Mental n°52 – Néo-familles

Mental n°52 – Néo-familles

Résumé

Il existe aujourd’hui une constellation de manières de faire famille : monoparentale, recomposée, homoparentale, adoptive, en co-parentalité sans couple amoureux, choisie entre amis… Mais en quoi ces nouvelles formes familiales témoignent-elles de quelque chose de vraiment nouveau, dans la perspective de l’expérience analytique ?

Dès la fin des années 1960, alors que la mondialisation et la libéralisation des mœurs charriaient leur lot d’espérances, Lacan mettait en garde son auditoire en pointant l’échec des utopies communautaires qui prétendaient remplacer la famille. Le mode de jouissance de chaque sujet a un caractère de singularité indissoluble dans le lien social et en premier lieu dans le lien familial, qui en est une forme bien particulière. C’est ce qui cause le malaise dans la famille qui, lui, n’a rien d’inédit : ce qui est nouveau, c’est la forme que prend ce malaise quand dominent des idéaux égalitaristes et individualistes qui effacent l’incarnation du désir. Qu’est-ce qui, dans la famille – qu’elle se rêve néo ou qu’elle se veuille tradi –, pourrait soutenir la séparation des jouissances confuses ? La famille s’illustre par un certain éclatement, voire par un rejet, mais elle n’a pas fini de jeter ses éclats, dans la mesure où la fonction de transmission qu’elle soutient a un caractère irréductible, constituant pour le sujet.

Ce numéro montre combien la logification qu’a opérée Lacan sur la famille œdipienne, avec les concepts de fonction paternelle et maternelle, d’objet a et de symptôme, de savoir et de jouissance, de nomination ou encore de lalangue, permet de saisir la manière dont cette transmission opère, ou pas, au cas par cas, dans les familles.

 Points forts – Mots clés

  • des interventions marquantes du dernier Congrès de l’EuroFédération de psychanalyse, PIPOL 12, « Malaise dans la famille », dont des présentations cliniques par des praticiens exerçant dans toute l’Europe, ainsi que des textes inédits.
  • des textes qui éclairent, grâce aux concepts analytiques, les formes contemporaines du malaise dans la famille.
  • deux entretiens : l’un avec l’historien Didier Lett, dont les travaux se consacrent à l’histoire de la famille et de l’enfance au Moyen Âge, l’autre avec l’écrivaine et journaliste Blandine Rinkel, autour de son récit La Faille.

une lecture psychanalytique de la façon dont la littérature, le cinéma et le théâtre traitent de la question.

Sommaire

Mental numéro 52 / Novembre 2025

 — Éditorial

Alice Delarue, Éclats de familles

— Les nouvelles idéologies de la famille

Lilia Mahjoub, La famille, creuset de jouissance

Christiane Alberti, Qu’est‑ce qu’un enfant ?

Chiara Nicastri, À propos de la famille post-moderne

Domenico Cosenza, Le malaise dans la famille et la clinique de l’anorexie

Valeria Sommer-Dupont, Chacune son tour

Éric Laurent, Le résidu et le père qui unie

— La famille, lieu de lalangue

Alexandre Stevens, La fonction du résidu familial

Marina Frangiadaki, Ce qui ne se familliarise pas

Guy Briole, Modernité, secret et malaise

Ruzanna Hakobyan, On ne parle pas de ça : les silences du dire

— Entretien avec Didier Lett

Tourner la page du roman familial

— Ruptures et inventions

Katty Langelez-Stevens, Rejet de la famille, génitif subjectif et objectif

Virginie Leblanc-Roïc, Un nom à soi

Jérémie Wiest, Famille gender

Pepa Freiría, Accueillir les inventions de l’enfant

Vilma Coccoz, Migrations et déracinements de lalangue

— Entretien avec Blandine Rinkel

Le sens de l’arrachement

— Enseignements de la clinique

Els Van Compernolle, Dire (que) non

Bruno de Halleux, Une famille malgré tout

Anne Béraud, Asphyxie

Nathalie Crame, Les deux frères de la mère

Julia Virgós Pedreira, Une minute !

