descendencia. Es decir, que de la mano de la Higiene mental nació la idea de Eugenesia que tuvo como consecuencia práctica la promulgación de leyes que recomendaban o incluso imponían la castración de personas susceptibles de transmitir esta herencia “degenerada” [5]. El final de estas prácticas cabe situarlo en las esterilizaciones masivas llevadas a cabo por el III Reich, aunque en España continuó postulándose esta idea de Eugenesia hasta finales de los años 40 de la mano de Vallejo Nájera padre.
Finalizada la II Guerra Mundial, en 1948 el Comité Internacional de Higiene Mental convocó en Londres su tercer Congreso Internacional que incluía tres congresos sucesivos: uno sobre psiquiatría infantil (al que asistieron A. Freud y M. Klein), otro sobre psicoterapia médica, y un tercero sobre “salud mental”. Un mes antes del congreso se había reunido una comisión internacional, con la participación entre otros de H.S. Sullivan, psiquiatra adscrito al psicoanálisis del yo, y la antropóloga cultural M. Mead. El fin de esta comisión era redactar el acta fundacional de la World Federation of Mental Health, que vendría a tomar el relevo del Comité Internacional de Higiene Mental. Será este, pues, el momento del nacimiento de la Salud mental como concepto.
Cito un extracto de este documento fundacional titulado “Salud mental y ciudadanía mundial”: “Los estudios sobre el desarrollo humano indican que el comportamiento es modificable a lo largo de la vida, especialmente durante la infancia y la adolescencia, por el contacto humano. El examen de las instituciones sociales de muchos países muestra que éstas también pueden ser modificadas. Estas posibilidades recientemente reconocidas proporcionan fundamentos para mejorar las relaciones humanas, para liberar potencialidades humanas constructivas y para modificar las instituciones sociales en aras del bien común”.
A propósito de este documento, y en relación con la idea de orden público y paz social, quiero llamar la atención sobre dos expresiones contenidas en la cita: una, ya en el título, la de “ciudadanía mundial”; y otra, al final de la cita, el “bien común” puesto en relación con la idea subyacente en el párrafo de enfermedad mental.
Respecto de la segunda sólo haré alusión al comentario de Freud respecto del mandamiento “amarás al prójimo como a ti mismo” contenido en El malestar en la cultura [6]. Respecto de la segunda me remito a lo que Hegel dice en el capítulo VI A de La fenomenología del espíritua propósito de la asimilación por parte de la conciencia moderna de la idea de persona jurídica promovida por el derecho romano, persona jurídica a la que llama cadáver en su contraposición con la idea griega de persona, vinculada ésta a la contraposición entre la ley divina y la ley de la familia –Antígona es la referencia de Hegel en esta parte del capítulo en la que describe a la persona griega-,es decir, próxima a la idea que el psicoanálisis lacaniano tiene del sujeto.
Así pues, la referencia al orden público como materia de derecho puesto en relación con la Salud mental empieza tomar densidad para nosotros.
En comparación con la Higiene mental, esta nueva noción de Salud mental va a suponer a su vez un cambio respecto de la idea de enfermedad mental. Si, como hemos visto, para la Higiene mental la idea de enfermedad mental debía ser puesta en relación a sus causas y a la prevención de las mismas, cabe pensar que para la Salud mental la referencia ya no va a ser causal sino fenoménica, es decir, que la pregunta ya no va a ser ¿cómo se llega a ser enfermo mental?, sino ¿qué es y cómo se manifiesta el estar enfermo de la mente?
La respuesta a esta pregunta va a partir de la misma petición de principio, del mismo sofisma que ha supuesto la tradicional definición de la salud como ausencia de enfermedad, lo que también vale a contrario: estar enfermo es no estar sano. Ello comportó dos problemas: qué era ser enfermo mental y cuál era el antónimo de enfermo mental que habría que negar para llegar a una definición de qué es estar mentalmente enfermo.
Pero volvamos a la historia del concepto de Salud mental. Su consolidación, o mejor dicho, su institucionalización como tal concepto se produce definitivamente en los años 70 con la aparición de la Psicología social, y ello a partir del hecho de que con la Psicología social el tratamiento de los enfermos mentales rebasará el ámbito hospitalario y/o de las comunidades terapéuticas. Ello, a su vez, llevará a la incorporación de una idea de normalidad a partir de la idea de equilibrio, de armonización si se quiere, respecto de una descomposición de lo mental en tres aspectos: biológico, psicológico y social, lo que no va a ser sin consecuencias.
Vayamos por partes. Desde el punto de vista psicológico empezaré por hacer mía, aunque con un fin distinto, una afirmación del Profesor Seoane: (refiriéndose a las consecuencias de la introducción de los postulados de la Psicología compresiva de Jaspers) “En consecuencia, el mundo del enfermo mental, precisamente el objeto de estudio de la psiquiatría, resulta incomprensible a los psiquiatras”[7].
La irrupción, ya definitiva, de postulados psicológicos en la psiquiatría ha supuesto, en especial a partir de la obra de Th. Millon [8], la incorporación en la comprensión de la enfermedad mental de la idea de trastorno de la personalidad, entendida aquí personalidad como la referencia de las variaciones de una normalidad, cuya existencia queda en el terreno de una hipótesis necesaria en lo que se refiere a lo mental, lo que ha comportado a su vez, la sustitución ya definitiva de la idea de “enfermedad mental” por la de “trastorno mental”. Es decir, la enfermedad mental ya no queda definida como la negación de la Salud mental, o la Salud mental ya no es la negación de la enfermedad mental, sino que entre salud mental y enfermedad mental se establece un continuo en el que cabe situar al paciente como más enfermo o más sano, como más próximo a la anormalidad o más próximo a una supuesta normalidad [9].
Esta es la referencia de multitud de test con los que se pretende medir la efectividad de las medicaciones psiquiátricas, incluso de los tratamientos psi en general por lo que nos hallamos frente a las coordenadas en las que se funda la pretendida evaluación en el campo de lo mental, psicoanálisis incluido.
Citaré a título de ejemplo un comentario escuchado en un congreso de psiquiatría. Un psiquiatra americano, Jan Scott para citarlo por su nombre, fue convocado como experto a dicho congreso, es decir, como un representante del amo del saber psiquiátrico. Dicho psiquiatra comentaba que en su sala de espera tenía fotocopiado un test cuyo nombre no recuerdo ahora, y que instruía a sus pacientes para que en el tiempo de espera rellenaran un ejemplar. Una vez en la consulta, dicho psiquiatra afirmaba que se limitaba a leer las respuestas del paciente para, a partir de ellas, ajustar la medicación y dar una nueva cita. Aunque no lo dijo, cabe pensar que la práctica de dicho psiquiatra se ubicaba en esta idea de continuum que supone la noción de trastorno.
Ello nos lleva a considerar las consecuencias a nivel biológico de esta escisión, consecuencias que podemos rastrear en la preponderancia que ha adquirido la llamada psiquiatría biológica de la mano de las neurociencias. El origen de esta preponderancia cabe situarlo en el mismo proceso de concepción del DSM III en el que se eliminó por votación democrática la condición de enfermedad de la homosexualidad por presión de los psiquiatras homosexuales; se incluyó como enfermedad el “trastorno de estrés post-combate”, precedente del actual “trastorno de estrés postraumático”, por presión de los ex-combatientes de Vietnam para reclamar a partir de alcanzar su condición de enfermos ayudas sociales; o se difuminó la noción de histeria entre numerosos tipos nosográficos por presión de los movimientos feministas de la época.
Si sitúo aquí el origen es porque, siguiendo este modelo que podríamos llamar de laxitud nosográfica, en 1993, si no recuerdo mal la fecha, el laboratorio Beecham logró que se aceptara la “fobia social” como entidad nosográfica a partir de la afirmación, cimentada en una poderosa campaña de marketing, de que un antidepresivo que había sacado al mercado unos años antes, la Paroxetina, “curaba” los disturbios que determinados sujetos experimentaban en sus relaciones sociales. Es decir, la timidez de toda la vida fue elevada a la condición de entidad nosográfica, de trastorno mental. Tras el éxito de esta campaña otras le han seguido como cabe pensar que sucede con la actual epidemia de TDAH en los niños.
Entonces, para ubicar esta diferencia entre enfermedad y trastorno, podemos entender la enfermedad mental como el aspecto fenoménico de la respuesta del sujeto a su malestar, situando éste como causa sui, mientras que trastorno podemos entenderlo como una alusión a lo inadecuado de la respuesta de un individuo respecto de determinadas contingencias tomadas como causa etiológica y, por tanto, externas al mismo, con lo que dicho sujeto queda definitivamente borrado como causa de su propio malestar.
Ello nos lleva a formular una pregunta: cuando desde la perspectiva del DSM V se pretende psiquiatrizar todos los aspectos de la vida de los ciudadanos, entiéndase a éstos en su acepción de persona jurídica que señalaba al principio, ¿cabe pensar que la industria farmacéutica, en el marco del desierto conceptual en el que se ha metido la psiquiatría, pretenda convertirse en dueña del concepto de Salud mental? Dejo planteada la cuestión, a la que no daré respuestas, aunque a partir de ella podamos intuir ya un marco más preciso para la idea de paz social en relación con el concepto de Salud mental.
Finalmente, y para retomar mi propósito del principio, entiendo que la respuesta que quepa dar al psicoanálisis, como saber y como práctica, cabe situarlo en lo que debería ser la política de apertura del psicoanálisis al debate social, en cuyo contexto cabe situar la serie de los encuentros PIPOL. En cualquier caso, ello pasa por devolver al ciudadano su condición de particular, de persona en el sentido que destacaba en la referencia a Antígona, de devolver al ciudadano su condición de sujeto alejándolo de la premisa de “para todo” que la Salud mental le propone.
Valencia, febrero de 2011
[1] E. Laurent: “Posición del psicoanálisis en el campo de la Salud Mental”, in Psicoanálisis y Salud Mental. Ed. Tres Haches, Buenos Aires, 2000, pág.: 34.
[2] L. F. Celine: Semmelweis. Ed. Gallimard, col L’imaginaire, Paris, 1977.
[3] Cf. M. Schatzman El asesinato del alma. La persecución del niño en la familia autoritaria. Ed. Siglo XXI, Madrid, 1976; pág.: 20.
[4] Vid, por ejemplo, P. Bercherie: Los fundamentos de la clínica. Historia y estructura del saber psiquiátrico, Ed. Manantial, Buenos Aires, 1986, cap.: 11.
[5] R. Álvarez: “Higiene mental y eugenesia”, in Frenia, vol. III, enero 2003, págs..: 115-122.
[6] Op. cit., Amorrortu ed., vol XXI, págs.: 106 y sigs.
[7] J. Vallejo; C. Leal: Tratado de psiquiatría. Ed. Ars médica, Barcelona, 2005, vol. I, pág.: 415.
[8] Th. Millon: Trastornos de la personalidad. Más allá del DSM IV.Ed. Masson, Barcelona, 1998.
[9] Cf. Op. cit., págs. 13-14: “La personalidad existe en un continuum; no es posible una división estricta entre la normalidad y la patología”.
PIPOL NEWS 39 - 01|05|2011
PIPOL NEWS 39 - 1 MAI 2011
"Savez-vous qu'il y a énormément de gens qui sont malades de leur santé, tout justement
de leur santé, je veux dire de leur certitude démesurée d'être des gens normaux"
(Fedor Dostoïevski, Journal d'un écrivain, 1887)
Sommaire
Mathieu Personnic, Val de Loire-Bretagne Vannes / Lorient :
La santé mentale selon la scientologie
Jean-François Lebrun, Mons, Wallonie :
Allons usagers de la santé mentale ! Encore un effort pour être des citoyens !
Les pavés du Passage Marguerite Yourcenar non loin du "Square" (Photo : E.C.)
La santé mentale selon la scientologie
Mathieu Personnic
Sur la toile circule un petit film, muet, au format publicitaire. Des enfants et des adolescents, renfrognés sous un éclairage blafard, portent le même tee-shirt blanc. Sur ces tee-shirts, une étiquette, sur laquelle est inscrite un diagnostic tiré du DSM. Une musique entraînante démarre, l’éclairage se fait plus chaud, et dans ces rassurantes teintes orangées, chaque enfant, retrouvant le sourire, retire son étiquette, révélant ainsi ce qui est écrit dessous1.
Sous l’étiquette « troubles oppositionnels avec provocation » il est inscrit « leader », sous l’étiquette « troubles de la personnalité », il est inscrit « philosophe », sous « troubles déficitaires de l’attention » est écrit « inventeur », sous « troubles bipolaires », « artiste » … et ainsi de suite jusqu’au plus jeune qui arrache son étiquette « hyperactif » pour révéler le mot « enfant ». Tout ce petit monde s’anime, retrouve le sourire. Le clip s’achève par « Let them choose their own labels. Stop psychiatric labelling of kids ». L’initiative semble tout d’abord sympathique, puis on se demande : l’étiquette, elle, on pouvait la décoller. Qu’en est-il en revanche de l’inscription qu’elle révèle ? Imprimée, n’est-elle pas, à la différence de la précédente, ineffaçable ? L’aliénation signifiante ici figurée n’en est-elle pas plus radicale encore ? Sous un label un autre label, ce dernier insubstituable. Il s’entretien l’illusion que, du vivant, tout doit pouvoir s’écrire sur le même tee-shirt blanc.
La pseudo-singularité mise en avant dans cette vidéo n’est pas sans évoquer cette foule, filmée par les Monty Pythons, qui s’exclame d’une seule et unique voix : « We are all individuals ! ».
Ce petit film émane de la CCHR, Citizen Commission on Human Rights, fondée en 1969 par l’Eglise de Scientologie. Elle a pour équivalent français la CCDH, Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme. Elle se propose de dénoncer les profits générés par le commerce des psychotropes, milite « pour qu’enfin la responsabilité pénale des psychiatres soit examinée en cas de crime commis par des personnes suivies en psychiatrie ou sous traitement psychiatrique », dénonce « l’incompétence de la psychiatrie », ses multiples « atteintes aux droits de l’homme » – au sujet desquels elle lance des appels à témoins.
Pourtant, rejetant la psychiatrie, la scientologie prétend bien avoir son mot à dire sur la Santé Mentale. En 1950, L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie, présente la dianétique, son ouvrage princeps, comme « la science moderne de la santé mentale »2. La publication de ce best seller suit de deux ans la création de l’OMS et sa définition de la santé : « Health is a state of complete physical, mental and social well-being and not merely the absence of disease or infirmity »3.
Alors que la psychiatrie allait peu à peu mettre la notion de Santé Mentale au premier plan, la scientologie allait développer une vision de celle-ci où les psychiatres n’ont pas le beau rôle :
Les brochures d’informations consultables sur le site français de la CCDH ont pour titre : « Viols en psychiatrie », « Abus psychiatriques sur les personnes âgées », « schizophrénie, une maladie qui rapporte à la psychiatrie », « psychiatrie, un secteur corrompu », « la création du racisme », « quand le danger psychiatrique se rapproche de vous : les traitements sous contraintes » …
On nous y informe que : « Les sans-abris qui font des grimaces et parlent tout seul dans la rue sont un exemple des symptômes provoqués par les psychotropes », « entre 10 et 25% des praticiens de santé mentales abusent sexuellement de leur patients » en utilisant la sismothérapie pour en effacer les souvenirs chez les victimes… Autant d’affirmations appuyées par des sources telles que « selon une estimation … », « une étude dans un pays a démontré que … », et des références telles que le « psychologue »Sigmund Freud, ou le psychiatre « Edwin »Kraepelin 4…
S’y déploie une atmosphère complotiste situant clairement l’institution psychiatrique, mais aussi toutes les pratiques liées à la psychologie ou à la psychanalyse du côté d’un Autre jouisseur et malfaisant présenté de façon indifférenciée comme LA psychiatrie, une et indivisible.
La scientologie se présente tout d’abord comme une alternative à la psychiatrie, une technique de développement personnel. Elle propose des tests gratuits, notamment le « Oxford Capacity Analysis » (précisons qu’en dépit de son intitulé l’université d’Oxford n’a en rien participé à son élaboration). Ce test constitue une porte d’entrée fréquente pour le futur adepte, et peut être proposés aux passants dans la rue, ou rempli en ligne. Le testé reçoit des résultats chiffrés, et une invitation à aller les faire interpréter au centre de test le plus proche, avec la promesse qu’il ne s’agit pas d’un test psychologique, et que celui-ci ne sera pas évalué par un psychologue.
Il comporte deux-cent questions, parmi lesquelles « Vous sentez-vous souvent déprimé(e) ? Méditez-vous fréquemment sur la mort, la maladie, la douleur ou sur des chagrins ? Arrive-t-il que, sans raison apparente, vous ayez des périodes de tristesse et de dépression ? Les autres considèrent-ils vos actions comme imprévisibles ? Vous arrive-t-il d’être exceptionnellement actif(ve) pendant des périodes de plusieurs jours ?», … Certaines mettent singulièrement l’accent sur l’existence, pour le badaud testé, d’un Autre malveillant et persécuteur : « Votre vie est-elle une lutte constante pour la survie ? Considérez-vous qu’il y a des gens qui vous sont résolument hostiles et qui agissent contre vous ? Est-ce que les autres vous bousculent et vous briment ? ». Difficile de négliger ici quelle perche est tendue au sujet psychotique, d’autant que le test semble traquer également d’éventuels phénomènes cénesthopathiques (« Avez-vous parfois des tressaillements musculaires, sans qu’il n’y ait aucune raison logique à cela ? »), hallucinatoires (« Vous arrive-t-il d’être dérangé(e) par le bruit du vent ou par des craquements dans la maison ? ») de signification personnelle (« En écoutant une conférence, vous arrive-t-il d’avoir le sentiment que c’est de vous que l’orateur est en train de parler ? Avez-vous fréquemment la sensation que les gens vous regardent ou parlent de vous quand vous avez le dos tourné ? »)5…
Ce test est structurellement analogue à nombre de tests psychologiques. Il donne lieu comme tel à une analyse quantitative de la personnalité selon dix axes, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler le classique « Big Five » du psychologue Lewis Goldberg6. Sur chaque axe les résultats se chiffrent entre « Normal », « Unacceptable State », et « Desirable State ».
La passation de ces tests débouche sur la pratique de l’ « auditing » où, à l’aide d’un « electromètre », sont détectés les « engrammes » dont le sujet est supposé souffrir. Les « engrammes » sont d’abord présentés comme des traumatismes, des souvenirs déplaisants dont il s’agit de se libérer. Ils peuvent provenir de l’enfance, comme d’expériences vécues dans des vies antérieures... Mais ce n’est que lorsque le sectateur atteint un certain grade qu’il lui est permis de traverser le « Wall of Fire », c'est-à-dire de prendre connaissance des vérités dernière de la doctrine. Celles-ci permettent de saisir un peu mieux les sources du caractère persécuteur des psychiatres :
Ces vérités dernières se trouvent dans des documents rendus publics par la justice américaine en 1985,7 et dont une thèse récente pointe le caractère central dans le système d’Hubbard8 :
Il y a 75 millions d’année, Xenu, dictateur d’une confédération intergalactique composée de 26 étoiles et 76 planètes, décida de régler le problème de la surpopulation (chaque planète, dont la Terre, baptisée alors « Teegeeack », comptait en moyenne 178 milliards d’individus) en massacrant ses concitoyens. Il fit pour cela appel à des psychiatres, qui après avoir attirés les malheureux sous le fallacieux prétexte d’une inspection fiscale, les firent prisonniers. Des vaisseaux spatiaux transportèrent les infortunés sur la Terre pour qu’ils y soient précipités dans des volcans.
Ceci fait, Xenu mit en place un « ruban électronique » pour capturer les âmes extra-terrestres, baptisées théthans, qui s’envolaient vers les cieux – il faut croire qu’une âme, fut-elle martienne, s’envole nécessairement au trépas du corps qui l’abrite. Ces âmes donc, une fois capturées, furent soumises à des « projections d’images tridimensionnelle » qui implantèrent en elles des idées fausses, sources de nos actuelles religions, comme de nos névroses. C’est cet implant, l’implant dit « R6 », qui est à l’origine des fameux « engrammes » chez l’homme.
Car en effet, une fois libérés par les psychiatres, les Thétans se sont trouvés dans une telle confusion qu’ils ont perdus la capacité de se différencier les uns des autres, et ont commencé à s’agglomérer, à fusionner, pour cohabiter par paquets dans les organismes des hommes. Aujourd’hui encore, ils ne nous auraient pas quittés. La scientologie viserait donc à se purger des ces âmes, qui ont importés chez l’homme les « engrammes », responsables de comportement aberrants et de croyances fausses.
Les termes même d’engramme,d’implant, témoignent de l’intuition, que la psychose confère parfois au sujet, du parasitage de l’être parlant par le langage, de sa prise sur le corps. Lacan écrit en 1976 : « C’est bien en quoi ce que l’on appelle un malade va parfois plus loin que ce que l’on appelle un homme bien portant. La question est plutôt de savoir pourquoi un homme normal, dit normal, ne s’aperçoit pas que la parole est un parasite, que la parole est un placage, que la parole est la forme de cancer dont l’être humain est affligé »9.
Les thétans figurent ce parasitage qui s’origine de l’aliénation du sujet au signifiant, figuration par « l’alien », au sens que lui donne la culture populaire et la science-fiction. Ces âmes d’aliens assassinées évoquent une version délirante de la cadavérisation, dévitalisation du corps par le langage que Lacan qualifiait, jouant de l’équivoque translinguistique, de « corpsification »10. A l’heure où le discours de la science prétend évincer la dimension du signifiant, la scientologie donne une version de son retour dans le réel.
Reprenant les outils de la psychologie avec laquelle elle prétend rompre, l’ire scientologue à l’encontre des psychiatres se nourrit de la réponse ségrégative que ce que l’on nomme aujourd’hui psychiatrie, bien différente de cette psychiatrie classique dont la psychanalyse est orpheline11, offre actuellement au symptôme. Elle dénonce la création infinie de nouveaux troubles mentaux par les DSM, mais elle le fait au nom de la Santé Mentale, qui n’est nullement mise en question. Une « réponse du berger à la bergère »12, en miroir.
La dissolution de la clinique psychiatrique classique accompagne la progression dans le champ social de cette notion de Santé Mentale, qui oppose à la singularité du cas un idéal de bien-être universalisant. La nouvelle clinique psychiatrique prône un a-théorisme voilant le fanatisme pseudo-scientifique du chiffre13. A cette fiction de science, la scientologie oppose un imaginaire de science-fiction, sans toutefois s’excepter de ce fanatisme du chiffre, de la mesure, comme en témoigne l’utilisation des tests et de « l’électromètre ». Elle est de son temps : celui de l’évaluation généralisée.
Depuis 1948 la Santé Mentale est définie par l’OMS comme un état de complet bien-être bio-psycho-social. Elle ne peut donc se saisir, comme le remarquent Eric Taillandier et Ariane Oger, que par le repérage « d’indice positif de présence du bonheur »14. N’est-elle donc pas, par définition, un « desirable state », pour reprendre la terminologie du test OCA ? La scientologie, comme son succès l’atteste, s’avère bel et bien en parfaite conformité avec l’idéal contemporain de la Santé Mentale dont elle révèle, pour le clinicien orienté par la psychanalyse, la dimension surmoïque et son impératif de jouissance. « Vœu de guérir, vœu de jouir »15, écrivait déjà Michelet à propos des pratiques de sorcellerie. Aujourd’hui, il n’est plus besoin d’attendre d’être malade pour avoir le devoir de guérir.
La Santé Mentale, qu’elle soit celle de l’OMS ou celle de la Scientologie, s’appuie toujours sur l’illusion que l’on doit pouvoir jouir sans l’entrave de cet encombrant parasite que constitue le langage. Elle suppose de négliger que « l'être de l'homme, non seulement ne peut être compris sans la folie, mais ne serait pas l'être de l'homme s'il ne portait en lui la folie comme la limite de sa liberté »16. La psychanalyse propose au sujet de savoir y faire avec le réel singulier auquel, lui, et lui seul, se cogne.
(1) http://www.youtube.com/watch?v=Wv49RFo1ckQ
(2) HUBBARD, Lafayette Ron, Dianetics, the modern science of mental health, Bridge Publications 2002
(3) Preamble to the Constitution of the World Health Organization as adopted by the International Health Conference, New York, 19-22 June, 1946, entrée en vigueur le 7 avril 1948
(4) http://ccdh.asso.fr/Brochures-d-information-disponibles-aupres-de-la-CCDH_a34.html
(5) http://www.test-personnalite-oca.com/
(6) GOLDBERG, Lewis, The Structure of phenotypic personality traits, American Psychologist n°48, Janvier 1993. Les variables Openness, Conscientiousness, Extraversion, Agreeableness etNeuroticism se voient remplacés dans le test OCA par « Stable », « happy », « composed », « certainty », « active », « agressive », « responsible », « correct estimation », « correct estimation », « communication level » et « appreciative ».
(7) SAPPEL, Joel, WELKOS, Robert W., Scientologists Block Access To Secret Documents: 1,500 crowd into courthouse to protect materials on fundamental beliefs, Los Angeles Times, November 5, 1985
(8) LAMOTE, Thierry, L Ron Hubbard, portrait de l’artiste en paranoïaque : psychose et phénomène sectaire, Thèse de doctorat, université Paris 7
(9) LACAN, Jacques, Le séminaire, livre XXIII : Le sinthome, Champ Freudien, Seuil, p95
(10) LACAN, Jacques, Radiophonie, in « Autres Ecrits », Champ Freudien, Seuil 2001, p409
(11) MATET, Jean-Daniel,La psychanalyse orpheline de la psychiatrie, La Cause Freudienne n°60, Navarin éditeur, Juin 2005, pp9-16
(12) LACAN, Jacques, Le séminaire, livre III : Les psychoses, Champ Freudien, Seuil, p60
(13) MILLER, Jacques-Alain, Interview au journal « Libération », « Le fanatisme du chiffre, ce n’est pas la science, c’en est la grimace. »
(14) TAILLANDIER, Eric, OGER, Ariane, La santé psychique, c’est pas automatique, Brochure de présentation à la journée préparatoire à PIPOL V, Bureau de Rennes de l’ACF-VLB
(15) MICHELET, Jules, La Sorcière, (1862), Garnier-Flammarion, Paris 1966, p107
(16) LACAN, Jacques, Propos sur la causalité psychique, in « Ecrits », Seuil, p176
Allons usagers de la santé mentale ! Encore un effort pour être des citoyens !
Jean-françois Lebrun
Une réforme des soins de ladite santé mentale, à la faveur des avatars du feuilleton politico-institutionnel du Royaume de Belgique, d’année en année, fort heureusement se rendormait. Pour le secteur hôpitaux et de l’extrahospitalier, voici venu le temps de l’application : la loi 107.
Lutter contrela stigmatisation, diminuer les hospitalisations, orienter les soins vers la communauté, dédramatiser: autant d’expressions qui émaillent les textes et déclarations de cette réforme. Voilà qui ne laisse pas de nous évoquer l’antipsychiatrie de naguère, avec sa triple négation : de la maladie mentale, de l’institution (l’hôpital) et du traitement (le médicament). On attaquait l’asile, on critiquait l’enfermement, on criait à la répression de la déviance. Mais laissons-là le romantisme antipsychiatrique et ses aventures inconsidérées. Du moins conférait-il à la folie un statut central dans l’expérience humaine.
La présence de ces thèmes vient légitimer d’une aura de progressisme l’ardeur réformatrice des sociomanes à l’origine de ces projets. Or, c’est plutôt une entreprise de naturalisation du comportement humain qui les guide, amenée dans les fourgonnettes du DSM. Ainsi avons-nous affaire à une triple affirmation: d’une maladie mentale généralisée (tous malades), d’une institution généralisée (étendue à tout le champ social) et d’un traitement généralisé.
C’est que l’impératif gestionnaire de baisse des coûts de la Sécu se profile : savez-vous, s’inquiète le KCE (1), qu’un lit psychiatrique T (t comme traitement) coûte à la collectivité 4500 Euros par mois ? Savez-vous qu’un tiers des arrêts de travail de longue durée est lié à un dysfonctionnement mental ? Face à un mental qui ne fonctionne pas bien, l’Enquête de santé par interview -2008 préconise une stratégie de santé mentale publique (2) soit ce que Jean-Claude Milner identifie comme une stratégie visant à « étendre la sphère du public de telle façon que la sphère du privé y soit entièrement absorbée ». (3)
Un argument bétonné, il y a trop d’hôpitaux psychiatriques, proclame convulsivement l’OMS depuis des années. Figurez-vous, - horreur !- que la Belgique arrive même en deuxième place, par ordre d’importance, avec 152 lits pour 100.000 habitants, juste derrière l’Etat de Malte ! (4)
Héraut de la réforme un « Guide vers de meilleurs soins en santé mentale »(5) circule dans les quatre communautés belges : bruxelloise, néerlandophone, wallonne et germanophone. Dans sa pédante phraséologie technocratique, il expose les principaux axes du changement. Plus injonctive est la novlangue à la pauvreté sémantique déroutante du Powerpoint qui l’accompagne : réinsérer ! Retourne à ta place !
En vain y cherchera t - on la moindre élaboration de la notion de soin, et pas davantage quant à celle de santé mentale ou de ce bien-être si cher à l’OMS . On y trouvera par contre un recours fréquent à l’offre de soins appelée à être optimalisée, à trouver une meilleure adéquation à la demande et aux besoins en la matière, sans qu’il soit jamais fait état de la nature langagière de ces notions - l’offre, la demande - ni que le besoin, pour s’exprimer, en passe par les défilés de la parole. Nous sommes là aux antipodes de ce qu’il en est de « l’être qui de sa nature parle ». La réforme en appelle à une vaste collaboration entre tous les services : hospitaliers et extra-hospitaliers, ambulatoires, de consultation, de jour, d’orientation, d’aide à domicile, de réhabilitation etc. Elle s’oriente vers la mise en place de réseaux, et de circuits, au volet procédurier largement élaboré. Ainsi, la bienveillance du Maître va étendre sur chaque patient psychiatrique un grand filet de communication, de liaison, de coordination, afin de définir, non sans son consentement d’ailleurs, un plan de soin et une trajectoire de soin.
Aux hôpitaux, il est demandé « d’implémenter » (sic) l’article 107 de la loi : en clair, il leur appartient de supprimer des lits pour reconvertir les moyens ainsi dégagés en termes de traitement à domicile: une « offre mobile, avec intervention immédiate et intensive pour les situations aigües ». Il est à noter que les signifiants hôpital et hospitalisation tendent à disparaître du jargon au profit de résidence et traitement résidentiel : pas beau l’hôpital ! Exit l’hospitalité !
Il s’agit d’intensifier « les soins résidentiels spécialisés », de « délivrer une observation et un traitement résidentiels spécifiques et intensifs en mettant l’accent sur les soins aigus, …, sur la prise en charge intensive »(6) On insiste sur la « courte durée », sur la nécessité « d’écourter au maximum le séjour résidentiel » et de « filtres à l’admission » (non, tu n’en as pas vraiment besoin). A votre avis, qu’est- ce qui est intense, spécifique, aigu et bref ? Facile : une piqûre de Risperdal !
Il ne fait aucun doute que ces mesures, d’abord encouragées, deviendront de plus en plus contraignantes au fil du temps. Dans une phase ultérieure, viendront les évaluateurs, qui relèveront les pratiques evidence-based.
Or, les patients hospitalisés, c’est notre expérience clinique, relèvent presque toujours de la psychose, déclarée ou ordinaire. Quotidiennement se vérifie la valeur de l’asile : on vient se mettre à l’abri de l’Autre, ou de la jouissance. L’institution peut présentifier un Autre réglé, et le clinicien lacanien intervient dans ce champ. C’est de la parole qu’il fait offre, certains en redemandent. Posant la dialectique de l’Un et de l’Autre, Jacques-Alain Miller aborde l’automatisme mental, la psychose : « …c’est un plongement de l’Autre dans l’UN où la multiplicité des langues se met à foisonner, où les pensées trouvent un écho …A cet égard, la psychose tient à l’Un sans l’Autre, elle tient à l’Un qui a absorbé le chaos du discours universel et qui le ressent, le vit en son intérieur. »(7)
Il y a donc à soutenir le sujet psychotique dans ses tentatives de mise à distance de l’Autre : pour que l’Autre lui foute la paix. L’abri de l’hôpital trouve là sa justification : là peut commencer un travail de séparation. Le projet de réforme vise précisément à maintenir le sujet dans son milieu de vie où dans sa famille, soit à maintenir l’intrusion de l’Autre.
Dans le texte intitulé « La psychiatrie anglaise et la guerre » Lacan apercevait « la condition de toute cure rationnelle des troubles mentaux dans la création d’une néo-société, où le malade maintienne ou restaure un échange humain, dont la disparition à elle seule double la tare de la maladie. » (8)
On peut prévoir que le zèle de certains praticiens hospitaliers, certains chefs de service, va contribuer à écourter insensiblement et à intensifier les séjours. Comment faire entendre que le sujet de la parole se trouve bien encombré d’une jouissance qui ne convient pas. Ils y restent sourds, tout occupés qu’ils sont à se suicider pour renaître tels des laquais des officines pharmaceutiques.
Une pratique de contractualisation de l’hospitalisation se répand d’ailleurs, dirigée d’abord vers les patients dits border line, consommateurs de drogues ou susceptibles de passages à l’acte. Eclairons-nous de Jacques-Alain Miller : « Le contrat est finalement un effort pour donner statut symbolique au stade du miroir » (9) Ceux-là même qui méconnaissent le signifiant et la jouissance, réduits qu’ils sont à la fonction de prescripteur, s’enferment dans une relation imaginaire avec le patient hospitalisé.
Par suite, dans le vain espoir d’annuler l’incalculable du sujet, ils en viennent à passer contrat, toujours léonin bien sûr : contrat de durée du séjour (sans quoi tu vas te chronifier), contrat de moralisation (bonne conduite), contrat sur le symptôme (pas de passage à l’acte ou c’est la porte), contrat de programme (tu dois aller aux activités). C’est l’axe a-a’ qui prévaut : le patient est manipulateur, il fait du chantage, il met en échec, il vient faire ici son supermarché, pire encore : il se croit au club méditerranée. Le comble est atteint lorsque le psychotique ne demande pas.
Dans ces interventions à domicile, l’autre bienveillant ira frapper à la porte du patient, pour lui donner sa piqûre et vérifier qu’il fait les gestes quotidiens. On lui dépêchera des spécialistes pour délivrer des soins spécifiques et intensifs : on le dissuadera de l’agoraphobie, on le rééduquera de ses TOC, voire de sa trichotillomanie … Voilà de quoi protéger les observateurs de toute angoisse face au réel du symptôme.
Un des modèles mis en exergue pour l’application de la réforme est celui de Lille et de sa psychiatrie dite citoyenne. Un document présente cette dernière. Dans sa « lutte contre les troubles mentaux », cette expérience inscrit victorieusement à son palmarès pour 2009, sur les 360 admissions à l’hôpital (soit 225 patients), une durée moyenne de séjour de 7 ,7 jours globalement, et par patient, une durée moyenne de 12 jours. « Nous avons tout fait depuis trente ans pour intégrer la psychiatrie dans le champ de la médecine, et la santé mentale dans celui de la santé. La santé mentale devient l’affaire de tous.» (10)
Actualité de Lacan : « La psychiatrie rentre dans la médecine générale sur la base de ceci que la médecine générale entre elle-même entièrement dans le dynamisme pharmaceutique» (11).
Allons citoyens ! Encore un effort pour être des usagers de la santé mentale !
(1)Centre fédérale d’expertise des soins de santé, www.kce.fgov.be
(2)Institut scientifique de la santé publique, Enquête de santé par interview -2008, www.iph.fgov.be/epidemio/epifr
(3) Jacques-Alain Miller et Jean-Claude Milner, Voulez-vous être évalués ? Paris ; Grasset, 2004, p.71.
(4)OMS, Policies and practices for Mental Health in Europe – Meeting the Challenges, 2008.
(5) Guide vers de meilleurs soins en santé mentale, www.psy107.be
(6) idem, p.11.
(7) Jacques-Alain Miller, Distance et disance, L’orientation lacanienne, le 21 mars 2007.
(8) Jacques Lacan, Autres Ecrits, Paris, Seuil,2001, p.111.
(9) Jacques-Alain Miller et Jean-Claude Milner, op. cit. p.22.
(10) Un service de psychiatrie au cœur de la cité –La psychiatrie citoyenne de la banlieue sud-est de Lille. www.epsm-Lille-metropole.fr, p.6.
(11) Jacques Lacan, « Petit discours aux psychiatres », conférence inédite du 10 novembre 1967.
PIPOL NEWS 38 - 26|04|2011
PIPOL NEWS 38 - 26 AVRIL 2011
Tout ce que tu as toujours voulu savoir de PIPOL 5.
La commission d'organisation dévoile (presque) tout.
Sommaire

L’adresse
Le congrès aura lieuau centre de Bruxelles, au « SQUARE : Brussels Meeting Centre », Mont des Arts, 1000 Bruxelles. Pour ceux qui ont connu le congrès de l’AMP à Bruxelles en l’an 2002, il s’agit du même lieu, nommé à l’époque « Palais des congrès ». Il est aujourd’hui complètement transformé, à la pointe de l’architecture et de la technique contemporaines.

Points de repères proches : la Bibliothèque Royale (L’Albertine), le Palais des Beaux Arts (BOZAR), la gare centrale. Vous ne pouvez pas rater le cube en verre de l’entrée.
Le cube en verre (Photo : E.C.)
Les inscriptions
Compte tenu de la qualité des travaux qui ont été envoyés pour les séances simultanées du samedi 2 juillet, nous avons décidé de louer deux petites salles supplémentaires. Par conséquent, nous avons augmenté le nombre d’inscrits possibles de 1400 à 1584. Il reste actuellement 223 places disponibles. Dans tous les cas, les inscriptions seront clôturées le 31 mai. Il n’y aura pas d’inscriptions sur place.
Inscriptions : http://www.europsychoanalysis.eu/events/listing/fr/
Logement
Les informations concernant les hôtels se trouvent facilement sur le site de l’EuroFédération de Psychanalyse : http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/fr
Pour accéder directement à ces informations, cliquez sur le lien : http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/fr/21/fr/htels/
Délégations européennes
Le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles a eu la gentillesse d’ouvrir les portes de l’Hôtel de Ville à quelques délégations de l’EuroFédération de Psychanalyse le vendredi 1er juillet, à la veille du Congrès, pour un verre de l’amitié. La capacité de la salle de réception de l’Hôtel de Ville ne permet malheureusement pas d’inviter tous les congressistes à cette soirée. Les responsables des régions de l’Eurofédération, les membres des Conseils des Ecoles et d’autres collègues qui ont participé à l’organisation de PIPOL 5 et à l’élaboration de son thème ont reçu, ou recevront prochainement, une lettre d’invitation personnelle. Lors de cet événement cérémonial, nous tâcherons de représenter de la meilleure façon qui soit la psychanalyse d’orientation lacanienne auprès des instances de la Capitale de l’Europe.
La soirée de samedi 2 juillet
Dite aussi : « Soirée T-shirt » ou « La Kermesse de PIPOL 5 »
La soirée aura lieu à partir de 20h au « MOOF », 32 Blvd Auguste Reyers, 1030 Bruxelles (« ça va moofer » disent les organisateurs de cette soirée). Que du pur belge : figurines de bandes dessinées sur les murs, bonne bouffe, musique folk, danses aux sons de la « Fanfare détournée » (des « dingues » venant de la ville de Tournai) et pour finir, soirée dansante animée par un DJ. Pour plus d’informations, lisez PIPOL NEWS, info 8 du 31 mars 2011.
Prix de la soirée : 40€
Inscription (places limitées) : http://www.europsychoanalysis.eu/events/view/fr/4/
Horaires
Vendredi 1er juillet :
17h-20h : retrait des dossiers personnels au SQUARE (Mont des Arts) dans le cube en verre. (Pour ceux qui n’arrivent pas le vendredi, il sera possible de retirer les dossiers le samedi matin, à 9h).
Samedi 2 juillet :
Accueil : à partir de 9 h.
Début des travaux : 10 h.
Fin des travaux : 18 h.
Dimanche 3 juillet :
Début des travaux : 8h45
Fin des travaux : 17h15
Programme
Samedi
La journée toute entière sera consacrée aux fameuses « Simultanées de PIPOL 5 ». Celles-ci sont conçues comme une fête clinique, une foire, dans laquelle des praticiens, orientés par la psychanalyse lacanienne, mettront de leur chair pour montrer que la clinique psy n’est pas une application de « guidelines » et de manuels.
120 travaux seront présentés, 2 par 2, dans 10 salles simultanées, selon la formule : 2 travaux de 15 minutes et un débat d’une demi-heure par séquence d’une heure. La capacité des salles varie entre 500 places pour la plus grande salle et 88 places pour la plus petite. Une traduction simultanée professionnelle sera assurée uniquement dans les grandes salles. Les congressistes n’auront pas un accès libre aux salles selon leur choix. Une salle leur sera attribuée selon les langues qu’ils connaissent tel qu’ils l’ont précisé sur le bulletin d’inscription. En revanche, aucun congressiste ne restera toute la journée dans la même salle. Si le matin il se trouvera dans une petite salle sans traduction simultanée (mais avec des travaux dans la ou les langues qu’il connaît), l’après midi il se trouvera dans une grande salle avec traduction simultanée, et vice versa. Des indications plus précises sur cette organisation complexe et minutieuses seront diffusées plus tard.
Dimanche
Journée épistémique et politique. Quelques collègues présenteront les résultats de leur recherche sur la psychiatrie aujourd’hui, sur la santé mentale dans une société hypermoderne, et sur la politique de l’OMS et de l’Europe en matière de santé mentale.
Deux invités, lecteurs de Lacan, vont nous honorer de leur présence et apporteront leur contribution au débat :
Le professeur Francis Wolff, philosophe, de l’Ecole normale supérieure dont le dernier livre s’intitule « Notre humanité : D’Aristote aux neurosciences ». Il interviendra sous le titre : « La santé mentale à la lumière des représentations contemporaines de l’homme ».
Le professeur Davide Tarizzo, philosophe de l’université de Salerno, et co-directeur du programme de philosophie politique à l’Institut des sciences humaines à Naples. Il interviendra sous le titre : « Biopolitique et santé mentale ».
La journée des plénières se clôturera par une intervention de Jacques-Alain Miller, dont le titre est à préciser.
Silence
Pour le moment, la commission d’organisation garde sous silence les autres surprises qu’elle réserve pour cet événement.
Alles wat U altijd al wou weten over PIPOL V (maar niet durfde vragen)
De organisatiecommissie laat in haar kaarten kijken

Waar
Het congres grijpt plaats in hartje Brussel, in het « SQUARE Brussels Meeting Centre », Kunstberg, 1000 Brussel. Wie het AMP-congres 2002 meemaakte : het gaat over dezelfde plek, toen nog ‘het Congrespaleis’. Heden is dat dus volledig getransformeerd, tot een pareltje van hedendaagse architectuur en techniek.