Massimiliano Rielli, En suivant Dario, pas sans sa famille

Camille Gérard, La recette

— Lectures

France Jaigu, Un enfant à la prison du Temple

Olivia Bellanco, L’écriture comme voie de sortie

Susana Brigoni, La famille incorporée

Françoise Denan, L’amour en famille

Pénélope Fay, Regards et chuchotements

Gleb Napreenko, Entre aristotélisme et objet a

Anna Pigkou, La famille et la dot

Bruno Alivon, Derrière les paravents d’un non-dit familial

Mental n°51 – Les corps morcelés

Mental n°51 – Les corps morcelés

Résumé  

Pour Lacan, le corps morcelé est la condition primitive du sujet, antérieure à toute unité imaginaire. C’est le langage qui, découpant le corps, en fait un « amas de pièces détachées » et de circuits pulsionnels.  

Cependant, les discours fragmentent le corps de manière différente selon les moments de la civilisation. À la Renaissance, l’émergence du discours scientifique, qui ne tient pas compte de la belle forme du corps ou de sa prise dans le signifiant, ouvre à la possibilité d’opérer des dissections sur le réel de l’organisme. Les progrès de la médecine scientifique font aujourd’hui exister un corps toujours plus quantifiable, mesurable, percé à jour par l’imagerie, segmenté par l’hyperspécialisation, réparé voire augmenté par les prothèses. Mais, derrière ce corps objectivé persiste le corps subjectivé, dont le morcellement par le signifiant et la jouissance est pour chacun toujours singulier.  

Dans le contexte du déclin des traditions, le corps devient lieu d’inventions originales et multiples. Notre époque est en outre marquée par la prolifération de gadgets connectés aux organes – mais l’angoisse ne manque pas de surgir lorsque le corps ou la technique font défaut. Ce numéro explore ainsi une clinique très contemporaine : corps débordés par l’agitation ou désertés par le désir, corps fatigués ou mis à l’épreuve dans le sport extrême, corps exhibés, corps addicts… Ces symptômes ne peuvent être lus ni traités qu’à la lumière du concept lacanien de jouissance, entendue comme l’effet de la parole sur le corps. 

Points forts – Mots clés 

Des contributions d’auteurs des différentes Écoles de l’EuroFédération de psychanalyse avec :  

  • des textes qui démontrent l’effet des discours de la science et du capitalisme sur les corps, entre unité et morcellement. 
  • des textes qui éclairent, grâce aux concepts analytiques, des phénomènes qui traversent notre époque : hyperactivité, addiction aux écrans, fatigue chronique, recherche de sensations extrêmes.  
  • deux entretiens : l’un avec David Le Breton, anthropologue et sociologue, qui explore les différentes facettes du corps depuis plus de trente ans, l’autre avec le chirurgien Hugues Pascal-Moussellard, qui témoigne de sa pratique clinique et des effets des nouvelles technologies en médecine.  
  • une lecture psychanalytique de la façon dont la littérature, le cinéma et le théâtre nous enseignent sur le corps. 

Sommaire Mental numéro
51 / Juin 2025
 

— ÉDITORIAL 

Alice Delarue, L’envers de l’image 

— EFFETS DES DISCOURS 

Éric Laurent, Le corps morcelé par ses organes 

Jean-Pierre Deffieux, Partenaire de notre temps 

Hervé Castanet, Corps versus machine  

Quentin Dumoulin, La machine dérangée  

— ENTRETIEN AVEC DAVID LE BRETON  

Explorer le corps 

— CORPS AGITÉS, CORPS DÉSERTÉS 

Dalila Arpin, Tout le monde est fatigué  

Mauricio Diament, L’extrême dans le sport  

Jean-Marc Josson, Rompre avec le corps  

Andrea Orabona, L’éveil – De l’excès à la duperie  

Sarah Abitbol, J’appartiens à mon corps  

Sarah Camous-Marquis, Nouveaux symptômes dans les services de médecine  

— DÉNOUAGES 

Anne Colombel-Plouzennec, Mobiliser le vivant  

Ariane Fournier, Transfert d’appareil  

Carlo De Panfilis, Pour une clinique du corps qui échappe  

Élise Etchamendy, Êtres de parole dans des corps cabossés  

— ENTRETIEN AVEC HUGUES PASCAL-MOUSSELLARD 

Un superbe geste 

— FAIRE ŒUVRE DU CORPS 

Claudia González, Le corps et l’écriture dans le dernier Pasolini  

Esperanza Molleda, Le corps qui fait  

Guy Briole, Impossible d’escaboter  

— CORPS ANALYSANTS 

Neus Carbonell, Être averti de sa méconnaissance  

Dossia Avdelidi, La véritable cause de la réalité psychique  

— CAS CLINIQUES 

Philippe Hellebois, Les deux corps de Monsieur N.  