Het bevindt zich in de buurt van de Albertinabibliotheek, het Paleis voor Schone Kunsten (BOZAR), en het Centraal Station. De glazen ingangskubus kan U niet mislopen.
De glazen ingangskubus (Photo : E.C.)
Inschrijven
De kwaliteit van de inzendingen voor de simultane sessies van 2 juli heeft ons doen besluiten om nog twee extra zalen te huren. Het aantal toegelaten deelnemers werd dan ook opgetrokken van 1400 tot 1584. Er blijven momenteel nog 223 plaatsen beschikbaar.
De inschrijvingen worden in elk geval afgesloten op 31 mei. Inschrijven ter plekke is niet mogelijk.
Inschrijven kan dus nog altijd via http://www.europsychoanalysis.eu/events/listing/en/
Logies
Hotels vindt u via http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/en en http://www.europsychoanalysis.eu/site/page/fr/21/fr/htels/
Europese delegaties
De burgemeester van Brussel zal zo vriendelijk zijn om, vrijdag 1 juli, dus op de vooravond van het congres, enkele delegaties van de Eurofederatie voor Psychoanalyse ten Stadhuize te ontvangen, voor een drink. Jammer genoeg kunnen niet alle congresgangers daar binnen. De regionale verantwoordelijken van de Eurofederatie, de leden van de Raad van Bestuur van de Scholen alsook medewerkers aan de organisatie van PIPOL V zullen daarvoor eerstdaags een persoonlijke uitnodiging ontvangen. Bij die gelegenheid zullen die allemaal samen proberen de lacaniaans georiënteerde psychoanalyse zo goed mogelijk te vertegewoordigen bij de instanties van de hoofdstad van Europa.
Feestavond zaterdag 2 juli, ook ‘t-shirt avond’ of PIPOL V – kermis
Het feest trekt op gang vanaf 20u, in de « MOOF », August Reyerslaan 32, 1030 Brussel. Volgens de organisatoren « zal dat er nogal eens gaan moofen ». Belgischer kan in elk geval al niet : stripfiguren op de muren, goeie kost, folkmuziek, en hup met de beentjes op de tonen van de « Fanfare détournée » (zotskappen, uit Doornik) en daarna op die van een DJ.
- meer info op PIPOL NEWS 8 (31 maart 2011)
- kostprijs : 40€
- inschrijven (plaatsen beperkt !) via http://www.europsychoanalysis.eu/events/view/fr/4/
Timing
vrijdag 1 juli
17u-20u : afhalen inschrijvingsmappen in de SQUARE (glaskubus, Kunstberg)
(dat kan ook op zaterdagmorgen 9u).
Zaterdag 2 juli
Onthaal vanaf 9u
Begin 10u.
Einde 18u.
Zondag 3 juli
Begin 8u45
Einde 17u15
Programma
Zaterdag 2 juli
Heel de dag is gewijd aan de nu al roemruchte simultane sessies PIPOL V – die opgevat zijn als een heus klinisch feest, een foor, waarop mensen uit de praktijk, georiënteerd door de lacaniaanse psychoanalyse, op eigen kosten zullen tonen dat het bij ons geen kwestie kan zijn van het toepassen van guidelines.
Er zullen 120 bijdragen gepresenteerd worden, 2 per 2, in 10 simultane zalen – met telkens 2 bijdragen van 15 minuten én een debat van een half uur per sequentie van één uur. De capaciteit van de zalen varieert van 500 tot 88 plaatsen. Enkel in de grote zalen is simultaanvertaling voorzien. Men krijgt een zaal toegewezen in functie van de talen die men bij de inschrijving als gekend heeft opgegeven. Maar niemand zal de hele dag in dezelfde zaal moeten blijven. Wie ‘s morgens in een zaal zonder simultaanvertaling zat, dus met bijdragen in talen die hij/zij kent, zal ‘s middags in een grote zaal met simultaanvertaling kunnen zitten. En vice versa. Meer info later over deze complexe maar minitieuze organisatie.
Zondag 3 juli
Epistemische én politieke dag. Collega’s presentereen de resultaten van hun onderzoek over de hedendaagse psychiatrie, over de geestelijke gezondheid in een hypermoderne maatschappij, over de politiek van de Wereldgezondheidsorganisatie en Europa op het vlak van de Geestelijke Gezondheidszorg.
We nodigen twee ‘Lacanlezers’ uit tot een bijdrage aan het debat:
- Francis Wolff, filosoof en professor aan de Ecole normale supérieure, auteur van « Notre humanité : D’Aristote aux neurosciences ». Hij zal een bijdrage leveren over « De geestelijke gezondheid in het licht van de hedendaagse voorstellingen van de mens ».
- Davide Tarizzo, filosoof en professor aan de universiteit van Salerno, co-directeur van het programma van politieke filosofie aan het Institut des sciences humaines te Naples. Hij zal een bijdrage leveren over «Biopolitiek en geestelijke gezondheid».
Die dag wordt afgesloten met een interventie van Jacques-Alain Miller. Titel volgt nog.
De stilte
Dat bewaart de organisatiecommissie voorlopig nog over een aantal andere verrassingen …
PIPOL NEWS info 9 - 25|04|2011
PIPOL NEWS - 25 AVRIL 2011 - Info n°9
MENTAL 25
"Psychanalyse, science et scientisme"
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Paiement en ligne

Éditorial
Il y eut débat entre science et psychanalyse, dès sa naissance. Particulièrement sur le caractère de scientificité de cette dernière.
Si, au travers du désir de Freud marqué par son époque et celui de Lacan, la psychanalyse a pu rêver d’être reconnue comme telle, la science ne lui a quasi jamais donné ses lettres de créance. Popper, par sa critique bien connue du rapport de la psychanalyse à la vérité, fut le premier à les lui contester. Le scientisme n’est pas en reste. Il en fait même son cheval de bataille actuel.
Il leur est ici répondu, argumenté, réfuté. Chaque versant y est abordé sans faux-fuyants.
Il était temps de reprendre et d’affronter ce débat en l’élevant à la hauteur et au sérieux épistémiques requis. L’exigence de qualité se devant d’être de la partie.
C’est à quoi ce volume s’attache. Il fera date sur la question.
Les démonstrations et les résultats qui s’y développent surprendront les idées reçues. C’est la science qui s’en trouvera interprétée, dans son rapport au réel. Et le scientisme – au travers son notable représentant contemporain : le neurocognitivisme – démonté comme falsification du réel.
Il s’y prouvera que si science et psychanalyse s’articulent, ce n’est qu’au sens où la science est condition d’émergence nécessaire de la psychanalyse. Que rêver d’une synthèse possible revient à nier ce réel sans loi, qui dans la science fait retour par l’angoisse du scientifique. Que la psychanalyse occupe dès lors la place de vérité de la science. Qu’en ce sens, Lacan invite plus que jamais la psychanalyse – et les psychanalystes – à ek-sister par rapport à la science.
Yves Vanderveken
Sommaire
Éditorial
Psychanalyse et épistémologie
Jacques-Alain Miller La psychanalyse, sa place parmi les sciences
François Regnault La preuve en psychanalyse
Guy Briole L’erreur et le malentendu
Science et psychanalyse
Jacques-Alain Miller Du neurone au nœud
Miquel Bassols « Il n’y a pas de science du réel »
Marco Focchi Le nombre dans la science et dans la psychanalyse
Alfredo Zenoni Un réel post scientifique
Pierre Skriabine La science, le sujet et la psychanalyse
Le savant et l’analyste
Éric Laurent De la scientificité à l’analyse de la position du savant
François Ansermet Éloge de l’incommensurable
Le désir de savoir freudien
Vicente Palomera Notre monnaie
Christiane Alberti Freud et l’occulte
L’EuroFédération de Psychanalyse et Mental
Gil Caroz Sur l’EuroFédération
Yves Vanderveken Mental – Programme
Premier Congrès Européen de Psychanalyse – PIPOL 5
Gil Caroz La santé mentale existe-t-elle ?
Quand il y a de l’analyste chez le clinicien
PIPOL NEWS 37 - 19|04|2011
PIPOL NEWS 37 - 19 AVRIL 2011
"Je me suis inscrit à PIPOL 5 et à la soirée du samedi 2 juillet. J'ai réservé mon hôtel, j'ai acheté mon billet ...
j'espère que je n'ai rien oublié !"
(Un collègue angoissé)
SOMMAIRE
Xavier Esqué, Barcelona : El higienismo de la salud mental y el real de la clínica.
Yves Vanderveken, Bruxelles : La santé mentale, le paradigme de l'homme neuronal et la psychanalyse.
Bibliographie en vue de PIPOL 5 (Français)
Une, parmi les 8700 sortes de bière belge ... (Photo E.C.)
El higienismo de la salud mental y el real de la clínica*
Xavier Esqué
“Desembaracémonos del hombre medio, que no existe. Sólo es una ficción estadística. Existen los individuos, eso es todo. Cuando oigo hablar del hombre de la calle, de encuestas de opinión, de fenómenos de masa y cosas de ese tipo, pienso en todos los pacientes que he visto pasar por el diván en cuarenta años de escucha. Ninguno se parece a otro, ni tiene las mismas fobias, las mismas angustias, la misma manera de relatar, el mismo miedo a no comprender. El hombre medio, ¿qué es eso? ¿Yo, vosotros, mi portero, el Presidente de la República?” (Entrevista a Jacques Lacan por Emilio Granzotto, Le Magazine litteraire nº 428)
Conservar la alegría
La salud mental no tiene nada que ver con el psicoanálisis, para el psicoanálisis la salud mental no existe. Sin embargo, la paradoja es que hay psicoanalistas y practicantes que se orientan con el psicoanálisis trabajando en las instituciones de salud mental. Siempre los ha habido, allí donde sea que el psicoanálisis esté presente hay analistas practicantes en las instituciones, ya sea en Francia, en Bélgica, Italia, Argentina, España, etc. Y desearíamos que hubiera más, lamentamos que no sean más.
Por eso creo que Lacan, en su Acta de Fundación de 1964 (1), hace del psicoanálisis aplicado una de las tres secciones en las que se constituye la Escuela, y anima a que los términos categóricos y las estructuras que él mismo introdujo en la experiencia analítica sean puestos a prueba en el examen clínico, en las definiciones nosográficas y en la posición misma de los proyectos terapéuticos.
No pienso que la apuesta sea caduca.
Los psicoanalistas están llamados a responder por la subjetividad de la época, una época en la que se efectúa la inexistencia del Otro como lugar de regulación del goce. Una época en que las instituciones del estado pierden cada vez más, lo vemos día a día, su función civilizadora.
La paradoja es que el practicante que trabaja en una institución se encuentra, por una parte, separado de los principios que promueve la Salud Mental pero, por otra, su práctica está más que en ningún otro lugar en relación con la sociedad y con el Estado. Esto es algo que interesa al psicoanálisis, Lacan siempre mostró un vivo interés por ello, creo que para contrarrestar la pendiente acomodaticia de los analistas, para evitar que éstos se refugien en una extraterritorialidad mal entendida, alejados de los problemas de civilización, sin darse demasiada cuenta que éstos tienen una fuerte incidencia en la misma práctica del psicoanálisis. A este respecto podemos tomar ejemplo de los Forum en Francia y su gran efecto movilizador, efecto de despertar que este movimiento ha tenido en la misma ECF, y que aquí en la ELP tratamos también de impulsar. Y sin embargo, el psicoanalista, hay que decirlo claramente, “no puede estar al servicio de ninguna finalidad superior a la misma operación analítica” (2). Esta es la cuestión.
Aquí un apunte más personal. He de decir que esta fuerte tensión, por momentos difícil de soportar, es la que también de algún modo le permite a uno seguir “vivo” trabajando en una institución. En definitiva se trata, a partir de lo que Lacan plantea en Televisión (3), de no cargar sobre nuestros hombros la miseria del mundo, simplemente porque nosotros no sabemos cuál es el bien del sujeto. Es decir, que no hay que permitir que nos quiten la alegría. Ello comporta, eventualmente, lidiar con la angustia, una angustia que por ser respuesta de lo real, por la relación determinante que uno tiene con ella también nos orienta. De ahí lo indispensable del análisis para el practicante, así como de la supervisión, del control de la práctica.
Por mi propia experiencia puedo decir también que el secreto está en hacer del psicoanálisis, hacer de la Escuela, la auténtica institución de uno. Así es en lo que a mí respecta, mi deseo siempre ha estado ahí. El compromiso con el pase y las responsabilidades tomadas en la Escuela son prueba de ello.
La salud como derecho y como mercancía
La salud pública y dentro de ella la salud mental, una de las últimas “especialidades” en incorporarse al tren de la ambición científica de la medicina, es underecho. Eso es evidente. Pero lo que a veces no tenemos tan en cuenta es que también es unamercancía. La vertiente derecho salta a la vista, la de mercancía no tanto. Les voy a dar un ejemplo al respecto, algo que es propio de nuestro país. Si prestan atención verán que en la placa de la mayoría de centros de salud, debajo del nombre de la institución puede leerse: “Centro proveedor del Servicio Catalán de la Salud”. El significante “proveedor” indica que el servicio que se presta es tratado como una mercancía. Hemos sido testigos de esta transformación. Con esta transformación los responsables de las instituciones, profesionales médicos, empezaron a ser sustituidos en la dirección por gerentes salidos de las escuelas de administración de empresas, y es a partir de entonces que empezó a instaurarse de forma progresiva la dictadura de la cifra y de la evaluación hasta el punto en el que nos encontramos ahora. La salud, entonces, tiene el mismo tratamiento que una mercancía cualquiera de las que hay en el mercado. A partir de ahí lo fundamental pasa a ser la producción, los costes y el control de calidad.
Los mayores problemas, al tratarse de disciplinas en las que es el ser hablante el que entra en juego, surgen siempre con el control de calidad. La medicina gracias al gran desarrollo de la biotecnología ha conseguido ya, prácticamente, hacer callar al enfermo. Al enfermo ya no se le pide que hable, y si pretende hablar no se lo escucha. Se lo calibra, se lo diagrama, se lo explora, se lo enchufa a máquinas y aparatos cada vez más sofisticados, en fin, se trata de que mantenga la boca cerrada. En el campo de la salud mental se está también en ello, se avanza en esta misma dirección. Aquí es mucho más difícil acabar con la subjetividad, nosotros sabemos incluso que es imposible, pero la industria bio-farmacológica, las neuro-ciencias y las TCC en su delirio homogeneizador tratan de avanzar en su exigencia objetivante con el fin de terminar con el sujeto. El sujeto y su responsabilidad son forcluídos. Al sujeto, al ciudadano, se lo pretende convertir en simple usuario, figura mucho más acorde con la mercantilización de la cosa.
Del lado de la salud como derecho pienso que las posibilidades de operar del psicoanálisis son mayores, el ideal de la salud mental conviene más a las condiciones de posibilidad de introducir y sostener el discurso del inconsciente. Es discurso del amo, en efecto, pero algo más poroso. Por el contrario, la vertiente mercancía impone una serie de requisitos que afectan las propias condiciones de posibilidad de un trabajo en la dimensión subjetiva y, por tanto, del mismo psicoanálisis.
Los practicantes, entonces, deben saber bien dónde está el enemigo, ejerciendo ahí la mayor resistencia y oposición posibles.
Otro importante problema a tener en cuenta a la hora de asegurar la presencia del psicoanálisis en las instituciones es el de la formación de los profesionales de la salud mental. No estar presentes en la Universidad o en las instituciones que participan de la formación de los profesionales es un gran handicap, es una pérdida para la orientación psicoanalítica. La llamada perspectiva psicodinámica está totalmente devaluada en la formación, también queda muy poco de la dimensión humanista que durante años fue característica de una parte importante de la psiquiatría y que acogía con cierto agrado la orientación psicoanalítica. Ahora lo que predomina es una suerte de debilidad mental fruto de un eclecticismo devastador y del dominio de las TCC.
De la miseria a la dignidad
Creo que una de las primeras cosas que hay que tener en cuenta cuando se trabaja en una institución que oferta salud mental es que el lugar desde el que uno escucha también interpreta. Esto significa que el lugar mismo desde el que se opera es un obstáculo para que los síntomas hagan síntoma para el sujeto. Los pacientes se presentan ya con el repertorio de trastornos del comportamiento que el DSM propone. Así ha sido leído por el médico de cabecera y demás agentes de salud, incluso por internet, donde ahora todo el mundo consulta. Es decir, que son los mismos sujetos los que ahora llegan pidiendo cuestionarios, solicitando que se les enseñe relajación y cómo autosugestionarse, esperando recibir además garantías de eficacia. El trastorno, al contrario del síntoma, participa de la objetivación y de la medida universal, por tanto, se supone evaluable. Por otra parte, el trastorno permite al terapeuta, incluso más que al propio paciente, la ilusión de una vuelta a la normalidad, al orden establecido. Esta clínica que no puede ser considerada digna de este nombre no es más que un simple adiestramiento, prescinde de la escucha, prescinde del valor de la palabra.
El problema es que el psicoanálisis es muy poca cosa si no se tiene en cuenta lo que hace síntoma para un sujeto, sin el real del síntoma que el sujeto ha de poner a trabajar. El síntoma firma la particularidad de un sujeto, es una marca de goce y su significación permite revelar su verdad. Sin él la clínica se diluye, se pulveriza. De lo que se trata, entonces, es de pasar de la clínica de la miseria del mundo a la clínica de la dignidad del síntoma.
Otros puntos a tener en cuenta (4):
- La fortaleza de la clínica psicoanalítica sigue siendo decisiva para abordar las nuevas formas de malestar. El psicoanálisis puede aportar a la institución de salud mental la eficacia de su clínica y de sus conceptos y sobretodo su alcance ético. Es un aporte necesario ante la desorientación de los profesionales fruto de la disolución de la clínica estructural psiquiátrica y de la fragmentación causada por el DSM, de cuya letanía de trastornos brota la confusión.
- La clínica del sujeto es competencia del psicoanálisis. Introducir la dimensión subjetiva implica que, más allá del empuje a objetivar con que toda institución procede, aparezca la dimensión singular del sujeto. Se trata de introducir en cada paciente el interés por su singularidad frente la norma de adaptación que los ideales sociales y la institución promueven. Se trata de separar al sujeto del catálogo de soluciones que el Otro social le brinda, ayudándolo a elaborar y a inventar las suyas. La clínica del sujeto conduce a soluciones inéditas, aún en intervenciones breves.
- El real que el psicoanálisis cierne es insoportable para la institución: es por esencia no por accidente, tanto es así que esto vale incluso para la propia institución psicoanalítica. La institución genera inercias y burocracias diversas en forma de programas, protocolos, reglamentaciones, etc., con el objeto de mantenerse a la mayor distancia de lo real. Estas formas de estandarización y de ritualización de la clínica son las que terminan por hacer perder la orientación de los profesionales hasta el punto de que éstos ignoran el porqué de lo que hacen.
- La posición analítica en la institución es subversiva. Pero no se trata de rechazar la institución ni de situarse al margen de ella, esto tan solo produciría rechazo y exclusión. Es subversiva porque descompleta la institución. El analista, al estar atravesado por el deseo de saber, no puede dejar de introducir la inconsistencia del Otro, como tampoco puede dejar de hacer presente el registro de lo imposible, manifestando en acto que el deseo siempre se encuentra más allá de la norma.
Para concluir
El analista, según señala Lacan en La tercera (5), allí donde es llamado está como síntoma, y en tanto tal deberá utilizar el sentido. Deberá, por tanto, hacer un buen uso del sentido, esto es, articularlo a la causa. El uso del sentido en relación a la hiancia de la causa es lo que nos orienta hacia lo real, hacia el fuera de sentido del goce. Los principios del psicoanálisis se fundan en la exigencia de encontrar al sufrimiento humano una “causalidad psíquica”, lo que no es sin la responsabilidad del sujeto, es decir, se trata de introducir la causa en el discurso.
Aquí se hace imprescindible la operación analítica, la subversión necesaria para no quedarse en el lugar estrictamente terapéutico que la institución representa de forma radical. En efecto, en una institución es preciso subvertir desde el interior el lugar que se ofrece. Por esta razón, señala J.-A. Miller, la posición real del analista es un no (6), se trata de no responder.
Esta es la gran paradoja, el practicante en la institución no debe sustraerse a la demanda social y sin embargo debe responder a las finalidades del discurso analítico y a la ética del bien decir. Situarse más allá de la demanda social para que un sujeto pueda encontrarse con la sorpresa del inconsciente, para que pueda encontrarse con los efectos del acto analítico, más allá de una oferta de palabra como tantas otras que habitan las instituciones. Se trata, en fin, de no dejar el inconsciente transferencial, la suposición transferencial de saber, en manos de otras propuestas psi.
Notas:
(1)J. Lacan, Acta de fundación, La Escuela. Textos institucionales de J. Lacan, Escansión Nueva Serie. Ed. Manantial.
(2)J.-A. Miller, Psicoterapia y psicoanálisis, Freudiana nº 10.
(3)J. Lacan, Radiofonía y Televisión, Ed. Anagrama.
(4)Retomo aquí algunos puntos de un artículo propio titulado La puesta en acto de la relidad del inconsciente en la institución, publicado en la Revista Colofón nº 23, Boletín de la Federación Internacional de Bibliotecas del Campo Freudiano.
(5)J. Lacan, La Tercera, Intervenciones y Textos 2, ed. Manatial.
(6)J.-A. Miller, La experiencia de lo real en la cura psicoanalítica, ed. Paidós.
*Intervención en el Seminario “Hacia Pipol V” de la Comunidad de Catalunya de la ELP (Barcelona, 5 de abril de 2011)
La santé mentale, le paradigme de l’homme neuronal et la psychanalyse
Yves Vanderveken
Si PIPOL 5, par la question qu’il pose : « La santé mentale existe-t-elle ? », ne se veut pas nécessairement militant, il porte pourtant une revendication. Citons l’argument : « Nous déplorons les ravages commis au nom de la santé mentale qui nous ont privés de quelques interlocuteurs sérieux. Aussi, nous ne revendiquons pas un consensus, nous revendiquons un débat » – j’ajoute : « une discussion savante ».
Que se passe-t-il avec ce concept de santé mentale ?
Le projet thérapeutico-rééducatif, le vouloir guérir, n’est pas neuf. Tout comme le programme politique, de gestion des masses, est la structure même du discours du maître et de la civilisation, en tant qu’il vise l’adaptation de l’individu aux idéaux d’une société donnée, la constituant par là-même. Ces projets et programmes ne sont pas déterminés, mais trouvent néanmoins nécessairement appui sur un paradigme de conception de l’être humain. Le paradigme actuel de conception de l’être humain à quant à lui radicalement changé. Il est nouveau et n’est pas sans contenir en germe, (parce qu’en pratique, c’est autre chose – nous en sommes la preuve !) une puissance universelle, donc universalisante et universaliste, considérable.
Référons-nous sur cette question à un de ces interlocuteurs sérieux que nous convoquons. Francis Wolff est philosophe et enseigne à l’École normale supérieure à Paris. Il vient de commettre un ouvrage des plus intéressants et recommandables entre tous : « Notre humanité. D’Aristote aux neurosciences »[i]. Il y extrait – ce qui est un parti pris conceptuel qu’on peut discuter, mais intéressant par leur opérativité et leurs connexions permutatives possibles – quatre moments-clés qui constituent une représentation que les hommes se font de leur humanité, déterminant et charriant « leur lot de croyances morales et d’idéologies politiques, d’autant plus puissantes qu’elles semblent soutenues par les certitudes scientifiques de leur époque », comme il s’exprime.
Les quatre figures de représentation que les hommes se font de leur humanité qu’il isole, tout en démontrant que leurs paradigmes peuvent s’additionner, pour une part, et s’exclure, pour d’autres, sont respectivement :
- L’homme en tant qu’ « animal rationnel » – paradigme issu de la philosophie d’Aristote, déterminant une essence de l’homme différente de l’animal, en tant qu’il est capable de raison. Cela le situe à une place éminente, comme occupant le centre du monde et donnera naissance aux sciences naturelles : l’homme, de sa position d’exception, étudiant la nature ;
- L’homme en tant que « substance pensante unie à un corps » – paradigme issu du cogito cartésien : « Je pense, donc je suis », où l’homme se constitue comme se pensant pensant. Cela donnera naissance aux sciences mathématiques ;
- L’ « homme structural », en tant qu’il est assujetti à et déterminé par des structures logiques, économiques, sociales, linguistiques, historiques, subjectives, etc. Il constitue l’homme dans son a-naturalité, comme dé-naturé par les structures qui le déterminent. Cela donnera naissance et déterminera le formidable essor des sciences dites humaines, dont l’apogée se situe au siècle passé, et dans lesquelles Wolff glisse, bien entendu, et à juste titre, la psychanalyse, freudienne et lacanienne.
- Et enfin, quatrième figure, contemporaine, l’ « homme neuronal », où l’essentialisme de l’homme, son statut à part, disparaît pour un retour en force du naturalisme qui le situe au rang « d’un animal comme les autres ». Ce paradigme détermine, alors que cela pourrait sembler s’opposer, tant l’étude et la conception de l’homme comme machine, d’une part, biologique, d’autre part. Il a comme conséquence, entre autres, d’un côté les neurosciences cognitives, jusqu’au développement, d’un autre côté, de l’écologie et du droit de animaux, versant qui préoccupe de façon très intéressante et convaincante Wolff.
Ce qu’il dit de l’opposition entre ce dernier paradigme et la psychanalyse, nous intéresse en tant qu’elle isole, si pas l’enjeu, un des enjeux majeurs qui anime PIPOL 5, l’EuroFédération de Psychanalyse et la question de la santé mentale.
Isolons quelques traits de cette opposition qu’il dessine. Je me réfère largement ici aux pages 128 à 130[ii].
Il développe d’abord le caractère généraliste, totalisant, du paradigme neuronal. « [...] ‘Le programme cognitiviste’, dès lors qu’il a quitté le sol natal de l’informatique et de l’imagerie cérébrale pour entraîner dans son sillage la plupart des ‘sciences de l’homme’, s’est défini d’emblée comme un projet interdisciplinaire entre neurosciences et psychologie, logique formelle, linguistique, etc. L’interdisciplinarité était au principe du modèle, non sa conséquence. Et, comme le paradigme est naturaliste, l’interdisciplinarité est dans ce cas beaucoup plus large encore que celle du structuralisme, qui n’a jamais mobilisé au-delà des sciences humaines : cette fois, il s’agit d’une partie de la linguistique, de la psychologie, de l’anthropologie, mais aussi de l’économie, ainsi que des sciences plus formelles que sont la logique mathématique, l’informatique, la théorie des jeux, les théories de la décision, et également bien sûr, des branches entières des sciences naturelles : neurosciences, paléontologie, biologie de l’évolution, éthologie, etc. »
Il fait ensuite remarquer que si le paradigme cognitiviste rallie moins les « disciplines littéraires », il y a « [...] cependant, du côté des sciences humaines, une exception, une science ‘résistante’ qui, mutatis mutandis joue le [...] rôle de discipline rebelle au modèle : la psychanalyse ».
Et il développe pourquoi : « Les raisons en sont symétriques : les deux figures de l’homme, ou plus précisément de la pensée humaine, sont incompatibles. »
Il déploie : « [...] l’appareil psychique tel que le conçoit la psychanalyse (est) irréductible à l’esprit (mind) tel que le conçoivent les sciences cognitives. L’un est déterminé par des désirs, l’autre constitué par des informations ; l’appareil psychique est sous-tendu par des représentants inconscients des pulsions, l’esprit est constitué par des états mentaux représentant ‘intentionnellement’ des états du monde ; d’un côté on a un sujet divisé, toujours en conflit avec lui-même, d’un autre côté, on a un esprit-cerveau qui est un et le même dans toutes ses opérations ; d’un côté, l’instance déterminante, [...] c’est celle de l’inconscient, d’un autre côté l’instance déterminante est naturelle ou rationnelle. »
C’est à ce point de son développement qu’il précise, que « [...] hormis la psychanalyse, [...] qui refuse d’entrer, sous peine de mort, dans le paradigme cognitiviste, des pans entiers de toutes les autres disciplines humaines et sociales se donnent cet objet unique et identique : la ‘pensée’ considérée ‘en elle-même’, quel qu’en soit le ‘support’, qu’elle soit donc humaine, animale ou artificielle. » – ce qui n’est pas sans l’inquiéter beaucoup par son réductionnisme, même s’il se fait fort de ne pas vouloir se montrer manichéen.
Nous pourrions préciser beaucoup de choses dans ce qu’il dit, mais de manière générale, c’est très pertinent et situe pourquoi et les artistes et l’orientation, l’éthique de la psychanalyse se retrouvent à la pointe d’un combat, disons, contre cette idéologie qui se veut dominante. Cela isole très bien aussi l’incompatibilité foncière des deux éthiques et approches – elles sont antinomiques. Ce qui explique pourquoi la psychanalyse est la cible d’attaques toujours renouvelées et incessantes en discrédit, comme le reste qui résiste, à éradiquer.
On ne donc peut se contenter de ravaler la chose au rang de simple dispute ou divergence intellectualistes, en ce qu’elle emporte deux conceptions de l’humain antinomiques et des enjeux éthiques considérables de traitement du facteur humain, disons. Le doux rêve, porté plus qu’à l’occasion par des psychanalystes eux-mêmes, d’une conciliation, ou plutôt d’une synthèse possible montre ici son prix – et c’est d’autant plus intéressant que c’est ici démontré par un non psychanalyste, ce qui l’exonère de militer pour son statut et ne le rend pas suspect de faux catastrophisme ou de paranoïa démesurée : la mort de la psychanalyse, en général, et de son éthique en particulier.
Tentons de déployer pourquoi, et en quoi, cette opposition traverse et détermine le concept dit de santé mentale qui nous intéresse et en quoi nous devons l’interroger à l’aulne de cette opposition.
Quel rapport, en tant que psychanalyste, entretenons-nous par rapport à cette question de la santé mentale ?
De prime abord, elle est antinomique à la psychanalyse. Pourquoi ?
Parce qu’elle est affaire de bon fonctionnement, de non trouble, de sagesse, de concordance, d’équilibre, d’harmonie, de normes, de soins, de rééducation, dans une visée de disparition, de réduction, de correction du trouble, dont la fin ne peut se déterminer que dans un rapport à une norme, toujours idéale et, disons-le, arbitraire, imposée, soit par le maître, soit par la masse, la moyenne – ce qui tue le désir, en tant qu’il s’écarte de la moyenne justement. La psychanalyse y est antinomique, d’abord parce que loin de s’intéresser à la norme et à ce qui fonctionne, elle est née de son intérêt, de son pari – pour une part insensé – qu’elle a fait sur ce qui rate, ce qui achoppe, cloche, ce qui dysfonctionne, ce qui est hors norme. Pensez-donc, Freud, dans sa recherche pour y comprendre quelque chose au fonctionnement de l’être humain et de son psychisme, part du postulat qu’on y comprendra quelque chose, dans le domaine de la parole, en partant du lapsus, dans le domaine de l’action, en partant à l’acte manqué, dans le domaine de la mémoire, en partant de l’oubli, dans le domaine du fonctionnement, en partant des symptômes (dysfonctionnement par excellence), dans le domaine de la conscience disons, en partant du rêve, et plus fort encore, en matière de sexualité, en s’orientant à partir de ses déviances, les perversions. Considérant que c’est, dans ces manifestations-là que gît une vérité de et pour l’être parlant, une vérité qui trouve à se dire, là, par le biais de ces achoppements et dysfonctionnements, à lui-même, sans qu’il n’en veuille rien savoir.
Pour le saisir, il suffit de revenir à l’exemple basique et élémentaire (au sens d’élément) du lapsus, sur la structure duquel peuvent se moduler les autres phénomènes[iii]. Par le lapsus, surgit, par effraction, sans que vous y attendiez, hors contrôle, contre le vouloir... dire, en l’occurrence, quelque chose qui se dit, une vérité que vous ne vouliez pas dire, à vous-même souvent méconnue – ce qui explique que l’on veut toujours immédiatement le réduire, le corriger, minimiser son importance – qui trouve à se faufiler entre vos dits. C’est ce surgissement d’une dysfonction, qui vous fait effectivement sujet « divisé », comme l’indique Wolff, entre, par exemple, ce que vous vouliez dire et ce que vous dites vraiment. C’est l’émergence d’une manifestation où vous vous retrouvez non identique à vous-même, où vous ne vous reconnaissez pas, qui surgit d’un autre lieu, d’une autre scène, dit Freud, que celle que vous pensez contrôler.
C’est dans cette émergence, dans cette effraction-même, qu’il s’agit de situer l’inconscient. Et non, dans toutes les tentatives de réduction, voire même de sens que l’on voudrait y donner – contrairement à ce qui est passé dans le sens commun. Tous les c’est parce que, ça veut dire que, sont autant de fermeture de ce qui s’est ouvert-là, dans le dys- en tant que tel. C’est dans ce moment furtif, cette disruption qu’il s’agit de situer l’émergence d’une vérité autre à laquelle il faut supposer, après-coup, par-delà disons le conscient, la conscience et le je me pense, un sujet, une vérité, un désir méconnu à soi-même, qui trouve à se satisfaire de biais, par substitution – la dimension libidinale étant là dès lors présente –, désir méconnu qui se satisfait par cette voie détournée contre l’émergence duquel vous mettez toute votre énergie, mais qui ne demande qu’à bondir.
Oh, ce n’est pas une vérité massive, cernable en tant que telle. C’est plutôt une émergence de vérité qui ne se laisse pas attraper, évanescente, qui disparaît aussitôt surgie, mais qui dit quelque chose de vous, que vous vouliez ignorer, ne pas savoir, qui vous est désagréable.
Il est dès lors facile de saisir en quoi la psychanalyse est rebutée par toute pratique ou conception qui voudrait faire taire cet achoppement, ce dysfonctionnement, le faire disparaître au plus vite, l’empêcher, le refermer, le soigner dans l’immédiat, ne pas lui donner place. L’individu, celui qui se pense pensant, si vous m’avez bien suivi, s’en occupe déjà suffisamment très bien tout seul, par ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il empêche, voire interdit au sujet, l’accès à sa vérité singulière qui ne dépend d’aucune norme, y compris celle qu’il voudrait lui-même s’imposer.
Faisons un pas supplémentaire sur le rapport de la psychanalyse au dysfonctionnement et, dès lors, à la question de santé mentale. Non seulement, la psychanalyse s’y intéresse, mais si vous me le permettez, doit, par expérience clinique – statistiquement oserais-je même dire ? –, bien constater que ce dysfonctionnement est la norme, est le fonctionnement-même chez l’être humain, en tant qu’il est certes un être naturel, un corps disons, mais qui présente cette particularité unique qu’il parle – qu’il est doué du logos, comme le précise Wolff, avec Aristote.
À le prendre par ce biais-là, nous pouvons alors affirmer que la santé mentale n’existe pas. Il y a au moins deux abords pour l’appréhender.
D’abord, parce que, par essence, la satisfaction du besoin chez l’être parlant se trouve dénaturée, altérée, subit une perte, par le fait qu’elle doit, chez lui, d’emblée passer par un substitut – justement, le langage, la demande. Lorsqu’il obtient l’objet de sa demande – expérience quotidienne du désir – ce n’était pas tout-à-fait ça. Ça laisse à désirer ! Une réconciliation parfaite, une atteinte complète de l’objet de son désir est, de structure, impossible. Pour trouver satisfaction, il doit en passer par les chicanes du langage, de la demande et du signifiant. La dimension instinctuelle dans le rapport au besoin, où un comportement est écrit pour telle situation de façon univoque, donnant le mode d’emploi sans perte pour y arriver, s’en trouvant, chez l’être parlant, à jamais perdue, altérée.
Mais plus simplement, disons que la santé mentale n’existe pas si on l’aborde par ce biais, parce qu’en matière de savoir y faire, en tant que parlant, avec son corps (la dimension pulsionnelle) et le rapport à un autre corps parlant (faire couple), nous ne trouvons aucun modèle, à savoir que nous ne rencontrons que des rapports toujours singuliers, toujours contingents. C’est disons un constat clinique. Les « montages », au sens noble du terme, sont toujours uniques et ne répondent à aucune loi prête-à-porter, même s’il y a des modèles auxquels le sujet peut s’identifier. L’instinct s’étant perdu, son mode d’emploi – particulièrement en matière de sexualité – étant inexistant, l’invention, le tâtonnement, la substitution est incontournable et requise. Elle est toujours, en soi, bringuebalante.
La psychanalyse et son éthique font là encore un pas logique (et clinique) supplémentaire, dans le rapport à ce qui fait symptôme, à la clocherie, à savoir qu’en tant que tel, c’est irréductible, que c’est ce qui définit l’homme dans son humanité-même, ce qui ne serait éradiquable que dans la dimension de supprimer l’humanité à l’homme et d’en faire... « un animal comme les autres », ou une machine, ce qui caractérise justement, selon Wolff, le paradigme cognitiviste.
C’est en ce sens que l’on peut comprendre un de ces fameux aphorismes lacaniens : « Tout le monde délire ! » Chacun étant requis de se constituer, de s’inventer une version personnelle qui dessine un mode de rapport à son corps et à l’autre. Ce « tout le monde délire » venant s’inscrire en opposition radicale, si vous m’avez suivi, avec un « Tous malades » que le paradigme neuroscientifique, dans son alliance avec le secteur pharmaceutique, tente tous les jours d’introduire. De quoi sommes-nous malades, si ce n’est de notre humanité en tant que telle ?
La psychanalyse – et son éthique – n’a-t-elle dès lors aucun rapport avec la question de la santé mentale, par quelque biais que ce soit ?
Certes, elle ne fait pas bon ménage, se trouve toujours altérée, disons-le, par le souci thérapeutique, la volonté de guérir, le souci de ramener à la norme, en ce qu’ils bloquent l’accès du sujet à son désir propre, singulier, qui ne surgit que dans les interstices de sa clocherie. C’est une tentation à laquelle la psychanalyse n’a jamais échappé. Lacan n’a pas hésité à la qualifier de fausse psychanalyse. C’est la psychanalyse qui plaît au maître et à la cité, qui fait bon ménage avec eux. La psychanalyse ne consiste pas à ramener à une norme, une sagesse, une tranquillité, etc.
Mais que pouvons-nous en dire si nous la situons dans une dimension d’expérience, où s’inscrit disons un processus ? Qu’elle est élucidation d’un désir ! Élucidation d’un désir toujours à faire. C’est une tâche pour une part infinie, en ce qu’elle se manifeste contre le je-n’en-veux-rien-savoir du sujet lui-même et comporte donc toujours en soi, une part dont le sujet lui-même ne veut pas. Lacan dira, une part de saloperie. Elle est infinie parce que ce dys-corps ne se résorbe jamais, et que dans cet abord de l’inconscient, on n’en a jamais fini avec lui, on en apprend toujours de son inconscient – ce qui conduit à une éthique où ce dys-corps, cette division est si, vous voulez, à cultiver, à entretenir... et non à guérir.
Freud a poussé cette éthique très loin, jusqu’au bout. Ses derniers textes qu’il juge utile de publier, de communiquer à la communauté scientifique à laquelle il s’adresse, après plusieurs décennies d’élaboration d’une doctrine, d’une œuvre qui a révolutionné le domaine de la pensée, sont la communication de l’analyse qui d’un de ses lapsus à priori insignifiant, qui d’un oubli de mémoire.
Cette élucidation d’un désir, emporte des effets thérapeutiques, nombreux – de surcroît (par référence au fameux aphorisme que la guérison vient de surcroît). Elle emporte des effets thérapeutiques de soulagement, Lacan précise de satisfaction, de desserrer, par son élucidation, le désir du sujet du carcan de la norme – celle de l’Autre et du sujet lui-même – qui l’étouffe, le fatigue et constitue la machine à produire et à alimenter toujours plus de symptômes invalidants. D’une certaine façon, la santé mentale est donc à appréhender, dans le champ de la psychanalyse, en termes de satisfaction de l’élucidation d’un désir, toujours singulier et ne se rapportant jamais à une norme. C’est toujours à refaire, par ailleurs, en tant que ce désir n’est pas substantiel, attrapable, nommable une fois pour toute, mais toujours émergence.
Le praticien, le clinicien, le psychanalyste – dans cette éthique – trouvera dès lors le ressort de son action dans l’analyse de son propre inconscient, toujours à refaire en dehors de son action, afin qu’il soit suffisamment épuré, éclairé, nettoyé, de ses idéaux, de sa défense, de son je-ne-veux-rien-savoir, de ses fantasmes, etc. dans son action, pour qu’il ne bouche pas, n’entrave pas, ne fasse pas obstacle à l’émergence de la singularité unique du patient dont il se fait partenaire et dont, pour une part, il ne sait rien. Cela ne peut répondre à un quelconque manuel, aucun standard, du bon praticien et des bonnes pratiques où le praticien n’y serait pour rien – condition pour qu’il y ait « de l’analyste chez le clinicien », titre de la journée des simultanées de PIPOL 5.
C’est cet abord-là, ce nouage-là de la clinique, dans l’intrication des effets produits dans sa pratique auprès du patient, disons, par ce qu’a produit l’analyse de son propre inconscient, dont le témoignage, sobre, se trouve convoqué dans la journée des simultanées.
[i]Francis Wolff, Notre humanité. D’Aristote aux neurosciences, Fayard, 2010, 380 p.
[ii]Ibid., pp. 128-130.
[iii]**[iii]Jacques-Alain Miller nous a indiqué à Londres, lors du dernier congrès de la NLS, que pour une part, le symptôme était une formation de l’inconscient à part des autres.
Bibliographie en vue de PIPOL 5*
Freud. S., Le Malaise dans la civilisation, éd. Points, coll. Essais, 2010.
Freud. S., Le créateur littéraire et la fantaisie, L'inquiétante étrangeté et autres essais, Gallimard, 1985, pp. 29-46.
Freud. S., « Deux mensonges d'enfants », Névrose, psychose et perversion, PUF, 1973, pp. 185-188.
Lacan, J., « La troisième », Lettres de l'Ecole freudienne de Paris, 1975, n°16 , pp. 178-203.
Lacan. J, « Discours de clôture des journées sur la psychose des enfants » , Quarto, 1984 , n°15, p. 27
Lacan. J, « Conférence à Genève sur le symptôme », Bloc-note de la psychanalyse, 1985, n°5, pp 5-23.
Lacan, J. « Télévision », [1973],Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, pp. 509-545.
Lacan J.,Le Séminaire, livre XVII, L’envers de la psychanalyse [1969-1970], Paris, Seuil, coll. Champ freudien, 1991, p. 132 :« Je ne connais qu’une origine de la fraternité (…) c’est la ségrégation. (…) tout ce qui existe est fondé sur la ségrégation, et, au premier temps, la fraternité. Aucune autre fraternité ne se conçoit même, n’a (…) le moindre fondement scientifique, si ce n’est que parce qu’on est isolé ensemble, isolé du reste. »
Idem,p. 208 :« On n’en a jamais tout à fait fini avec la ségrégation. Je veux dire que cela ne fera jamais que reprendre de plus belle. Rien ne peut fonctionner sans cela – qui se passe ici, en tant que le a , le a sous une forme vivante, toute fausse couche qu’elle soit, manifeste qu’elle est l’effet du langage. »
Lacan J. , « L’étourdit » [1972], Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, pp. 462 : « Je m’explique : la race dont je parle n’est pas ce qu’une anthropologie soutient de se dire physique, celle que Hegel a bien dénotée du crâne et qui le mérite encore d’y trouver bien après Lavater et Gall le plus lourd de ses mensurations. (…) Elle se constitue du mode dont se transmet par l’ordre d’un discours les places symboliques, celles dont se perpétue la race des maîtres et pas moins des esclaves, des pédants aussi bien… »
Lacan. J., « Psychanalyse et médecine », Lettres de l'Ecole de Paris, 1967, n°1, pp. 34-61.
Lacan. J., « La psychiatrie anglaise et la guerre », Autres Ecrits, Seuil, 2001, pp. 101-120.
Lacan. J., « Fonctions de la psychanalyse en criminologie », Ecrits, Seuil,1966, pp. 125-143.
Miller J.-A., « Santé mentale et ordre public », Mental, janvier 1997, 3, pp 15-26 ; Pipol News 27.
Miller J.-A., « Choses de finesse en psychanalyse », séminaire 2008-2009, cours du 19/11/2008 et du 10/12/2008, inédits
Miller J.-A., « Effet retour sur la psychose ordinaire » Quarto, janvier 2009, 94-95, pp. 40-51.
Miller J.-A., « L’ère de l’homme sans qualités », La Cause freudienne, Paris, Navarin/Seuil, 57, juin 2004, p. 73-99.
Miller J.-A., Intervention de Lacan à la SPP, Ornicar ?, 12/1984, pp. 7-27.
Miller, J.-A., « Notre sujet supposé savoir », Présentation du thème des Journées d’études de l’ECF 2007, Lettre Mensuelle, 01/2007, 254, pp. 3-6.
Miller J.-A., « Psychanalyse pure, psychanalyse appliquée et psychothérapie »,La Cause freudienne, Paris, Seuil, 48, mai 2001, p. 7-35.
Miller J.-A. et Milner J.-C., « Voulez-vous être évalué ? » Entretien sur la machine d'imposture, Grasset, 2004, 91p.
Aflalo A., L’assassinat manqué de la psychanalyse,Nantes, Cécile Defaut, 2009, pp. 84-87.
Brousse M.-H., « Vers une nouvelle clinique psychanalytique », Mental, février 2005, 15, pp. 28-37.
Canguilhem G., Le normal et le pathologique, PUF, 2005.
Chatenay G.,Symptôme nous tient. Psychanalyse, science, politique, Cécile Defaut, 2011.
Derrida J., Les états d'âme de la psychanalyse, Paris, Galillée, 2000.
De Rotterdam E., Eloge de la folie, Paris, Garnier-Flammarion, 1964 ; Première édition : Paris, Strasbourg, Anvers, 1511.
Foucault M., Maladie mentale et personnalité, PUF, 1954.
Foucault M., Histoire de la folie à l’âge classique, Gallimard, 1976.
Koyré A., Réflexions sur le mensonge, éd. Allia, 1996. Première édition : New-york, 1943.
Laurent E., « Editorial », Mental, 1, juin 1995, pp. 5-9.
Laurent E., « La société du symptôme », Quarto, 79, pp. 6-11.
Laurent E., « L'extension du symptôme aujourd'hui », Lettre Mensuelle, 02/2000, n° n°185, pp.1-6.
Laurent E., « L'erreur, la faute, le reproche » Lettre Mensuelle, 09/1988, n°72, p. 8 et sv.
Laurent E., « Le symptôme dans la civilisation (Commentaire infini et présence réelle) » Travaux (Nantes) n°6, Le symptôme, p. 50.
Laurent E., « L'évaluation comme symptôme et comme ravage », La petite Girafe, 04/2008, n° n°19, p. 39-46.
Laurent E., « Etat, société, psychanalyse » La Cause freudienne, 02/1995, n°29, pp. 92-100.
Laurent E., « L'extension du symptôme aujourd'hui », Lettre Mensuelle, 02/2000, n°185, pp.1-6.
Laurent E., « Normes nouvelles de distribution des soins et leur évaluation du point de vue de la psychanalyse », Mental, 12/1997, n°4, pp. 25-44
Laurent E., « L’Europe des symptômes », Lettre Mensuelle, 09/2002, n°211, pp. 1-2.
Milner J.-Cl., La politique des choses, Navarrin, 2005.
* Traduction en français, par Pascale Simonet et Claire Piette, de la bibliographie établie par Gracia Viscasillas, publié dans PIPOL NEWS 35 en espagnol.
PIPOL NEWS info 8 - 31|03|2011
Soirée Pipol5 du 2 juillet 2011
C’est la Kermesse à PIPOL 5 à 20h tapantes au «MOOF» avec :
• Vous dégusterez un repas gastronomique au son de ballades folk du groupe Kermès ;