Marina Frangiadaki, La livre de chair  

Rocío Cid, Du No sé au No-Sí  

— LECTURES 

Nelson Hellmanzik, Le sublime et la guenille  

Gustavo Freda, L’imprévisible  

Carole Niquet, La pauvre créature de la science fait sa révolution  

Serena Guttadauro-Landriscini, De la double vie à la seconde mort  

Isabelle Orrado, Étrangèreté  

Carla Antonucci, Se désincarner : de végétarienne à végétal  

Olivia Bellanco, Un reste à dire  

Mental n°50 – Gourmandise du surmoi

Mental n°50 – Gourmandise du surmoi

Résumé

Les formes sous lesquelles le surmoi se présente varient en fonction des discours dominants, mais sa voracité, qui est consubstantielle à l’être parlant, persiste et signe l’irréductible du malaise dans la civilisation. Nous sommes passés d’un régime d’interdiction de la jouissance à celui de l’impératif de jouissance – tout autant impossible à satisfaire. Cette bascule entre l’interdiction et la prescription n’est pas sans modifier les formes que revêtent les inhibitions, symptômes et angoisses contemporaines, qui portent désormais la marque de l’excès plutôt que celle du manque. Les discours actuels, charriant leur lot d’injonctions à la consommation, à la réussite, à la beauté, à l’autodétermination, alimentent la gourmandise du surmoi et laissent le sujet aux prises avec l’impossible à jouir. Derrière cette liberté apparente, on voit poindre un nouvel « ordre de fer », gouverné par des mots d’ordre souvent porteurs de haine.

Mais en deçà de ces changements de discours, ce qui ne se modifie pas et que le surmoi révèle, c’est que l’être parlant est dès l’origine soumis à la contrainte de signifiants insensés, qu’une analyse peut permettre d’isoler afin de tempérer la jouissance qu’ils sécrètent.

Points forts – Mots clés

  • Une conférence de Jacques-Alain Miller inédite en français.
  • Des contributions d’auteurs des différentes Écoles de l’EuroFédération de psychanalyse avec :
  • des textes qui démontrent comment l’expérience analytique peut permettre de cerner et de traiter le surmoi.
  • des textes qui éclairent, grâce aux concepts analytiques, certains phénomènes qui traversent notre époque : addictions, déflation du désir, culpabilité, passages à l’acte.
  • un aperçu de la façon dont la littérature classique et contemporaine, ainsi que le cinéma et les séries, traitent du thème du surmoi.

Un entretien avec Jean-Claude Caron, historien, qui revient sur les débats concernant l’éducation et les violences pédagogiques au xixe siècle, offrant une nouvelle perspective quant aux différentes prescriptions auxquelles ont affaire de nos jours les enfants, adolescents, parents et enseignants.

SOMMAIRE

numéro 50 / Novembre 2024

ÉDITORIAL

Alice Delarue, De l’interdit à l’impératif

— ORIENTATION

Jacques-Alain Miller, Clinique du surmoi

— INCIDENCES ET TRAITEMENTS

Adriana Campos, Extraire un corps étranger ?

Rosa María López, La tyrannie de la beauté

Roberto Cavasola, L’hypomanie, une folie organisée

Abe Geldhof, L’impitoyable autoévaluation

— MUTATIONS DU SURMOI

Philippe De Georges, De « la grosse voix » à la boussole

Dominique Holvoet, La nature humaine du père

Carolina Koretzky, Du nouage par le social

Katty Langelez-Stevens, L’effet de suggestion

Camilo Ramírez, Massenpsychologie à l’ère des algorithmes

— MODULATIONS CLINIQUES

Philip Dravers, Entre la voix et le regard

Christel Van den Eeden, Senza pelle

Marta Serra Frediani, Viser l’indicible

 — SUBLIMATIONS

Victoria Horne Reinoso, L’impératif de l’acte créatif

Claudia Iddan, Passion de l’ignorance

Guy Briole, Engagés à lire et relire Lacan

— ENTRETIEN AVEC JEAN-CLAUDE CARON

L’éducation au xixe : par la raison ou par la force ?

— L’ÉDUCATION IMPOSSIBLE

Sébastien Ponnou, Enfance sous prescription

Andrea Freiría, Déplacements des impératifs parentaux

Pasquale Indulgenza, Voies du surmoi et de l’idéal dans la filiation adoptive

Paola Bolgiani, Adolescence et violence

Philippe Lacadée, Le sujet en faute de jouissance

Pénélope Fay, Madame de Sévigné : injonctions de la mère, demandes insatiables d’une femme

Pascale Lartigau, La comtesse de Ségur, main de velours dans un gant de fer

— LECTURES

Philippe Hellebois, La passion de Lucien de Rubempré

Anastasia Sotnikova Faraco, Ça promet !

Lorenzo Speroni, Un silence imposé

Céline Menghi, Amelia Rosselli, une vie suspendue 

Rapport de l’Observatoire sur l’autisme du 16/11/2024

Rapport de l’Observatoire sur l’autisme pour l’Assemblée de l’Eurofédération de psychanalyse. Paris 16/11/2024

Au niveau international, l’OMS a publié fin 2023 une série de textes sous le titre Ensemble d’interventions pour la réadaptation[1], dont le nº 5 est consacré aux Troubles du développement neurologique, y compris là, les troubles du spectre de l’autisme, et les troubles du développement intellectuel. Cette tendance, qui s’impose, place l’autisme entre le neuro et le handicap, et c’est à partir de ses effets épistémiques, cliniques et politiques, que nous devons en tirer des conséquences. Sa lecture montre avec cruauté, l’effacement radical du sujet et de la subjectivité à l’heure d’envisager les difficultés des personnes autistes et leurs familles et les options de traitement.

Pas de nouvelles alors. Dans ce sens quelque chose de différent peut venir du travail qu’effectue une commission de l’AMP, en tant qu’organisme consultatif de l’ONU, et cet organisme mondial, pour l’élaboration d’un document sur l’Orientation Lacanienne par rapport à l’autisme, selon notre collègue Iván Ruiz.

Dans le cadre des écoles de l’Eurofédération, il est intéressant de noter qu’à côté du fonctionnement régulier et bien consolidé d’institutions de longue durée comme Antenne 110, Le Courtil, Nonette ou le CERA, d’autres institutions plus jeunes, comme TEAdir en Catalogne ou Antena 00100 à Rome, avancent en consolidant leur travail.

Une référence particulière est la série d’établissements qui accueillent des sujets autistes par les membres de la NLS et les membres des groupes de la NLS, en Albanie, Grèce, Irlande, Israël, Pologne et Suisse, avec diverses structures institutionnelles : Services de psychiatrie et d’aide à l’enfance dans les centres hospitaliers ou dans les instituts, unités cliniques et centres de soins thérapeutiques; hôpitaux de jour pour la crise et l’évaluation de court séjour; institutions résidentielles et centres d’accueil de jour, dans le cadre des services sociaux ou de santé; Centres de jour et écoles spécialisées. Dans chacun d’eux on accueille des enfants, des adolescents et des adultes atteints de troubles du spectre autistique, d’un handicap, de graves troubles mentaux, de différentes formes de souffrance psychique et de difficultés dans le lien social. Chacune d’elles, sous des formes diverses, assure des espaces pour la formation, pour l’exposition et le contrôle de la pratique qu’elle effectue, tels que séminaires cliniques, présentations et discussion de cas, espaces de supervision. Une partie de ceux qui pratiquent dans ces dispositifs sont en analyse avec des membres de la NLS ou d’un de ses groupes.

Un dossier détaillé, contenant les informations que chaque école de l’EFP a transmis à l’Observatoire, sera envoyé à ses présidences afin qu’il puisse être adressé aux collègues travaillant avec des personnes autistes et leurs familles, pour qui il peut être un outil de travail utile.

Jesús Sebastián, par l’Observatoire de l’autisme de l’EFP.