• «La fanfare détournée» avec sa quarantaine de jeunes de 16 à 83 ans, musiciens débutants et patentés, ouvriers, cadres, profs, chômeurs, étudiants, artistes, fonctionnaires, indépendants, pensionnés fera, ensuite, son triomphe aux sons des voix, des cuivres, cordes, bois et percussions ;

• Et enfin, notre DJ Bertrand Bostaille nous fera danser jusqu’aux douze coups de minuit ...
Si tu veux vivre ça, l’inscription est fixée à 40 € !
Dépêche-toi, le nombre de place est limité & les inscriptions se clôturent le 25 juin.
(45 € après le 10 juin)
Une équipe de «Ketjes» prendront par la main ceux qui désirent être conduits à la soirée !
L’heure et le lieu de ralliement seront précisés dans le dossier qui vous sera remis à l’ouverture du congrès.
Le comité des fêtes PIPOL V :
Eric Costers, Florence Hougardy, Charlotte Laplace, Juliette Lauwers, Patrick Lejuste, Véronique Servais.
AVONDJE PIPOL OP 2 JULI 2011
Kermis op PIPOL!!
Op zaterdag 2 juli 2001 op slag van achten gooit het “MOOF”de deuren open …
· … voor een gastronomisch feestmaal, begeleid door het Kermès groep met folkballades,

· … waarna " La fanfare détournée " (meer dan veertig jongeren tussen 16 en 83, waaronder beginnende en doorwinterde muzikanten, arbeiders, managers, professoren, doppers, studenten, kunstenaars, ambtenaren, zelfstandigen, gepensioneerden, etcaetera) de boel op stelten zet met zijn bonte mix van stemmen, kopers, slagwerk, strijkers, etcaetera

· … en tenslotte zal DJ Bertrand Bostaille de dansvloer doen vollopen tot klokslag twaalf …
Meedoen? Dat kan, voor 40 € !
Maar dan moet je je wel haasten, plaatsen zijn beperkt en inschrijvingen moeten binnen zijn voor 25 juni 2011.
(€ 45 vanaf 10 juni)
Een ploeg ‘Ketjes’ zal zich ontfermen over wie daar naar toe wil gevoerd worden. Tijd en plaats van oppikken volgen (in het dossier dat U bij het begin van het congres ontvangt).
Het feestcomité PIPOL V
Eric Costers, Florence Hougardy, Charlotte Laplace, Juliette Lauwers, Patrick Lejuste, Véronique Servais
PIPOL NEWS info 7 - 23|03|2011
PIPOL NEWS - 23 MARS 2011 - Info n°7
Chères et chers collègues,
Nous voudrions remercier tous ceux qui ont envoyé une proposition d’intervention aux simultanées de Pipol 5. Il y a lieu de se réjouir, non seulement de leur nombre dépassant largement nos attentes, mais aussi de leur diversité. Notre souhait d’accueillir des praticiens qui travaillent dans des dispositifs variés tout en étant à des moments différents de leur formation, a été bien entendu. Les simultanées de Pipol 5 profiteront ainsi de la richesse que la diversité nous offre bien souvent.
La suite
Le nombre de salles étant limités, nous ne pourrons malheureusement retenir que la moitié des propositions. Le 10 avril au plus tard, la commission aura fait son choix qui sera communiqué à tous ceux qui nous ont écrit.
Ceux dont l’argument a été retenu se verront attribuer un mentor parlant la langue dans laquelle ils interviendront et avec lequel ils pourront travailler leur texte dont la version finale devra être envoyée le 15 mai au plus tard.
Cordialement,
Laura Petrosino
Secrétaire des simultanées de Pipol 5
Beste collega’s
Eerst en vooral een woord van dank aan iedereen die een voorstel voor een tussenkomst in de simultane sessies van PIPOL V deed. Wij mogen niet alleen tevreden zijn met het aantal, dat de verwachting ruimschoots overtreft, maar ook met de verscheidenheid. U heeft duidelijk begrepen dat we mensen aan het woord willen horen die in de praktijk in de meest uiteenlopende settings actief zijn, terwijl ze zich op verschillende momenten van hun vorming bevinden. De simultane sessies zullen dan ook gebaat zijn bij de rijkdom die haast altijd met verscheidenheid gepaard gaat.
Het vervolg
Omdat het aantal zalen beperkt is, kunnen we amper de helft van de voorgestelde interventies weerhouden. Ten laatste tegen 10 april 2011 zal de commissie haar keuze rond zijn – die dan ook meteen zal meegedeeld worden aan al wie een voorstel deed. Als Uw voorstel weerhouden werd, wordt U een mentor toegewezen, die de taal waarin U zal spreken machtig is. Samen met haar/hem kan U dan Uw interventie bewerken, met het oog op een finale versie – die ons ten laatste op 15 mei 2011 moet bereiken.
Hartelijke groeten
Laura Petrosino
Secretaris van de Simultane Sessie van PIPOL V
PIPOL NEWS 35 - 17|03|2011
PIPOL NEWS 35 - 17 MARS 2011
Sommaire
Claire Piette, Bruxelles : The King's speech ou " To be or not to be : that is the question " !
José Ramón Ubieto, Barcelona, Falsos dilemas en el ámbito de la salud mental
coordinada por Gracia Viscasillas

The King's speech ou « To be or not to be : that is the question » !
Claire Piette
Le film anglais de Tom Hooper « The King 's speech » est un vrai petit joyau et une belle leçon sur ce qu'il en est de la responsabilité.
Se basant sur une histoire vraie, il nous relate une partie de la biographie de Georges VI et aura comme point d’orgue le discours de celui-ci, déclarant la guerre à l’Allemagne nazie, aux heures les plus noiresdu XXème siècle.
Interviewé, l'acteur Colin Firth souligne que Charles de Gaulle et Winston Churchill sont entrés dans la légende de l'Histoire du XXème siècle, mais qui connaît encore l'histoire de Georges VI et de son compagnon de l'ombre, Lionel Logue ?
Film remarquable sous de nombreuses facettes: notamment grâce au scénariste David Seidler qui s'est souvenu de ce jeune prince incapable d'articuler un son au micro lors de sa première prestation publique radiophonique.
Tom Hooper décide donc d'entreprendre des recherches sur Lionel Logue. Le « bon » hasard fait qu'il va retrouver le petit fils de ce dernier. Or celui-ci détenait le journal de son grand-père, dans lequel était relaté tout le travail effectué avec le roi Georges VI, journal jusqu'alors inconnu des bibliothèques.
Ce film s'est donc construit à partir de cet écrit. Il retrace, avec une extrême subtilité, cette rencontre d'un comédien australien « raté », devenu spécialiste des troubles du langage, et d'un prince bègue, ne voulant à « aucun prix » devenir roi .
Ces deux hommes sont accompagnés de leur femme respective. Celles-ci sont habilement mises en valeur dans la façon qu'elles ont chacune d'éclairer le désir. La femme du futur roi choisit son époux sur le trait défaillant de son bégaiement. C'est elle qui trouvera Lionel Logue, ce « docteur » peu orthodoxe et fort controversé pour trouver une réponse à ce dont pâtit son mari, là où les médecins anoblis ne peuvent que proposer cigarettes et exercices encombrants pour guérir son bégaiement.
La seconde, la femme de Logue permettra une réorientation dans la cure menée par son mari avec ce patient si particulier.
En quoi ce film nous offre-t-il une bouffée d'oxygène en ces temps où les discours de résorption de l'être nous assaillent ?
Les personnes qui aspirent à l'expérience analytique sont ceux qui souffrent d'« une faille dans l’identification, quand par quelque biais il se manifeste que je ne suis pas celui que je pensais être, et que je ne suis pas maître de ce que je suis »[1] souligne Jacques-Alain Miller. Or, tout tourne autour de cette question dans ce film : un prince qui pense ne pas pouvoir être un roi va pourtant endosser cette fonction grâce à Logue qui, sous le qualificatif « d'excentrique » – relevant donc du hors norme– a quelque traits du désir de l'analyste.
D'abord parce que ce dernier ne croit pas qu'une solution mécanique puisse résorber le trouble dont est affecté le roi. Le prendre sous cet aspect-là reviendrait à ne travailler qu'en surface le symptôme, dirions-nous.
Certes, il ne mesure sans doute pas que le Réel en jeu – la jouissance réduite à l’événement de corps– est le recel de cet empêchement parolier mais il n'est pas sans savoir que le transfert est indispensable pour frayer une voie à la voix du prince demandant des tours et des détours de l'histoire familiale.
Ensuite parce que Logue impose ses règles dans le traitement, issues non pas des manuels mais de son expérience auprès des soldats australiens. Revenus de la première guerre mondiale, ces derniers avaient perdu confiance en leur voix et Logue leur avait fait l'offre de les écouter parler de cette terrible expérience humaine qu'a été la guerre plutôt que d'avaler l'idée d'une réadaptation langagière universellement normale.
Autre trait, celui de l'humour, dont fait usage Logue, se jouant ainsi de l'« être ». Logue est un amoureux de la langue, traversé notamment par celle de Shakespeare. Lors de sa première rencontre avec le Duc de York, il lui donne à lire le célèbre passage du monologue d'Hamlet: « to be or not to be, that is the question ».
Pour qualifier « l'ontologie » d'Hamlet, Lacan disait : « il n'est pas un cas clinique. Ce n'est pas un être réel, c'est un drame qui se présente comme plaque tournante où se situe le désir »[2]
Aussi Logue utilise dans son traitement la virelangue, une façon de faire entendre la «motérialité » de la langue hors sens.
Et enfin, Logue est l'audace incarnée, belle allégorie de celui qui ne recule justement pas devant l'horreur de l'acte quitte à se tromper. Du coup, l'erreur devient digne du ratage[3].
Bref tous ces ingrédients pour mettre à mal les semblants qui empêchent le sujet de poser un acte, écrasé par des stigmates identificatoires mortifères.
D'ailleurs le film regorge de façon truculente du maniement de ces semblants portés de manière la plus déplorable : pensons notamment au couronnement du roi par l'archevêque – représentant éminent de la bonne marche à suivre et qui se sert de ce semblant afin de dissuader le roi de garder auprès de lui, Logue, ce comédien « raté » sans qualification aucune. Cet archevêque est pourtant celui qui faillit presque à sa fonction en risquant de poser sur la tête du roi la couronne à l'envers.
Pensons encore aux différents médecins anoblis qui ont pour navrants conseils d'encourager le prince à fumer afin de détendre le larynx.
Logue ne dénigrent cependant pas les semblants, il leur permet d'opérer à bon escient.
L'Angleterre est le pays où la psychanalyse est forclose, elle revient ici par le cinéma.
C'est un des pays où le critère du « bonheur pour tous » fait loi là où nous ne sommes pas sans savoir qu'il est pure illusion précisément parce qu'il élude la pulsion de mort.
C'est aussi le pays qui a mis sur pied le CCBT ( Computerised Cognitive Behavioural Therapy) qui consiste à proposer des thérapies TCC par ordinateur pour faire l'économie de la présence des corps.
Dans ce film, on trouve un écho de ce faux pragmatisme puisqu'il est recommandé à ce futur roi lors d'un premier discours, de faire « confiance au micro ». Inutile de dire que cela le pétrifie et qu'aucun son ne sort de sa bouche. Le transfert est dans ce cas inexistant. La présence d'un autre avec son corps est indispensable pour qu'une nouvelle voix émerge.
Lacan[4] souligne qu'Hamlet ne devient homme que par la voie du deuil ; le film nous en donne l'indice puisque le pari de Logue ne sera honoré par le roi qu'à la mort de son propre père, GeorgesV.
Ce film illustre le fait que l'on se sent responsable « de je ne sais quoi, de la mort du père »[5] c'est-à-dire d'endosser la non garantie dans l'Autre et de pouvoir répondre de nos dires et de nos actes.
Les discours qui stigmatisent notre être comme un ensemble complet, réduit aux cases informatisées sont « la voix douce de l'impératif impossible »[6] alors que ce film ouvre une autre voie : celle de la responsabilité ce qu'on dit ou fait à condition de « prendre de la distance vis à vis de ce qu'on énonce».[7]
En d'autres termes, trouver l'espace suffisant d'une respiration entre ce qui s'énonce et celui qui l'énonce.
Comme le souligne Lacan : « La psychanalyse, comme toutes les activités humaines, participe incontestablement de l'abus. On fait comme si on savait quelque chose ».[8] Contrairement à ce qu'on nous présente comme ce qui relèverait de la santé mentale et de la bonne pratique de ses praticiens anoblis par les questionnaires dûment remplis, nous sommes avertis que « la psychanalyse est une pratique délirante mais c'est qu'on a de mieux actuellement pour faire prendre patience à cette situation incommode d'être homme ».[9]
Parions que notre premier congrès de l'EuroFédération de Psychanalyse soit cette respiration qui fasse objection à ceux qui croient réduire l'homme à des troubles comportementaux langagiers et qu'il soit aussi un nouveau souffle où d'autres voix pourront trouver à se loger pour résister à cette folie du normal et ainsi advenir comme ce roi, symbole de la résistance, dont la voix trouve son envol pour dire « non » à la folie d'Hitler.
Falsos dilemas en el ámbito de la salud mental
Bardon, C.; Puig, M. (comp.) “Suicidio, medicamentos y orden público” (Gredos-ELP, 2010)
José Ramón Ubieto
Hoy el dilema en el abordaje del malestar psíquico no está entre el uso de unos recursos u otros (diagnóstico, medicación, redes) sino entre una orientación que privilegia la clasificación del individuo –como finalidad última y correlativa a su silencio - o una orientación que sigue la brújula de lo más real de cada uno para ordenar la atención en base al malestar singular.
No se trata, pues, de cuestionar la existencia de clases –hilo conductor en cualquier psicopatología y en la historia de la psiquiatría- ni la conveniencia de un diagnóstico que tome en cuenta las categorías y tipos clínicos. Tampoco de cuestionar el uso de los medicamentos como recurso terapéutico ni el de las redes como modelo organizativo asistencial.
Se trata, más bien, parafraseando a Jacques Lacan, de cómo prescindir de todo ello, entendido como Soluciones universales (para todos igual), a condición de servirse primero. De cómo hacer un buen uso de las clases, los psicótropos y las redes. Un buen uso implica aceptar de entrada que lo real se caracteriza por la fuga del sentido, esto es, lo real de cada uno implica un cierto grado de sin sentido del acto (suicidio, crimen, conducta) y por tanto la imposibilidad lógica de reducir un sujeto a una categoría diagnóstica, por muy detallada que esta sea y la de abordar el psiquismo en clave exclusivamente terapeutizable como si el psiquismo fuera otro órgano más, olvidando que –como Freud mostró- el sujeto a veces no quiere su propio bien.
La orientación hacia lo real
El libro colectivo“Suicidio, medicamentos y orden público” (Gredos-ELP, 2010)muestra en el conjunto de trabajos una orientación precisa, ya comentada por varios de sus autores (ver: http://www.blogelp.com).
Yo me centraré en lo referido al uso de las redes. Señala Agnès Aflalo en el libro que el término de red es un significante amo y la cuestión es qué significado darle: “Para los niños y adolescentes de los que me ocupo en la zona, la red tiene otro valor. Está constituida por cierto número de personas que trabajan con ellos según su función social, educativa, clínica, etc. Cuando nos encontramos, el problema planteado es el de la orientación de cada uno. Para nosotros, es lo real del síntoma e invitamos al sujeto a sacar por sí mismo las consecuencias de lo que allí pueda captar”. (pg. 30)
Esta orientación hacia lo real no es sin método ni principios y su vector es el descompletamiento de la función totalizadora de ciertos usos de la clasificación, la medicación o las redes. Se trata de un método –diferente del científico que aspira a la elisión del sujeto al proponer su reducción a la cifra contable- que implica una disciplina de la construcción del caso que se opone a una ritualización de la intervención (protocolos rígidos y automáticos) que siempre conduce a la repetición del desencuentro y que trata de suprimir el juicio del profesional como requisito básico del tratamiento de la tensión, siempre presente, entre la universalidad (categorías) y la singularidad.
Por lo que se refiere al trabajo interdisciplinar y al uso posible de la red, partimos de la existencia de una comunidad de experiencia entre los diferentes profesionales, comunidad que genera un vínculo social. El método aquí se sostiene en el manejo de 4 variables básicas:
- El eje de la conversación entre disciplinas es el interrogante y no la suposición de un saber Uno, como referencia experta y normativa. La expectativa de algo por llegar es lo que justifica esa posición en la franja entre lo ya sabido y no sabido.
- espacio: la presencia de los cuerpos y de la palabra es insustituible por recursos virtuales que se fundan en la negación de la transferencia como índice de la existencia de esa subjetividad.
- tiempo: la atención exige la continuidad y se opone a la instantaneidad y la discontinuidad y fragmentación.
- escritura: la conversación exige, además del intercambio oral, un registro del proceso que contribuya a la construcción del caso y a la elucidación de su lógica.
Sólo en el buen manejo de estas variables alcanzaremos a generar hipótesis de trabajo y proponer estrategias de actuación que hagan de la red asistencial, no una red trampa, que atrapa y silencia al sujeto, sino una posibilidad de preservar lo singular de cada caso y al tiempo generar una representación compartida entre los diferentes profesionales que hacen uso de la red.
AVANCE BIBLIOGRAFICO PIPOL V
Recopilación bibliográfica realizada por la comisión bibliográfica para PIPOL 5 de la ELP, coordinada por Gracia Viscasillas
- Freud, S. “El malestar en la cultura” (1930)
- Freud, S. El creador literario y el fantaseo (1908).
- Freud, S. “Dos mentiras infantiles” (1913).
- Lacan, J. “La tercera”. En Intervenciones y textos 2. Ed. Manantial. Buenos Aires, 1988.
- Lacan, J. “Discurso de clausura de las Jornadas sobre las psicosis en el niño”. En El Analiticón nº 3. Correo/Paradiso. Barcelona, 1987.
- Lacan, J. “Conferencia en Ginebra sobre el síntoma”. En Intervenciones y textos 2. Manatial, Buenos Aires, 1988.
- Lacan, J. “Televisión” (pregunta III). En Psicoanálisis. Radiofonía y Televisión. Anagrama, Barcelona, 1977.
- Lacan, J.Seminario XVII, El reverso del psicoanálisis. (“En la sociedad… todo lo que existe está fundado en la segregación”, “Nunca se ha terminado completamente con la segregación (…). Nada puede funcionar sin ella… Es el efecto del lenguaje”. “Sólo conozco un origen de la fraternidad… Es la segregación”. “Incluso no hay fraternidad que pueda concebirse sino es por estar separados juntos, separados del resto, no tiene el menor fundamento, como acabo de decirles, el menor fundamento científico”.
- Lacan, J.L’Etourdit. (Raza: “Me explico, la raza de que hablo no es la que una antropología sustenta por decirse física. La raza se constituye por el modo en que se transmiten según el orden de un discurso los puestos simbólicos, los puestos con que se perpetúa la raza de los Amos y no menos la de los esclavos”.)
- Lacan, J. “Psicoanálisis y medicina”. En Intervenciones y textos. Manantial, Buenos Aires, 1985.
- Lacan, J. “La psiquiatría inglesa y la guerra”. En Uno por Uno nº 40. Barcelona, 1994.
- Lacan, J. “Introducción teórica a las funciones del psicoanálisis en criminología”. En Escritos I.
- Miller, J.-A. “Salud mental y orden público”. En Introducción a la clínica lacaniana. Colección ELP-RBA. Barcelona, 2006. En Uno por Uno nº 36. Barcelona, 1993.
También se puede encontrar el texto en castellano en Pipol News 27, 01/02/2011.
- Miller, J.-A. “Cosas de finura en psicoanálisis”, clase del 19/11/2008; clase del 10/12/2008.
- Miller, J.-A. “Efecto retorno sobre la psicosis ordinaria”. En Freudiana nº 58.
- Miller, J.-A. “La era del hombre sin cualidades”. En Freudiana nº 45. Barcelona, 2005.
- Miller, J.-A. “Psicoanálisis y sociedad”. En Freudiana nº 43/44. Barcelona.
- Miller, J.-A. “Nuestro sujeto supuesto saber”. Intervención en las Jornadas de Estudio del ECF 2006.
- Miller, J.-A. “Psicoanálisis puro, psicoanálisis aplicado y psicoterapia”. En Freudiana nº 32. Barcelona, 2001.
- Miller, J.-A. y Milner, J.-C. ¿Desea usted ser evaluado? Miguel Gómez Ediciones. Málaga, 2004.
- Aflalo, A. L’assassinat manqué de la psychanalyse. Nantes, Cécile Defaut, 2009, pp. 84-87. Extracto traducido al castellano, “La salud mental”, en PIPOL News 13, 13/10/2010.
- Alvarez, J.M. La invención de las enfermedades mentales. Ed. Gredos. Madrid, 2008.
-Bardón, C. y Puig, M. (compiladoras). Suicidio, medicamentos y orden público. Gredos, Madrid, 2010.
- Brousse, M.-H. “Juventud del psicoanálisis”. En BLOG ELP, noviembre 2010.
- Canguilhem, G. Lo normal y lo patológico. Siglo XXI, México, 2005.
- Chatenat, Gilles. Symptôme nous tient. Psychanalyse, science, politique. Editions Cécile Defaut.
- Derrida, J. Estados de ánimo del psicoanálisis. Ed. Paidós, Barcelona, 2001.
- De Rótterdam, E. Elogio de la locura. Ed. Edicomunicación. Barcelona, 1998.
- Foucault, M. Enfermedad mental y personalidad. Ed. Paidós. Barcelona, 2008.
- Foucault, M. Tecnologías del Yo. Ed. Paidós. Barcelona, 1990.
- Foucault, M. Historia de la locura en la época clásica. Ed. FCE. México, 1967.
- Koyré, A. Reflexiones sobre la mentira. Leviatán, 2010.
- Laurent, E. Revista Mental nº 1, junio 1995. Revue internationale de Santé mentale appliquée. Bruxelles, p. 5-9.
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- Laurent, E. “El delirio de normalidad”. Virtualia 19/11/2009.
- Laurent, E. “Blog notes: psicopatía de la evaluación”. En Blog-Note del síntoma. Tres Haches.
- Laurent, E. Psicoanálisis y Salud Mental. Tres Haches. Buenos Aires, 2000.
- Laurent, E. “¿Cómo tragarse la píldora?” En Ciudades Analíticas. Tres Haches, Buenos Aires, 2004.
- Laurent, E. “El honor común del ser hablante”. En Ciudades Analíticas. Tres Haches, Buenos Aires, 2004.
- Milner, J.C. La política de las cosas. Miguel Gómez Ediciones. Málaga, 2007.
- Naveau, L. Una ciencia sin raíces. Ed. Universidad de Granada. ICF-Granada. Granada, 2009. También puede accederse al audio de la conferencia en: www.icf-granada.net/audio.htm
-NUCEP. Grupo de Investigación sobre psicoanálisis aplicado a la Salud Mental. Colección Grupos de Investigación. Año 2006/2002.
- Simonetti, A. El analista, ¿prestarse al uso de la salud mental? Ed. EOL-Córdoba. Córdoba, 2000.
- Simonetti, A. “Entre el síndrome y el trastorno, el síntoma”. En Freudiana nº 45. Barcelona, 2005.
- Ubieto, J.R. El trabajo en red. Gedisa. Barcelona 2009.
- Vilá, F. Sobre la Transferencia y su destino en los dispositivos de Salud Mental.XV Jornadas del Campo Freudiano en España. Bilbao, 2000.
- VV.AA. Los usos del psicoanálisis. Paidós, 2003.
- VV.AA. “Salud Mental y Psicoanálisis Aplicado”. Notas Freudianas. Revista de la Escuela Europea de Psicoanálisis. Grupo de estudio de Asturias, 1996.
- VV.AA. Psiquiatría y Psicoanálisis. Ed. Grama. Buenos Aires, 2007.
- VV.AA. Prozac ¿sí o no? Indicaciones y contraindicaciones. Ed. Filum. Madrid, 2006.
- VV.AA. Psicópolis. Ed. Kairos. Barcelona, 2005.
- VV.AA. El Malestar en la Cultura. II y III Jornadas de la Sección de Psicoanálisis de la AEN. Madrid, 1992.
- www.icf-granada.net/conde.htm Audios del ciclo Conferencias y Debates de Psicoanálisis en Granada. Curso 2010-2011: “Paradojas de la Salud Mental. Lacan y la psiquiatría”.
Fernandez Blanco, M. La salud mental a la luz de los cuatro conceptos fundamentales del psicoanálisis. 29/10/2010.
Vicens, A. Lacan y la psiquiatría rebasada por la poesía. 12/11/2010.
Monribot, P. ¿Qué significa hoy en día curarse psicológicamente? 17/12/2010.
Tizio, H. La función del síntoma. 21/01/2011.
- www.wfsp.eu/Es/revista_mental.htm : se puede encontrar en esta dirección los sumarios de la Revista Mental.
- www.ebp.org.br/enapol/Dirección del Encuentro Americano ENAPOL “La salud para todos, la locura de cada uno”. Se encuentran allí textos y una publicación periódica (“Hacia ENAPOL”).
[1] Jam, leçon du 02 mars 2011
[2] Jacques Lacan, Ornicar 25, page 25
[3] Caroz G Les simultanées : Deux questions et une remarque à Barcelone, Pipol news 34.
[4] Lacan J., « Hamlet», Ornicar ?, n°25, p.24
[5] Miller JAM., « Santé mentale et ordre public », Mental; n°3, p. 20
[6] Miller JAM., « Santé mentale et ordre public », Mental; n°3, p. 24l
[7] Miller JAM., « Santé mentale et ordre public », Mental; n°3, p. 19
[8] Lacan J., « Ouverture de la section clinique », Ornicar ?, n°9, p.10
[9] Lacan J., « Ouverture de la section clinique », Ornicar ?, n°9, p.13
PIPOL NEWS 34 - 13|03|2011
PIPOL NEWS 34 - 13 MARS 2011
"Désolé, je suis occupé, je dois envoyer mon argument pour les simutlanées de
PIPOL 5 avant ce mardi 15 mars, à minuit."
Sommaire
PIPOL 5 : Les simultanées : Deux questions et une remarque à Barcelone
PIPOL 5: De simultaansessies: Twee vragen en een opmerking in Barcelona

PIPOL 5 : Les simultanées
Deux questions et une remarque à Barcelone
Le samedi 5 mars 2011, je me suis joint à Barcelone à une trentaine de collègues, membres et « socios » de la Escuela Lacaniana de Psicoanalysis au local de la « sede de la ELP de la Comunidad de Catalunya » pour une réunion intitulée PUNTO DE ENCUENTRO PIPOL 5. Vous trouverez ci-dessous extraites de cette réunion deux questions/réponses et une remarque.
Gil Caroz
Question :Dans l’argument des simultanées de PIPOL 5, vous nous invitez à parler de nos erreurs dans la clinique. Ce n’est pas facile !
Réponse :Vous faites une lecture intéressante et certainement possible de l’argument. Tentons une distinction entre l’erreur et le ratage et disons : l’erreur est du moi, et elle revient sur le moi. En ce qui concerne le faux pas dans la clinique, il me semble plus intéressant de prendre les choses sous l’angle du ratage, car le ratage est du côté du sujet l’inconscient et s’inscrit dans un cadre transférentiel. C’est dire qu’il peut arriver que le clinicien fasse une erreur. Mais s’il est analysant, l’erreur a une chance de devenir ratage et alors de ne plus être nécessaire. C’est une façon de parler du point que nous voulons cerner lors des simultanées, mais ce n’est pas la seule. Ne vous forcez pas à chercher le ratage, il est là, de toute façon.
Question : D’accord, mais parler dans les simultanées de PIPOL 5, cela veut dire s’exposer. Je recule…
Réponse :Ces simultanées s’inscrivent dans la logique de « l’événement Paris », soit les journées d’automne de l’ECF qui ont lieu en novembre 2009. Comme le disait Jacques-Alain Miller à la fin des ces Journées, la démarche de mettre au travail publiquement son rapport à l’inconscient est une démarche freudienne, qui fait partie de la formation d’un analyste. Ici, lors de PIPOL 5, il s’agira de parler d’un cas clinique à partir d’une position d’analysant. Ceci dit, il ne s’agit pas de faire cela n’importe où, ni n’importe comment. Nous avons le tact et le mi-dire à notre disposition et sur ce point les mentors apporteront leur contribution. Nous proposons les simultanées comme cadre qui garantirait autant que possible le bon déroulement de cet exercice.
Remarque : Je voudrais dire pourquoi l’argument des simultanées m’a touché. Je travaille comme psychiatre depuis des longues années dans un hôpital psychiatrique, avec des cas très lourds. Par ailleurs, je suis depuis très longtemps en analyse. Le travail à l’hôpital me renvoie constamment à l’analyse, parce que les cas durs « barrent » constamment le clinicien et touchent à son narcissisme. L’argument des simultanées confirme ce que je pense, à savoir que la scission entre psychanalyse pure et appliquée est en quelque sorte une fausse scission. Mon travail à l’hôpital est fortement noué à mon analyse et il relève donc de la psychanalyse. « Quand il y a de l’analyste chez le clinicien » cela indique bien ce de quoi il s’agit.
PIPOL 5 : De simultaansessies
Twee vragen en een opmerking in Barcelona
Zaterdag 5 maart 2011 bezocht ik in Barcelona een dertigtal collega’s, leden en « socios » van de Escuela Lacaniana de Psicoanalysis in het lokaal van de « sede de la ELP de la Comunidad de Catalunya » voor een bijeenkomst met als titel PUNTO DE ENCUENTRO PIPOL 5. Onderstaand kunt u uitreksels vinden van deze bijeenkomst : twee vragen met antwoord en een opmerking.
Gil Caroz
Vraag :In het argument van de simultaansessies van PIPOL 5, nodigt u ons uit om te spreken over onze fouten in de kliniek. Dat is niet gemakkelijk !
Antwoord :Uw interpretatie van het argument is interessant en houdt zeker steek. Laten we een onderscheid maken tussen fout en mislukking : een fout is iets van het ik, en komt terug naar het ik. Wat betreft de misstap in de kliniek, lijkt het me echter interessanter om de mislukking als invalshoek te nemen. De mislukking ligt aan de kant van het subject van het onbewuste en schrijft zich in een overdrachtskader in. Dit wil zeggen dat een fout elke clinicus kan overkomen. Echter, indien hij analysant is, kan de fout een mislukking worden en bijgevolg niet meer noodzakelijk zijn. Het is een manier van spreken over het punt dat we willen vatten tijdens de simultaansessies, maar dat is niet het enige punt. Forceer u niet in het vinden van de mislukking, die is er steeds in alle geval.
Vraag : Akkoord, maar spreken tijdens de simultaansessies van PIPOL 5 wil zeggen dat men zich blootstelt. Ik deins terug…
Antwoord :Deze simultaansessies schrijven zich in in de logica van « l’événement Paris », zijnde de Journées d’Automnevan het ECF die plaatshadden november 2009. Zoals Jacques-Alain Miller stelde op het einde van die Journées, is de stap om de eigen verhouding met het onbewuste publiek aan het werk te zetten, een Freudiaanse stap, die deel uitmaakt van de vorming van een analyticus. Hier, tijdens PIPOL 5, komt het er op aan om te spreken over een geval vanuit een positie als analysant. Dit gezegd zijnde komt het er niet op neer om het even wat te doen. We hebben de tact en het half-zeggen (mi-dire) ter beschikking, en op dit punt zullen de mentoren hun bijdrage leveren. We beschouwen de simultaansessies als een kader dat een goede afloop van de oefening zo goed mogelijk garandeert.
Opmerking : Ik zou graag willen zeggen waarom het argument voor de simultaansessies me geraakt heeft. Ik werk sinds lange tijd als psychiater in een psychiatrisch ziekenhuis, met zeer zware casussen. Bovendien ben ik reeds zeer lange tijd in analyse. Het werk in het ziekenhuis brengt me steeds terug naar de analyse omdat zware casussen de clinicus constant “dwarsbomen” en zijn narcisme raken. Het argument van de simultaansessies bevestigt wat ik denk, namelijk dat de opsplitsing tussen pure en toegepaste psychoanalyse in zekere zin een foute opsplitsing is. Mijn werk in het ziekenhuis is sterk verknoopt met mijn analyse en geneest me dus van de psychoanalyse. “Wanneer er analyticus is bij de clinicus,” dit geeft goed aan waarover het gaat.
Vertaling: Stijn Vanheule
PIPOL NEWS 33 - 10|03|2011
PIPOL NEWS 33 - 10 MARS 2011
¿Estas loco? ¿Todavía no has enviado tu argumento para las simultáneas?"
(Una colega a un colega)
Sumario
Leonora Troianovski, Barcelona: Punto de Encuentro PIPOL 5 en Barcelona
Gil Caroz, Bruselas: Las simultáneas: Dos preguntas y un comentario

Punto de Encuentro PIPOL 5 en Barcelona
Leonora Troianovski
El sábado 5 de Marzo, tuvo lugar en la sede de la ELP de la Comunidad de Cataluña el “Punto de encuentro PIPOL 5” convocado por Gil Caroz. Alrededor de una treintena de asistentes provenientes desde diversos puntos de la geografía española nos reunimos para escuchar a Gil, quien transmitió de viva voz la propuesta de este PIPOL.
La organización contará con un espacio para las Simultáneas, durante la jornada del sábado, dejando para el domingo la dimensión política y epistémica, bajo la modalidad de Plenarias. En cuanto a la política, Gil habló de la importancia de la constitución de la Eurofederación, como plataforma desde donde dirigirse a las instancias políticas (OMS, etc.).
La propuesta de PIPOL 5 se enmarca en el llamado “Acontecimiento de París”, a partir del cual se introduce una rectificación en la Escuela, se trata de resituar el modo de hablar a partir del modo freudiano, es decir, de la propia relación al inconciente. Gil recordó que esto mismo lo encontramos en Lacan, cuando dice Lo real es mi síntoma.
Tomando el paradigma del Pase, que está en el horizonte, se plantea la cuestión de que el analista empieza a ser practicante antes del pase, esto legitima que se espere de él que testimonie de su relación al inconciente. Esta estela introduce una nueva modalidad de presentación de los trabajos para las Simultáneas, apuesta que augura sorpresas y cambios… si hasta ahora las simultáneas eran el momento de hacer el café, ésta vez será diferente!
Las presentaciones en las Simultáneas darán cuenta de la relación al inconsciente pero en relación a un caso clínico, a la formación que el análisis ha dado al practicante para abordar lo que el caso presenta. En este sentido se trata de la transmisión de la formación que se extrae del propio análisis, en el quehacer del caso.
Gil aclaró que se trata de precisar este punto en relación al “caso clínico” en el sentido amplio de las prácticas, en el trabajo del acompañamiento terapéutico, en instituciones de niños autistas, etc., donde pueda darse cuenta de cómo uno toma apoyo en un punto esclarecido de su análisis para el abordaje que realiza en su ámbito de trabajo.
Esta manera de pensar la formación, establece una línea divisoria, una demarcación en relación a la formación en Salud Mental, donde se trata de un saber instrumental, el de la aplicación de tests, clasificaciones y protocolos.
La propuesta de PIPOL 5 se enmarca entonces en la orientación tomada a partir del 2009 de demasificación de la enunciación, para hablar desde la posición subjetiva de cada uno. Para ello, es necesario construir marcos precisos desde donde esta enunciación es posible. En este punto introdujo la función del mentor. Destacó la modalidad de la alusión como forma de hablar del sujeto del inconciente y la dimensión de la alteridad, la función del Otro en relación al cual se escribe el texto.
Este fue el punto que suscitó más preguntas entre los asistentes, desde la inquietud por “no estar a la altura”, reflexiones alrededor de que toda presentación de caso implica de alguna manera este nudo entre posición del analista y efectos de formación, la zona delicada en que si bien hay una exposición no se trata de quedar expuesto…
Acerca de la asignación de los mentores, Gil destacó como orientación de la organización, la economía de la transferencia.
La reunión se alargó hasta el momento de dirigimos a la XI Conversación Clínica del ICF sobre Terminaciones de análisis en el hotel Majestic, animados, inquietos, causados por la invitación a pensar en nuestro trabajo en los dispositivos de Salud Mental, a partir del encuentro con el deseo.
Barcelona, 9 de marzo 2011
PIPOL 5: Las simultáneas
Dos preguntas y un comentario
El sábado 5 de marzo de 2011 me reuní, en el local de la “sede de la ELP de la comunidad de Catalunya”, en Barcelona, con una treintena de colegas miembros y “socios” de la Escuela Lacaniana de Psicoanálisis. Os presento a continuación dos preguntas y un comentario que surgieron en esta reunión llamada PUNTO DE ENCUENTRO PIPOL 5.
Gil Caroz
Pregunta:En el argumento de las simultáneas de PIPOL 5 se nos invita a hablar de nuestros errores en la clínica ¡No es fácil!
Respuesta:Es, efectivamente, una de las lecturas posibles del argumento. Sin menoscabar su importancia, os propongo otra que supone distinguir el error de la falla [ratage]: el error pertenece al yo, y vuelve al yo; la falla, al sujeto del inconsciente. En lo que concierne al “paso en falso” del clínico, me parece más interesante, entonces, pensar las cosas a partir de la falla ya que ésta queda del lado del sujeto del inconsciente y se inscribe en un marco transferencial. El clínico comete errores, pero cuando él es, además de clínico, analizante, el error tiene una chance de devenir falla y entonces deja de ser necesario. Esta lectura que os propongo es una manera posible pero no la única de abordar la cuestión que intentamos delimitar en las simultáneas. No se esfuercen en buscar la falla, ella está ahí de todas maneras.
Pregunta: De acuerdo, pero hablar en las simultáneas de Pipol 5 implica exponerse. Yo retrocedo…
Respuesta:Las simultáneas de Pipol 5 se inscriben en la misma lógica del “evento de Paris”, es decir, las Jornadas de otoño de la ECF que tuvieron lugar en noviembre de 2009. Como dijo Jacques-Alain Miller al final de estas jornadas, la propuesta de poner a trabajar su relación al inconsciente públicamente, es una propuesta freudiana que forma parte de la formación del analista. En Pipol 5 se trata de hablar de un caso clínico desde una posición analizante. Dicho esto, es importante precisar que no es cuestión de hacerlo en cualquier lado, ni de cualquier manera. Tenemos el tacto y el medio-decir a nuestra disposición y sobre este punto los mentores aportarán su contribución. Os proponemos las simultáneas como un marco que garantizará que este ejercicio se lleve a cabo de la mejor manera posible.
Comentario:Quisiera decir por qué el argumento de las simultáneas me ha tocado. Trabajo como psiquiatra desde hace muchos años en un hospital psiquiátrico con casos muy duros. Por otro lado, hace mucho tiempo que estoy en análisis. El trabajo en el hospital me envía a menudo a mi análisis, porque los casos duros “barran” constantemente al clínico y tocan su narcisismo. El argumento de las simultáneas confirma lo que pienso; a saber: que la escisión entre el psicoanálisis puro y el psicoanálisis aplicado es, de alguna manera, una escisión falsa. Mi trabajo en el hospital está profundamente ligado a mi análisis y releva del psicoanálisis. “Cuando hay analista en el clínico” es una frase que, a mi parecer, indica bien aquello de lo que se trata en las simultáneas de Pipol 5.
PIPOL NEWS 32 - 04|03|2011
PIPOL NEWS 32 - 4 MARS 2011
"T'es fou? Tu n'as pas encore envoyé ton argument pour les simultanées ?"
(Une collègue à un collègue)
Le réel du praticien dans le tableau
Het reële van de clinicus in het schilderij

Simultanées du Pipol 5
Le réel du praticien dans le tableau
Ce que vous dévoilez n'est pas ce que vous projetez…
Houai-nan-tse (IIème siècle av. J.-C.)[1]
Qu’est-ce qu’un témoignage quand il s’agit de celui de l’analyste dans le clinicien ? Etant donné que l’analyste n’est pas un être, mais plutôt une position qui se déduit de ses effets, nous pourrions supposer qu’il se trouve toujours, ou presque toujours, là dans les récits de cas ? Qu’est qu’il y a de nouveau ?
Dans les simultanées de Pipol 5 il s’agit plutôt de témoigner d’un bout de réel qui encombre ou, à l’inverse, opère efficacement pour le praticien. Mais pour celui qui est dans la position de l’analyste, ne s’agit-il pas plutôt de s’oublier ? Comment l’inclure donc sans que cela ne devienne un autoportrait, c'est-à-dire, un récit du moi ?
Allons voir la peinture du Siècle d’Or pour laquelle la question de l’inclusion de l’artiste dans son acte est familière. Si depuis Dürer, le fait qu’un peintre choisisse comme thème d’un tableau sa propre personne n’est plus une nouveauté, c’est au XVIIème siècle que l’auteur est inclus comme une instance opérante, c’est-à-dire, le peintre surpris dans son acte de peindre[2].
Pensons à l’autoportrait masqué dans la Vanitas (1630) de Pieter Claesz où l’auteur est présent dans le tableau sous la forme d’un reflet dans une boule de verre : Voilà l’art, voilà mon art ! – semble vouloir nous dire Claesz. Et me voici le pratiquant !, Quelle vanité que la peinture ![3]
Allons aussi voir lePeintre dans l’atelier (1628) de Rembrandt et l’autoportrait de Goya –même si il est beaucoup plus tardif (1790-1795) – où nous trouvons représentés l’artiste et sa toile. Regardons L’Art de la peinture (1665) de Veermer où on découvre le modèle et le peintre travaillant dos au spectateur.
Ces œuvres montrent comment l’artiste se représente à lui-même en train de peindre donnant différentes versions d’autoportrait, d’autoréflexion.
Dans les simultanées de Pipol 5 il s'agit, au contraire, d'une autre inclusion dans le récit du cas (le tableau) ; non pas celle de la personne du clinicien, mais celle d'un réel auquel le sujet qui est dans la position de l'analyste a affaire.
Regardons cette fois le célèbre tableau de Vélasquez Les Ménines (1656) même si nous n’en parlerons pas comme Lacan dans son séminaire sur L’objet de la psychanalyse à propos de la fin de l’analyse. Pensons à ce tableau que Lacan fait parler comme une BD belge: Fait voir ! – dit l’infante, Tu ne me vois pas d’où je te regarde ! – répond Vélasquez en laissant entendre la non-réciprocité qui est à l’œuvre. Dans Les Ménines l’artiste s'introduit dans le tableau, mais il ne se peint pas dans un miroir[4]. Le miroir y est mais sur sa surface nous voyonsune image qui, se trouvant en dehors de la représentation, n’est pas pourtant celle du peintre, mais celle du couple royal. Vélasquez est dans le tableau mais en tant que sujet divisé : qu’en est-il de son désir quand il se peint au milieu d’une scène royale ? Le tableau retourné, le tableau dans le tableau qui apparait en premier plan, ne serait d’ailleurs qu’un leurre (au sens militaire du mot) ; on se perd en hypothèses sur ce que s’y trouve, et on ne voit pas la scène qui devrait crever les yeux[5] : l’infante Marguerite et ses suivantes dans un tableau vivant. Les Ménines ne donnent pas, comme ses contemporaines, une version d’autoportrait à laquelle le spectateur pourrait s’identifier ; elles montrent, au contraire, ce qui est non spécularisable, non représentable : l’objet petit a caché, voilé par la jupe de l’infante Marguerite au premier plan[6] et un sujet divisé par son désir monarchique.
La peinture est-elle autre chose que l’art d’embrasser ainsi la surface d’une fontaine ?[7]–sedemande Alberti. Est-t-il possible d’introduire celui qui est dans la position de l’analyste dans le récit du cas sans faire un récit du moi ? –nous interrogeons-nous.Vélasquez réponds Oui ! A condition de s’y introduire en tant que sujet divisé, effet de la rencontre du réel.
Et pourquoi témoigner ? Dans quel but ? Montrer, être vu, se voir ? Vanité ? Questionnement ? Reconnaissance ? Quel désir est-il en jeu pour l’analyste ?
Prendre la parole dans une communauté psychanalytique demande de faire un pas de plus. Rendre compte du passage d’un sujet qui se voit en train de peindre à unsujet qui soit pensé là même où il ne pense pas[8], y mettre son corps, s’exposer à l’erreur, au lapsus, à la faute et risquer l’image que nous avons de nous-mêmes, implique de faire face à notre propre manque et permet de sortir de la cage de notre narcissisme. Abandonner le confort de la conscience et de l’autoréflexion, ouvre à la communauté en rendant possible la transmission de la psychanalyse, transmission d’une expérience qui met le réel au premier plan.
Laura Petrosino
Secrétaire de simultanées de Pipol 5
[1]Cité par Philippe Sollers, l'Eloge à l'infini, Paris, Gallimard, 2001.
[2]Stoichita, V.-L., L’instauration du tableau, Paris, Droz, 1999, p.265-351.
[3]Ibid.
[4]Lacan, J., L’objet de la psychanalyse, Séminaire livre XIII, Leçon de 25 mai 1966, Inédit.
[5]Depelsenaire, Y., Un musée imaginaire lacanien, Bruxelles, La lettre volée, 2008, p.77.
[6]Lacan, J., op.cit.
[7]Cette question fait allusion à Narcisse. Alberti, L. B., De la peinture, Paris, Macula Dédale, 1992, p. 135
[8]Gueguen, P.-G., Foucault et Lacan à propos de Vélasquez : le statut du sujet de la représentation, la revue de la Cause freudienne n°55, Navarin, Paris, p. 146.
Simultaansessies Pipol 5
Het reële van de clinicus in het schilderij
Wat u ontsluiert is niet wat u projecteert...
Houai-nan-tse (2de eeuw v. Chr.)[1]
Wat is een getuigenis wanneer het deze van de analyticus in de clinicus betreft? Gegeven dat de analyticus geen kwestie van zijn is, maar eerder een positie die zich laat afleiden uit haar effecten, zouden we dan kunnen veronderstellen dat de analyticus altijd of bijna altijd in de verhalen van het geval terug te vinden is? Wat is er nieuw aan?
Tijdens de simultaansessies van Pipol 5 gaat het er eerder om te getuigen over een stukje reële dat de clinicus de weg verspert of dat daarentegen juist zeer doeltreffend werkt. Maar gaat het er voor hij die zich in de positie van analyticus bevindt niet eerder om zichzelf te vergeten? Welke inclusie van de analyticus, zonder dat het een zelfportret zou worden, een verhaal van het ik?
Laat ons een blik werpen op de schilderkunst uit de Gouden Eeuw waarin de implicatie van de kunstenaar in zijn act gebruikelijk is. Als de keuze voor de eigen persoon als thema van het schilderij sinds Dürer niets nieuws meer is, is het in de 17de eeuw dat de auteur als operante instantie wordt meegerekend, wat betekent dat de schilder verrast wordt doorheen zijn act van het schilderen[2].
Denken we aan het zelfportret Gemaskerd uit de Vanitas (1630) van Pieter Claesz, waar de schilder in het schilderij aanwezig is onder de vorm van een reflectie in een glazen kom: Ziedaar de kunst, ziedaar mijn kunst! - lijkt Claesz ons te willen zeggen. Hier ben ik, de uitvoerder! Wat een ijdelheid, het schilderen![3]
Laat ons ook de Schilder in het atelier (1628) van Rembrandt en het Zelfportret van Goya eens bekijken – ook al is deze van een veel latere datum (1790-1795) – waar we de kunstenaar en zijn doek afgebeeld zien. In De kunst van het schilderen (1665) van Vermeer ontdekken we het model en de schilder die met de rug naar de toeschouwer staan te werken.
Deze kunstwerken tonen hoe de kunstenaar zich al schilderend aan zichzelf voorstelt door verschillende versies van het zelfportret, van de zelfreflectie weer te geven.
Tijdens de simultaansessies van Pipol 5 gaat het over een andere inclusie in het verhaal van de casus (het tableau); niet deze van de persoon van de clinicus, maar deze van een reële waarmee het subject dat zich in de positie van analyticus bevindt, te maken heeft.
Laten we deze keer het beroemde werk van Velasquez De hofdames (1656) bekijken, ook al zullen we er niet over spreken zoals Lacan dat deed in zijn seminarie L’objet de la psychanalyse met betrekking tot het einde van de analyse. Denken we aan dit schilderij dat Lacan aan het spreken brengt als een Belgisch stripverhaal: Laat zien!– zegt het koningskind, Je ziet me niet vanwaar ik je bekijk! – antwoordt Velasquez door de niet-wederkerigheid te laten horen die aan het werkis. In De hofdames introduceert de kunstenaar zich in het schilderij, maar hij schildert zichzelf niet in een spiegel[4]. De spiegel is er, maar op zijn oppervlak zien we een beeld dat, zich buiten de representatie bevindend, nochtans niet dat van de schilder is, maar dat van het koningspaar. Velasquez is in het schilderij aanwezig, maar als verdeeld subject: wat is er van zijn verlangen wanneer hij zich te midden van een koninklijke scène schildert? Het omgekeerde schilderij, het schilderij in het schilderij dat op het eerste plan verschijnt, zou overigens slechts een valstrik zijn (in de militaire zin van het woord); men verliest zich in hypothesen over wat er zich bevindt en men ziet de scène niet die de ogen zou moeten vermoeien[5]: het koningskind Marguerite en haar gevolg in een levendig tafereel. De hofdames geeft niet, zoals hun tijdsgenoten, een versie van het zelfportret waarmee de kijker zich kan vereenzelvigen: ze tonen daarentegen wat niet te spiegelen, niet te representeren is: het verdoken object a, omsluierd door het kleed van Marguerite op het eerste plan[6]en een subject, verdeeld door zijn koninklijk verlangen.
Is de schilderkunst iets anders dan de kunst om het oppervlak van een fontein op die manier te omhelzen?[7]– vraagt Alberti zich af. Is het mogelijk om diegene die zich in de positie van analyticus bevindt in het verhaal van de casus een plaats te geven zonder er een verhaal van het ik van te maken? – vragen wij ons af. Velasquez antwoordt Ja! Op voorwaarde dat men zich er een plaats in geeft als verdeeld subject, effect van de ontmoeting met het reële.
En waarom getuigen? Met welk doel? Tonen, gezien worden, zich bekijken? IJdelheid? Bevraging? Erkenning? Welk verlangen speelt er voor de analyticus?
Het woord nemen in een analytische gemeenschap vraagt dat men een stap verder gaat. Rekenschap geven van de overstap van een subject dat zichzelf ziet schilderen naar een subject dat daar gedacht zou worden waar hij niet denkt[8], er zijn lichaam plaatsen, zich aan de vergissing blootstellen, aan de lapsus, aan de fout en het beeld op het spel zetten dat we van onszelf hebben, impliceert dat we ons eigen tekort onder ogen zien en laat toe ons uit de kooi van ons narcisme te bevrijden. Het comfort van het bewustzijn en van de zelfbeschouwing verlaten, is een opening naar de gemeenschap door de transmissie van de psychoanalyse mogelijk te maken, transmissie van een ervaring die het reële op het voorplan plaatst.
Laura Petrosino
Secretaris van de simultanées van Pipol 5
Vertaling: Glenn Strubbe
[1] Geciteerd door Philippe Sollers, l'Eloge à l'infini, Paris, Gallimard, 2001.
[2] Stoichita, V.-L., L'instauration du tableau, Paris, Droz, 1999, p. 265-351.
[3] Ibid.
[4] Lacan, J., L’objet de la psychanalyse, Le Sèminaire Livre XIII, les van 25 mei 1966, onuitgegeven.
[5] Depelsenaire, Y., Une musée imaginaire lacanien, Bruxelles, La lettre volée, 2008, p. 77
[6] Lacan, J. op. Cit.
[7] Deze vraag verwijst naar Narcissus. Alberti, L.B., De la peinture, Paris, Macula Dédale, 1992, 1992, p. 135
[8] Gueguen, P.-G., Foucault et Lacan à propos de Vélasquez: le statut du sujet de la représentation, Revue de la Cause Freudienne, nr. 55, Paris, Navarin, p. 146
PIPOL NEWS 31 - 03|03|2011
PIPOL NEWS 31 - 3 MARS 2011
"Un excès d'ordonnances et d'interdictions nuit à l'autorité de la loi."
(Freud - La question de l'analyse profane)
Sommaire
Cinzia Crosali, Île-de-France, Paris : Dois-je donc subir ce bonheur ?
Maurizio Montanari, Emilia Romagna, LA NEO LINGUA DI BIG PHARMA
Escuela Lacaniana de Psicoanálisis- Comunidad de Catalunya
Enseñanzas de la Escuela : Hacia Pipol V
L'enfance sous contrôle : Documentaire de Marie-Pierre Jaury


Dois-je donc subir ce bonheur ?
Cinzia Crosali
Marie, après la prise de ses antidépresseurs, n’éprouve plus l’angoisse accablante qui l’envahissait. En séance, elle s’interroge : « Oui, je vais bien, mais est-ce moi ou le médicament ? Est-ce un vrai ou un faux bien-être ? Et si c’est faux, dois-je donc subir ce bonheur qui n’est pas le mien ? ».
La catégorie de la vérité ou de la fausseté du bien-être n’a pas été prise en considération par les technocrates de la santé mentale pour lesquels le bien-être est clair et univoque, situé à l’opposé du mal-être.
La plainte apparemment paradoxale de Marie montre l’impossible objectivité du concept de santé mentale, spécialement quand le champ d’application concerne les affects. Si l’angoisse est le seul affect qui ne trompe pas, le « bien-être » qui voudrait être le support d’une bonne « santé mentale » peut, lui, au moins pour Marie, être trompeur. De ce bien-être, de cette forme de santé, parfois le sujet s’en méfie, en doute, et ne peut pas s’en accommoder. L’absence de maladie que comporte le concept de santé est douteux quand il s’agit du « mental ». La santé physique ne se prête déjà pas à l’objectivité absolue, surtout s’il s’agit de la rapporter au concept de guérison : la guérison consiste-t-elle toujours en un retour à l’état antérieur à la maladie ? Guérison et santé sont-elles équivalentes ? La zone d’indécision qui subsiste, même pour la santé dite physique, s’élargit quand on aborde la polarité : maladie mentale-santé mentale.
Les campagnes antidépression de ces dernières années ont répandu comme vérité scientifique l’équivalence de la dépression et de la maladie mentale, en faisant de l’état dépressif la maladie du siècle. Maladie soignable, éradicable, grâce aux avancées de la science pharmacologique. Maladie à faire revenir à l’état antérieur : celui de la santé mentale.
Dans leur pratique, les analystes entendent la plainte de certains patients aux prises avec un état qu’eux-mêmes ne considèrent ni comme santé, ni comme maladie. En italien, il existe une expression pour désigner le manque de consistance de quelqu’un ou de quelque chose : on dit qu’il n’est « né carne, né pesce », littéralement : « ni chair, ni poisson », c'est-à-dire un indéfinissable, quelque chose de mou, sans forme ni saveur. C’est ainsi qu’un patient se plaignant de n’avoir plus de goût à la vie disait: « je ne suis plus rien, né carne, né pesce. Mais quelle est ma maladie ? »
Pour la psychanalyse, la dépression n’est pas une maladie mentale, elle ne relève pas d’un déficit de santé qu’il faudrait combler, ni d’une tension psychologique qu’il faudrait réduire. Lacan est proche de la Patristique quand, dans Télévision, il considère la tristesse, « qu’on qualifie de dépression », comme une lâcheté morale, qui est de l’ordre de la pensée.
Deux réflexions découlent de cette fameuse citation, l’une autour de la question de la lâcheté, l’autre à propos de l’implication de la pensée dans l’affect dépressif.
La lâcheté morale
La lâcheté est une affaire de trahison et dans ce cas, il s’agit d’une auto-trahison. C’est le fameux « céder sur son désir » lacanien, qui revient ici sous la forme d’un lien « lâche » d’avec l’objet cause du désir. En parlant de l’éthique, Lacan peut dire : « Ce que j’appelle céder sur son désir s’accompagne toujours […] de quelque trahison ».[1] Le sujet se trahit, c'est-à-dire il trahit le désir qui le constitue en tant que sujet. Cette trahison l’enferme, le rend prisonnier, empêtré dans les mailles « lâches » et défaites de la structure. Il se prend les pieds dans ses lacets défaits, parce que les nœuds (de la structure) ne sont pas serrés.
La lâcheté morale s’inscrit à l’opposé de la loi morale, à l’opposé de la dimension éthique et comporte donc le rapport du désir à la loi. [2] « Le désir – écrit Lacan - suffit à faire que la vie n'ait pas de sens à faire un lâche »[3].
Mais pourquoi le rapport au désir serait-t-il si difficile et compliqué ? Dans le langage commun, le désir n’a pas le même statut que dans la psychanalyse. La publicité et le marché sont fondés sur l’idée d’un désir humain corrélé à un verbe, « désirer », qui a une forme transitive, c'est-à-dire qui soutient directement l’objet. « Je désire la santé », grammaticalement : sujet + verbe+ complément d’objet direct (C.O.D.). Le rapport au désir y demeure naturel, direct, sans aucune médiation. Nous avons l’idée d’être en syntonie avec nos désirs, d’y tenir, d’y être représentés : « c’est ça mon désir ! » dit-on en revendiquant ainsi un droit ; rien ne semble plus clair et évident. Pourquoi donc y aurait-il cette tendance à abdiquer son désir, à y renoncer, si le désir est la condition de notre bonheur ? Un bonheur décliné dans les prospectus de coaching moderne qui promeuvent l’épanouissement personnel, en s’appuyant sur des techniques de traitement du désir. L’un des derniers que j’ai lus promettait le bonheur en six étapes, toutes centrées sur le désir : 1) focalisation de son désir, 2) délibération, 3) décision, 4) affirmation, 5) planification, 6) exécution ! La réalisation du désir est le but atteint à la fin du parcours.
Les techniques de gymnastique de l’esprit et d’entraînement du « mental », en vue de leur bonne santé, attribuent au désir une direction qui va du sujet à l’objet convoité, dans un mouvement en avant pour atteindre le but. Parfois, ce but est constitué d’objets de consommation, des gadgets de la production folle et infinie de la science et de la technologie, parfois il vise un « plus » d’être : être plus sûrs de soi, plus performants, plus positifs, plus sympathiques, plus satisfaits...
Pour la psychanalyse, l’objet concerné dans la dialectique du désir n’est pas un C.O.D., ce n’est pas un complément, mais une cause, il s’agit d’un objet cause de désir. De plus, la structuration du désir n’équivaut pas à un supplément d’être. Au contraire, une sorte de mortification est opérée par l’incidence de la castration symbolique, du fait que le sujet entre dans le bain du langage. Le désir se trouve alors lié à la loi, la loi de l’interdiction de l’inceste, dit Lacan[4], qui norme le désir. Pour que le sujet puisse s’instituer en tant que sujet désirant, il doit perdre un peu de son être, de son être de jouissance, c’est ça le prix à payer.
Ainsi : « le névrosé (…) a besoin de passer par l’institution de la loi (…) pour soutenir son désir. … Il ne peut désirer que selon la loi »[5].
Le concept de lâcheté morale, que Lacan utilise pour qualifier la dépression, se clarifie à la lumière de la logique du désir. Il s’agit d’une désertion lâche du sujet face aux implications que le désir comporte. Une désertion qui se traduit dans un «ne pas vouloir savoir », et c’est de ce « ne pas vouloir » qu’est faite la lâcheté morale dont parle Lacan.
Et encore, la lâcheté évoquée par Lacan dans la position du déprimé relève du retrait du sujet par rapport à un devoir éthique : le devoir de bien dire. Un devoir qui concerne la mise en résonance du langage et de la jouissance, c'est-à-dire la rencontre du signifiant avec le réel de la jouissance. Cette rencontre suppose la traversée d’un moment d’angoisse, révélatrice à la fois de l’objet a et du désir. C’est justement à ce moment d’angoisse que le déprimé se dérobe, en choisissant de céder sur son désir dans le cas de la névrose, ou de rejeter l’inconscient dans le cas de la psychose. La « lâcheté » consiste ainsi dans le « lâchage » face à l’éthique. C’est le lien (le nœud) qui se montre défait, lâche, et incapable de faire tenir le sujet dans sa position de sujet désirant.
La pensée
Lacan précise que : «la tristesse, [qu’on] qualifie de dépression, […] ne se situe […] que de la pensée »[6]. C’est par rapport à une conception psychologisante de l’affect que nous pouvons entendre cette référence à la pensée.
Toujours dans Télévision,Lacan s’interroge sur le dualisme âme-corps à propos de l’affect :
« Qu’on me réponde - dit-il - seulement sur ce point : un affect, ça regarde-t-il le corps ? Une décharge d’adrénaline, est-ce du corps ou pas ? Que ça en dérange les fonctions, c’est vrai. Mais en quoi ça vient-il de l’âme ? C’est de la pensée que ça décharge »[7].
La première réflexion qui découle de la lecture de ce passage, c’est que Lacan met le corps et l’âme du même côté (côté imaginaire), tandis que la pensée n’a rien à voir avec l’âme, ou l’état d’âme, mais se situe du côté du symbolique. La pensée est soumise aux lois du langage et donc, appartient à l’ordre symbolique[8]. Le fait que l’affect relève d’une décharge de lapensée revient à le séparer de l’émotion, telle qu’elle est conceptualisée dans les neurosciences, c’est-à-dire comme une décharge qui va du corps biologique au mental. Dans cette logique, l’affect vient ducorps, tandis que pour Lacan « L’affect vient aucorps »[9], il est un signe qui se présente dans le corps, et ce corps est un corps vivant, c'est-à-dire un corps parlant. Et un corps vivant n’est jamais un corps tranquille.
La récente journée de l’ECF sur l’Intranquillité du psychanalyste[10] m’a permis d’avoir une écoute plus « éveillée » du signifiant « tranquillité » utilisé en séance par une patiente. Elle parlait de son entrée dans une période de calme plat, dans laquelle elle percevait les signaux qui précèdent une tempête : « je suis trop tranquille, je dors d’un sommeil trop profond, sans rêves, dans lequel je me précipite comme dans un gouffre ». Dans sa cure, le pari est que les séances fonctionnent comme moments de réveil, pour contrer la défense hypnotique d’une tranquillité ouatée et sourde à toute irruption du réel. Comme le disait Dominique Miller lors de cette journée, l’analyste est un réveilleur et son acte doit déranger.
L’évaluateur de l’État dirait sans doute que « tranquillité » est synonyme de « bonne santé mentale », surtout lorsque l’évaluation sert à la bonne santé de l’économie. Les intérêts de la production et du marché ne sont pas étrangers à l’invention de ce concept de « santé mentale» tel qu’il a été, par exemple, véhiculé par le Rapport Kovess, une recherche gouvernementale faite en 2009, qui avait pour titre : « La santé mentale, l’affaire de tous. Pour une approche cohérente de la qualité de la vie ». Cette étude, qui se soutient d’un « inattaquable » mot d’ordre promouvant le « bonheur pour tous », fait de la santé mentale la condition indispensable qui permettrait à tous de travailler mieux et de façon plus rentable (pour qui ?). En revanche, l’absentéisme et les arrêts-maladie pour «troubles du mental» sont redoutés par les Maîtres de l’économie du travail, comme la pire menace, le bâton dans les roues de la machine production-consommation, la seule qui peut rendre heureux.
Pourquoi est-ce si important pour l’État que le citoyen soit « heureux » ? Parce que lorsqu’il est déprimé, d’une part il ne travaille pas, et d’autre part il ne consomme pas. Il ne se laisse pas formater, évaluer, programmer, selon les intérêts du Marché que l’on fait généralement passer comme étant les intérêts de la collectivité. À moins qu’il ne devienne consommateur de psychotropes et donc de nouveau intéressant pour le marché.
Du concept de « maladie mentale » découle une thérapeutique, pharmacologique ou comportementale, qui vise toujours le même résultat : la bonne adaptation aux règles sociales, l’état optimal qui triomphe sans restes.
Pour la psychanalyse, la « maladie » de l’homme est le langage, elle découle des mots dont il est parasité. Mais le paradoxe magnifique de l’homme est que sa maladie constitue également sa santé. C’est dans les circuits de la parole que le sujet trouve le « vaccin » contre sa maladie, l’antidote contre son mal de vivre, et comme tout vaccin, celui-ci est fait de la même matière que sa maladie : le langage, avec son pouvoir d’humaniser la jouissance mortifère de la douleur d’exister.
[1]Lacan J , Le Séminaire, livre VII, l’Étique de la psychanalyse : page 370
[2]Cfr. Lacan J, le Séminaire VII, l’Éthique, page 28.
[3]Lacan J, Kant avec Sade Écrits, page 782
[4]Lacan : Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Seuil 2004, page 176. Dans ce paragraphe Lacan dit : Le désir, donc, c’est la Loi.
[5]Lacan, Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Seuil 2004, page 177
[6]Lacan J., « Télévision » (1973), Autres Écrits, Paris, Seuil, 2001, p.525-526.
[7]. Lacan J., « Télévision », op. cit., p. 524.
[8]Lacan : « Elle (La pensée pure) est soumise comme tout le reste aux lois du langage. Il n’y a que les paroles qui puissent l’engendrer et lui donner consistance. Sans le langage l’humanité ne ferait pas un pas en avant dans les recherches de la pensée », Magazine littéraire, n° 428, février 2004, p. 27, traduit de l’italien par Paul Lemoine (propos recueillis par Emilio Granzotto dans un entretien accordé en 1974 au magazine italien Panorama).
[9]. Cf. Lacan J., « Télévision », op.cit., p. 527
[10]Lacan : Question d’école. Lacan et l’intranquillité du psychanalyste. Samedi 5 février 2011. Maison de la Chimie. Paris
LA NEO LINGUA DI BIG PHARMA
Maurizio Montanari
‘E’ molto diffusa la sindrome da dipendenza da internet?’. ‘Si guarisce dal disturbo da dolore prolungato?’ . ‘ Come affrontare la nuova emergenza del bambino iperattivo?’.E’ ormai usuale venire interpellati attraverso il filtro una diagnosi preconfezionata nel merito della quale si chiedono lumi. Siamo in poco tempo passati dalla posizione della domanda generica : mi sta succedendo questo, di cosa soffro?’ , al più attuale ‘ soffro di questa patologia, mi può dare qualche consiglio per uscirne?. Sono molteplici i media dai quali poter reperire queste etichette, pari almeno ai rimedi farmacologici proposti per la loro cura. Quali sono le conseguenze di questa proliferazione di oggetti diagnostici alla portata di tutti? Gli operatori che lavorano nel campo della salute mentale seguendo le linee del Campo, devono saper non essere alla moda. Se da un lato è necessario confrontarsi con questo attuale processo di diagnostica totale, bisogna saperne lambire i confini senza farsi intrappolare. Bisogna essere demodè: cioè perseguire una pratica della singolarità e rinunciare a categorie onnicomprensive che nascondono il soggetto e schiacciano l’inconscio e le sue produzioni, senza immettersi in strade tracciate dal DSM. Strade lastricate da nuove patologie, neo nominate, che da questa nominazione traggono legittimità e dunque un conseguente percorso di cura. Che posto dare ai cosiddetti ‘nuovi sintomi?’ Si tratta di formazioni dell’inconscio attualizzate al tempo della modernità, o piuttosto neo classificazioni con capacità attrattiva per soggetti disinseriti, figli cioè di un tempo iper rifocillante che promuove il disabbonamento dall’inconscio e favorisce quindi una ricerca di posizioni immaginarie? Non sono forse zone di sosta con l’insegna luminosa ‘malattia’, poste sulla strada che va in direzione contraria al percorso di rettifica soggettiva? Non siamo forse al menu che diventa cena?
IAD, DAP, ADHD
Queste ‘patologie’ in Italia sono oggetto di studio intensivo, anche da parte di diversi psicoanalisti. Lo IAD ( Inernet addiction Disorder) , una nuova malattia europea ( simile allo hikikikimori giapponese) che interesserebbe il mondo giovanile. Legittimare questo ‘nuovo sintomo’apre una lunga e feconda strada di produzione diagnostica. Saranno ben presto individuate nuove patologie, rinnovabili con i tempi che il mercato pretende. Dalla 'dipendenza da internet' si passerà alla malattia da dipendenza televisiva, passando per la sindrome da I Phone, per arrivare a isolare e 'patologizzare' ogni forma di legame con i nuovi media, quando si riterrà il tempo di connessione sufficientemente lungo da giustificarne un ingresso nel campo della ‘anormalità’. Equante persone sono scivolate dentro al disturbo da attacco di panico ( dap) dopo essere state ripetutamente ricoverate di urgenza in pronto soccorso, dopo che veniva loro detto : ' è solo un attacco di panico'? Sovente la persona sofferente si rivolge al medico, al farmacista, all’ospedale, portando una richiesta spiazzante: ‘Aiutatemi, sono angosciato’. Il corpus medico risponde cristallizzando il momento d’ angoscia insostenibile che il soggetto patisce etichettandola come ‘attacco di panico’, chiudendo fuori dalla porta la storia pregressa dell’individuo, pretendendo di curare il qui ed ora con una strategia centrata sull’attualità, senza tenere in considerazione i precedenti che hanno condotto alla richiesta di aiuto. Più che di una diffusione epidemiologica del dap e iad possiamo quindi parlare di una massiccia distribuzione di etichette, che scoraggia la rettifica soggettiva e lavora per la segregazione introducendo ad una logica che favorisce il disabbonamento dalla propria interiorità. L’ultimo arrivato tra le nuove forme di sofferenza è il bambino ammalato di adhd (Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder ), la nuova frontiera del controllo del comportamento del bambino dove la fanno da padrone le TCC e l’industria del farmaco.
La psicoanalisi deve dunque accodarsi a questa moda?
DA BARCELLONA A BRUXELLES
Ethan Watters nel libro ‘Pazzi come noi’ sostiene che la iperproliferazione diagnostica null'altro sia che un tentativo di incasellare e normalizzare modalità di espressione che non sono assimilabili con il pensiero occidentale dominante. E che, quindi, passano dalla porta della 'malattia' incontrando, loro malgrado, la ‘cura’. In un tempo in cui Big Pharma lavora per installare un Altro distributore di diagnosi e neo linguaggi, come in ‘1984’ di G. Orwell, la psicoanalisi deve dunque ribadire la propria ignoranza e contribuire a porre le condizioni per edificare un Altro del non sapere, un luogo neutro entro il quale cercare di allargare le maglie dell’inconscio.Nel 2013 sarà pubblicata la nuova versione del DSM. Se le linee guida verranno rispettate, moltissimi comportamenti scivoleranno nella zona di ‘anormalità’: ‘Disordine da ipersessualità’, ‘"sindrome da dolore complicato o prolungato’ per dirne alcuni .L’angoscia degli adolescenti e l’eccesso di cibo, saranno riclassificati come disturbi psichiatrici, e si ammaleranno di ‘ disturbo provocatorio oppositivo’. Si prospettano parametri attraverso i quali milioni di ignari passanti potranno, senza nulla sapere, cadere nella categoria dei ‘malati’ e saranno indotti a credere che queste patologie esistano realmente.Noi, a Barcellona, semplicemente abbiamo aperto gli occhi. Le ‘nuove malattie’ che il DSM sforna vanno ad alimentare quei non luoghi di appartenenza che appiattiscono il soggetto alla sua sintomatologia fenomenologica, lo congelano nell’involucro delle nuove malattie, impedendo di fatto la circolazione di parola e la riabilitazione all’uso dell’inconscio.Come dire no a tutto questo? La strada tracciata a Pipol 4 non può prevedere eccezioni, deve potenziare le istanze di controllo nei confronti degli operatori che lavorano nel campo della salute mentale, la quale deve deve restare un entità ‘contrattabile’ e trattabile con il mondo medico e psichiatrico, non una categoria nella quale la psicoanalisi applicata crea le proprie sottodirectory. Secondo Watters : ' Nei periodi di insicurezza o conflitti sociali le culture diventano particolarmente vulnerabili a nuove credenze sulla mente e la follia' (…) Quali che siano i nuovi disturbi (..) è fuor di dubbio che la gente dimostrerà per essi un forte interesse. Gli esperti interverranno ai talk show e offriranno ai giornalisti commenti. (..) A quel punto tutti gli addetti ai lavori occidentali porteranno in giro lo show’. Lasciamo a Big Pharma questo show: lo fa da tempo, lo fa meglio. E gli compete maggiormente . '
Escuela Lacaniana de Psicoanálisis- Comunidad de Catalunya
Enseñanzas de la Escuela
Hacia Pipol V
¿La salud mental existe?
El próximo Encuentro Pipol V se realizará en Bruselas los días 2 y 3 de julio de 2011, bajo el título: “¿La Salud Mental existe?”. Por primera vez bajo la égida de la EuroFederación de Psicoanálisis (EFP).
Desde la Comunidad de Catalunya queremos contribuir y poner al trabajo lo que concierne a la concepción de la salud mental en el mundo post-moderno y hacer una crítica consecuente desde el discurso analítico.
El texto de presentación de Pipol V nos recuerda que la antinomia entre salud mental y psicoanálisis no es una idea nueva ya que se origina en la disparidad entre la ética del amo y la ética del deseo.
¿Por qué tomar ahora, en el marco del PIPOL, el sintagma Salud mental? Constatamos su extensión y promoción en las propuestas actuales de tratamiento del malestar. La llamada salud mental ocupa hoy un lugar prioritario en las políticas sanitarias de los países desarrollados y su incidencia nos concierne y debemos interrogar sus alcances y sus efectos.
El discurso contemporáneo del amo se distingue por promover el saber puesto en posición de semblante absoluto. Toda la epidemiología en Salud Mental está sujeta al supuesto saber numérico. El “no está todo escrito” al que apunta el psicoanálisis objeta los poderes establecidos ¿qué lugar para el ejercicio psicoanalítico en este marco?
Retomando las palabras de Gil Caroz “Allí donde la salud mental se pone al servicio del orden público, el psicoanálisis intenta producir un lugar para la “chifladura” de cada uno. Allí donde la salud mental intenta estandarizar el deseo para llevar al sujeto por la senda de los ideales comunes, el psicoanálisis sostiene una reivindicación del derecho al “no como todo el mundo”. Allí donde la salud mental se proclama en posesión de un saber que dice lo que es bueno para los sujetos, el psicoanálisis alivia de este peso, dando lugar a lo que no va para cada uno y posibilita la vía de la invención.
Comenzaremos el trabajo del Seminario con la presentación del libroSuicidio, medicamentos y orden público, de la colección de la ELP-Gredos compilado por Clara Bardón y Montserrat Puig.
Es un libro que interroga tres puntos de importancia relacionados con la asistencia y la clínica en salud mental en la actualidad: su función de orden público, la medicalización del sufrimiento humano y los pasajes al acto suicida.
Será un excelente inicio para continuar con el trabajo que nos convoca esta nueva edición del PIPOL, en el que se trata de situar, de cernir la incidencia de la Salud Mental en tanto promovida por el discurso del amo contemporáneo: ¿Bajo qué formas se presenta hoy el malestar subjetivo? ¿Qué modalidades de tratamiento se proponen-legitiman desde las instancias políticas? ¿Cómo se sintomatiza esto en la práctica institucional? ¿Es sensible a estos cambios la práctica privada?
Sabemos que el nacimiento del psicoanálisis no fue ajeno a las coordenadas de su época sino que encontró en ellas sus condiciones de invención ¿qué lugar para el psicoanálisis en el siglo XXI?
Bibliografía
Freud, S. "Conferencia 34. Esclarecimientos, aplicaciones, orientaciones", en Obras Comp'letas, Buenos Aires, Amorrortu, 1993, vols. XV y XVI.
Lacan, J. "Juventud de Gide", en Escritos, Buenos Aires, Siglo XXI, 1987.
Brousse M. H. "Juventud del psicoanálisis". En BLOG ELP noviembre 2010
Miller, J.- A. "Nuestro sujeto supuesto saber". Intervención en las Jornadas de estudios de la ECF 2006, en el curso de las cuales Jacques-Alain Miller presentó el tema de las próximas Jornadas (2007).
Miller, J.- A. “Cosas de finura en psicoanálisis”. Curso 2008, clase 19 de noviembre.
Miller, J.- A. “Salud mental y orden público” 1988. En Uno por Uno Nº 36 Barcelona 1993
Laurent, E. “La sociedad del síntoma”, Cuadernos de Psicoanálisis Nº29. El inconciente es la política.
Laurent, E. “Blog notes: psicopatía de la evaluación”, en Blog –Note del Síntoma.
Laurent, E. "El delirio de normalidad". Virtualia 19 Noviembre 2009. Conferencia pronunciada en noviembre 2008 en el marco de Jornadas preparatorias al XVII Encuentro Brasilero del Campo Freudiano, dedicada al tema de las relaciones entre el psicoanálisis y la Salud Mental.
Laurent, E. "Psicoanálisis y Salud Mental". Ed. Tres Haches. Buenos Aires. 2000.
VV.AA, “Suicidio, medicamentos y orden público”. Ed. Gredos 2010
VV.AA, “Los usos del psicoanálisis”. Paidos 2003
VV.AA, “Salud Mental y Psicoanálisis Aplicado”. Notas Freudianas. Revista de la Escuela Europea de Psicoanálisis. Grupo de estudio de Asturias. 1996
Plan Director de Salud Mental y Adicciones. http://www.gencat.cat/salut/depsalut/pdf/salutmental2006n.pdf
Calendario
19 de octubre de 2010
9 de noviembre de 2010
21 de diciembre de 2010
8 de febrero de 2011
15 de marzo de 2011
5 de abril de 2011
10 de mayo de 2011
7 de junio de 2011
Comisión
Marcelo Curros (responsable), Graciela Elosegui y Leonora Troianovski
Lugar y hora
Diagonal 333, 3º 1ª. Barcelona. 21 horas
Sesiones
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Título |
¿La salud mental existe? |
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Participantes |
Hebe Tizio |
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Fecha |
8 de febrero de 2011. |
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Horario |
21:00 hs |
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Descripción |
Hebe Tizio: "La configuración del campo de la llamada salud mental". |
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Título |
¿La salud mental existe? |
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Participantes |
Ricard Arranz |
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Fecha |
21 de diciembre de 2010 |
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Horario |
21:00 hs. |
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Descripción |
Cristina Artigas: "Bailando entre protocolos" |
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Título |
¿La salud mental existe? |
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Participantes |
Graciela Eloseguí. |
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Fecha |
9 de noviembre de 2010. |
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Horario |
21:00 hs. |
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Descripción |
En la segunda reunión que tuvo lugar el 9 de noviembre pasado, Graciela Elosegui se refirió a la experiencia del trabajo institucional y específicamente a la presentación de enfermos. A continuación se generó un animado debate, centrado en la cuestión de la transferencia, desde la perspectiva de la posición del analista en la institución y como telón de fondo, la cuestión del psicoanálisis puro y el psicoanálisis aplicado.
Recordamos la importancia de estar advertido del ideal, de los efectos de rechazo que se producen cuando se pretende “reconvertir” al otro, sea un colega, o la institución misma. Se situó también la autoridad clínica como el espacio en el que defender la posición. El acto es la hora del analista…
En esta línea se introdujo la dimensión de la propia experiencia de análisis, la cuestión de la relación de cada uno con lo insoportable, de cada uno con lo imposible y la posición que de ello se desprende. Entonces, no se trataría de “los analizados y los que no” sino de una particular relación con lo imposible, a partir de la que cierta interlocución sería posible.
La invitación de la Comisión a presentar experiencias, es una apuesta por recoger y transmitir aquellas invenciones que efectivamente han podido hacer pasar algo, producir efectos sobre los sujetos así como efectos de transferencia de trabajo.
Sabemos que el trabajo con la propia división, con la pregunta sostiene la apuesta desde el deseo y, como pudimos escuchar de la experiencia de Presentación de Enfermos, eso invita, convida, provoca la transferencia de trabajo, despierta el deseo, las ganas de saber... Se trata así de poder leer en la experiencia en tanto testimonia de un real y extraer de ella una enseñanza.
¿Por qué trabajar el tema de la salud mental hoy? ¿Qué lo hace necesario, además de ubicar y ceñir cada vez nuestra posición respecto del deseo, respecto del no retroceder al no querer saber nada de eso que habita en cada uno? ¿Qué experiencia habilita la clínica actual?
El psicoanálisis tuvo sus condiciones de nacimiento, como recuerda en su texto Juventud del psicoanálisis, M.H Brousse (en BLOG ELP). No es seguro que el siglo XXI le sea propicio. No es seguro que baste con mantener el timón en el deseo, ni siquiera haciéndolo de la buena manera. Habrá que situar aquello que corresponde alo insoportable del psicoanálisis mismo, la peste que trae y que se atempera bajo transferencia, en el marco de la sesión analítica, y lo que ocurre “fuera”, en el ámbito del psicoanálisis aplicado, en el encuentro con otros profesionales y con el discurso del amo contemporáneo. Miller introdujo la idea del analista como objeto móvil,a poco que la institución lo tolere…
“Para que haya psicoanálisis tiene que ser lícito, permitido hacer caer el significante amo, revelar su pretensión a lo absoluto, como semblante y sustituirlo por lo que resulta del embrague del sujeto del inconciente sobre el cuerpo, es decir lo que llamamos con Lacan objeto a…
Este “permiso” se obtiene del amo yo, cuando el sujeto consiente a la experiencia de la división subjetiva bajo transferencia, en el marco de un análisis ¿Qué pasa cuando la cosa sale de la sesión y se trata con el amo contemporáneo? ¿Qué posibilidades para el ejercicio del psicoanálisis? ¿Qué lugar para la experiencia de la palabra en la oferta pública en un momento en que el amo pide transparencia y registros?
La terapéutica que hasta ahora se ocupaba del malestar subjetivo, del dolor psíquico, de la locura estaba inscripta en la psiquiatría y en instituciones sociales. Esto ha cambiado, desde la Declaración de Helsinki en 2005(1) se inscribe definitivamente en un nuevo campo, central, de poder político y económico; es el campo de la salud mental.
Continuaremos el trabajo del Espacio el 21/12, en la vía abierta por la presentación de experiencias así como en la lectura de textos que nos sirven de orientación. |
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Título |
Hacia PIPOL V. Una invitación a la invención |
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Participantes |
Graciela Elosegui |
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Fecha |
9 de noviembre de 2010. |
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Horario |
21:00 hs. |
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Descripción |
Al primer encuentro del Seminario Hacia Pipol V del 9 de octubre, le siguió otro, el de la comisión a cargo que tiene como finalidad trabajar sobre lo acontecido para ir trazando las líneas de fuerza que promuevan el trabajo de construcción de un saber entorno al tema-pregunta que nos convoca. |
L'enfance sous contrôle*
Documentaire de Marie-Pierre Jaury
RETROUVEZ LE DOCUMENTAIRE LE 21/03/2011 À 22H30 <http://www.publicsenat.fr/emissions/documentaire/avortement-le-proces-de-bobigny/68450>
Rediffusion le :
samedi 26/03/2011 à 22h00
dimanche 27/03/2011 à 18h00
lundi 28/03/2011 à 17h00
Durée : 52 minutes
Aujourd'hui, les troubles du comportement de l'enfant et de l'adolescent sont devenus une préoccupation
centrale de nos sociétés.
Certaines études scientifiques, relayées par le discours politique, affirment que l'on peut y voir les prémices d'un parcours délinquant. Le film est une investigation - sereinement mais fermement menée - sur les dépistages de plus en plus précoces (pourquoi pas sur le foetus), de l'éventuelle dangerosité de nos enfants. Conduits confiants vers des modalités évaluatives dont ils ne peuvent soupçonner les intentions classificatrices, nos enfants nous paraissent bien manipulables. Découvrez le logiciel «Dominique» !
Tourné au Canada, aux États-Unis et en Europe, l'Enfance sous contrôle nous montre les contributions pharmaceutiques, politiques et scientifiques ou théoriques à ces évaluations. Entrecoupée de très belles images des «400 Coups» de François Truffaut (pour nous rappeler que toute enfance est heureusement indisciplinée), l'enquête nous conduit à travers le dédale des nouveaux instruments de «la société sous surveillance».
* Commenté par Daniel Roy dans PIPOL NEWS n°2, le 17 mai 2011.
PIPOL NEWS info 6 - 26|02|2011
PIPOL NEWS - 26 FÉVRIER 2011 - Info n°6
Premier Congrès Européen de Psychanalyse
La santé mentale existe-t-elle ?
INSCRIPTION A PRIX RÉDUIT
DERNIERS JOURS
Chers collègues,
Il ne reste que quelques jours pour vous inscrire au congrès PIPOL 5 à prix réduit :
130 € (65 € pour les étudiants de moins de 26 ans, avec justificatif).
A partir du 1er mars, le prix d’inscription sera de 160 € (80 € pour les étudiants de moins de 26 ans).
Pour la commision d’organisation,
Guy Poblome
Secrétaire de PIPOL 5
Renseignements : + 32 (0) 484 100 109
Pour recevoir PIPOL NEWS, le bulletin électronique de l’EFP, envoyer un mail vierge à pipolnews-subscribe@yahoogroupes.fr
PIPOL NEWS 30 - 22|02|2011
PIPOL NEWS 30 - 22 FÉVRIER 2011
"Un excès d'ordonnances et d'interdictions nuit à l'autorité de la loi."
(Freud, La question de l'analyse profane)
Trois questions souvent posées à propos des simultanées de PIPOL 5
Drie vaak gestelde vragen in verband met de simultane sessies van PIPOL 5
Question : un cas clinique en 2000 signes, espaces compris ? C’est impossible !
Réponse : en effet, l’indication de 2000 signes fixée dans l’argument des simultanées ne concerne pas les textes, mais les propositions d’intervention. Le calendrier est le suivant :
● 15 mars: date butoir pour l’envoi des propositions d’intervention (2000 signes, espaces compris) à Laura Petrosino (mlpetrosino@gmail.com)età Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be).
● 15 mai: date butoir pour l’envoi des premières versions des textes sélectionnés.
● Du 15 mai au 15 juin: travail sur les textes avec les mentors.
● 15 juin: envoi des textes définitifs qui seront alors transmis aux traducteurs.
Question : C’est quoi les « mentors » ?
Réponse : Le travail avec les mentors se pratique à l’ECF depuis les Journées d’automne 2009 rebaptisées « L’événement Paris ». Des collègues lisent les textes proposés et travaillent avec l’auteur afin de mettre en valeur les points les plus vifs. Notre pari est de confier tous les textes, sans exception, à la relecture des mentors. Même les textes des mentors désireux de présenter un travail lors des simultanées seront donc, eux aussi, confiés à des mentors. Les orateurs pourront ainsi prendre la température de l’Autre avant de présenter leur travail au congrès.
Question : À qui est adressée l’invitation à parler dans les simultanées ? Est-ce seulement à des « collègues expérimentés » ?
Réponse : Pas du tout ! Cette invitation s’adresse à tout clinicien de notre champ, à condition qu’il connaisse l’expérience analytique de « l’intérieur ». Relisez l’argument des simultanées : « Que ce soit en institution, à l’hôpital psychiatrique, au centre de santé mentale ou dans le cabinet de l’analyste, le praticien installe un mur entre le réel de la clinique et lui-même. » La proposition d’intervenir aux simultanées s’adresse donc aux praticiens au sens large et concerne aussi bien les « nouveaux venus » que les collègues très expérimentés. Nous espérons entendre des praticiens qui travaillent dans des hôpitaux, des institutions résidentielles, des centres de consultation et des cabinets privés ; des AP, des AME, des AE… Tous sont concernés par la question. Nous voulons démontrer que c’est essentiellement de notre rapport à l’inconscient tel qu’il s’isole dans l’analyse que nous prenons appui dans la pratique, sans négliger pour autant les autres connaissances nécessaires. Ce savoir est à l’opposé des guidelines élaborés dans le champ de la santé mentale. Notre pratique n’est pas une technique susceptible d’être décrite dans des manuels, car elle inclut le transfert et le réel dans le calcul de notre jugement et de notre acte.
PIPOL 5, secrétariat des simultanées
Drie vaak gestelde vragen in verband met de simultane sessies van PIPOL 5
Vraag: Een klinisch geval in 2000 tekens, spaties inbegrepen? Onmogelijk !
Antwoord : Die 2000 tekens, spatie inbegrepen, slaan niet op het geval zelf, maar enkel op het eerste voorstel van dat geval …
Dit is overigens de timing :
- 15 maart 2011: deadline voor de eerste voorstellen van een geval (2000 tekens, spaties inbegrepen) – opsturen naar Laura Petrosino (mlpetrosino@gmail.com) én Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be)
- 15 mei 2011: deadline voor de eerste versies van de weerhouden voorstellen
- 15 mei tot 15 juni 2011: het bewerken van de tekst samen met de zogenaamde ‘mentoren’
- 15 juni : deadline voor de definitieve teksten die dan aan de vertalers bezorgd worden
Vraag : wat is een ‘mentor’ ?
Antwoord : De ECF werkt al met mentoren sedert de Journées d’automne 2009 (herdoopt als ‘L’événement Paris’). Collega’s lezen de voorgestelde teksten en werken samen met de auteur teneinde de scherpste punten nog beter tot hun recht te doen komen. Het is de bedoeling dat alle teksten, en dit zonder enige uitzondering, door mentoren gelezen worden. Dat geldt dus ook voor teksten van mentoren zelf die graag iets zouden presenteren tijdens die simultane sessies. Op deze wijze kunnen de sprekers vooraf al even de temperatuur van de Ander voelen.
Vraag : Wie mag te spreken tijdens de simultane sessies? Alleen ervaren clinici?
Antwoord : Helemaal niet! Iedereen die in ons veld werkt, kan daar het woord nemen – maar wel op voorwaarde dat hij of zij de analytische ervaring ‘van binnenuit’ kent. Men leze het argument voor die simultane sessies er nog maar eens op na: «Of het nu gaat om een instelling, een psychiatrisch ziekenhuis, een centrum Geestelijke Gezondheidszorg of een privé-kabinet van een analyticus – in de praktijk trekt men altijd een muur op tussen het reële van de kliniek en zichzelf. » Het voorstel het woord te nemen tijdens de simultane sessies richt zich dus zowel tot de zeer ervaren clinici als tot de nieuwkomers binnen het veld. We hopen dus clinici te horen werkend in ziekenhuizen, instellingen, consultatiecentra en kabinetten; Analytici met Praktijk (AP), Analytici Leden van de School (AME), Analytici van de School (AE)… De vraag die daar aan de orde is, belangt iedereen aan. We willen aantonen dat wij ons in onze praktijk vooral baseren op onze verhouding tot het onbewuste zoals die in de eigen analyse geïsoleerd wordt, uiteraard zonder voorbij te gaan aan allerlei andere vormen van kennis die noodzakelijk zijn. Dit weten staat in elk geval lijnrecht tegenover elke vorm van richtlijnen, zoals men die heden binnen de geestelijke gezondheidszorg uitwerkt en propageert. Onze praktijk valt niet te herleiden tot een techniek die uit handboeken te leren is ; in de berekening van ons oordeel en onze act moeten we immers rekening houden met de overdracht én het reële.
PIPOL 5, secretariaat van de simultane sessies
Vertaling:Lieven Jonckheere
PIPOL NEWS info 5 - 21|02|2011
PIPOL NEWS - 21 FÉVRIER 2011 - Info n°5
Sommaire
NLS: IXe NLS Congress: How Psychoanalysis Works (2 & 3 april 2011)
ELP:FORO LO QUE LA EVALUACIÓN SILENCIA 2 :
“Las Servidumbres voluntarias” (11 de junio de 2011)
SLP: Convegno annuale della Scuola Lacaniana di Psicoanalisi
Modernità della psicoanalisi (11-12 giugno 2011)