[1] https://www.who.int/publications/b/67925

L’Atelier n°8

L’Atelier n°8

Preámbulo del último número de L’Atelier

Publicado el 12 octubre, 2024 de lucia 1787
Rubén Touriño

En la época de su seminario sobre Hegel en la École Pratique des Hautes Études y a partir de la concepción de la pintura como “el arte de la visión de la superficie”, Kojève ofrece en su ensayo “Las pinturas concretas de Kandinsky” (1936) una definición universal de la escultura y la arquitectura a partir del punto de vista del percipiens. La arquitectura es así propuesta como “el arte de la visión de una forma o un espacio encerrado en el Espacio”1— en oposición a la escultura cual “arte de la visión de un espacio o una forma encerrada por el Espacio”2: se trataría en el segundo caso de la visión de una superficie que no podríamos atravesar para acceder a contemplar el espacio delimitado en su interior, como sí sucedería en el primer caso. Dicho de otro modo, se podría contemplar el interior de un edificio, pero no de una estatua. Habría quizás que esperar a desarrollos como, entre otros, los de Gordon Matta-Clark y su anarquitectura, a través de la cual las obras arquitectónicas eran transformadas en objetos escultóricos manipulables, donde el adentro y el afuera no era la referencia a ubicar, sino los cortes que hacían posible ese recorrido.
Lacan, hablando a las paredes de la capilla de Sainte-Anne (1972), se referirá al hegelianismo para proponer que el arquitecto “está hecho para eso, para construir muros. Y los muros […] están hechos para rodear un vacío”3. Pero a continuación añade que no tenemos la menor idea de lo que sucedía por ejemplo en los muros del Partenón, tenemos los nombres de las fiestas que allí acontecieron porque alguienasí las fechó, pero no testimonios de lo que pasaba. Quizás podemos encontrar aquí una articulación entre los muros y el significante —aunque ya en el Seminario 7 (1960) ofrece un breve comentario de la historia del arte para introducir el objeto de la anamorfosis, pasando de la arquitectura primitiva como algo organizado alrededor de un vacío, a la arquitectura sometida a las leyes de la perspectiva que introduce la pintura, destacando la primacía del significante4.
Como también lo serían aquellos fenómenos de los que da cuenta Schreber y que “en la zona oculta del campo perceptivo, en el pasillo, en el cuarto del vecino”5, se le imponen como producidos intencionadamente para él al tiempo que el espacio adopta así una nueva configuración por efecto del significante. Es así como JeanPierre Rouillon nos remitirá al escrito “De una cuestión preliminar…”: una de las referencias paraorientarse alrededor de cómo considerar el espacio en Nonette ; allí, “Lacan hace una cosa absolutamente formidable entre el significante y el espacio […] Esto es lo que nos ha guiado: cómo la organización del espacio estaba anudada —porque no se puede decir articulada, dadas las personas que acogemos— a la cuestión de la relación con la lengua”6.
Unos meses más tarde de la intervención previamente referida en Sainte-Anne en enero de 1972, contemporánea al Seminario 19, se fecha el escrito “L’Étourdit”.
Allí podemos leer que: “La topología no está «concebida para orientarnos» en la estructura. Ella es la estructura: como retroacción del orden de cadena en que consiste el lenguaje”7. Ya no se trata de una lógica universal, esférica, del todo; sino de una lógica a-esférica, no-toda, estructura que podrá ser desvelada a través del corte como estando oculta en la primera8.
Cuando Jacques-Alain Miller afirma que “la topología no puede ser extraída de la enseñanza de Lacan”9, destaca las dos lecturas de dicha proposición: “En primer lugar, no se puede amputar a la enseñanza de Lacan de su parte topológica, so pretexto de que la misma sería árida, poco interesante, no relacionada con la experiencia analítica”10; “En segundo lugar, no se puede extraer esta topología de la enseñanza de Lacan para hacerla una disciplina independiente”11. Quizás se trate de hacerla aparecer, de producirla en algunos instantes, de hacerla pasar, como un decir, “[…] este decir que es mi topología”12. Tal vez no es pues tampoco ni prescindible ni eparable del recorrido de permitir al niño (o al adulto) producirse como sujeto, acto que busca abrirse en la práctica entre varios.
Si la buscamos en los títulos del índice, solo la encontraremos en aquel que remite al volumen mismo: “Topologías de la institución”. Sin embargo, proponemos leerla en el eje que recorre todos los trabajos, aunque no sea siempre explícitamente nombrada. Los textos de Alexandre Stevens y Antonio Di Ciaccia traducidos al castellano e incluidos en esta edición —“El psicoanálisis aplicado” y “Una institución y su atmósfera”, respectivamente— nos impactan por su actualidad casi 30 años después de su publicación. Si en el primero se sitúa con precisión la pregunta por el anudamiento entre institución y Escuela y sus consecuencias sobre el trabajo en instituciones, en el segundo no se pierde la vista sobre aquello a lo que sirve la Antenne 110: “permitir al niño acceder al acto de producirse como sujeto”13 aún ante lo imposible que se puede presentar en el caso del autismo y la psicosis. Tomará para ello “la vía de la estructura” hacia el tratamiento del Otro: insuflar aire en una atmósfera bien asfixiada, bien parasitada.
En el extraordinario recorrido de Jean-Robert Rabanel y Jean- Pierre Rouillon por la práctica entre varios de Nonette, podremos leercomo la dimensión del significante se anuda a la dimensión del espacio arquitectónico donde esta tiene lugar y cuyo uso se irá descubriendo inédito. Lugares “efímeros” en su función, como compartirá Elizabeth Escayola en el texto que cierra este mismo número.
Lugares, por qué no, como aquellos que le interesaban también a Gordon MattaClark: “donde te detienes para atarte los cordones de los zapatos, lugares que son sólo interrupciones de tus propios movimientos cotidianos”14. Precisamente en El mínimo gesto (1971) de Fernand Deligny se destaca una escena en la que dos manos no pueden anudar los cordones de unos zapatos. Su referencia a las “líneas de errar” será retomada por Iván Ruiz, no para fascinarse con una cartografía como él mismo nos advierte, “sino para situar en el centro de la práctica la cuestión topológica en las psicosis y los autismos”15. Los trabajos de Sonia Arribas y Sofía Kolle dan buena cuenta de ello, y del consentimiento —en la contingencia del encuentro con un partenaire— a la apuesta por la vía de una escritura que haga posible “un nuevo estilo de vida, entre la invención y el hallazgo”16.