Escuela Lacaniana de Psicoanálisis del Campo Freudiano (ELP)
FORO
LO QUE LA EVALUACIÓN SILENCIA 2
“Las Servidumbres voluntarias”
Madrid, sábado 11 de junio de 2011
Aunque la evaluación no es un tema que se haya tratado mucho dentro del pensamiento contemporáneo, sin embargo, es un fenómeno esencial de los tiempos actuales.
La evaluación inunda la actividad de nuestras vidas, casi de manera imperceptible, desde los dispositivos sanitarios en su amplio espectro, hasta los educativos, empresariales, literarios, artísticos, e incluso la vida cotidiana. Es así como lo calculable, la medida, entra en nuestras vidas y nos afecta como sujetos. El poder administrativo, las políticas de gestión, la pesadez de su control informático y estadístico, se imponen y atraviesan los gobiernos. En principio, parecería que se trata de evaluar instituciones, grupos y no de individuos, pero son los individuos los evaluados, y el resultado de ella es tener a hombres y mujeres marcados por la comparación con el grupo de referencia o los parámetros que las agencias de evaluación imponen. Esta comparación siempre se salda con un negativo. En la clínica que nos ofrece la experiencia analítica esto es patente y claro, cada vez que el sujeto se compara sale “perdiendo”.
Nos atreveríamos a decir que el poder de la evaluación es tiránico porque lo que en esencia pretende, más que la propia evaluación, es conseguir del sujeto su consentimiento a esta operación. Con este consentimiento, con esta servidumbre, dejamos de lado lo incomparable de cada uno y pasamos a formar parte de esa masa evaluada. ¿Qué consecuencias tiene esto para los sujetos?: el propio rechazo de sí mismos, un empuje destructivo, al considerarse menos que los otros y, por lo tanto, merecedores de sufrir las consecuencias de este “deficit”. Vemos así proliferar los estados depresivos, angustiosos... las adicciones. Pero también, esto explicaría la sorprendente docilidad con la que los ciudadanos aceptan este estado de cosas que los lleva a la impotencia frente a cualquier acción que pudieran acometer.
Ya Étienne de la Boétie (1) ponía en primer término esa servidumbre voluntaria, como lo único que en último término explicaría el éxito de cualquier tiranía. Es este consentimiento del sujeto lo que en última instancia la hace posible. ¿Qué de lo propiamente subjetivo podría explicar esto? Con S. Freud y J. Lacan encontraremos respuestas a estas preguntas que se desplegarán en nuestro Foro. El psicoanálisis, por ocuparse de lo incomparable e inconmesurable de cada uno, permite a los sujetos reencontrarse con lo que les ha sido arrebatado, con lo imposible de evaluar. Desde luego no creemos ser los únicos que activamente defendemos lo más íntimo e inigualable de cada uno. Por ello, animamos a participar en este Foro a todos aquellos que quieran desenmascarar las nuevas formas que esta servidumbre adopta e ilustrarnos sobre su invención para resistir a ella.
Este segundo Foro, en continuación con el anterior – Lo que la evaluación silencia, un caso urgente: el Autismo (Barcelona, junio 2010) - se enmarca en un movimiento que Jacques-Alain Miller comenzó en el año 2001, con la publicación de sus Cartas a la Opinión Ilustrada (2) y que prosigue con la realización de Foros en París donde participan intelectuales, escritores, artistas, psicoanalistas, políticos.
Esta vez, la convocatoria tendrá lugar en el Círculo de Bellas Artes de Madrid, el sábado 11 de junio de 2011
Contaremos para empezar con la lista de correo forolacaniano@egrupos.net a la que os invitamos a inscribiros y con el boletín on-line A-FORO, desde donde os irán llegando textos, comentarios, entrevistas, curiosidades, cuestiones organizativas y que darán la oportunidad a distintas formas de participación.
Texto redactado por Mercedes de Francisco
(1) Étienne de la Boétie, Discurso de la servidumbre voluntaria. Editorial Tecnos. Madrid 2010
(2) J.-A. Miller,Cartas a la opinión ilustrada, Editorial Paidós, Barcelona 2002
Comité de iniciativas:Carmen Cuñat, Elizabeth Escayola, Mercedes de Francisco, Eric Laurent, Judith Miller, e Iván Ruiz .
Carmen Cuñat
Convegno annuale della
Scuola Lacaniana di Psicoanalisi (SLP)
Catania 11-12 giugno 2011
Modernità della psicoanalisi
(nella clinica, nella cultura, nel sociale)
A differenza della medicina, che è diventata scientifica nell'ultimo secolo, e lo è sempre di più per i suoi mezzi tecnologici, ma esisteva anche molto prima, secoli prima dell'avvento della scienza, fino all'epoca di Moliére, come sappiamo da *Il malato immaginario*, la psicoanalisi non poteva venire alla luce prima che lo spirito scientifico animasse il mondo. Mentre la medicina è stata anche antica, la psicoanalisi può essere solo moderna, lo è nel suo stesso venire al mondo.
Il principio freudiano della libera associazione comporta l'idea che una concatenazione di parole, apparentemente *libere*, sarà progressivamente soggetta alla determinazione della legge della propria struttura interna: ciò presuppone la fiducia nell'operatività dello spirito scientifico al di là dell'intenzione del soggetto. Freud è partito da lì, dal determinismo dell'inconscio.
Certo, noi sappiamo che la psicoanalisi non è una scienza: il fatto che il soggetto della psicoanalisi sia lo stesso del soggetto della scienza non fa della psicoanalisi una scienza, ma implica che la psicoanalisi sia, come ci insegna Jacques-Alain Miller, una *conseguenza* del discorso della scienza, che si colloca in questa conseguenza, ed è questo che fa la sua modernità.
Il tema del Convegno di Catania, Modernità della psicoanalisi, può venire inteso in questo senso, ovvero che la psicoanalisi nasce e si colloca sempre, in ogni epoca successiva all'avvento della scienza, in una consequenzialità rispetto alla scienza. In ogni epoca una modernità della psicoanalisi. Essa cesserebbe di essere moderna nella misura in cui si facesse paladina di ideali, di mitologi
e, di posizioni regressive rispetto, ogni volta, all'attualità dell'operatività della scienza nel mondo. Un tema di cui abbiamo fatto un nostro punto centrale di riflessione, a partire da Lacan, il declino del padre, è, per esempio, uno degli effetti principali dell'azione scientifica nel mondo in cui viviamo. Effetti che si manifestano in vari registri, dall'incidenza che la scienza ha avuto nel rimaneggiamento della struttura della famiglia, del rapporto tra i sessi, oppure nel sociale, nell'omogeneizzazione del nostro mondo sul piano delle comunicazioni, economico, finanziario, e così via...
Vedere la modernità nella clinica, nella cultura, nel sociale, come indica il sottotitolo del Convegno, vuol dire decifrare queste incidenze in ciascuno di questi ambiti e indicare il posto in cui può collocarsi la psicoanalisi per isolare il punto di reale che fa sintomo nel determinismo presupposto dall'azione scientifica, il punto irriducibile, di inciampo del determinismo. Vuol dire prendere le misure dal disagio della civiltà che la scienza comporta, vuol dire decifrare la società al punto in cui si trova come effetto del discorso della scienza, poiché la psicoanalisi non può situarsi fuori, chiamarsi fuori, per così dire, dalle conseguenze delle modificazioni indotte dalla scienza. Insomma, essa trova la propria ragione, ed anche *la ragione dopo Freud*, come dice il Lacan de *L'istanza della lettera nell'inconscio*, nell'indicare dove il reale fa sintomo nel discorso della scienza. E per fare questo, occorre prendere posto nelle sue conseguenze: non è possibile l'una cosa senza l'altra. La psicoanalisi non può proporre il ritorno a un umanesimo prima del discorso della scienza, il ritorno a un padre precedente alla sua dissoluzione. Se teniamo conto di questa definizione della modernità della psicoanalisi, potremmo darci come stimolo per il lavoro del Convegno l'interpretazione e la decifrazione di come ciascuno di questi tre ambiti (clinica, cultura, sociale), sia rimaneggiato, rimodellato, dall'incidenza del discorso scientifico attuale, e collocare in queste conseguenze la psicoanalisi e la sua capacità, a partire dalla sua esperienza, di isolare i punti in cui si segnala maggiormente il rischio di quella forclusione del soggetto che è sempre all'orizzonte dello sviluppo esponenziale della scienza contemporanea. Forclusione particolarmente evidente quando, nel terreno clinico, il ricorso alla chimica, o alla causalità biochimica, tende ad abolire il reale dell'essere parlante.
Paola Francesconi
PIPOL NEWS 29 - 18|02|2011
PIPOL NEWS 29 - 18 FÉVRIER 2011
"Plus la circulation est intense, plus la santé mentale est exigeante."
Jacques-Alain Miller (Santé mentale et ordre public)
SOMMAIRE
Despina Andropoulou (Athènes) Santé mentale et manie du toxique : une question éthique
Véronique Servais (Tournai, Belgique) Parole d'un psychiatre
Pascale Simonet (Bruxelles) Toujours plus ! Harder, Better, Faster, Stronger
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Santé mentale et manie du toxique : unequestion d’éthique
Despina Andropoulou
Le bonheur ou la vie ?
Dans la clinique de la toxicomanie contemporaine, le clinicien rencontre de plus en plus de sujets pour qui le toxique n’est pas un destin mortifère, mais une source de vie, voire la vie même. La vie telle qu’un sujet qui croit aux semblants l’appréhende, constitue pour eux une monotonie affreuse, la rendant de ce fait synonyme de la mort. La clinique psychanalytique, à l’encontre du discours de la science qui promeut le bien-être de tous et la forclusion du sujet, s’oriente par ce qui peut jouer le rôle du point de capiton pour chaque parlêtre. Mettre une limite à la jouissance du corps va de pair avec l’introduction du sujet dans un discours, un lien social où la parole apaise l’angoisse due à la privation de l’objet.
Le rapport de la consommation des drogues avec le bonheur a été mis en relief par Freud, dans son œuvre « Le Malaise dans la civilisation »[1]. Dans le deuxième chapitre, Freud y traite de la religion et plus précisément du besoin humain d’y croire. D’une part, la foi en Dieu, figure d’un père magnifié, « éclaire toutes les énigmes de ce monde avec une plénitude enviable » et d’autre part « assure qu’une Providence pleine de sollicitude veille sur sa vie et, dans une existence future, s’appliquera à le dédommager des privations subies ici-bas. » En citant Goethe, Freud souligne l’équivalence du rôle de la religion et celui de l’art et de la science. La recherche du bonheur en tant que cause de l’existence est finalement la raison principale de l’échec humain, voire de son malaise, du fait que « dans le plan de la Création » il n’est pas prévu que l’homme soit heureux. La vie exige le compromis avec la misère suscitée par le corps malade, l’entourage et la relation à autrui. Cette réalité pose la religion, les drogues, la névrose et la psychose comme solutions de la vie, et incite Freud à une nouvelle définition du bonheur comme « problème de l’économie libidinale ». Le bonheur accessible consiste pour lui en une « réduction des prétentions au bonheur, l’évitement du malheur et […] la satisfaction plutôt soudaine de besoins ayant atteint une haute tension, possible de par sa nature sous forme de phénomène épisodique ».
Il note qu’« il n’y a aucun conseil valable pour tous, (que) chacun doit chercher par lui-même la façon dont il peut devenir heureux […] (et que) indépendamment des circonstances objectives, la constitution psychique de l'individu sera déterminante. Tout dépend de la somme de satisfaction réelle que chacun peut attendre du monde extérieur, de la mesure où il est susceptible de s'en rendre indépendant, enfin de la force dont il dispose pour le modifier au gré de ses désirs ».
La consommation du toxique en tant que Sorgenbrecher est identifié à la satisfaction immédiate et l’indépendance à l’égard du monde extérieur. En d’autres termes, à l’abolition du temps, de la pensée, de l’Autre. « La plus brutale, mais aussi la plus efficace des méthodes destinées à exercer pareille influence corporelle, - qui a des effets semblables à la manie - , est la méthode chimique, l'intoxication. » Cette définition nous renvoie au rapport de la jouissance du toxique à la jouissance du corps, jouissance de la vie que Lacan distingue de la jouissance phallique, jouissance hors-corps et pour ce fait anomalique[2].
Le « briseur de soucis »[3], moyen de rompre avec la jouissance phallique[4]et le fantasme, constitue une des solutions au problème libidinal du bonheur en tant qu’idéal humain inatteignable. Les satisfactions substitutives, la névrose, la psychose et la religion en sont d’autres. Éviter la souffrance et jouir de son corps constituent les deux fonctions de la drogue en tant que pharmakon, poison et élixir de vie à la fois. La science, à travers le psychotrope qui agit sur l’organisme pour changer la perception et l’humeur, a joué un rôle majeur à la disponibilité « de la plus brutale, mais aussi la plus efficace des méthodes destinées à influencer notre propre organisme […] à procurer une jouissance immédiate, mais aussi un degré d'indépendance ardemment souhaité à l'égard du monde extérieur»[5]. L’histoire le confirme.
Histoire de la métonymie de la jouissance de l’addictus[6]
La morphine (du grec Μορφεύς, Morphée, dieu du sommeil et des rêves), premier médicament qui inaugura l’ère moderne de la pharmacologie et de la médecine, a été préconisée comme substitut à l'opium et utilisée comme médicament contre la douleur au début du xxe siècle, et suscita de nombreux problèmes de dépendance. Sa forme injectable sur les champs de bataille (guerre de Sécession aux USA, guerre de Crimée en Russie, guerre austro-prussienne, guerre franco-allemande de 1870...) e.a. pour rendre les amputations supportables, va être à l'origine de ce que l'on appela « maladie du soldat », puis morphinisme et enfin morphinomanie. En 1877, le Dr Levinstein et le pharmacologue L. Lewin introduisent la notion de manie - issue de la psychiatrie alors naissante - et décrivent pour la première fois la toxicomanie, stigmatisant la morphine dans le grand public. La morphine était utilisée comme un des premiers psychotropes aux États-Unis pour soigner toute une gamme d'affections mentales (alcoolisme, dépression, psychose maniaco-dépressive, hystérie, aide au sommeil pour les enfants, etc.). L’héroïne, utilisée à ses débuts comme substitut pour traiter la morphinomanie, a pris le relais. Elle était alors vendue librement en pharmacie comme pilule antitussive, contre l’asthme, la diarrhée et comme somnifère pour enfants. Sujette aux expérimentations sur des chiens de laboratoire, l’héroïne devient vite un problème de santé publique et dès 1918, la Société des Nations lance une campagne internationale pour la suppression d’un produit aussi dangereux. En 1920, le corps médical américain en demande la prohibition. En 1938, le LSD, premier hallucinogène à avoir été synthétisé alors qu'il était encore inconnu dans la nature, fut découvert à l'occasion de travaux menés par A. Hoffman aux Laboratoires Sandoz (Suisse). Hoffmann testa lui-même le LSD et fit état d’une expérience de perte du sens du temps et de l'espace, d’hallucinations et de modifications de la conscience de soi avec sentiment de dépersonnalisation. L'expérience se révéla terrifiante, lui donnant par moments l'impression d'être à l'agonie. Dans les années cinquante et soixante, le LSD fit l'objet de nombreuses expérimentations animales et humaines. Le Dr Stoll mena une étude sur les effets du LSD chez des adultes en bonne santé et chez des patients schizophrènes. Il conseillait aux psychiatres de l'essayer d'abord sur eux-mêmes pour vivre une sorte de psychose artificielle leur permettant de mieux comprendre leurs patients. Des milliers de doses furent distribuées en Europe et aux États-Unis. Pendant cette période, plus de mille articles sur l'utilisation du LSD en thérapeutique psychiatrique portant sur plus de 40 000 cas furent publiés dans des revues scientifiques. Parallèlement, la CIA s'y intéressa, puis l'armée américaine, y voyant une matière potentielle d'arme incapacitante ou de sérum de vérité. À partir de 1960, de plus en plus de personnes l'essayèrent dans un but récréatif, surtout aux USA, et son usage se répandit rapidement dans les cercles artistiques et universitaires parce qu’il coûtait beaucoup moins cher que la cocaïne. Dès 1962, des restrictions furent mises à sa distribution : désormais une autorisation spéciale de la Food & Drug Administration était nécessaire pour s'en procurer aux USA[7].
La réponse de l’Autre social à la demande d’addictus
Dans les années quatre-vingt, la propagation du SIDA et de l’hépatite parmi les toxicomanes conduit le monde occidental à une politique de « réduction des risques » et de substitution (méthadone et buprenophrine) contribuant ainsi à l’enrichissement de la gamme de la polytoxicomanie, ouvrant de nouvelles issues à la pulsion de mort, et à la perpétuation du paradoxe du psychotrope. De surcroît, les méthodes des TCC, seules thérapies considérées comme efficaces au traitement de la toxicomanie, n’arrivent pas à répondre aux données de la nouvelle ère. Les idéaux surmoïques de travail, d’éducation, de réinsertion sociale en tant que substituts, voire de suppléance au « jouis ! » féroce de la manie du toxique, ne fonctionnent pas. Ainsi, la recherche neurobiologique a pris le pas dans la promesse du sevrage.
Selon le rapport 2009 de l’Observatoire Européen des drogues et des toxicomanies[8], un nouveau plan d’action qualifié « pragmatique, déterminé et ciblé » promeut « la prévention des décès liées à la drogue, le travail mené dans les prisons, ou encore l’amélioration de la qualité des traitements et autres interventions. On constate qu’ « à la commercialisation en ligne d’alcool et de médicaments viennent s’ajouter les préoccupations liées à l’apparition d’un ensemble de produits alternatifs soumis aux contrôles. Les nouvelles substances qui font leur apparition sur le marché de l’internet sont très variées, allant de drogues consommées de manière traditionnelle dans certaines parties du monde jusqu'à des produits chimiques expérimentaux synthétisés en laboratoires et non testés sur l’homme. » Dans le contexte de l’apparition du DSM 5, cette préoccupation est associée à la discussion du groupe de travail sur les « Troubles liés à une substance » qui propose un élargissement de la catégorie diagnostique des troubles d’abus de substance à des addictions non liées à une substance (gambling, internet).
Ce rapport vise également à faire la distinction entre addiction et dépendance. On constatait que l’étiquette« dépendance » pour désigner la consommation hors contrôle et compulsive de drogues était problématique. Déroutante pour les médecins, elle a eu pour conséquence que des patients présentant une tolérance normale au retrait soient marqués comme « addicts »[9]. Des patients souffrant de douleurs graves se sont montrés réticents à recevoir des doses proportionnées d’opioïdes dans la crainte d’addiction. En conséquence, le groupe propose que le mot « dépendance » soit limité à la dépendance physiologique, réponse normale aux doses répétées de beaucoup de médicaments, y compris bêta-blockers, antidépresseurs, opioïdes, anxiolytiques et autres drogues. D’après cette argumentation, le groupe de travail concluait que « la présence des symptômes de tolérance et de retrait ne devrait pas compter pour le diagnostic du trouble lié à l’usage des substances quand celui-ci se produit dans le cadre du traitement médical approprié avec les médicaments prescrits. »[10]
Par conséquent, de la distinction drogue licite/drogue illicite, on passe à la distinction drogue sous prescription/drogue sans prescription, rendant patent le pouvoir des entreprises pharmaceutiques et le pouvoir médical sur la nomination du normal et du pathologique. Il s’agit du pouvoir de la distribution des jouissances. Appartenant jadis à l’Église, ce rôle est aujourd’hui endossé par la science et médiatisé par le capital. C’est pourquoi, dans le rapport cité plus haut, on considère comme avancée remarquable le fait que dans le domaine des traitements de substitution aux opiacés, on compte plus de 650.000 individus, nombre qui continue à augmenter.
Simultanément, un autre rapport de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies[11]sur la recherche neurobiologique - rappelant les approches de François Joseph Gall et de Cesare Lombroso – relance l’espérance de guérison, soutenue jusqu’aujourd’hui par la substitution et les TCC : « Les progrès de la biologie génomique et moléculaire, notamment la capacité à cloner et à séquencer des sous-types de récepteurs, des transporteurs et des agonistes endogènes, ont permis aux scientifiques d’identifier et de cibler de manière spécifique les récepteurs ou les transporteurs avec des médicaments qui en bloquent (antagonistes) ou en accroissent (agonistes ou agonistes partiels) l’activité. En outre, des techniques de manipulation génétique ont été mises en oeuvre chez des modèles animaux pour augmenter ou bloquer l’activité d’une molécule spécifique faisant l’objet des recherches. Chez l’homme, des études génétiques ont tenté d’identifier les gènes spécifiques de la vulnérabilité à l’addiction. […] à ce jour, seul un faible nombre de ces allèles ont été répliqués de façon uniforme, et la plupart des associations sont limitées. […] Les approches psychosociales incluent les thérapies cognitivo-comportementales, les entrevues motivationnelles, le conseil ou les groupes de soutien en 12 étapes. Ces thérapies constituent un complément intéressant des traitements pharmacologiques et médicaux pour obtenir un résultat positif à long terme.
[Il existe] de nouvelles approches susceptibles de traiter certaines formes de dépendance. C’est notamment le cas des immunothérapies sous la forme de vaccins contre les effets de la nicotine, de la cocaïne et de l’héroïne, qui agissent en se liant à la drogue cible dans le sang pour l’empêcher d’atteindre le cerveau. La neurochirurgie est un traitement expérimental très invasif et définitif, qui fait l’objet de fortes réticences sur le plan éthique. Moins extrême, mais également sujette à des questions d’ordre éthique, la stimulation cérébrale profonde consiste à insérer des électrodes de stimulation électrique dans les régions du cerveau impliquées dans l’addiction, telle l’insula. La stimulation magnétique transcrânienne est une approche moins invasive qui consiste à placer une petite bobine magnétique contre le crâne du sujet afin de bloquer ou d’accroître l’activité neuronale. Aucune de ces approches n’a encore fait ses preuves, mais toutes sont à la fois porteuses d’espoirs et de risques. »
Le rapport finit par la question éthique que soulèvent les méthodes neurobiologiques à la guérison de la toxicomanie, « maladie mentale chronique caractérisée par des rechutes ». La capacité du toxicomane - en tant qu’addictus - d’être autonome vis-à-vis de la consommation étant contestée, reste à la science l’opportunité de lui proposer d’être objet de son traitement.
« D’importantes considérations éthiques verront sûrement le jour si les patients se voient refuser le droit de choisir librement un traitement. […] Les patients doivent être informés des différentes options, tandis que les avantages et les inconvénients des nouveaux traitements doivent être soigneusement évalués au regard de leur efficacité potentielle. Les traitements invasifs ou dangereux sont difficilement justifiables s’il existe des options moins risquées. […] Des questions d’ordre éthique surgiront si les nouveaux traitements ciblent de manière disproportionnée les détenus toxicomanes auxquels on refuserait d’autres voies. »
Exemplaires de cette préoccupation éthique sont les cas de plus en plus fréquents de jeunes dépendants que les parents désespérés poussent à se soumettre à des méthodes chirurgicales de scientificité douteuse.
Lacan contemporain…
Dans sa Conférence au Collège de médecine à La Salpetrière en 1966[12], Lacan définissait le pari de notre ère : « Qu’il le veuille ou non, le médecin est intégré à ce mouvement mondial de l’organisation d’une santé qui devient publique et de ce fait, de nouvelles questions lui seront posées. »Il évoquait la dimension de la jouissance par rapport au corps et soulignait qu’« il est important de la placer comme pôle opposé, car là aussi, la science est en train de déverser certains effets qui ne sont pas sans comporter quelques enjeux. »En soulignant l’impossibilité de contenir de façon policière la jouissance procurée par un produit, il relevait le rôle éthique essentiel du médecin inauguré par Freud, rôle qui se résume à l’intervention de la théorie psychanalytique entre demande et jouissance. Le médecin occupe la « position de celui qui a à répondre à une demande de savoir, encore qu’on ne puisse le faire qu’à amener le sujet à tourner du côté opposé aux idées qu’il émet pour présenter cette demande. […] Ce qui est inattendu, c’est que le sujet avoue lui-même sa vérité et qu’il l’avoue sans le savoir. » Dans sa conclusion, il donnait toute son importance au temps dans le rôle de la médecine : « Si le médecin doit rester quelque chose, qui ne saurait être l’héritage de son antique fonction qui était une fonction sacrée, c’est pour moi, à poursuivre et à maintenir dans sa vie propre la découverte de Freud. C’est toujours comme missionnaire du médecin que je me suis considéré : la fonction du médecin comme celle du prêtre ne se limite pas au temps qu’on y emploie. »
[1] Freud S., Malaise dans la civilisation (1929), Paris, PUF, 1971.
[2] Lacan J. « Intervention au Congrès de Rome » (31.10.1974 / 3.11.74) in Lettres de l'Ecole freudienne, n°16, 1975, pp.177-203.
[3] ibidem, p.22
[4] Lacan, J., "Intervention de clôture aux Journées des Cartels de l'EFP" (1975), Lettre de l'Ecole Freudiennede Paris n° 18
[5] Freud, ibidem, p.22-23
[6] Le terme addiction est d'étymologie latine, ad-dicere « dire à ». Dans la civilisation romaine, les esclaves n'avaient pas de nom propre et étaient dits à leur Pater familias. L'addiction exprime une absence d'indépendance et de liberté, un esclavage. Être addicté était au Moyen Âge une obligation d'un débiteur qui ne pouvait rembourser sa dette autrement à payer son créancier par son travail suite à une ordonnance d'un tribunal. Par la suite, dans la langue anglaise, dès le XIVe siècle, addiction a pu désigner la relation contractuelle de soumission d'un apprenti à son maître. http://fr.wikipedia.org/wiki/Addiction
[8] Observatoire Européen des drogues et des toxicomanies, rapport annuel de 2009, Luxembourg
[9] www.dsm5.org/proposedrevisions/pages/substance-relateddisorders.aspx
[10] Ibidem
[11] TASSIN Jean-Pol, « La recherche neurobiologique appliquée aux drogues: implications éthiques et politiques », in Briefing de l’Observatoire des Drogues et des Toxicomanies, 1e édition 2009, JP Tassin est médecin et directeur de recherche à l’Inserm, Collège de France.
[12] Lacan (J), « Conférence et débat du Collège de médecine à La Salpetrière » in Cahiers du collège de Médecine, 1966, pp. 761 à 774.
Parole d'un psychiatre
Véronique Servais
Le Dr Thill est pédopsychiatre, responsable du Service de Santé mentale de la ville de Tournai en Belgique. Lors d’un entretien que j’ai eu avec lui, il critique le « Projet 107 » qui fait partie d’une réforme initiée par le gouvernement fédéral[1]et ne se limite pas à la critique. Il déclare que son service refuse de faire partie de ce projet.
Projet 107 ou The réseau qui vise la perfection pour le « bien-être »
Le projet 107 vise actuellement à réformer les services et soins en santé mentale. Il est entre autres « imposé aux services de santé mentale de conclure, prioritairement, une convention avec un hôpital psychiatrique ou un hôpital général organisant un service de psychiatrie ». Il faut « inscrire et développer son action dans le cadre institutionnel négocié par la direction administrative et ne pas faire l’impasse d’un rapprochement entre l’ambulatoire et le résidentiel (hospitalier ou non) ».
« Le réseau, même s’il existe déjà de manière informelle, est dès lors perfectible. » Cette perfection du réseau prône la « continuité » et la « complétude » des soins, la « transversalité » dans la « concertation », la « coordination », la « collaboration », soit la « coopération fonctionnelle » ou l’« interaction mutuelle » entre tous les acteurs (soignants, familles, patients, médecins hospitaliers, secteurs, régions et pouvoirs politique et économique). Pour le « bien-être mental » du patient -et sans doute aussi des membres intervenant dans le réseau, ajoute le docteur Thill-, la perspective d’approche se veut « globale et intégrée » ou encore « bio-psycho-socio-économique ».
« Non à un travail d’industrie, oui à un travail d’artisanat »
Le Dr Thill et son équipe ont « refusé clairement et officiellement d’entrer dans ce réseau tel que redéfini par la réforme ». Ils ont estimé qu’en entrant dans ce réseau formalisé de bout en bout, « il n’y aura plus de marge de manœuvre, de trous, de créativité possible, pourtant essentiels afin de continuer à déployer réflexions d’équipe et pistes de travail avec le patient. » Le service de santé mentale de Tournai, porté par sa voix, préfère donc continuer à travailler avec différents partenaires, mais pas dans ce réseau qui veut regrouper tous les partenaires. Il préfère, selon sa formulation, « un travail d’artisanat » plutôt qu’« un travail d’industrie tel que le propose ce nouveau réseau ».
« Non à tous se soigner dans le réseau, oui à la supervision »
Le projet 107 veut rassembler tous les membres de diverses équipes soignantes, parfois très petites en nombre, pour assurer le suivi de plusieurs patients à partir du domicile. Il est donc proposé : « Faites partie du réseau et le réseau vous soignera, vous soutiendra de façon automatique. » Le Dr Thill propose plutôt que les moyens financiers et les temps de réflexion avec les petites équipes de soins soient maintenus, voire augmentés au lieu que celles-ci soient incluses dans le réseau.
Il indique aussi que, dans le réseau du projet 107, « les temps de réunions sont majorés, officiellement pour améliorer la qualité des soins, mais force est de constater que c’est pour soigner le réseau et imprégner ses membres par le discours tenu par le réseau. »
« L’enthousiasme chez certains intervenants pour entrer dans le réseau part de la difficulté du travail : comment fait-on personnellement face à l’angoisse qu’on a de rencontrer tel patient, d’avoir une fenêtre ouverte sur le monde intérieur d’un patient, qui nous effraie, nous inquiète, nous met en colère ou nous submerge de tristesse ? Comment fait-on avec notre vécu, notre senti, nos émotions, nous les professionnels ? Le réseau risque malheureusement d’être utilisé comme une sorte de déversoir et de bouchage de ce qui est éprouvé et qui est normalement mis au travail en supervision, dans le colloque singulier avec le superviseur. Dans un mouvement de solidarité, les intervenants se soutiendront, et ce, pour le bien du patient, avec l’idée : ‘Nous partageons tous le même objectif’. Par ailleurs, rien n’est prévu dans le réseau pour réfléchir sur son fonctionnement qui risque de se mordre la queue et de fonctionner de manière auto-référencée. »
« Non aux groupes cibles et aux codes, oui à une autre idée du symptôme »
C’est moins le patient dans sa singularité qui est au centre du projet que des « groupes cibles », ciblés par la nomenclature du DSM et autres critères globalisants (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées, toxicomanes et dépendants, population psychiatrique). Les autorités tutélaires et subsidiantes avancent avec leur argument massif : « Nous avons de quoi définir une série de pathologies pour lesquelles nous financerons la prise en charge. En sachant le nombre de patients qui répondent à tel ou tel code, on pourra organiser le financement des hôpitaux et des autres services. »
Le Dr Thill se souvient du RPM (Résumé Psychiatrique Minimal), rapport qui codifie la problématique du patient et qu’il devait remplir pour obtenir le financement d’une hospitalisation à l’époque où il travaillait en hôpital psychiatrique. Il s’est rendu compte que, quand il écoutait le patient, il commençait à « penser DSM », à ce qu’il allait codifier dans le RPM. « Il y a quelque chose de très insidieux dans l’utilisation de ce genre de manuel ou de rapport écrit ! », affirme-t-il.
« C’est le symptôme du patient (délire, hyperactivité, démence) et non le patient qui est au centre du réseau. Vont être mobilisés un circuit de soins rigides et une série de services spécialisés autour de pathologies spécifiques. Cette évolution est préoccupante quand le clinicien se fait une autre idée du symptôme en tant qu’expression d’un montage du sujet pour tenter de faire face à des questions existentielles. Donc, occulter un chemin de vie singulier, l’originalité d’une construction pour n’en retenir que le symptôme qu’il faut dompter, eh bien c’est faire passer la psychiatrie, la santé mentale vers ce qu’on appelle la ‘normatrie’. »
« Non au bien-être mental en Normatrie, oui à l’originalité de certaines trouvailles »
« La normatrie est une politique de soins connotée idéologiquement pour laquelle tout comportement, tout élément visible qui s’écarte d’une ligne de base définie comme la norme, devra être corrigé, pris en charge par des intervenants qui se coordonnent de manière parfaite, qui s’échangent toutes les informations de manière transparente et qui permettraient une sorte de traçabilité du patient. Le dossier du patient l’accompagnera, objectivant son symptôme et en définissant l’intensité, par l’intermédiaire de grilles d’évaluation.
Quelle évolution sociétale sous-tend-on en défendant une pratique de la normatrie ? Si on s’interroge historiquement sur l’originalité de certaines trouvailles et créations humaines, on se rend compte que c’est précisément parce que des sujets ont pu s’affranchir à certains moments de la norme sans pour autant tomber dans la folie, que l’humanité a pu avancer. »
Le « bien-être mental » c’est, par exemple, dans le secteur de la pédopsychiatrie qui est celui du Dr Thill, « amener un enfant à bouger, mais pas trop, à ce qu’il devienne ni hypo- ni hyperactif, à ce qu’il soit dans une norme qui a quantifié les mouvements. Une série de services seront proposés pour mobiliser l’enfant : rééducation du mouvement, médication... Mais qu’est-ce qu’une preuve d’efficacité ? Qu’est-ce que fonctionner mieux, bouger moins pour un enfant hyperactif et à quel prix ? L’hyperactivité est déjà un mode d’organisation ; si l’enfant bouge moins, est-il pour cela en meilleure santé ? Faut-il s’échiner à faire entrer le monde de la santé mentale et de la psychiatrie dans la logique de la démarche scientifique telle qu’elle est construite actuellement ? Est-ce que cette démarche scientifique est compatible avec le monde de la santé mentale ? Certains auteurs d’articles dits scientifiques ne manquent pas de faire des erreurs de méthodologie dans leurs études pour aboutir à leur fin ! »
« Non à la carte d’identité psychique, oui au multi facettes »
Dans le réseau tel que proposé dans le projet 107, « le patient n’aura plus le choix de se présenter sous telle ou telle facette en fonction de ses interlocuteurs. Pourtant, il est très important pour certains de pouvoir se montrer sous des angles différents à tel ou tel intervenant. La multiplication des intervenants, loin d’être une perte d’énergie, est au contraire quelque chose qui permet à certains patients de bricoler, de construire quelque chose qui leur permet de tenir debout. Cette hypertrophie d’une seule facette par la carte d’identité psychique représentant le patient auprès de tous les membres du réseau parfaitement transparents les uns par rapport aux autres, risque d’entraîner effectivement une perte de subtilité, de multi facettes. Beaucoup de patients tenteront d’y échapper. L’objectif du réseau ne pourra pas être atteint parce que le psychisme humain va tenter d’y répondre autrement. »
« Non au contrôle pour le bien du patient, oui au bricolage »
Par ailleurs, poursuit le Dr Thill, « mettre à plat en réunion de concertation la problématique d’une personne devant elle sans aucune nuance et dans une volonté de l’objectiver comme objet de soins, est violent. Il y a déjà des dérives : à ce genre de réunion, on présente le patient, sa famille, ses soignants, son assistante sociale du CPAS (Centre Public d'Action Sociale) et son agent de quartier ! De manière à peine caricaturale, on aboutira un jour à ce que l’agent de quartier, passant devant l’appartement d’un patient encore illuminé à trois heures du matin, téléphone au psychiatre pour lui dire qu’il faudrait peut-être changer sa médication ! C’est le contrôle, mais pour le bien du patient ! »
À la question : « La santé mentale existe-t-elle ? », le Dr Thill conclut qu’il n’y a pas de santé mentale avec un grand S, ni de guérison au sens médical du terme, mais qu’il y a bien à soutenir le bricolage du sujet.
[1] On peut consulter les documents fédéraux et wallons sur le site :
Toujours plus ! Harder, Better, Faster, Stronger
Pascale Simonet
Une exposition en cours au CIAP-Aktuele kunst d’Hasselt (Flandres-Belgique), intituléeAlter Nature : Harder, Better, Faster, Stronger[1]réunit actuellement une dizaine d’artistes de renommée internationale autour d’un thème qui, pour une part, prend des allures d’exultation : comment l’homme et son corps considéré comme mécanisme, peuvent être « manipulés, exploités, améliorés ».
Elle s’est ouverte sur une conversation avec Stelarc, performeur australien qui considère le corps humain comme une machine caduque et désuète, et qui propose d’extravagantes constructions anatomiques alternatives, opérations chirurgicales et autres prothèses mécaniques, et se clôturera le 12 mars prochain avec la performance d’un artiste suisse, Yann Marussich, Bleu Remix, interpelante à plus d’un titre.
Cette performance fait suite à une autre, Bleu provisoire, créée en 2001, dont elle est une simplification technique. Yann Marussich, enfermé dans une boîte en plexiglas surchauffée, se fait sculpture immobile, invitant à un voyage à travers la peau. L´homme est nu, posé comme derrière un miroir que le spectateur traverse avec ses yeux, ses fantasmes et ses représentations. Aucune narration ni abstraction. Suintent de son épiderme, de ses yeux et de sa bouche, des liquides teintés de bleu portant ainsi au jour les remous intérieurs du corps. Ces liquides évoquent une substance picturale à la Yves Klein. À la recherche d’un homme universel, dépouillé de toute subjectivité, de toute pensée, l’artiste cherche à « dévoiler cette réalité qui existe en chacun de nous ». Hallucination du corps et réalité biologique se mêlent et se confondent. Cet ancien danseur nous livre une chorégraphie imperceptible entre danse des sécrétions et danse des organes.
L'idée du remix s'applique au son de la performance. Dans chaque lieu où se déroule la performance, un musicien local prend possession de la bande-son originale de Bleu provisoire pour la réarranger à sa manière et ainsi créer une performance à chaque fois unique. La singularité se loge donc à l’extérieur de l’homme, là où il n’y a rien à regarder.
Monstration d’un corps glorieux, détaché de celui du Christ : plus de sang rouge, plus de dedans dehors, plus de repères : les limites se franchissent sans braver d’interdit. Écorchement non sanguinaire du corps, pur produit de la science : soutenu par des médecins, l’acte est rendu possible par l’absorption de substances colorantes : le but n’est pas diagnostique, mais de trouble et de fascination.
Ce n’est pas la première fois que Yann Marrussich met en jeu, en corps, ses liens à la médecine.
En 2004, il propose une performance « légère », intitulée Diagnostic, sans technique spécifique, ni son ni lumière particulière. À l’aide de fil médical, il sertit son corps criblé de boules de graisse plus ou moins grosses, afin d’en rendre visible les reliefs. Il est en slip, immobile et le public circule autour de lui, et peut même toucher les boules. Une femme en blouse blanche distribue aux spectateurs une feuille de formulaire médical. Il leur est proposé de définir par écrit un diagnostic, puis une prescription. La femme reprend les feuilles après que chacun ait fini d’écrire. « Je suis parti d’une part du fait que le diagnostic est une maladie et que l’homme se sent souvent l’âme du docteur et répand à tout va des diagnostics sur tout. Je me considère ici comme support de projection impersonnel. Le diagnostic n’est qu’un prétexte de plus pour parler du rapport au corps, dans un langage a priori connu de tous, c’est-à-dire le rapport médecin/patient. Le deuxième point de départ est relatif aux boules graisseuses qui fleurissent sur mon corps. Tous les médecins qui m’ont regardé m’ont donné un diagnostic différent. Comme ce problème n’a pas d’incidence directe sur ma santé, ça m’a amusé et je me suis dit qu’à ce point, tout le monde était en mesure de me faire un diagnostic. C’est un travail d’imagination de la part du public. »[2]
Parmi ses autres œuvres, citonsAutoportrait dans une fourmilière, où Yann Marussich questionne d’un point de vue organique l’approche de la mort, pointe extrême de l’immobilité. L’artiste est couché, immobile cinq heures durant, dans une vitrine de 2m x 1m x 0.5m, qui abrite une fourmilière. Sur chaque côté de ce cercueil de verre, des casques audio diffusent trois sources sonores distinctes et des écrans plats montrent en direct des gros plans du corps et des fourmis, pris par quatre caméras. Comment ne pas voir dans cet artifice la place assignée à l’homme dans la fourmilière d’un monde qui « marche » ?
Et enfin mentionnons Ex-pression, – là où les mots pressent ? Là où ils ne font plus le poids ? Là où ils ne sont plus accueillis ? –, reste« la liberté face au mur » : un homme nu, écrasé contre un mur sous une feuille de plexiglas. Manière paradoxale de montrer que dans la réalisation intégrale de l’image, il n’y a pas de place pour le trou.
[1]http://ciap.be/
[2]http://www.yannmarussich.ch/
Erratum
Une erreur s’est glissée dans le texte de Fabian Fajnwaks « Les antidépresseurs neufs de l’empereur » (PIPOL NEWS 28, 6 février 2011).
A la quatrième page, il y a lieu de lire : ""Contrairement aux autres antidépresseurs, inhibiteurs de la capture de la sérotonine, la Tianeptine agit comme un stimulateur de la capture de sérotonine, un SSRE (Selective serotonin reuptake inhancer), c’est-à-dire qu’il agit en augmentant la quantité de sérotonine dans le cerveau", en lieu et place de "'il agit en diminuant la quantité de sérotonine dans le cerveau".
PIPOL NEWS info 4 - 10|02|2011
PIPOL NEWS - 10 FÉVRIER 2011 - Info n°4
Sommaire
Communiqué EFP (Italien) : nouvel AE
Journée d’étude de l’institut de l’enfant
LAS NOCHES DE LA ESCUELA: Hacia PIPOL 5
Journée préparatoire à PIPOL 5

Comunicato EFP
Il consiglio e il segretariato dell'EuroFederazione di Psicoanalisi si congratul ano con Paola Bolgiani della Scuola Lacaniana di Psicoanalisi (SLP) per la sua n omina come Analista della Scuola (AE)
Gil Caroz
Presidente EFP
JOURNÉE D’ÉTUDE de l’INSTITUT DE L’ENFANT
Samedi 19 Mars 2011
Palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux
(Métro ligne 12 – Mairie d’Issy)

Bulletin d'inscription
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Prénom : ...................................................................................................................................
Adresse : .................................................................................................................................
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Tél : .............................................................. E-Mail : ………………………………….
INSCRIPTION PERSONNELLE
◊ 50 €
◊ 25 € étudiants (moins de 26 ans) et demandeurs d’emploi, sur justificatif.
RÈGLEMENT
Par chèque (jusqu’au 12 mars) à l’ordre de CHAMP FREUDIEN, joint à ce bulletin et adressé à : JOURNÉE INSTITUT ENFANT- 1, rue Huysmans – 75006 Paris.
INSCRIPTION Formation Permanente et Formation Médicale Continue
◊ FMC : 50 €
◊ FP : 150 €
Dossier à transmettre avantle 11 février 2011 à :
UFORCA pour l’UPJL - Secrétariat général - 15, Place Charles Gruet – 33000 Bordeaux.
Fax : + 33 (0)5 56 51 16 25 – Email : uforca@wanadoo.fr.
Nom de l’institution :
Adresse
Code postal : Ville :
Tél : Fax : E-mail :
Nom du responsable Formation permanente :
Escuela Lacaniana de Psicoanálisis del Campo Freudiano
SEDE DE MADRID
LAS NOCHES DE LA ESCUELA
Hacia PIPOL 5.
Mesa Redonda
15 de Febrero de 2011. Hora 20.30
¿Qué se espera de la cura en la psicosis en Salud Mental? ¿Qué esperamos, nosotros, los psicoanalistas? ¿De que modo pueden incidir las instituciones en la concepción de esta cura?
Participan: Ana Castaño, Javier Garmendia, Silvia Nieto y Enrique Rivas.
No todos los profesionales de la salud mental piensan lo mismo sobre el enigma que supone la psicosis y sin embargo tienen que compartir el mismo espacio; sesiones clínicas, intercambio de informes, trabajo con las familias y con el propio paciente. La comunicación no es siempre fluida y lo que se transmite a las familias o al paciente puede llegar a ser muy diferente, pues diferentes son los modos de abordar el mismo problema, distintas estrategias de tratamiento conviven con distintas expectativas, dependiendo de lo que esperemos del tratamiento así lo abordaremos. En el horizonte está la cuestión insoslayable de en qué consiste la cura en la psicosis. De la forma en que respondamos a esta pregunta se derivará, casi con total seguridad, el enfoque del tratamiento, los distintos pasos a seguir, los acentos puestos en uno u otro aspecto, las recomendaciones o el uso de los psicofármacos, en definitiva nuestro modo de tratamiento de esta patología que nunca deja de sorprendernos.
Coordinadores: Javier Garmendía y Ana Castaño.
Comisión: Antonio Ceverino, Blanca Cervera, Marta Davidovich, Mirta García, Beatriz García, Ana Ramirez, Enrique Rivas y Silvia Nieto.

PIPOL NEWS 28 - 06|02|2011
PIPOL NEWS 28 - 6 FÉVRIER 2011
"La neuroplasticité paraît expliquer tellement de choses, que peut-être, au fond,
elle n'explique rien du tout." Irving Kirsch
Sommaire
Fabian Fajnwaks (Paris) : Les antidépresseurs neufs de l’empereur
Monique Amirault (Angers) : Un style Chaissac (IX): Le laisser-aller des éliminés