1. Kojève, Alexander. “The concrete paintings of Kandinsky”. Kandinsky:Incarnating Beauty. David Zwirner Books, Nueva York, 2011, p. 32. [Traducción del autor].
2. Ídem
3. Lacan, Jacques. Hablo a las paredes, Paidós, Buenos Aires, 2018, p. 97.
4. Lacan, Jacques. El Seminario, libro 7, La ética del psicoanálisis. Paidós, Buenos Aires, 2020, pp. 170-171.
5. Lacan, Jacques. “De una cuestión preliminar a todo tratamiento posible de la psicosis”, Escritos, tomo 2, Biblioteca Nueva, Madrid, 2013, p. 536.
6. Rouillon, Jean-Pierre. “¿Qué especies de espacios?”. Véase el texto publicado en este mismo número de la revista L’Atelier.
7. Lacan, Jacques. “El Atolondradicho”. Otros Escritos, Paidós, Buenos Aires, 2012, p. 507.
8. Me remito aquí al esclarecedor trabajo que ofrecen Philippe La Sagna y Rodolphe Adam —Contrer l’Universel, L’Étourdit de Lacan à la lettre, Editions Michèle, Paris, 2020— del que tomo este breve extracto de la p. 278: “En cierto modo, esta lógica de lo aesférico (no-todo), que aparece como la estructura oculta en la esfera (todo) gracias al efecto de sujeto, es la misma que enlaza las dos frases iniciales de L’Étourdit. La fórmula «Que se diga queda olvidado tras lo que se dice…» se viste de un tono asertivo, de una modalidad universal, mientras que la segunda frase nos recuerda a continuación que sólo es válida porque es fruto de un decir, de una contingencia existencial”.
9. Miller, Jacques-Alain. “La topología en la enseñanza de Lacan”. Matemas I, Manantial, Buenos Aires, 2014, p. 79.
10. Ídem.
11. Ibíd., p. 83.
12. Lacan, Jacques. “El Atolondradicho”. Otros Escritos, op. cit., p. 500.
13. Di Ciaccia, Antonio. “Una institución y su atmósfera”. Véase el texto publicado en este mismo número de la revista L’Atelier.
14. Matta-Clark, Gordon. Entrevistas, Puente editores, Barcelona, 2020, p. 12.
15. Ruiz, Iván. “Autismo: espacio y tiempo”. Véase el texto publicado en este mismo número de la revista L’Atelier.
16. Rouillon, Jean-Pierre. “La construcción del espacio”. Véase el texto publicado en este mismo número de la revista L’Atelier.