Les antidépresseurs neufs de l’empereur
Fabian Fajnwaks
En pleine période de scandale du Médiator, portant à l’évidence les liens existants en France entre les laboratoires, les médecins et le pouvoir politique, il peut être intéressant de constater que de semblables liens existent dans le monde anglo-saxon depuis bien longtemps, et que la dépression, seconde « maladie » répandue dans la planète en l’an 2020 après les affections cardiovasculaires selon les prévisions de l’O.M.S., en occupe le centre à cause des antidépresseurs, qui rapportent une énorme quantité d’argent à Big Pharma. On connaissait déjà le travail de Jerome WAKEFIELD et Allan HORWITZ, The loss of sadness. How psychtiatry transformed normal sorrow into a depressif disorder[1] par la note de lecture que notre collègue Jean-Claude Maleval avait faite dans La Lettre mensuelle. Ces deux universitaires de la Columbia avaient eu accès aux fiches médicales remplies par les prescripteurs, très nombreux, dans les dispensaires et centres publics de Santé mentale de l’État de New York et avaient pu constater que dans un pourcentage très élevé de cas, seuls deux sur cinq items du D.S.M. IV diagnostiquant un trouble dépressif suffisaient pour prescrire des antidépresseurs. L’item le plus coché était bien sûr la durée dans le temps (plus de deux semaines de trouble) indépendamment de toute cause pathologique à l’origine de l’état dépressif. Ils démontraient alors, chiffres à l’appui, comment le trouble dépressif devenait, par ce biais, la « seconde affection médicale après les troubles cardiovasculaires ».
Mais des articles duNew York Times et Newsweek ont donné un retentissement majeur dans le monde anglo-saxon à un autre ouvrage. On avait pu lire en février 2008 lepaper que l’auteur, Irving Kirsch, psychologue clinicien à l’Université d’Hull, en Angleterre avait publié dans des revues médicales concernant la différence infime entre l’effet des anti-dépresseurs et celui des placebos. Son livre The Emperor’s new drugs. Exploding the antidepressant myth (Basic Books, London, 2010) démonte avec preuves et arguments consistants, l’efficacité neurochimique réelle des antidépresseurs, et en conséquence, la croyance des fondements neurologiques de la dépression. Son travail a été très contesté par les laboratoires en raison de la méthode de méta–analyse employée (lecture des travaux publiés sans autre expérience directe avec le phénomène étudié). Cependant, étant donné le volume des travaux publiés dans le milieu médical et la fragmentation extrême de ces études dites scientifiques au niveau des phénomènes étudiés, une lecture d’ensemble faisant émerger leurs points d’inconsistance, comme c’est le cas ici, ne pouvait être que salutaire.
Par ailleurs, la bruyante protestation de Big Pharma peut se comprendre, à la lecture de la dénonciation sévère de Kirsch : les laboratoires auraient volontairement omis de communiquer aux médecins et aux organismes régulateurs des médicaments, le NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence) chargé de proposer les principes pour l’agrément des médicaments au National Health Service (NHS) anglais, et à son homologue américain, la Food and Drugs Administration, 40 % des études effectuées par des laboratoires indépendants pour la certification des antidépresseurs, études qui montraient justement qu’il n’y a statistiquement pas beaucoup d’écart entre l’administration d’antidépresseurs et celle de placebos. L’accusation est grave, ce qui a motivé la réaction de la presse Outre-Atlantique.
L’auteur démontre plusieurs choses. D’une part, l’écart entre l’effet placebo et l’effet des drogues –les SSRI, en anglais, inhibiteurs de la capture de sérotonine au niveau de neurotransmetteurs, du type Prozac commercialisé aux USA, premier des antidépresseurs « nouvelle génération » au Déroxat et au Zoloft (dont les génériques sont la Paroxetine et la Sertraline) – correspond seulement à 25 %, le reste de l’amélioration serait due, selon l’auteur, à l’effet placebo et à l’écoulement du temps. Leur effet réel se vérifie seulement dans les cas de « Troubles dépressifs majeurs ». Comment s’explique l’amélioration attestée dans les protocoles d’essai de ces médicaments ? Dans les essais cliniques, les patients sollicités pour y participer connaissent très souvent les effets secondaires de la médication, ce qui leur permet de deviner assez rapidement s’ils ont pris le médicament ou le placebo dans les tests à « double aveugle ». S’ils commencent à ressentir les effets secondaires, ils commencent à se sentir mieux, par une sorte de prophétie « auto-réalisatrice ». L’auteur ne tient pas compte de l’effet de l’amélioration liée au fait qu’on s’intéresse aux patients, qu’on les écoute, donc aux effets du transfert. Ce qui se dégage des études comparatives, c’est que plus les patients constatent les effets secondaires de la drogue sur eux, plus ils commencent à se sentir mieux.
L’auteur cite le cas d’un nouvel antidépresseur, la Tianeptine, commercialisé en France sous le nom de Stablon. Contrairement aux inhibiteurs de la capture de la sérotonine, la Tianeptine agit comme un stimulateur de la capture de sérotonine, un SSRE (Selective serotonin reuptake inhancer), c'est-à-dire qu’il agit en augmentant la quantité de sérotonine dans le cerveau. Si la théorie du déséquilibre des mono-amines dans le cerveau est correcte, Kirsch en déduit que cette molécule devrait induire la dépression plutôt que d’améliorer l’état du patient. Cependant, les études montrent qu’elle est plus efficace que les placebos, et autant que les IRSS et les antidépresseurs tricycliques. L’auteur remarque ironiquement qu’il y aura bien un esprit ingénieux pour accommoder la théorie du déséquilibre chimique à cette curiosité, et met en évidence que si la dépression peut être affectée et par les médicaments qui augmentent la sérotonine, et par ceux qui la réduisent, et par les drogues comme les placebos qui n’ont aucun effet, il faut conclure que les bénéfices d’une médication ne peuvent pas être attribués à son action chimique.
Ainsi, alors même que les théories biochimiques de la dépression sont en crise, les chercheurs cherchent des explications alternatives pour maintenir le paradigme biochimique de la dépression : la dépression ne dépendrait-elle pas des anormalités au niveau du système auto-immune, ou de cette petite partie du cerveau restée en garde partie inexplorée, l’hippocampe, ou encore des glandes pituitaire, adrénale ou thyroïdienne ? Le grand espoir des neuroscientistes gît dans la théorie de la neuroplasticité, c’est-à-dire des modifications attestées dans le cerveau lorsque les gens effectuent des apprentissages. Ainsi, la cause de la dépression se situerait au niveau des difficultés à traiter l’information au niveau neuronal. Les antidépresseurs pourraient faciliter – selon ce paradigme – le traitement de l’information, le rendre plus efficace et ainsi apprendre quelque chose de l’expérience. Comment les médicaments pourraient opérer « sera précisé dans des travaux à venir » selon la rhétorique fréquente de ce type de travaux soi-disant scientifiques. Comme l’indique l’auteur, la neuroplasticité « paraît expliquer tellement des choses, que peut-être au fond, elle n’explique rien du tout ». Elle expliquerait tout autant les effets de la psychothérapie que ceux de la médication, car le concept de neuroplasticité justifie même les effets thérapeutiques de l’électrochoc et ceux des placebos sur la dépression. Comme l’indique un des représentants de cette théorie : « les thérapies psychothérapeutiques et pharmacologiques, le traitement par électrochoc et les effets placebo pourraient tous conduire à améliorer les éléments dont nous disposons concernant le traitement et l’amélioration des troubles de l’humeur impliquant des mécanismes similaires au niveau de la plasticité neuronale. »[2] Le problème avec la neuroplasticité est qu’elle n’explique pas comment ces traitements si différents – même ceux incluant des drogues supposées avoir des effets complètement opposés – produisent les effets supposés au niveau neuronal. Et finalement, comme l’indique Kirsch, si les placebos produisent les mêmes changements au niveau de la neuroplasticité, pourquoi s’encombrer d’antidépresseurs ?
Cet ouvrage constitue donc une critique rendant encore plus inconsistant ce « semblant articulé qu’est le discours scientifique »[3] comme le disait Lacan, « discours scientifique qui progresse sans plus même se préoccuper s’il est ou non semblant. Il s’agit seulement que son réseau, son filet, son lattice fasse apparaître les bons trous à la bonne place. » Si le terme de « santé mentale » a évolué selon les époques, depuis une conception morale, en passant par l’approche humaniste des années ’50 jusqu’à sa forme actuelle articulée aujourd’hui surtout autour de chiffres, de statistiques et d’articles médicaux comme ceux que ces deux travaux contribuent à déconstruire, il s’agit de mettre en évidence ce qui fait trou dans cette « articulation algébrique du semblant ». Ceci non pas pour dénoncer seulement que « l’empereur est nu » en s’inscrivant par là dans le mouvement contemporain de dénonciation des semblants, et nourrir ainsi le cynisme ambiant, mais pour situer le Réel en jeu qui échappe au discours de la santé mentale.
Un style Chaissac (IX): Le laisser-aller des éliminés
Monique Amirault
Il ne va pas de soi de reconnaître à tout sujet un style, d’y reconnaître sa qualité, ce qui fait dire - ça, c’est du Proust, du Duras, ça c’est du Picasso, du Chaissac ou, tout simplement, « ça, c’est bien lui »- formule utilisée par J-A Miller en juin 1998 à Fontevraud pour qualifier la « signature du symptôme ». Pourrait-on dire alors que certains sujets sauraient élever leur symptôme à la hauteur d’un style ? Eclairons-nous d’une remarque de Lacan, en 1933: « L’artiste concevra le style comme le fruit d’un choix rationnel, d’un choix éthique, d’un choix arbitraire ou bien encore d’une nécessité éprouvée dont la spontanéité s’impose contre tout contrôle » Reprenant « Le Gide de Lacan »[i], J-A Miller ouvrait à l’idée du style comme aboutissement d’un « processus de mise au point », résultat d’une « décoction » dont les productions du sujet portent l’empreinte identifiable. Nous pourrions mettre en parallèle la rencontre de Gide avec le message de Goethe qui produit l’écrivain apte à assumer la voie de sa singularité, et la rencontre de Chaissac avec Freundlich qui détermine la place d’exception de l’artiste à partir de quoi s’organisent ses défenses contre le réel. Gide insiste sur la dimension de son choix propre - Qu’il soit tel qu’il se veut - écrit-il, dans son Journal, à propos de l’artiste. Chaissac, au contraire, est sous l’intimation de la parole de l’Autre. Etre un artiste ne sera jamais sa véritable vocation. Si pour Gide, l’intaille provoquée par sa lecture de Goethe dégage sa figure intérieure, pour Chaissac, il s’agit d’une attribution de l’Autre ne lui fournissant qu’un appui nécessaire pour trouver une modalité propre à lui de faire avec le réel, ce dont il aura à assumer la charge:
« Ce que je reprocherais à mon art, c’est de m’avoir fait voir des choses sous un autre jour et mon ancienne mentalité faisait bien mieux l’affaire. Quoique n’étant pas un homme de devoir, je me trouve censément obligé de continuer d’écrire et de peindre et je préfèrerais être quelqu’un sans mission de ce genre... »[ii]
Ce choix exige le temps logique du consentement à son exception propre qui passe, chez le névrosé, par l’expérience de S (A barré) et chez le psychotique par la trouvaille d’une modalité de savoir y faire avec le réel dans une expérience subjective où l’Autre est défaillant à donner au sujet un point de garantie.
Par ailleurs, le style suppose l’Autre à qui l’on s’adresse mais aussi l’autre de la même paroisse. Si tant de lettres de Chaissac ont disparu, n’ont eu que destin de poubellication, c’est bien qu’il ne s’est pas limité dans son adresse à ceux de sa paroisse, peintres et écrivains intéressés à ce moment par tout ce qui subvertissait les académismes et jouait sur la langue et les formes pour les déconstruire et retrouver la spontanéité d’un primitivisme perdu. L’instituteur qui ne répond pas à sa demande d’une préface, le conseiller général auquel il envoie ses suggestions ou l’évêque de Vendée à qui il fait part de ses déboires n’ont que faire des lettres d’un illuminé !
Pour Chaissac, la seule manière d’accommoder le réel est de faire art de toute chose. C’est là que réside l’unité de son style. Promouvoir lesincultes, les mal dégrossis par ses lettres, porterle village à la hauteur d’une institution, par ses chroniques, donner de l’éminence à une marmite bien culottée dans son art, ressortent de la même nécessité, celle de faire passer le réel dans le symbolique, sans opération de métaphore, souvent par simple contiguïté, superposition, raboutage, en cernant d’un trait, sans « idée » préalable du résultat. A maintes reprises il met en avant que cet art ne vaut que référé à sa qualité de bricoleur, celle qui lui donne un savoir-faire, pour user de lalangue, des déchets et débris divers, des formes données par une lézarde dans un mur, d’une pierre sur le chemin, d’une souche dans la forêt, d’un dessin d’enfant, d’un « graffiti d’inculte », de l’empreinte d’un objet.
« Sur du beau papier, voilà qui serait un sacrilège pour des fourbis pareils. Quant à achever, mieux finir des laissés pour compte, en produire de mieux venus, ce serait carrément stupide » écrit-il à Iris Clert qui, préparant en 1961 la troisième exposition des œuvres de Chaissac, demande à celui-ci un peu plus de soin et de précautions !
Chaissac- le- bricoleur pourrait être son nom de symptôme car c’est son savoir-faire qui lui permet, tant bien que mal, de s’habituer au réel. Le réel, on doit pouvoir s’y habituer, dit Lacan, précisant que le seul concevable à quoi nous ayons accès, c’est le symptôme[iii]. Ce sera pour Chaissac, obéir aux mots, obéir aux épluchures, obéir aux ordures ou obéir aux formats. Si « le symbolique est au principe du faire, (..).l’art est un savoir-faire(...) au-delà du symbolique »[iv]. Par ce primitivisme qui a fait la joie des tenants de l’art brut et des surréalistes, Chaissac a cru, un temps, trouver une famille, mais il n’est pas du même monde. Ce que les autres obtiennent par un effort de déconstruction poétique de la langue, par décomposition des volumes, Chaissac, à l’inverse, l’obtient par une réunification de bouts de réels, un assemblage de formes isolées, une mise en jeu du corps auprès de quoi les fantaisies des « gens en place » pour obtenir un peu de spontanéité lui paraissent bien dérisoires. Il ne se reconnaît pas dans « le je m’en foutisme et le laissez allé des gens en place... moi, c’est le laissez allé des éliminés, des inadmissibles... »[v] Ou encore « Je ne vois pas les choses sous le même jour que les hommes fabriqués en série au séminaire. J’ai passé à une toute autre école. Une école du reste pas même de mon choix. Lorsqu’on me traite d’illuminé, je précise simplement : Non, éliminé »[vi]
L’art ne recouvre pas la structure, bien au contraire il en témoigne. Epuisé par sa lutte incessante pour traduire la jouissance par la lettre et la maîtriser dans l’objet sans le solide secours d’un bricolage qui à la fin de sa vie l’abandonne,Chaissac quitte à cinquante quatre ans son pays de l’Indépendance.
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« Si je parvenais à être un grand peintre, ça n’en ferait après tout un de plus. J’aime mieux travailler pour en faire naître une chiée »[vii]
[1]Oxford University Press. 2007.
[2]Ero Castrén. Is Mood Chemistry ? In Nature Reviews Neurscience 6 (2005) 241-46. Cité par Kirsch.
[3]J.Lacan. Le Séminaire D’Un discours qui ne serait pas du semblant. Livre XVIII. Ed. du Seuil. Paris. 2006. P . 28.
[i]J-A Miller « Sur le Gide de Lacan »in La cause freudienne 25
[ii]Lettre à R.Briand in Je cherche mon éditeur, p.166
[iii]Conférence de presse de J. Lacan, Rome, 29-10-1974
[iv]J.lacan, in L’insu que sait de l’une bévue... Séminaire du 18-01-1977 -Ornicar? 15
[v]Lettre à l’abbé Coutant in Le laisser-aller des éliminés, p.46
[vi]Lettre, inédit, Musée des Sables d’Olonne
[vii]Note inédite. Nous devons les notes inédites à Annie Chaissac qui a bien voulu nous les communiquer.
PIPOL NEWS 27 - 01|02|2011
PIPOL NEWS 27 - 1 FÉVRIER 2011
"La meilleure définition d'une personne en bonne santé mentale est qu'elle peut
être punie pour ses actes."
Santé mentale et ordre public
Jacques-Alain Miller
La santé mentale n'a pas d'autre définition que celle de l'ordre public. Pour synthétiser ce que paraissent être les suspicions, voire le dédain manifeste pour la notion de santé mentale, tel qu’il peut parfois s’exprimer depuis un point de vue analytique, je vous propose de partir de cette définition de la santé mentale en référence à l’ordre public. En effet, il n’y a pas, me semble-t-il, de critère plus évident de la perte de la santé mentale que celui qui se manifeste par la perturbation de cet ordre.
De quelques standards de la santé mentale
Les patients en santé mentale sont, d’une manière générale, sélectionnés à partir d’une perturbation de ces caractéristiques qui peuvent aller jusqu’à concerner l’ordre privé de la famille, lui-même. C’est-à-dire – et je vous prie de m’excuser si cela peut vous paraître un peu grossier – que le plus important dans la vie, par rapport à la santé mentale, c'est de bien se tenir dans la rue, et plus encore, de la traverser sans se faire renverser. La manière la plus commune que nous avons de dire cela à Paris – le sens commun a toujours raison – c’est qu’un malade en santé mentale est quelqu'un auquel on ne confierait pas son enfant pour traverser la rue. Cela me paraît être un véritable critère de santé mentale.
Ainsi, à la campagne, lorsqu'il n'y avait pas de rues et encore moins de voitures, les standards de la santé mentale étaient beaucoup plus relâchés qu'aujourd'hui dans les villes, où la circulation automobile est plus intense. Plus la circulation est intense, plus la santé mentale est exigeante. Je ne sais si cela se vérifierait par les statistiques. Nous pourrions proposer ce thème à nos amis scientifiques : la corrélation entre les standards de la santé mentale et l'état de la circulation automobile dans les villes.
Il y a aussi ceux qui ne veulent plus sortir de chez eux et nous le savons, cela dérange également l'ordre public, et ce jusque dans la sphère familiale. Qu'un adolescent reste enfermé dans sa chambre, par exemple, peut être un signe important et faire soupçonner quelque chose du point de vue de la santé mentale. Et, même s’il n’a pas de famille, celui qui ne sort jamais dans la rue dérange la concierge — personnage important de la vie citadine, tout le monde sait qu'il faut avoir de bonnes relations avec sa concierge, je plaisante bien entendu. Il n’empêche, retenons qu’avec la santé mentale, il s'agit toujours de l’usage, du bon usage, de la force.
Par ailleurs – et c’est un fait d’expérience, tiré du témoignage de ceux qui travaillent dans les institutions –, le problème fondamental en santé mentale est, semble-t-il, une question d'entrer, de sortir, et de revenir. Si ce n’était pas le cas, nous parlerions en effet de fugues. Revenir, après être sorti, est essentiel à l'ordre public. Rentrer chez soi pour dormir permet, par exemple, d'éviter le divorce. Le problème central dans la pratique de la santé mentale est donc de savoir qui l’on peut laisser sortir et qui peut sortir à condition de revenir prendre son traitement.
Ce sont les travailleurs de la santé mentale qui décident si quelqu'un peut circuler parmi les autres dans la rue, dans son pays, entre les pays ou, au contraire, s'il ne peut plus sortir de chez lui ; s'il peut sortir pour aller à l'hôpital de jour ou s'il doit rester à l'hôpital psychiatrique ; et, au bout du compte, s'il doit être attaché, car dans certains cas la dangerosité est rebelle au traitement.
C’est ainsi que les travailleurs de la santé mentale se reconnaissent proches des travailleurs de la police et de la justice. Cette proximité les offusque et ils essayent de se positionner autrement ; ce qui est tout aussi bien un aveu. Quoi qu’il en soit, la santé mentale garde comme objectif — elle ne peut en penser un autre — de réintégrer l'individu au sein de la communauté sociale.
Cela dit, nous ne pouvons nous contenter d'établir une équivalence totale entre santé mentale et ordre public. La différence entre les catégories de travailleurs montre en effet les insuffisances de cette équivalence. Il y a des perturbations qui incombent à la santé mentale et d'autres qui concernent la police ou la justice. Quel est donc le critère qui situe un individu d'un côté ou de l'autre : du côté de la santé mentale et du côté de l'ordre public ? Ce critère opérationnel, c’est la responsabilité, c’est le châtiment.
Lacan a écrit que la responsabilité, comme châtiment, est une des caractéristiques essentielles de l'idée de l'homme qui prévaut dans une société donnée. Peut-être paraît-il surprenant qu'il y ait parmi les écrits de Lacan un texte sur Criminologie et psychanalyse. Lacan y accentue la responsabilité comme un concept essentiel dans la répartition entre santé mentale, ordre public et psychanalyse. La notion cruciale pour le concept de santé mentale est alors celle de la décision quant à la responsabilité de l’individu. Il s’agit de décider si quelqu’un est responsable et peut être puni ou si, au contraire, il est irresponsable et doit être traité. Il me paraît assez évident, à partir de là, que la meilleure définition d'une personne en bonne santé mentale est qu’elle peut être punie pour ses actes. C’est une définition opératoire, non idéale. Ceausescu, par exemple, n'est pas en bonne santé mentale. On ne peut donc le punir. Pourtant, quiconque le dirait paranoïaque, serait enfermé à sa place. Voilà le problème auquel je prétends faire allusion, lorsque l'incarnation du pouvoir de châtier est en position d'échapper au diagnostic de santé mentale.
Que signifie l'irresponsabilité ? Elle signifie que les autres ont le droit de décider pour vous, c’est-à-dire que le sujet cesse d’être un sujet de plein droit. Le terme « sujet » ne s'introduit pas à partir du mental, mais à partir du droit. Nous saisissons, là, l'image même du totalitarisme : c’est toujours l’autre qui décide et, dans un tel État, ce sont tous les autres qui sont fous. La preuve en est qu'ils ne peuvent pas sortir du pays.
Centrons-nous sur cette idée d'irresponsabilité. Est irresponsable celui qui ne peut rendre raison de ses actes, qui ne peut en répondre. Le mot même de responsabilité inclut celui de réponse — c'est la même racine. La responsabilité est la possibilité de répondre de soi-même. Si, pour la psychanalyse, la criminologie est tellement intéressante, c’est qu’elle pose le problème de savoir si la maladie mentale conduit à suspendre le sujet de droit.
Le psychanalyste n'est pas, comme tel, un travailleur de la santé mentale
Nous pouvons maintenant corriger notre première équivalence pour avancer que la santé mentale est une partie, une sous-catégorie, de l'ensemble de l'ordre public. Par exemple, la névrose obsessionnelle est parfaitement compatible avec l'ordre public. Elle l’est à un point tel que nous pourrions même aller jusqu'à nous demander si les inventeurs de l'ordre public n'étaient pas des névrosés obsessionnels. Un juge qui pense tout le temps à l'acte sexuel n'arrête pas pour autant d'agir comme un juge. Il peut parfaitement juger et, en même temps, n'avoir autre chose en tête que des obsessions sexuelles. La paranoïa aussi peut être parfois parfaitement compatible avec l'ordre public — plus dans certaines professions que dans d'autres. C'est uniquement d'un paranoïaque que j'ai entendu dire, dans mon cabinet, qu'il était en parfaite santé mentale. Je ne sais si quelqu'un qui n'est pas paranoïaque pourrait le dire.
Nous en arrivons ici à un point où nous pouvons prendre une position univoque sur le rapport de la psychanalyse et de la santé mentale : le psychanalyste, comme tel, n'est pas un travailleur de la santé mentale. Malgré ce qui peut être pensé ou dit pour justifier son rôle en termes d’utilité sociale, le secret de la psychanalyse c’est qu’il ne s’agit pas de santé mentale.
Le psychanalyste ne peut ni promettre, ni donner la santé mentale. Il peut seulement accueillir, saluer le patient qui vient dans son cabinet. De plus, lorsque tout marche bien, c'est lui qui reste là, enfermé, comme s'il se retirait lui-même de la circulation.
Dans la psychanalyse, bien saluer a beaucoup d'importance. On dit par exemple que la séance lacanienne, dans sa dernière période, se réduisait à un salut. Il se pourrait que l'essentiel ce soit le salut analytique. Nous pourrions opposer ce salut à la santé mentale. Je l'ai constaté dernièrement — quelqu'un que je n'avais pas bien salué m'a, peu de temps après, demandé une analyse. Le salut a donc une incidence sur la pratique, mais sans pour autant que l'on puisse immédiatement en anticiper le résultat. C'est en cela que réside la différence entre psychanalyse et santé mentale.
Poursuivons dans le sens de cette différence et interrogeons l'utilité de la psychanalyse dans la mesure où, du point de vue de l'ordre public, les gens qui s'analysent sont dits en bonne santé. La différence, et peut-être le paradoxe, réside en ceci que la psychanalyse est un traitement qui s'adresse à un sujet de droit comme tel, à un sujet de plein droit. C’est dire que notre travail s'adresse à des maladies mentales — si l’on souhaite continuer à les appeler ainsi — pour lesquelles il y a un sujet de plein droit, un sujet qui répond de ce qu'il fait et de ce qu'il dit, jusqu'au point de savoir, s'il ne peut pas le faire, que les choses ne vont pas bien. Il ne lui apparaît pas comme une bêtise de dire ou faire des choses dont il ne peut pas répondre.
Le sujet défini comme réponse. Un sujet responsable
Ceux qui s'introduisent dans l'enseignement de Lacan peuvent situer le terme sujet à partir de cette dimension de réponse, de cette capacité de réponse. Le sujet de droit pris sur ce versant de la réponse, c'est le sujet de l'énonciation — comme nous le disons en utilisant un terme de la linguistique. C'est le sujet qui répond de son énoncé, ce pourquoi il lui est nécessaire de ne pas se confondre avec cet énoncé.
Ainsi, la condition pour distinguer le sujet de l'énonciation est qu'il puisse prendre de la distance vis-à-vis de ce que lui-même énonce. C'est le sujet qui peut se rendre compte qu'il a dit quelque chose, mais qui ne sait pas pourquoi il l'a dit, ou qui n'y croit pas, ou bien qui sait que c'est une plaisanterie ou, encore, qui pense le contraire de ce qu'il dit. C'est le sujet capable de juger de ce qu'il dit et de ce qu'il fait.
À partir de la connexion entre santé mentale, ordre public, responsabilité, droit et réponse, on peut saisir l’importance, la place éminente que Freud a réservée au concept – surprenant peut-être – de sentiment de culpabilité.
Le sentiment de culpabilité, c'est proprement le pathos de la responsabilité, la pathologie essentielle du sujet. Quel est le sens de ce pathos de la responsabilité ? C’est que je me sens responsable de je ne sais quoi. On peut dire que c’est une condition préalable à la pratique analytique. Constater son existence, ou la produire, c'est d'une certaine manière l'objectif des entretiens préliminaires. Il s'agit du sentiment de culpabilité en tant qu'affect du sujet de l'inconscient. Lorsque nous constatons son existence, nous pouvons dire qu'il y a un sujet capable de répondre.
C’est à tel point que Lacan a défini le sujet, proprement dit, comme une réponse. Nous arrivons dans la psychanalyse jusqu'à cette limite de dire que le sujet lui-même est une réponse. C'est là le fondement du lien social, de ce que Freud a inventé : le point de vue psychanalytique sur la société.
Freud n'a pas défini la société par la santé mentale, mais à partir d'un mythe, et pas n'importe lequel, celui du meurtre primordial à l'origine de la Loi, celui qui dit tous coupables. C'est la réponse mythique auje me sens responsable de je ne sais quoi ; la réponse de la mort du père.
C’est ce qui permet de comprendre pourquoi Lacan conseille de laisser les canailles à l'écart de l'expérience analytique. Le sujet, en tant que canaille, c’est celui qui s'invente des excuses pour tout. C’est ce qui permet également de voir ce que Lacan détachait dans les entretiens préliminaires : la rectification subjective préalable à l'analyse. Le sujet entre en analyse en se plaignant des autres, et cette rectification – l'analyse de Dora en est l'exemple classique – l'amène à percevoir qu'il a quelque chose à voir avec ce dont il se plaint, c’est-à-dire qu’il s’agit aussi de sa faute. En effet, bien que des phénomènes superficiels puissent apparaître d’évidence dans l’expérience, nous savons que le sujet de l’inconscient est toujours un accusé, et c'est pour le démontrer que Freud a inventé le surmoi.
Ne pas reculer devant la psychose est une phrase de Lacan que l'on répète partout, aussi bien au Brésil qu'en Europe ou au Canada. Il ne faut pas reculer devant la psychose, mais avec des exceptions. Nous pourrions en discuter à propos de l'analyse des paranoïaques, car celle-ci présente des difficultés techniques difficiles à surmonter. Celui que nous appelons un paranoïaque est précisément dans la position subjective de l'accusateur, non de l'accusé. Il est persécuté, mais par la faute des autres.
D’autre part, le pervers, le vrai pervers — celui qui présente des comportements que l'on appelle pervers selon la classification psychiatrique — ne demande pas une analyse. Et si par erreur il le fait, il s'en va. Toutefois, s’il avait un quelconque sentiment de culpabilité à propos de son comportement, s’il arrêtait de s'inventer des excuses pour ce qu'il ne peut éviter de faire, le pervers pourrait faire une analyse. La présence de l'affect subjectif de culpabilité a un caractère décisif pour ce qui est de la possibilité de les analyser. Et ceci, même si l'expérience donne plutôt à penser, contrairement au portrait que l'on fait d’eux, que les pervers sont des personnes d'un haut sens moral.
La pulsion, mythe freudien ; le désir, mythe lacanien
Parler à propos du pervers de ce que quelqu'un ne peut pas arrêter de faire, nous permet de justifier le concept de pulsion en psychanalyse. Qu'appelons-nous pulsion ? Nous parlons de pulsion – un autre des mythes freudiens – lorsque les choses se présentent dans cette dimension de « ne pas pouvoir arrêter de les faire ». Le problème, dans ce cas, est alors de savoir s'il y a ou non un sujet de droit. Lacan a pu dire que la pulsion est acéphale et que, par là même, il y a une certaine suspension du sujet de droit.
Si nous parlons de la position subjective dans la pulsion, nous disons alors qu'il s'agit de la relation du sujet avec une demande contre laquelle il ne peut pas se défendre. En ce sens, il y a une connexion entre la pulsion et le surmoi — notons que le mot défense comprend lui aussi une dimension juridique.
Cette perspective que je vous propose permet de localiser l'articulation entre pulsion et désir : la pulsion comme mythe freudien et le désir comme mythe lacanien. Comment les différencier, si ce n’est dans le fait que nous parlons de pulsion quand le sujet se plaint de ne pas pouvoir s'en défendre et de désir quand il se plaint de s'en défendre trop bien ? Précisément, la différence est dans la défense. La défense est interne à la dynamique propre du désir, en ceci que désirer et rejeter le désir sont liés et se font dans le même mouvement. Nous parlons au contraire de pulsion lorsque la fonction subjective est incapable d'introduire la défense.
Mais il peut sembler que ce n’est pas encore ça le sentiment de culpabilité. Le sentiment de culpabilité a aussi des défauts. Dans le deuil pathologique, par exemple, quand le sujet est écrasé par la culpabilité de la perte ; ou dans la mélancolie, à propos de laquelle il y a toujours un malaise, des résistances à la décrire dans le champ même de la psychose, car la présence du sentiment de culpabilité suppose une difficulté. Au contraire, dans le cas du président Schreber, les choses sont claires : le coupable du début jusqu'à la fin, c'est Dieu. C'est lui qui devrait avoir un sentiment de culpabilité pour perturber, non seulement l'ordre public, mais le monde entier. Ce n'est plus exactement la circulation automobile ici, c'est la circulation des astres dans le ciel.
Ainsi, dans l'expérience psychanalytique, le sentiment de culpabilité n'empêche pas la revendication. Au contraire, il la favorise. Il faut saisir la connexion qu’il y a entre culpabilité et revendication, là où elles peuvent paraître s'opposer. Seul un sujet de droit, un sujet qui peut dire j'ai le droit à, peut avoir un sentiment de culpabilité. Et ce j’ai le droit à est le principe même de la revendication. Si l’on pense que la revendication n’est pas quelque chose d'essentiel à la pratique analytique, c'est que l’on ne se rend pas compte de ce que la castration n'a de sens que sur fond de revendication. C’est pour cela que l'état de droit est indispensable à la psychanalyse. L’un ne peut exister sans l'autre. Et, si ce n’était pas le cas, on aurait affaire à une psychanalyse clandestine, comme nous l’expliquait récemment Jean-Pierre Klotz à son retour d'Union Soviétique. Au fur et à mesure en effet que ce grand pays se transforme en un état de droit, la psychanalyse peut y entrer. Notons cette connexion : la psychanalyse et les droits de l'homme vont de pair, sont dans le même temps. Il faut avoir le droit de se taire. Il ne peut pas y avoir de psychanalyse là où existe seulement le droit de parler, et plus encore, le devoir de parler.
Santé mentale et formation des analystes
Il est nécessaire que l'analyste, pour sa propre santé mentale, ait été guéri du sentiment de culpabilité. Autrement, ce serait dangereux de s'adresser à un analyste. Guérir du sentiment de culpabilité pourrait être une réponse à la question de la formation des analystes. Mais cette réponse pourrait elle aussi s’avérer dangereuse dans la mesure où elle rapproche la formation des analystes de la formation des canailles. Il nous faut donc distinguer : il faut guérir les analystes du sentiment de culpabilité en tant qu'ils dirigent la cure et, en même temps – et c'est le plus difficile –, ne pas les en guérir en tant que sujets. Nous avons entendu Lacan se plaindre, dans son Séminaire, de l'exigence de son surmoi. Nous devons penser qu’il devait payer ses dettes, se faire pardonner de nous avoir ouvert les portes de la psychanalyse et qu’il a payé par un travail théorique.
La réaction thérapeutique négative, selon l'expression freudienne que je ne trouve pas très heureuse, a comme objectif de faire passer la culpabilité à l'analyste – Vous ne pouvez pas me guérir –, c'est-à-dire qu’elle déplace la faute sur l'Autre. La castration, impensable dans le pur réel, n'a de sens que pour le sujet de droit, pour celui qui peut dire j'ai le droit à. C'est ce qui constituait, pour Freud, le roc de l'expérience analytique.
Pour l'expliquer en termes de marché, c'est comme si un sujet avait un chèque au porteur qu'il ne peut encaisser. Ce chèque au porteur, c'est ce qu'on appelle le phallus et même, plus précisément, le phallus en tant que symbole, le fondement même de la plainte en psychanalyse — J'ai droit à quelque chose que je ne peux pas encaisser. Le sujet vient toujours à l'analyse pour encaisser, et le psychanalyste est le caissier — Expliquez-moi quel chèque au porteur vous avez. Le résultat, c'est qu’à la fin c’est celui qui venait encaisser qui finit par payer et, cela, pour la seule raison d’avoir présenté le chèque et de n’avoir d’autre possibilité que d’en parler. C'est en cela que la psychanalyse peut paraître une escroquerie et que l’on peut douter de ce que nous ayons une santé mentale suffisante pour jouer à ce jeu.
Le concept freudien de castration serait impensable s'il ne s'agissait pas d'un droit au phallus, aussi bien dans le cas d’un homme que d’une femme d’ailleurs. C'est même plus difficile pour l’homme, du fait qu’il est porteur de l'organe. Nous savons — c'est l'autre secret de la psychanalyse, un secret de Polichinelle — que le chèque ne rentrera jamais en caisse, parce que la caisse est toujours de l'autre côté. C'est ça la castration imaginaire : malgré le fait de détenir le chèque, le porteur a toujours la bourse vide.
La vérité est que ce chèque a des caractéristiques telles que, pour l'encaisser, il n'y a pas d'autre solution à l'horizon que d'occuper la place de l'analyste, c'est-à-dire de se transformer en caissier. Dans ce sens, les analystes sont les desesperados du chèque au porteur, ceux qui ont abandonné l'idée de l'encaisser avec le résultat paradoxal qu'ils ont la bourse pleine.
Cela met en évidence que le sujet de la castration est le sujet de droit, celui qui doit découvrir que son chèque au porteur — celui que chacun possède — est impossible à encaisser. Il lui faut parfois essayer avec plusieurs analystes, pour être sûr qu'aucun ne va le lui payer. Mais, comme sujet de droit, il est aussi sujet de devoir, c'est-à-dire qu'il obéit à l'ordre :Tu dois encaisser. Et, Tu dois encaisser se traduit en termes de jouissance, il s’agit d’encaisser de la jouissance. Ce qui se découvre, c'est qu'en présentant le chèque, on en jouit déjà suffisamment, on en jouit en le présentant avec des mots.
Mens sana versus inconscient
Ce qui est en jeu par contre dans la santé mentale, et qui peut nous porter à rire, est de l’ordre de la perturbation structurale du physique, du mental et du social. Comme nous l’a rappelé Hebe Tizio, avec la définition de l'OMS, il s’agit d’être complets dans le physique, le mental et le social. C'est la voix douce de l'impératif impossible, une formule du surmoi moderne, très bien décrit, puisque sont présents les trois termes — physique, mental et social.
Le mental est un organe, qui n'est pas réservé à l'humanité. Il y a du mental chez un être vivant dès le moment où il y a des sens, un appareil sensoriel. Les animaux ont aussi un esprit, qui complète nécessairement le physique de l'être vivant. Cet esprit — voir, penser, se souvenir — leur permet de vivre dans leur milieu, le mental est un organe nécessaire pour l'adéquation du physique au monde.
On en sait beaucoup plus maintenant sur l'esprit en tant qu'organe, depuis que la biochimie du cerveau s'est développée. Le comportementalisme permet de prouver que chez les rats et les pigeons, le mental est un organe utile pour la vie, un guide de vie. Le rat fait partie d'un tout. C'est en quoi Lacan pouvait dire que l'organisme va bien au-delà des limites du corps individuel. L'organisme comprend le mental et le physique – soit l'organisme à proprement parler – plus son monde.
Pourrait-on penser un être vivant sans mental ? Un être vivant qui s’orienterait sur un pur réel ? C'est, en un certain sens, ce que Freud nous présente avec la libido. Le mythe que construit Lacan, à propos de la libido freudienne, c'est celui d’un être vivant sans appareil sensoriel, qui ne connaît rien de la dimension du monde et qui est de l'ordre du pur réel. Avec le nom lacanien de jouissance, il s’agit de quelque chose qui ne veut rien savoir. C’est aussi la question de la pulsion, elle ne veut rien savoir ! Qu'est-ce que l'on cherche dans le savoir ? La libido mythique, mythifiée par Lacan, ne veut rien savoir.
L'animal, comme il a un esprit, ne se dirige pas sur le pur réel, mais il fait du réel une réalité. La différence entre le réel et la réalité, c'est l'interposition du mental. On peut parfaitement décrire, de cette façon, le monde de la mouche. Lacan nous en donne une description telle que l’on a envie d'être cette mouche, tant elle possède une santé mentale parfaite, si nous définissons cette santé comme l'harmonie, l'équilibre de l'Innenwelt et de l'Umwelt.
Mais l'homme aborde le monde par le social et le langage perturbe fondamentalement l'adéquation de l'Innenwelt à l'Umwelt. C’est dire que la maladie mentale est en nous dès le départ. Notre modèle de santé mentale n'est pas celui de l'animal. À notre époque, le meilleur exemple de la santé mentale serait plutôt la machine. C'est pour ça que l'on peut dire de quelqu'un qu'il a disjoncté.
Notre milieu n'a rien de naturel, sinon qu’il est structuré par le langage et rempli de droits et de devoirs. Freud avait déjà indiqué que notre esprit est perturbé par le narcissisme, qui constitue un obstacle fondamental à l'adéquation, qui est le principe et la conséquence même de cette perturbation sur le mental. Nous connaissons son rôle dans l'inhibition, par exemple.
Cependant, chez l'homme, dans l’humanité, tout ce qui n'est pas physique n'est pas pour autant mental. Il y a quelque chose qui n'est pas mental, même s'il le paraît. C'est la pensée nommée par Freud l'inconscient. L'inconscient n'est pas de l'ordre du mental et doit être distingué de lamens — mens sana in corpore sano. Ce qui empêche la mens saine et le corps sain, c'est l'existence dysharmonique d'une pensée.
Quelle est la définition la plus classique de la santé ? La santé se définit par le silence des organes. Mais il y a l'inconscient qui, lui, ne se tait jamais et qui donc n'aide en rien à l'harmonie. Ainsi définie, la santé mentale ne peut nous servir de critère dans la pratique analytique.
La discussion
Revendication et sentiment de culpabilité
Q— J’aimerais que vous précisiez la relation entre revendication et sentiment de culpabilité que vous faites équivaloir, ainsi que le lien qui pourrait être fait avec des positions du sujet rencontrées en clinique quant à la culpabilité et la faute.
JAM— J’utilise le terme « revendication » qui est le côté positif, actif, de la frustration, parce qu’il permet de décrire des phénomènes que l’on met en évidence dans la pratique. Par exemple, quand ce que Freud a appelé le roc de la castration prend la forme de la revendication de justice, on pourrait penser que c’est le sentiment de culpabilité qui empêche le sujet d’assumer le poids de ce qui ne va pas bien. Et, d’une certaine manière, avec la rectification subjective, il s’agirait qu’il l’assume, ce poids. Mais, il pourrait aussi arriver, au contraire, que le sujet rende l’analyste responsable de ne pas obtenir satisfaction, pensant encore qu’il y a droit. Ce qui se transforme en un blocage de l’expérience.
Il faut souligner également le droit à la jouissance dans l’expérience. Le point de vue que nous avons adopté à partir de la santé mentale accentue, pour le dire ainsi, la dimension juridique. Mais, du point de vue de sa justification, il faudrait expliquer pourquoi le sentiment de culpabilité dont nous parlons est inconscient, pourquoi il peut se manifester dans ce qu’est, selon Freud, le roc même. Ces remarques amènent la nécessité de mieux articuler le sentiment de culpabilité et le complexe de castration.
Le pervers et l’analyse
Q— Concernant ce que vous avez dit du pervers qui vient à l’analyse pour être déculpabilisé de ce qu’il ne peut pas arrêter de faire, vient-il se déculpabiliser ou vient-il pour qu’on le déculpabilise ? Sa position est problématique en raison de cette déculpabilisation que, selon moi, il viendrait chercher.
JAM— Je crois avoir utilisé l’expression « s’inventer des excuses ». Je ne pense pas que l’on puisse donner une réponse unique à ce que cherche le pervers. Par exemple, que cherche-t-il dans le savoir, dans les œuvres de la culture ? L’on sait la part éminente qui fut celle des homosexuels dans la culture. Nous devons penser que la jouissance obtenue, en obéissant à la pulsion, est suivie pour lui d’une insatisfaction ; c’est-à-dire qu’il s’agit aussi de ce que la jouissance ne soit pas, dans son cas, complètement acéphale. Malgré les comportements pervers, l’analyste pourrait se maintenir si, en quelque endroit, sur le plan même de la jouissance – que le pervers sait bien mieux obtenir que le névrosé –, il y a une défense.
Comme le disait Gide, « il y a plusieurs homosexualités ». Nous parlons de manière grossière de l’homosexualité quand l’objet est du même sexe, mais les pratiques homosexuelles sont suffisamment diverses pour localiser en elles les stigmates de la défense contre la jouissance.
André Gide aimait les garçons jeunes, à la barbe peu fournie. Sa pratique homosexuelle consistait en des masturbations mutuelles. Il avait horreur de la pénétration. Pratique à laquelle pourtant il assistait parfois avec Lord Douglass, l’amant d’Oscar Wilde. Ce en quoi il aurait peut-être été analysable ? Il avait lui-même consulté un psychiatre avant et après son mariage — il pensait que le mariage pourrait le guérir — et était parvenu à débuter une analyse qui ne dura pas longtemps. Mais on peut se demander, à suivre le parcours de sa production littéraire, année après année, si celle-ci ne constituait pas pour lui une cure par écrit.
Malgré le démenti, malgré la dénégation de la castration, dans l’obtention même de la jouissance, il y a une place pour la défense. Je ne pense pas que, dans le cas des pervers, il s’agisse d’obtenir la « normalisation » de la vie sexuelle. Dans ce cas, comme dans d’autres, il s’agit de trouver le désir du sujet qui, occasionnellement, peut être « dysharmonique » avec sa jouissance. Cela dit, nous ne sommes pas pour autant les gardiens de l’ordre public. S’il est passionnant de suivre les faits cliniques, il se peut –une fois isolé l’acte vers lequel le sujet tend, localisées les rencontres infantiles qui marquèrent pour toujours, pour toute une vie, son mode d’obtention de jouissance –, il se peut que le travail analytique s’arrête et que le sujet pervers continue à rechercher ces mêmes situations.
Paranoïa et ordre public
Q— Vous avez affirmé que la paranoïa était compatible avec l’ordre public, ce qui pourrait, selon moi, changer le traitement possible des psychoses. Je m’interroge aussi sur le paradoxe qu’il y a – par le fait même de la castration – de dire que le psychotique est l’homme libre de ce chèque au porteur, en même temps qu’il est un sujet divisé par le langage, car le psychotique parle.
JAM— J’ai parlé du paranoïaque car il est, dans la psychose, celui qui se présente comme un sujet de plein droit. Il se présente pour demander justice ou pour la faire. En ce sens, il est créateur d'ordre public, un inventeur de nouveaux ordres. La paranoïa met en évidence une connexion étroite entre le lien social et le semblable. De fait, il y a beaucoup de choses dans la culture que nous devons à de grands paranoïaques. Le paranoïaque est à tel point sujet de droit qu’il semble s’exclure de la psychanalyse ; de plus, son droit est un droit sans culpabilité.
Psychanalyse et santé mentale
Q— J’ai aimé la métaphore de la rue et de la maison… Peut-être doit-on marquer quelques limites entre la théorie et la pratique en raison de la confusion entre pratique et exercice d’un savoir ?
JAM— Aujourd’hui, beaucoup de pratiques peuvent s’inclure dans le champ de la santé mentale en tant qu'elles s'adressent à l'harmonie du mental et du physique. De plus, « santé mentale » a ce poids de nommer le lieu où travaillent un grand nombre de praticiens. Mais, en raison de sa propre structure, la psychanalyse n'appartient pas à cette catégorie. La psychanalyse ajoute au mental et au physique, la pensée. Plus précisément, elle ajoute la pensée inconsciente, qui n'est ni du mental ni du physique, mais qui a l'efficacité de les mettre en désordre.
Dans ce sens, Lacan et Freud sont sur la même ligne que les philosophes et écrivains du XIXe siècle, qui privilégièrent la psychanalyse pour avoir révélé que l'homme comme tel est un malade. C’est une généralisation, mais cette phrase se rencontre aussi bien chez Hegel que chez Nietzche et fait partie de tout ce qui prépare et accompagne la découverte freudienne. C’est ce qui a permis à la psychanalyse de prendre son orientation, car s’il en est ainsi, si l'homme est un animal malade, notre tâche est de le guérir.
Aux États-Unis, ils n’ont aucune difficulté pour inclure le psychanalyste dans les pratiques de santé mentale. Mais, en Europe, bien que notre position ne soit pas de simple exclusion, la dialectique complexe que nous entretenons avec la santé mentale – qui en pratique n’est pas très opérative – ne permet pas une discrimination qui aille bien au-delà de savoir si l’on peut ou non traverser une rue avec un enfant.
***
Conférence prononcée en clôture des IIIes Journées du Champ freudien à Séville en 1988. Publiée dans Uno por uno n°36 de juillet-septembre 1993, dans Mental nº 3 de janvier 1997, et dans une publication de l'ICF et l’université de Grenade en 2010. Traduction de l'espagnol reprise pour PIPOL NEWS par Guy Briole en janvier 2011, relue par Monique Kusnierek.
PIPOL NEWS info 3 - 31|01|2011
PIPOL NEWS - 31 JANVIER 2011 - Info n°3
PROLONGATION DE L’INSCRIPTION À PRIX RéDUIT
Verlenging inschrijving aan verminderd tarief
Chers collègues,
La commission d’organisation de PIPOL 5 a décidé de prolonger d’un mois la possibilité d’inscription à prix réduit au congrès PIPOL 5. Vous pouvez donc encore vous inscrire au prix de 130€ (65 € pour les étudiants de moins de 26 ans, avec justificatif). A partir du 1er mars, le prix d’inscription sera de 160€ (80€ pour les étudiants de moins de 26 ans). Veuillez noter que le nombre de places au congrès est limité, que la moitié des places sont déjà prises et que l’inscription risque d’être clôturée avant le congrès.
Pour la commission d’organisation,
Guy Poblome
Secrétaire de PIPOL 5

Beste collega's,
De organisatiecommissie van PIPOL 5 heeft besloten om de inschrijving aan verminderd tarief met één maand te verlengen. U kunt zich dus nog inschrijven voor de prijs van 130 euro (65 euro voor studenten onder de 26 jaar mits bewijs). Vanaf 1 maart zal de inschrijvingsprijs 160 euro bedragen (80 euro voor studenten jonger dan 26). Denk eraan dat het aantal beschikbare plaatsen voor het congres beperkt is. De helft van de plaatsen is reeds ingenomen en het is dus mogelijk dat de inschrijving reeds voor de aanvang van het congres zal worden afgesloten.
Voor de organisatiecommissie,
Guy Poblome
Secretaris PIPOL 5
PIPOL NEWS info 2 - 26|01|2011
PIPOL NEWS - 26 JANVIER 2011 - Info n°2
Les simultanées de PIPOL 5
Message du secrétariat
De simultane sessies van PIPOL 5
Chères et chers collègues,
Pipol 5, Congrès fondateur de l’EuroFédération de Psychanalyse, réunira des praticiens venant de plusieurs régions d’Europe et d’ailleurs. Nous y entendrons des travaux dans cinq langues : français, espagnol, anglais, néerlandais et italien. Afin bien de faciliter l’organisation donc, veuillez respecter les règles de présentation suivantes :
1- Objet du mail: PIPOL 5_ARGUMENT
2- Nom du fichier Word : la langue dans laquelle le texte est écrit suivi du nom de famille de l'auteur et l’initiale du prénom. Par exemple: FRANÇAIS_GUERIN_Ph ouANGLAIS_SMITH_N
Bien cordialement,
Laura Petrosino
Secrétaire des simultanées

Beste collega’s,
Pipol 5, het Stichtingscongres van de Eurofederatie voor Psychoanalyse, zal clinici uit de verschillende regio’s van Europa en elders bijeenbrengen. We zullen er lezingen horen in vijf talen : Frans, Spaans, Engels, Italiaans en Nederlands. Teneinde de organisatie ervan te faciliteren, wordt u verzocht zich bij de voorstelling van het argument aan volgende regels te houden :
- Onderwerp van de mail: PIPOL 5_ARGUMENT
- Naam van het Word document : de taal waarin de tekst geschreven is, gevolgd door de familienaam van de auteur en de eerste letter van de voornaam. Bijvoorbeeld: FRANÇAIS_GUERIN_Ph ouANGLAIS_SMITH_N
Hartelijke groeten,
Laura Petrosino
Secretaris van de simultane sessies
PIPOL NEWS 26 - 24|01|2011
PIPOL NEWS 26 - 24 JANVIER 2011
"Santé n'est pas un concept scientifique, c'est un concept vulgaire." Georges Canguilhem
Commission d’organisation de PIPOL 5
Missives
Sommaire
Claire Piette : Peintres belges
Juliette et Bruno de Halleux : Bruxelles
Nathalie Laceur : Voulez-vous vous inscrire ?
Pascale Simonet : Ignominie (la coiffeuse)
Éric Costers : Trois fois trois
Anne Debecker : Caisse de résonance
Thierry Van de Wijngaert : Retour de la forme affirmative à l’interrogative
Geert Hoornaert : The carpenter


Régions
PIPOL 5, Congrès de fondation de l'EuroFédération de Psychanalyse, sera politique ou ne sera pas. De Hovedstaden au Danemark à Héraklion en Crète, de Lisbonne au Portugal à Novossibirsk en Sibérie, ou encore du Leinster en Irlande à Tel-Aviv en Israël, 112 régions à travers l'Europe, autant de communautés de travail qui s'orientent de la psychanalyse lacanienne. Deux mille collègues venant de toutes ces régions qui, un par un, ont décidé d'adhérer à l'EuroFédération de Psychanalyse. Autant de poches de résistance, autant de témoignages vivants. Cette psychanalyse-là peut se faire entendre.
Guy Poblome
Secrétaire de l'EuroFédération de Psychanalyse et de PIPOL5
Peintres belges
À la commission, chacun à son poste s'affaire.
Responsable de la librairie, il y a un choix à faire : le Square, lieu de rencontre au coeur de l'Europe, abrite dans deux salles différentes une peinture murale, celle de Delvaux et celle de Magritte.
Deux peintres belges, chacun tenté par le surréalisme. Le premier fasciné par l'étrange et l'onirique, le second cherche à transgresser la logique rationaliste puisqu'elle limite notre perception du Réel.
La sur-réalité de Magritte et l'étrange de Delvaux ont chacun leurs attraits pour accueillir les librairies autour du thème du colloque de Pipol 5 : « La Santé mentale existe-t-elle ? » dont la seule affinité serait non pas la santé mentale, mais l'image mentale, chacune éminemment singulière !
Claire Piette, librairie
Bruxelles
Babel des langues et des cultures, burlesque des architectures mélangées, Bruxelles est une ville étonnante, gorgée de rencontres déroutantes et d'expériences ghelderodiennes au détour des impasses imprévues et secrètes.
Identité nationale en creux, dérision sur le bout de la langue, chocolat en poche et frites en cornets, Mort Subite au creux des lèvres d'où l'art Ensor, Manneken-pis et Toto - autre héros - comme tous les Bruxellois de la commission PIPOL 5 vous attendent avec impatience !
Cette curieuse ville du Nord est humble, chaleureuse et attachante, alors méfiez-vous, vous pourriez bien y rester... encore un peu. Un programme insolite vous y attend.
Juliette et Bruno de Halleux, tourisme bruxellois
Voulez-vous vous inscrire?
Faites le DSM V-r!
Vous hésitez à vous inscrire au congrès de fondation de l’Eurofédération de Psychanalyse?
Finie l’hésitation, grâce au Décideur de votre Santé Mentale, V-randommisé.
Répondez au questionnaire par ‘oui’ ou par ‘non’. Oui=1 ; non=0. Introduisez ensuite la somme de vos réponses (x) dans la formule mathématique.
1. Ces 9 derniers mois, au moins une fois, vous n’avez pas tout de suite compris pourquoi untel faisait ceci ou cela.
2. Quand la radio susurre les résultats du LOTTO, vos pensées s’envolent irrésistiblement ailleurs.
3. Ces dernières années, vous n’avez jamais ri.
4. Jeudi dernier, vous aviez d’autres préoccupations que de vous attrister du temps qu’il fait.
5. Quand vous sortez, vous enlevez vos pantoufles.
6. Un roman pourrait vous faire penser à autre chose.
7. Vous aimez les canaris.
Vous avez fait la somme? Très bien ! Il vous reste juste un petit calcul à faire ! Dans dix secondes à peine, vous serez soulagés.
(5²+∏):(8-x) = votre score DSM V-r.
Si votre score ≤ 0 : Refaites le test. Vous avez mal calculé.
Si votre score > 0 : Vous avez 5 minutes pour vous diriger vers le site www.europsychoanalysis.eu. Si vous êtes en retard, vérifiez que vous avez mis vos pantoufles, libérez vos canaris et dirigez-vous vers le site www.europsychoanalysis.eu.
Votre décision vous a été gracieusement offerte par l’Association libre des PIPOL, Produits Internationaux pour le Peuple Ontologiquement Labellisé.
Nathalie Laceur, Langues
Ignominie (*)
"MMPP" ou "Irrécupérables"
Allez, plaidez coupables
Vous n'êtes en rien exploitables...
Désormais affublés de noms sinistres
Sortis du délire d'un ministre
Jetant sur vous son oeil bistre
La santé mentale, pour vous c'est fatal
Eh, quoi de plus normal?
Gestion, gestion, jusqu'à l'indigestion
Et mardi, et mercredi
Sans plus de questions
Toujours plus on avale
Aval, avaliser, jusqu'où s'enliser?
Gestion sans objection, abjection.
Infâme tyrannie. Morbide.
Avili sous le poids du sordide,
Où cours-tu, ô mon pays avide?
Pascale Simonet, coiffeuse pour PIPOL NEWS, petit coup de peigne sans rdv sur textes décoiffants, « Wash and go ».
(*) Une nouvelle catégorie de citoyens verra bientôt le jour en Wallonie sous l'impulsion du ministre de l'Emploi, A. Antoine: les irrécupérables renommés dans un second temps et de façon non moins nauséabonde MMPP (personnes chômeuses présentant des problèmes de nature médicale, mentale, psychique ou psychiatrique). Entre autres obligations, ces personnes seront tenues de "surmonter leurs problèmes" en s'adressant aux divers services de santé mentale existants, sous la menace plus que vraisemblable d'exclusion de leurs droits. Obligation de soins généralisée imminente... (Le Soir, 11 et 18 janvier 2011)
Trois fois trois
Ailleurs, sur la planète, il y en a qui "aime, prie et mange" ; dans la commission Pipol 5, c'est, pour moi, "trouve, invente et danse".
Bien sûr, je cherche, je répète et je boîte : inlassablement. Ah ah ah : cqfd
Éric Costers, Le bien dire du Twitter
Caisse de résonances
Topo du travail de trésorière
Travail de l’ombre : de l’utilité à « l’inutilité »
Son engagement : douloureusement joyeux.
Ses rencontres : entre retenue et se « laisser faire ».
Décacheter, encoder, sauvegarder, enregistrer, croiser, cliquer, etc. : voile jouissif sur l’étrangement intime.
La « femme pratique » : masque de la béance de son être.
Sa dinguerie : l’autre ou l’Autre gonflé à l’hélium.
Ses lectures découvertes : fenêtre ouverte sur la politique.
Sa voie (voix) : assumer les conséquences de ce qu’elle dit (ici ou ailleurs).
Anne Debecker, trésorière de PIPOL 5
Retour de la forme affirmative à l’interrogative
Quand y a-t-il de l’analyste chez le clinicien ? C’est, avant tout, quand il y a de l’acte. L’acte, Lacan a dit à une époque que c’est justement ce dont l’analyste a horreur. Le grignotage rigoureux par l’élucidation constante de ce qui travaille l’analysant à son insu l’amène à la découverte, non d’un noyau solide, mais d’un vide quant à ce qui peut consister comme savoir.
Structure étrange que voilà. Il y aurait de l’analyste chez le clinicien non seulement quand il lâche la barre de la technique issue du savoir dont le savoir analytique, mais aussi la barre du savoir élaboré autour de sa singularité dans sa propre cure.
À partir de là, le vertige de l’acte s’entr’aperçoit parce qu’il ne relève pas du calcul ou de la déduction, mais du pari. Il ne révélera sa valeur qu’à ses conséquences.
À suivre ce fil, l’invitation de Pipol 5 propose de considérer que la rigueur du clinicien en passe par l’audace de l’acte du «toujours analysant», pas sans l’interrogation de son implication subjective sur les conséquences de son acte.
Thierry Van de Wijngaert, librairie
The carpenter
"Ne faisant pas partie de la Commission d'Organisation de Pipol 5, je suis néanmoins de loin, et parfois de très près, le travail que celle-ci réalise. "Most men, écrit le fabuleux Cormac McCarthy, are in their lives like the carpenter whose work went so slowly for the dullness of his tools that he had not time to sharpen them". Gil et les ami(e)s rassemblé(e)s autour de lui ne sont pas de ce genre. Ils m'époustouflent - sont-ils fous ?
Geert Hoornaert, Secrétaire de l’EuroFédération de Psychanalyse.
PIPOL NEWS 25 - 19|01|2011
PIPOL NEWS 25 - 19 JANVIER 2011
"To be an analyst is not to analyse others, but first of all, to continue analysing oneself." Jacques-Alain Miller (19/11/2008)
Sommaire
Les simultanées de PIPOL 5 : Quand il y a de l’analyste chez le clinicien.
The simultaneous sessions of PIPOL 5: When there is an analyst in the clinician.
Simultáneas de PIPOL 5: Cuando hay analista en el clínico.
Le Simultanee di PIPOL 5: Quando nel clinico c’è dell’analista.
De simultane sessies tijdens PIPOL 5 : Wanneer er analyticus bij de clinicus is.

Les simultanées de PIPOL 5
Samedi 2 juillet 2011
Quand il y a de l’analyste chez le clinicien
Je présente
Les simultanées de PIPOL 5 se situeront aux fondements de notre questionnement du concept de la Santé mentale. Il s’agira de montrer, par un acte de témoignage, que lorsqu’il y a de l’analyste, les points d’appui du clinicien sont à l’extrême opposé du « manuel » et des « guidelines » qui se pratiquent dans le champ de la Santé mentale. Aucun standard. L’analyste, toujours analysant par ailleurs, s’appuie dans sa pratique essentiellement sur une chose : sa propre analyse. Il ne cesse de lutter contre son « je n’en veux rien savoir ». C’est par l’élucidation constante de son propre inconscient et de ses modes de satisfaction les plus singuliers que les jugements du clinicien ainsi que son acte trouvent leur justesse. Aussi, nous souhaitons mettre en avant lors de ces simultanées, peut-être pour la première fois, ce qui d’usage est camouflé dans les récits de cas, à savoir : la moitié que l’analyste, toujours en devenir, amène à la rencontre clinique.
J’argumente
Le réel de la jouissance tel qu’il se rencontre dans la clinique ne peut que soulever des défenses. C’est le propre du réel. Que ce soit en institution, à l’hôpital psychiatrique, au centre de santé mentale ou dans le cabinet de l’analyste, le praticien installe un mur entre le réel de la clinique et lui-même. On pourrait épingler les traits de ces défenses, les mettre en série, en série qui tend à l’infini : le praticien ému, le fatigué, l’endormi, le sauveur, le séducteur, le guérisseur, le dévoué, l’expert, le maître, le père, le maternel, le pressé, le distrait, celui qui imite son analyste, l’obsédé par une pensée qui divague, le concentré sur son « contre transfert »...
Mais le nœud du problème n’est pas là. Le réel de la jouissance qui provoque une levée de boucliers chez le praticien est tout d’abord le sien, surtout s’il est méconnu. Rien ne permet de croire que le réel des autres, qui ne touche le praticien qu’indirectement, puisse être abordé tant que le réel propre au praticien n’est pas approché. D’où la formule soulignée par Jacques-Alain Miller autour de « l’événement Paris » : on ne devient pas analyste en analysant les autres, mais en s’analysant soi-même. Quand il y a de l’analyste, le praticien n’est jamais dans la position d’un expert bien équilibré qui soigne le fou ou le névrosé, car il sait, de l’avoir vécu, que par rapport à l’inconscient et à la jouissance, les êtres parlants sont tous du même côté.
Je concrétise
C’est ce point de rencontre entre l’analyse du praticien et sa clinique que nous voulons approcher lors des séances simultanées du premier Congrès de l’EuroFédération de Psychanalyse : PIPOL 5. Il vous est demandé, à vous qui voulez participer aux simultanées en tant qu’orateur, de présenter un cas clinique, une vignette, une séquence, une séance, un échange, un ratage…Votre récit devra inclure ce qui a opéré dans le cas grâce à l’élucidation d’un point de votre propre analyse : un pas de côté par rapport au savoir de la psychanalyse, le lâchage d’un point d’identification qui faisait obstacle à l’acte, le repérage d’un bout d’idéal ou d’une touche fantasmatique auxquels le cas faisait écho, le dévoilement d’une pointe de l’iceberg de sa propre « saloperie » qui permet d’écarter le jugement moral…
J’organise
Toutes les séances simultanées se dérouleront le premier jour du congrès, soit le samedi 2 juillet 2011, de 10h à 13h et de 15h à 18h. Les textes peuvent être écrits et présentés dans une des cinq langues du congrès : anglais, français, espagnol, italien et néerlandais. Nous adopterons le dispositif de travail avec des « mentors » tel que celui-ci a été pratiqué aux trois dernières Journées de l’ECF, afin de permettre à chaque orateur de prendre la température de l’Autre et d’affiner son travail avant le Congrès.
Les arguments, d’une longueur maximale de 2000 signes espaces compris, et leur titre sont à envoyer d’ici le 15 mars à minuit à Laura Petrosino, secrétaire des simultanées (mlpetrosino@gmail.com), et à Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be).
Gil Caroz
Directeur de PIPOL 5
The simultaneous sessions of PIPOL 5
Saturday the 2nd July 2011
When there is an analyst in the clinician’
I present
The simultaneous sessions of PIPOL 5 will be placed at the foundations of our questioning of the concept of Mental Health. It will be about demonstrating with an act of testimony that when there is an analyst, the base of the clinician is at the exact opposite of the ‘manual’ and the ‘guidelines’ which are in use in the field of Mental Health. No standardisation. The analyst, otherwise always an analysand, bases his/her practice essentially on one thing, his/her own analysis. He/she does not cease to fight his/her own ‘I don’t want to know anything about it’. It is through constant elucidation of his/her own unconscious and of his/her own most singular modes of satisfaction, that the clinician’s judgements as well as his/her act find their soundness. Therefore, during the simultaneous sessions we wish to bring forward, perhaps for the first time, that which is usually concealed in the case histories, namely, the half that the analyst – always becoming – brings to the clinical encounter.
I argue
The real of jouissance, as we encounter it in the clinical practice, can only raise defences. This is the particularity of the real. Whether in the institution, in the psychiatric hospital, in the Community Mental Health Teams or in the analyst’s consulting room, the practitioner puts up a wall between the real of the clinic practice and him-/herself. We could pin down the traits of those defences, put them in a series that extends to infinity: the practitioner who is emotional, tired, sleepy, the saviour, the seducer, the healer, the devotee, the expert, the master, the father, the maternal one, the one in a hurry, the absent-minded, the one copying his/her analyst, the one obsessed by a rambling thought, the one focused on his/her ‘counter-transference’...
But the crux of the problem is not there. The real of jouissance that provokes the raising of defences in the practitioner is first of all his/her own, especially if it is misrecognised. Nothing allows us to believethat the real of others, that only indirectly touches the practitioner, may be approached as long as the practitioner’s own real has not been. Hence the formula underlined by Jacques-Alain Miller round the ‘Paris Event’: one does not become an analyst by analysing others, but by analysing him-/herself. When there is an analyst, the practitioner is never in the position of a level-headed expert who treats the madman or the neurotic because he knows, having lived through the experience, that in relation to the unconscious and jouissance the speaking beings are all on the same side.
“Concretely, I…”
It is at this point of encounter between the practitioner’s analysis and his/her clinic, that we want to come closer to the simultaneous sessions of the First Congress of the EuroFederation of Psychoanalysis, PIPOL 5. You are asked, you who wish to take part in the simultaneous sessions as a speaker, to present a clinical case, a vignette, a sequence, a session, an exchange, a failure... Your story should include that which has worked in the case thanks to the elucidation of a point from your own analysis: a step off the mark in relation to the analyst’s knowledge, a letting go of a point of identification that was an obstacle to the act, the co-ordinates of an ideal goal or a fantasmatic touch that was echoed in the case, the revelation of a tip of the iceberg of one’s own ‘filth’ which allows to push back moral judgement...
I organise
All the simultaneous sessions will take place on the first day of the Congress, Saturday the 2nd July 2011, 10h-13h and 15h-18h. The texts can be written in the five languages of the Congress: English, French, Spanish, Italian, and Flemish. We will adopt the procedure of working with ‘mentors’ as it was used in the three most recent working-days of the ECF, so as to allow each speaker to take the temperature of the Other and refine his/her work before the Congress.
The abstracts, no longer than 2000 characters including spaces, with their titles have to be sent before midnight the 15th March to Laura Petrosino, secretary of the simultaneous sessions (mlpetrosino@gmail.com), and to Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be).
Gil Caroz
Director of PIPOL 5
Translation: Hara Pepeli
Simultáneas de PIPOL 5
Sábado 2 de Julio de 2011
Cuando hay analista en el clínico
Presento
Las simultáneas de PIPOL 5 se ubicarán en la base de nuestro cuestionamiento del concepto de Salud Mental. Se tratará de mostrar, mediante un acto de testimonio, que, cuando hay analista, los puntos de apoyo del clínico se hallan en el extremo opuesto respecto del «manual» y de las «guidelines»[1] que se practican en el campo de la Salud Mental. Ningún estándar. El analista, siempre analizante además, se apoya en su práctica, esencialmente, sobre una cosa: su propio análisis. No cesa de luchar contra su «no querer saber nada de eso». Es mediante la elucidación constante de su propio inconsciente y de sus modos de satisfacción más singulares, que los juicios del clínico, así como también su acto, encuentran su exactitud. Además, deseamos destacar en estas simultáneas, quizás por primera vez, aquello que usualmente se camufla en el relato de casos, a saber: la mitad que el analista, siempre en devenir, aporta al encuentro clínico.
Argumento
Lo real del goce tal como se lo encuentra en la clínica, no puede más que suscitar defensas. Es lo propio de lo real. Ya sea con en la institución, en el hospital psiquiátrico, en el centro de salud mental o en el consultorio del analista, el practicante instala un muro entre lo real de la clínica y él mismo. Se podrían señalar los rasgos de estas defensas, ponerlas en serie, una serie que tiende al infinito: el practicante conmovido, el fatigado, el adormecido, el salvador, el seductor, el curador, el dedicado, el experto, el amo, el padre, el maternal, el apurado, el distraído, el que imita a su analista, el obsesionado por un pensamiento que divaga, el concentrado en su «contra-transferencia»...
Pero el nudo del problema no está ahí. Lo real del goce que provoca una revuelta en el practicante es en primer lugar el suyo propio, sobre todo si le es desconocido. Nada permite creer que el real de los otros, que sólo toca al practicante indirectamente, pueda ser abordado más que en la medida en que el real propio del practicante lo sea. De allí la formula destacada por Jacques-Alain Miller en torno del «acontecimiento de París»: no se deviene analista analizando a otros sino analizándose. Cuando hay analista, el practicante no está jamás en la posición de un experto bien equilibrado que atiende al loco o al neurótico, pues él sabe, por haberlo vivenciado, que, en relación al inconsciente y al goce, los seres hablantes están todos del mismo lado.
Concretizo
Es este punto de encuentro entre el análisis del practicante y su clínica que queremos abordar en las sesiones simultáneas del primer Congreso de la EuroFederación de Psicoanálisis: PIPOL 5. Solicitamos a aquellos de ustedes que quieran participar en las simultáneas como oradores, que presenten un caso clínico, una viñeta, una secuencia, una sesión, un intercambio, un fracaso... Vuestro relato deberá incluir aquello que operó en el caso gracias a la elucidación de un punto de vuestro propio análisis: un paso al costado en relación al saber del psicoanálisis, la caída de un punto identificatorio que hacía obstáculo al acto, la localización de un fragmento de ideal o de un toque fantasmático a los cuales el caso hacía eco, el develamiento de una punta del iceberg de su propia «porquería», que permite desechar el juicio moral...
Organizo
Todas las sesiones simultáneas se llevarán a cabo el primer día del congreso, es decir, el sábado 2 de Julio de 2011, de 10hs a 13hs y de 15hs a 18hs. Los textos pueden ser escritos y presentados en uno de los cinco idiomas del congreso: inglés, francés, español, italiano y holandés. Adoptaremos el dispositivo de trabajo con «mentores», tal como fue practicado en las tres últimas jornadas de la ECF, a fin de permitir a cada orador tomar la temperatura del Otro y afinar su trabajo antes del Congreso.
Los argumentos, de una extensión no superior a los 2000 caracteres incluyendo espacios, así como sus títulos, deben ser enviados a partir de ahora y hasta el 15 de marzo a la medianoche, a Laura Petrosino, secretaria de las simultáneas (mlpetrosino@gmail.com) y a Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be).
Gil Caroz
Director de PIPOL 5
Traducción: Florencia Fernández Coria Shanahan
Le Simultanee di PIPOL 5
Sabato 2 luglio 2011
Quando nel clinico c’è dell’analista
Presento
Le simultanee de PIPOL 5 saranno fondamentali nel nostro mettere in discussione il concetto della Salute mentale. Si tratterà di mostrare, attraverso un atto di testimonianza, che quando c’è dell’analista, i punti di appoggio del clinico si situano all’estremo opposto del “manuale” e delle “linee guida” che sono utilizzati nel campo della Salute mentale. Nessuno standard. L’analista, sempre analizzante tra l’altro, nella sua pratica si appoggia essenzialmente su una cosa: la propria analisi. Non cessa di lottare contro il suo “non ne voglio sapere nulla”. E’ attraverso la delucidazione constante del proprio inconscio e dei suoi modi più singolari di soddisfazione, che i giudizi del clinico, come il suo atto, incontrano la loro giustezza. Così, in queste simultanee, vorremo far emergere, forse per la prima volta, ciò che di solito è nascosto nei racconti di un caso, vale a dire: la parte che l’analista, in continuo divenire, porta nell’incontro clinico.
Argomento
Il reale del godimento tale come s’incontra nella clinica non può che sollevare delle difese. È il proprio del reale. Che sia in una istituzione, nell’ospedale psichiatrico, in un centro di salute mentale o nello studio dell’analista, il clinico installa un muro tra il reale della clinica e lui stesso. Si potrebbero riunire i tratti di queste difese, metterle in serie, in una serie che tende all’infinito: il clinico emozionato, stanco, l’addormentato, il salvatore, il seduttore, il guaritore, il devoto, l’esperto, il padrone, il padre, il materno, l’affrettato, colui che imita il suo psicoanalista, o che è ossessionato da un pensiero che divaga, il clinico concentrato sul suo “contro transfert”…
Ma il nodo del problema non è qui. Il reale del godimento, che provoca un’alzata di scudi nel clinico è, innanzitutto, il proprio, tanto più se è misconosciuto. Niente permette di credere che il reale degli altri, che tocca il clinico solo in modo indiretto, possa essere avvicinato fino a quando il reale proprio al clinico non sia avvicinato. E’ da qui che proviene la formula sottolineata da Jacques-Alain Miller rispetto “all’evento Parigi”: non si diventa analista analizzando gli altri, ma analizzando se stesso. Quando c’è dell’analista, il clinico non è mai nella posizione di un esperto ben equilibrato che cura il folle o il nevrotico, perché egli sa, per il fatto di averlo vissuto, che riguardo all’inconscio ed al godimento, gli esseri parlanti si trovano tutti dalla stessa parte.
Concretizzo
E’ questo punto d’incontro tra l’analisi del clinico e la sua clinica che vogliamo raggiungere nelle sessioni simultanee del primo Congresso dell’EuroFederazione di Psicoanalisi: PIPOL 5. Vi è chiesto, a voi che volete partecipare alle simultanee in quanto oratori, di presentare un caso clinico, una vignette, una sequenza, una seduta, uno scambio, un fallimento… Il vostro testo dovrà includere ciò che ha funzionato nel caso grazie al chiarimento di un punto della vostra analisi: un passo a lato rispetto al sapere della psicoanalisi, il lasciare cadere un punto d’identificazione che faceva ostacolo all’atto, il reperimento di un pezzo di ideale o di un tocco fantasmatico ai quali il caso faceva eco, lo svelamento di una punta dell’iceberg della sua propria “porcheria” che permette di scartare il giudizio morale.
Organizzo
Tutte le sessioni simultanee si svolgeranno durante il primo giorno del convegno, vale a dire il sabato 2 luglio 2011, dalle 10h alle 13h e dalle 15h alle 18h. I testi possono essere scritti e presentati in una delle cinque lingue del convegno : inglese, francese, spagnolo, italiano e olandese. Adotteremo il dispositivo di lavoro con i “mentors” , tale come è stato utilizzato per le tre ultime Giornate dell’ECF, per permettere a ciascun oratore di tastare il polso dell’Altro e di affinare il suo lavoro prima del Convegno.
Gli argomenti, di una lunghezza massimale de 2000 segni, spazi compresi, con il loro titolo, vanno inviati non oltre il 15 marzo a mezzanotte a Laura Petrosino, segretaria delle simultanee (mlpetrosino@gmail.com), e a Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be).
Gil Caroz
Direttore di Pipol 5
Traduzione: Brigitte Laffay
De simultane sessies tijdens PIPOL 5
Zaterdag 2 juli 2011
Wanneer er analyticus bij de clinicus is
Ik stel voor
De simultane sessies van PIPOL 5, het eerste congres van de Eurofederatie voor Psychoanalyse, zullen zich afspelen op het niveau van de fundamenten van onze ondervraging van het concept van de Geestelijke Gezondheid. We willen daar getuigenis afleggen dat een clinicus, als er maar analyticus is, geen behoefte heeft aan protocollen en guidelines, zoals die heden in de Geestelijke Gezondheidszorg schering en inslag zijn. Voor ons dus geen standaarden. Immers: in de mate dat de analyticus analysant blijft en een niet aflatende strijd voert tegen zijn eigen “ik wil er niets van weten”, moet ook zijn eigen praktijk in eerste instantie op zijn eigen analyse gebaseerd zijn. Zijn klinisch oordeel, maar ook zijn act, krijgen maar hun trefzekerheid vanuit de volgehouden verheldering van zijn eigen onbewuste en zijn singulierste bevredigingswijzen. De simultane sessies willen dan ook, misschien voor het eerst, op het voorplan plaatsen wat gevalsbesprekingen doorgaans onder de mat vegen: het deel dat de analyticus, die altijd in wording is, meeneemt in de klinische ontmoeting.
Ik argumenteer
De ontmoeting met het reële van het genot in de kliniek kan niet anders dan afweer oproepen. Dat is nu eenmaal eigen aan dat reële. Of het nu in de instelling, in een psychiatrisch ziekenhuis, in een Centrum Geestelijke Gezondheidszorg of in het privékabinet van de psychoanalyticus, in de praktijk trekt iedereen een muur op tussen zichzelf en het reële van de kliniek. We zouden kunnen proberen om de kenmerken van die afweer te vatten in een serie, die al snel oneindig zal blijken: er zijn er die geëmotioneerd, vermoeid, reddend, verleidend, genezend, toegewijd, meesterlijk, vaderlijk, moederlijk, gehaast, verstrooid zijn, er zijn er die afgeleid worden door dwanggedachten of die zich volledig op hun eigen ‘tegenoverdracht’ concentreren, maar er zijn er ook die hun eigen analyticus imiteren,…
Maar dat is niet de kern van het probleem. Het reële van het genot dat de clinicus alle stekels doet uitzetten, is in de eerste plaats het zijne, zeker als dat wordt miskend. Niets laat toe te geloven dat een clinicus het reële van de anderen, dat hem slechts indirect raakt, kan benaderen, indien hij niet eerst even in de buurt van het eigen reële is gekomen. Vandaar ook Jacques-Alain Millers formule, ter gelegenheid van het ‘Parijs evenement’: “Analyticus wordt men niet door anderen te analyseren, maar door zichzelf te analyseren.” Wanneer er analyticus is, dan zal de clinicus zich nooit nestelen in de positie van de goed in zijn vel zittende expert die de zot of de neuroticus verzorgt; doordat hij het zelf aan den lijve heeft ervaren, weet hij immers dat spreekwezens, in hun verhouding tot het onbewuste en het genot, allemaal aan dezelfde kant staan.
Ik concretiseer
De simultane sessies willen nu dat ontmoetingspunt tussen de eigen analyse en de kliniek benaderen. Wie daar wil spreken, kan een klinisch geval naar voor brengen, een vignet, een sequentie, een sessie, een uitwisseling, een mislukking … Daarin moet dan wel iets blootgelegd worden van wat in dat specifiek geval slechts kon werken dankzij de verheldering van een of ander punt uit de eigen analyse: een zijsprong ten aanzien van het weten van de psychoanalyse, het loslaten van een punt van identificatie dat een hindernis voor de act vormde, de situering van een stuk ideaal of een fantasmatische toets waarvan het geval in kwestie misschien een echo vormde, het terzijde schuiven van elke vorm van moreel oordeel doordat het topje van de ijsberg van de eigen ‘smeerlapperij’ bloot komt te liggen, …
Ik organiseer
De simultane sessies gaan door tijdens de eerste congresdag, op zaterdag 2 juli 2011, 10u-13u en 15u-18u. Teksten kunnen geschreven en gepresenteerd worden in een van de vijf congrestalen: Engels, Frans, Italiaans, Nederlands, Spaans. Het voorbereidend werk gebeurt via een soort mentorship, zoals al het geval was in de voorbereiding van de drie laatste Journées de l’ECF. Zo kan iedere spreker toch al even de temperatuur van de Ander nemen en zijn werk op punt stellen.
Argumenten tellen maximaal 2000 tekens, spaties incluis. Titels bezorgt men voor 15 maart aan Laura Petrosino, secretaris van de simultane sessies (mlpetrosino@gmail.com) én aan Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be)
Gil Caroz
Directeur PIPOL 5
Vertaling: Lieven Jonckheere
PIPOL NEWS 24 - 10|01|2011

«Être analyste, ce n’est pas analyser les autres, c’est d’abord continuer à s’analyser »
(JAM, 19/11/2008)
Dans ce numéro :
Lettre de Jacques-Alain Miller au Champ freudien
Marie Brémond, Bruxelles Capitale
Le rêve d’un monde sans interstices
Monique Amirault, Angers, Val de Loire-Bretagne
Gaston Chaissac viii : Une rhétorique de bonne politique
Annonces
Question d’Ecole : Lacan et l’intranquillité du psychanalyste
Livre : Symptôme nous tient : Psychanalyse, science, politique

PIPOL 5
Bruxelles, les 2 et 3 juillet 2011
Inscriptions en ligne : www.europsychanalyse.eu
Renseignements : +32 (0) 484100109 | info@europsychanalyse.eu

Le rêve d’un monde sans interstices
Marie Brémond
« Ikéasis : désir dans la vie quotidienne et dans sa vie de consommateur, de s’en tenir à des objets de « conception générique ». S’entourer des formes claires et rassurantes est une façon de se simplifier la vie dans le déluge d’informations ambiant. »
« Gazolax :Médicament microciblé du futur destiné à traiter un type très précis de troubles obsessionnels compulsifs (TOC), en l’occurrence l’incapacité à se convaincre qu’on a bien fermé le gaz avant de partir »
« Déségotisation : Dilution volontaire de son identité et de son ego par l’étalage du maximum d’informations possibles sur internet. »
L’abécédaire du futur proche que nous livre Douglas Coupland dans son dernier roman Player One ainsi que dans sa chronique au New York Times est une parodie de la vulgate DSMisante dans les centres de santé mentale nord-américains. La réalité ne s’avèrerait-t-elle pas se parodier elle-même davantage que la farce de l’écrivain ?
C’est lors d’une plongée de quelques mois dans le monde du « naturisme éducatif » comme le disait Lacan en son temps, qu’il m’a été donné d’observer et de récolter quelques étranges mouvements dans cette twilight zone que sont certains centres d’accueil de jour pour psychotiques.
L’espace panoptique en guise de salle de jour, dans lequel je suis parachutée, permet aux thérapeutes d’évaluer frénétiquement les eye-contacts qui se produisent: un client n’a pas suffisamment provoqué de rencontres visuelles, d’eye-contacts avec les autres depuis son arrivée, note-t-on dans le rapport d’évaluation journalier. Il est resté fixé dans un coin de la salle, en retrait. J’observe, moi, qu’il s’est délibérément posté sous la bouche d’aération, comme pour trouver une issue ou soulager ses hallucinations auditives. Il est dit qu’il persiste à porter des casquettes des NY Yankees si bien qu’on ne voit pas suffisamment où et si il regarde. Il continue à avoir des pensées morbides et des hallucinations. Pourtant il a réalisé une ébauche de comportement social, lit-on : la tentative de reality testing en vérifiant auprès de ses pairs s’il hallucinait ou non. Le but sera de resocialiser ce client. Je lis qu’il s’intéresse à la roue de la fortune, et à la carte des Etats-Unis. Ces derniers items ne correspondent à aucune catégorie de symptômes du DSM, ils ne seront pas traités lors de sa prise en charge.
Restrooms :
Le corps à resocialiser représente donc l’objectif principal de santé mentale des assurances maladies pour personnes handicapées qui financent ces centres. Dans les séances matinales de groupe, qu’ils soient avachis ou sur-exaltés, tous les clients sont présents, quitte à en payer le prix : perdre l’embrayage de la parole. Un mouvement d’exode étrange vers le seul endroit à l’abri des regards que sont les toilettes soit les rest-rooms (littéralement salle de repos et de silence), est souvent constatée pendant ses séances, leur seul autre espace thérapeutique, étant le large panopticon sans fenêtres.
Role-Playing :
Bon gré mal gré, tous les participants doivent aussi trouver leur rôle dans les séances d’art-thérapie. Un client se réveille péniblement de sa place de spectateur pour s’auto-désigner comme le soleil dans la future scène. Son camarade plus nauséeux encore fera l’arbre, tandis que les plus téméraires se prêteront à revivre incessamment le plus grand épisode traumatique de leur vie sous le regard d’approbation exaltée des thérapeutes. Des flambées érotomanes ne tarderont pas. Pourtant le positive feedback du thérapeute sur les talents d’actrice d’une cliente aurait du la valoriser, comment expliquer ce retournement, ces automutilations, qui ne rentrent pas dans le diagnostic principal de boulimie de cette cliente? Quelque chose d’un embarras se lit sur les visages de l’équipe, une perplexité plane sur le diagnostic…
Une cliente persiste à parler au présent de son vécu amoureux, manier l’usage de l’imparfait sera l’un des buts thérapeutiques. La cliente s’est pourtant rendue à ses séances de survivors pour mettre à nu certains de ses traumas enfouis ! Ou peut-être est-elle low-functionning, débile légère, ce qui lui rendrait donc compliqué l’usage de l’imparfait ? Le thérapeute agacé la rangera dans la catégorie des compulsive liars dans une note journalière.
Formatage du sujet
Certains préfèreront participer activement au groupe dédié à la thérapie émotionnelle rationnelle comportementale( REBT) inspirée par Aaron Beck. Chacun est conduit à re-sensibiliser émotions et comportements sous un angle rationnellement positif. Lors d’un exercice en groupe, sollicitée à décrire les types d’émotions dans ses liens familiaux , une cliente schizophrène remplira méticuleusement sa feuille pour décrire objectivement les localisations, les distances géographiques entre chaque personne de sa famille. Le thérapeute, contrarié par la réponse, lui suggère de formuler des émotions. La cliente n’est pas réceptive mais très satisfaite d’avoir produit ses réponses : échec de re-sensibilisation.
L’effort de reconstruction de soi au sein du collectif est à son apogée lors du community building matinal. Tour à tour, chaque client s’exhibe, dans un amalgame confus de styles : la chanteuse de gospel talonne le lecteur de bulletin météo, tandis que le poète slameur succède au diseur d’horoscopes. Chacun range ensuite sagement son restant de poésie puisqu’il ne s’agit pas de comportements et d‘émotions « travaillables », exploitables pour le formatage docile du client.
Gaston Chaissac (VIII) : Une rhétorique de bonne politique
Monique Amirault
Dans l’isolement de son microcosme vendéen, entre ses travaux de servante, de peinture et d’écriture et son observation aiguë de tout ce qui peut lui donner matière à copie, Chaissac a des visées sur le monde. Même si son accoutrement bizarre, ses peintures murales et les totems qui habitent son jardin, les vieux ustensiles et les masques qui pendent à ses volets font parfois de lui la risée du village, lui sait bien que, comme peintre, écrivain et artisan rural, (il) pense pouvoir (se) permettre de dire quelque chose, à savoir semer des idées dans le monde car lui-même pense rien de tout et tout de rien.
« Je me pose en témoin ayant à cœur d’apporter son humble héritage pour qu’on y voie plus clair. Je suis le poète qui chante la liberté mais aussi la beauté de la servitude car je ne dois pas prendre parti »1.
Il transforme l’embrouille de ses idées en un style et se fait le champion des idées contradictoires:
« J’ai coutume de réfléchir sur les problèmes de notre époque et d’écrire à leur sujet des choses contradictoires... toutes sortes d’idées pour exciter les chercheurs à réfléchir, à chercher, à trouver. »2« Je veux faire délirer un tas de gens ».
« Moi avec mes lettres abstraites et vous avec vos poèmes nous pourrions amener les mêmes gens on ne sait encore où... à un bon endroit. »3
« De nos jours où tant de cervelles sont cages à araignées... il faudrait (et j’y pourvoirai) une nouvelle mystique de haute fantaisie (avec dogmes interchangeables) à laquelle tout le monde ferait semblant de croire. »4
Ces visées supposent de savoir y faire pour obtenir l’impact souhaité. Soit la lettre est un tract, un prospectus, et témoigne d’une visée précise:
« On m’a bombardé cordonnier in partibus et je veux rendre la politesse... Mon but est de créer des in partibus à tire-larigot, d’éliminer des professionnels par divers moyens... »5
soit elle vise à provoquer, à donner matière:
« Comme épistolier, pour l’instant, j’en suis à n’écrire guère que des choses n’ayant ni queue ni tête et à l’envoi au petit bonheur »6
Ce savoir-faire est le fruit d’un art de la rhétorique et de la composition qui lui permettent de faire bord au réel tout en trouvant un appui spéculaire chez ses semblables à qui il ne cesse de proposer des collaborations, des échanges, des préfaces et publicités réciproques, et qu’il informe régulièrement de sa ponte du moment.
« Tu me lances comme peintre et je te lance et te fais aimer d’un tas de gens comme écrivain »(à Dubuffet)
« Des tableaux signés Queneau-Chaissac ou Quessac ou Chaisneau… ? »
« Ce qu’il y a de bath c’est que j’influence les gens sans qu’ils m’influencent car ils ne m’approchent pas et ne répondent pas à mes lettres. »7
On peut aussi « intriguer les gens par certaines erreurs qui peuvent ne pas même en être comme par exemple de dire d’un ex-officier qu’il a été garçon boucher ».8
Le ton sera celui de la plaisanterie, voire de l’ironie :
« L’époque exige qu’on y aille sous forme de plaisanterie, seul moyen de pouvoir opérer »
« Je dis grand bien de ta préface aux uns et grand mal aux autres. Ce qui est surtout intéressant c’est les lettres que ça me fait recevoir où on parle de toi ». (à Dubuffet)
Le stratagème, de ne pas se faire prendre au sérieux :
« ...je trouve moins banal de prêcher le retour au druidisme, plus astucieux aussi car je pourrais mieux travailler vu qu’on ne me prendra absolument pas au sérieux »9
Quant à la composition des lettres, elle témoigne d’un usage de la métonymie élevé au rang d’un style. Il anticipe les difficultés qu’on pourrait avoir à le lire: il ne peut pas répondre aux questions posées car il est avant tout l’homme des digressions, un maître es-digressions et il encourage ainsi à la lecture:
« Si je vous déroute, songez que c’est probablement parce que j’évite d’être un plagiaire »10. Ou encore : (le contenu de ma lettre) « peut-être vous déroute un peu ne devant pas être encore habitué à mon style et à mon esprit »11
Pour intéresser le destinataire, il use de stratégies:
« J’ai écrit à M. le curé de chez vous une lettre abstraite mais dans laquelle j’ai néanmoins intercalé des petites choses susceptibles de le retenir. »12
Ainsi, Chaissac parvient à transmettre une multitude d’idées, pures inventions langagières qui dénoncent sans concession la structure de semblant de toute norme. Avec l’appui du dictionnaire, il se pose en découvreur de schismes, eninventeur de doctrines, enhérésiologue. Il confie à l’abbé Coutant:
« Vous reconnaîtrez qu’en cette époque de matérialisme il faut faire naître d’urgence une doctrine qui sera le havre des malheureux incroyants ou égarés et pour la provoquer je m’y prends comme pour peindre un tableau... Je n’ai qu’une vague idée de ce que sera cette doctrine, c’est comme avec mes tableaux, avant d’être finis. »
________________________________
[1] Lettre à J.L’A, inHippobosque au Bocage, p.61
[2] Lettre à r.rougerie, inJe cherche mon éditeur, p. 30
[3] Lettre à r.briant, Ibid, p.168
[4] Lettre à J.L’A, inHippobosque au Bocage, p.56
[5] Lettre à M David- collection privée
[6] Lettre à J.Dubuffet- collection privée
[7] Lettre à l’abbé Coutant in Le laisser-aller des éliminés,p.23
[8] Lettre à J. Dubuffet, in Hippobosque au Bocage, p.92
[9] Lettre à l’abbé Coutant, in Le laisser-aller des éliminés, p.75
[10] Lettre à R.Briant, in Je cherche mon éditeur, p.117
[11] Lettre à R.Briant,ibid., p.116
[12] ibid. p.169


PIPOL NEWS 23 - 10|12|2010

«Être analyste, ce n’est pas analyser les autres, c’est d’abord continuer à s’analyser »
(JAM, 19/11/2008)
Dans ce numéro :
Christopher Lane, Chicago, USA
A Statement for the Prix Prescrire Reception and Debate
Communiqué du Secrétariat de la passe de l'AMP
Monique Amirault, Angers, Val de Loire-Bretagne
Chaissac VII : Une théorie de la langue : " Vive le sabir "

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A Statement for the Prix Prescrire Reception and Debate
Christopher Lane*
In 1980, when the American Psychiatric Association published the third edition of its diagnostic bible, the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, it created at a stroke 112 new mental disorders, many of them still fiercely controversial today. Is social anxiety disorder truly a bona fide mental disorder, as many American psychiatrists insist, or more like a synonym for shyness, given how closely their definitions and behaviors resemble each other? Is Intermittent Explosive Disorder a medical condition, as some of the same would have it, or another term for commuter stress? Is Generalized Anxiety Disorder, indeed, behavior that a century or two ago might more appropriately have been called Weltzschmerz, or world-pain?
In setting out to answer these and other burning questions, I asked the American Psychiatric Association in Washington, D.C. if it would let me review its archives. I was seeking to write a history of social anxiety disorder, then known even-more ominously as “Social Phobia,” symptoms of which included fear of eating alone in public places and avoidance of authority figures. After some delay and back-and-forth, the Association agreed to give me unrestricted access to its archive on the creation and the editing of the entire architecture of DSM-III, -III Revised, and –IV—a manual that is now daily invoked as the world’s diagnostic guide to mental disorders.
What I unearthed in my research, including about the marginalization of psychoanalytic psychiatry in America, helped me document several important things, including the thin (sometimes, ludicrous) justification for adding many of the new disorders in the first place. I was also able to document, by the week and even day, how “anxiety neurosis” was eliminated from DSM-III, against the explicit wishes of American psychoanalysts, and replaced with seven new anxiety disorders. Biomedical in focus, these included Social Anxiety Disorder, in recent years the third most-diagnosed psychiatric disorder in the United States, after depression and alcoholism.
Two months ago, after Editions Flammarion published the French translation of my book as Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos emotions, La revue Prescrireawarded the book its 2010 Prix Prescrire for Medical Writing. As I sadly wasn’t able to attend the ceremony, Prescrire asked me to send a speech instead. And as the editors of PIPOL News recognized the possible interest of this topic to members of the EuroFederation of Psychoanalysis, given our shared interest in psychoanalysis, they are publishing the speech below.
December 9, 2010
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* Christopher Lane is a Research Professor of Literature at Northwestern University. He is the author of Shyness: How Normal Behavior Became a Sickness (Yale trade, 2007).
Mesdames, Messieurs —
As teaching commitments in Chicago sadly prevent me from being able to attend your ceremony and discussion, I am writing instead to thank Prescrire for the great pleasure and honor of being selected one of the winners of the 2010 Prix Prescrire.
My hope is that the award will increase attention to the cavalier, haphazard, and sometimes ludicrous ways in which 112 new mental disorders were formally approved in 1980. That year, the third edition of the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders appeared in the States and around the world, hundreds of pages longer than its previous incarnation, revolutionizing the landscape of mental health decisions in our schools and courts, our prisons and healthcare systems.
One of the most prominent of the new disorders, social phobia, was said to exist if individuals avoided public restrooms, disliked public speaking, and found themselves concerned about spilling food on their ties in a restaurant—that’s, of course, if they happened to wear ties to restaurants. Unfortunately, that’s not a joke. When more than half of any population—including in France and the United States—defines itself as shy, a psychiatric diagnosis that includes fear of public speaking is disturbingly close to making introversion a mental disorder. Close-enough, at least, for the DSM to include a warning about the risks of that confusion. Close-enough, too, for the drug companies to sense a $2 billion dollar global market awaiting them. The consequence? Millions of children and students are now taking, among other antidepressants and antipsychotics, Deroxat—or Paxil, as it’s known in the States (Seroxat in the UK). One has to be “fluent” in pharma-ese, you see, and relentless in the exposure of corporate secrets, to trace a drug’s real-world effects on public health.
The American Psychiatric Association probably had little awareness of what was actually in its archives when it gave my publisher and I unlimited permission to quote what I unearthed in their archives. For what I stumbled on there was surreal and alarming—including scientific rationales for the formal approval of new mental disorders that involved sometimes as few as one patient exhibiting the behavior in question. (Unfortunately, and amazingly, we have to take the psychiatrist’s word even for that.)
I witnessed academic squabbles that would make a five-year-old blush concerning whose research and final suggestions would enter one of the world’s most influential diagnostic manuals. I followed exchanges in which leading psychiatrists wrote to diagnose their critics and opponents with the very disorders they wanted to make official. I tracked arguments, too, for the inclusion of new disorders that not only quoted Carroll’s Alice’s Adventures in Wonderland, but also made one feel, like Alice, as if one was either tumbling down an intellectual rabbit-hole or witnessing a mad-hatter’s tea-party.
Chair of the DSM-III task force, Robert Spitzer knocked out the criteria for two mental disorders in minutes. Even startled colleagues were incredulous at his speed. One participant later told the New Yorker magazine (January 2003): “There was very little systematic research [in what we did], and much of the research that existed was really a hodgepodge—scattered, inconsistent and ambiguous. I think the majority of us recognized that the amount of good, solid science upon which we were making our decisions was pretty modest.”
The most surreal aspects of Carroll’s novel of course remain fiction. Unfortunately that is not true of Avoidant Personality Disorder, which became a mental disorder after discussion about it centered on whether diagnosable people preferred driving or taking the train to work (this was in New York City, of course, one of the few cities in the country with a large rail network). Nor is it fiction that the UK-US giant GlaxoSmithKline spent more than $92 million in the year 2000 on a campaign to promote diagnoses of social anxiety disorder. They called it “Imagine Being Allergic to Other People.”
At such moments, one could be forgiven for thinking that he or she had somehow joined the universe of the film Blade Runner, or was acting out a scene in Huxley’s Brave New World, where soma is so ubiquitous that it’s taken at the slightest distress, to inoculate us. But this is our world and culture in 2010. And the real and depressing outcome of such distortions, the New England Journal of Medicine discovered in January 2008, was that the entire 18-year history of SSRI antidepressants had been skewed by the false reporting and proven underreporting of negative data. Whole clinical trials buried at the back of filing cabinets, never to see the light of day because the outcomes didn’t suit the outcome wanted by the pharmaceutical house in question, which was in effect paying to have its own product assessed. On the basis of this very recent past, and on the backs of such questionable science, we have medicated millions of people around the world.
These days, serious academic debate in the U.S. and beyond dwells on whether apathy (as a side effect of SSRI antidepressants, mind) should be included in DSM-5 as a mental disorder. Experts continue to weigh how long we can (or should) work and play online until we suffer from Internet Addiction Disorder. Earlier this year, “medical” discussion about Hypersexual Disorder focused intensely on the marital problems of several prominent celebrities as the experts debated, quite seriously, how much sex is enough or excessive before we are dysfunctional. One wonders what Lacan and Foucault would have made of such developments, were they alive to describe them.
What my book could do, in ways that readers of the published DSM could not, was piece together how many of the 112 disorders came to exist in the first place. As I say, I had access to, and freely quote, all the letters, documents, and votes that circulated behind the scenes. Years before email was around, and critical information could be deleted at the touch of a key, these written documents made it possible for the American Psychiatric Association to pathologize such routine behaviors as fear of public speaking—behaviors for which antidepressants have been, and are still being, prescribed to millions of people around the world.
Thank you recognizing the importance of this topic and the need for greater public awareness of its real-life effects on our children, our students, our neighbors, and our communities.
Sincerely,
Christopher Lane
Chicago, September 23, 2010

Gaston Chaissac (VII) : Une théorie de la langue : " Vive le sabir "
Monique Amirault
Cet usage de la langue conduit tout naturellement Chaissac à une théorie qui promeut la langue de jouissance contre la langue normée des linguistes. Il s’exprime en indépendant. Cette théorie conjoint sa vocation en rapport avec l’objet et son rapport à la langue, ce qu’il formule ainsi à Jeanne Kosnick Kloss : « Vous pourriez faire un rapprochement entre mes tableaux et la rusticité du langage des paysans, qui déforment les mots comme moi le dessin (…) au fond, en peinture, je parle patois »
« Le paysan d’ici met ses sabarrons ses guêtres et son tablier en se levant et ne les quitte que pour se mettre au lit... et en plus il a le privilège de mal parler français. »1
« On s’efforce de parler le langage de l’interlocuteur d’où il résulte des sabirs multiples et souvent fort savoureux. Et le sabir est indispensable toujours pour être compris.
Sans le sabir, où en serions-nous ?
Tu peux pas te faire une idée comme je me suis fait chier chaque fois que je me suis trouvé avec des peintres et des écrivains qui égoïstement devant moi conversaient dans leur jargon savant leur langue pure chérie que je pige absolument pas... Je ne vois pas pourquoi merde serait plus vulgaire que matière fécale et Berne et cerne qui ressemblent à merde ne sont pas considérés comme vulgaires... parce qu’il en a été décrété ainsi. »2
Cette position a son répondant dans le contenu même de ses théories:
« Je ferai peut-être de l’élevage... je n’hésiterais pas à accoupler des animaux que d’autres n’accouplent pas; des animaux tarés ou malades par exemple, pour tâcher d’obtenir des sujets plus sensibles et plus intelligents. L’humanité n’a pas besoin que de brutes épaisses »3, interprétation toute chaissaquienne du sur mesure ou du cousu main en opposition au prêt à porter.4 De là, Chaissac se fait mission de défendre l’autodidacte, l’authentique et l’inculte contre le professionnel et l’académique, l’art brut et la peinture rustique contre letravail perlé et contre l’épure qui rend sec.
Vocabulaire et syntaxe en portent la marque. Les mots ne sont pas choisis d’abord pour leur sens mais pour la jouissance contenue dans les phonèmes, dans leurs consonances, dans leur pittoresque, et les possibilités offertes par un sémantème sont exploitées de diverses manières: fakir, fakirisé, fakiriste - publicité, faire de la publicité, être publicité - épauler, épauleur - graffiti, graffitisseur
Le plaisir autour d’un phonème se prolonge dans la ritournelle des conjugaisons, propre à en répéter la jouissance -je spadassine, tu spadassines. Des syntagmes relient, dans des formules répétitives, deux mots à haute signification personnelle: rétrograde goguenard, populace bien-pensante, calotte vinassouse, orageux-arbitraire. Enfin, des néologismes à valeur poétique dépassent de bien loin les limites de la langue du dictionnaire:Les vertus miraclifiques- la gluosité des sentiments - berliner grabement l’oreille- poltronner en sourdine.
[1] Lettre à J.Dubuffet in Hippobosque au Bocage, p.196
[2] ibid. p. 29
[3] Lettre à r.rougerie, in Je cherche mon éditeur, p. 86
[4] cf. l’intervention de J-A Miller à la Convention d’Antibes, 19-09-1998





